Mars Red Sky – The Task Eternal

Mars Red Sky – The Task Eternal

(Listenable, 27 septembre 2019) Automne 2019. Retour sur Terre du stoner psyché stellaire de Mars Red Sky. Depuis leur 1er album éponyme marquant de 2011, le trio composé de Julien Pras (chanteur-guitariste), Jimmy Kinast (bassiste) et Mathieu Gazeau (batteur) se rappelle régulièrement à notre bon souvenir en étoffant sa discographie de disques et autres EP indispensables. The Task Eternal, leur 4e album, ne déroge pas à la règle. Et rappelle au passage que peu de groupes tricolores réussissent une aussi belle carrière et unanimité critique à l’international. À l’instar du triangle massif de l’artwork (à nouveau très réussi), Mars Red Sky est un pur trio. Une trinité rock au son pachydermique. La basse est omniprésente (c’est presque une réhabilitation pour tous les bassistes du monde !), la batterie pilonne un rythme tellurique et la guitare experte de Julien Pras (dont les plus anciens vantaient déjà le talent de mélodiste du temps de son ancien groupe Calc) explore les confins d’un ailleurs psychédélique. Dès l’ouverture et les 8 minutes épiques de « The Proving Grounds », Mars Red Sky martèle méthodiquement son stoner singulier. Rythmique martiale pour headbanger, guitares furieuses, solis mélodiques, pont instrumental vers les étoiles, crescendo final et toujours cette voix qui semble flotter, légère, spatiale, au-dessus du chaos. Mars Red Sky est bien de retour ! Alors après on peut toujours pinailler. Avec une identité sonore aussi reconnaissable, difficile d’entrevoir une évolution notable au niveau du son. En même temps, ils n’allaient pas se mettre à faire du disco ! Comme Tool qui fait du Tool (et bien) sur son dernier album, Mars Red Sky fait du Mars Red Sky (« Soldier On »). Avec le bien nommé « Collector », il s’offre même un « tube » de 4 minutes, véritable concentré de leur savoir-faire. Concis et efficace. Ceux qui n’aiment toujours pas l’équilibre étrange entre cette musique lourde et la voix éthérée de Julien Pras peuvent encore passer leur tour. Les autres, comme votre serviteur, qui y entendent justement la trouvaille qui les hisse loin au-dessus de la mêlée revival heavy rock millésimé 70’s continuent de louer la constance des Bordelais. Dans une musique de qualité. Sans frontières. Écouter juste le diptyque de 15 minutes « Recast » – « Reacts » et si vous êtes toujours sceptique, ben ma foi, je n’ai plus d’arguments. Ou le folk éthéré de « A Far Cry », brise légère qui soulève la poussière rouge martienne. Sublime. Parce que oui, ces gars-là ont de l’imagination et nous transportent dans un trip sonore teinté de SF. On met son casque, on ferme les yeux et on voyage (l’énorme instrumental « Reacts » et ses guitares dopées aux effets !)....

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Tropical Fuck Storm – Braindrops

Tropical Fuck Storm – Braindrops

(Joyful Noise Recordings / Differ-Ant, 23 août 2019) Pour la fin de l’été, voilà que débarque un deuxième album des australiens de Tropical Fuck Storm. Idéal pour une prochaine campagne anti canicule. Restez dans un endroit frais et ventilé. Ne consommez pas de substances illicites. Fuyez le soleil australien. La folie est proche ! À l’écoute de la scène australienne ces dernières années, Tame Impala et surtout King Gizzard & The Lizard Wizard en tête, je ne vois que la répétition d’insolations ou la prise de stupéfiants pour expliquer cette recrudescence de disques barrés. Qui dessinent une nouvelle carte du psychédélisme, avec l’Océanie comme nouvel épicentre excitant du rock. Tropical Fuck Storm déclenche lui aussi sa petite secousse ! Formé par 2 ex-The Drones rejoints par 2 nouvelles têtes (Lauren Hammel, de High Tension à la batterie et Erica Dunn, de MOD CON, Harmony et Palm Springs à la guitare et claviers), le quatuor avait pourtant déjà prévenu le petit monde du rock déviant. Par le biais d’un premier album déglingué étonnant (A Laughing Death In Meatspace, sorti l’an passé) à la pochette délirante. Les australiens réitèrent le choc esthétique. Nouvelle pochette… euh… barrée ! Nouveau disque inclassable et excitant. Bon c’est sûr, si vous n’êtes pas adepte de musique déviante, le rock noisy parfois chaotique de l’album risque de vous vriller les tympans. Ne partez pas ! Dès la première écoute, des titres plus apaisés (bon, ça reste quand même bien bien barré) semblent apporter un tout autre contraste et un bel équilibre à l’ensemble. C’est le genre d’album qui ne révèle pas son potentiel d’entrée de jeu. Il faudra être patient, apprivoiser ces guitares dissonantes, ces sonorités parfois inhospitalières, ce chaos qui écorche nos oreilles. L’album est inconfortable, comme avait pu l’être la découverte des premiers Sonic Youth. Mais dès la première écoute, sort du lot ce « Maria 63 », titre fleuve de 8 minutes qui clôture l’album et fait déjà office de grosse sensation. D’abord apaisé, crépusculaire, et porté par les voix habitées du duo Gareth Liddiard/Fiona Kitschin, le titre se déploie progressivement dans un final noisy puissant assez magistral entre cordes et électricité abrasive. Sublime. Et finalement le titre le plus accessible ? Ajoutez son pendant « Maria 62 », et vous avez les 2 titres les plus « agréables » pour oreilles un peu délicates. En tout cas, des titres presque à part sur l’album tant l’électricité se fait plus incisive sur le reste. Avec brio sur un début d’album assez incroyable. Pas évident de prime abord mais dès la seconde écoute et les suivantes, il faut se rendre à l’évidence : ce rock noisy devient très vite addictif. « Paradise », le...

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Allah-Las promet d’ensoleiller votre mois d’octobre

Allah-Las promet d’ensoleiller votre mois d’octobre

© Tony Accosta Les californiens d’Allah-Las seront de retour le 4 octobre prochain avec leur 4e album, LAHS. Un album que le batteur, Matt Correia, nous promet varié “Nous avons beaucoup voyagé ces dernières années et je pense que cela a joué un rôle, en influençant la plus grande diversité de titres sur cet album. LAHS est pour moi comme une bande-son de ces cinq dernières années. Une sorte de carte postale sonore pour qui voudra l’écouter”. A noter que l’album a été produit par Jarvis Taveniere, guitariste de Woods qui en connait un rayon en mélodies ensoleillées. Voici “In The Air”, premier clip issu de l’album. Allah-Las sera en concert à l’Elysée Montartre (Paris) le 4 octobre...

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King Gizzard & The Lizard Wizard – Fishing For Fishies

King Gizzard & The Lizard Wizard – Fishing For Fishies

(Flightless/ATO, 26 avril 2019) Après avoir réussi haut la main l’exploit de sortir 5 albums en 2017, suivis d’une tournée interminable dans les contrées lointaines au-delà des océans et divers murs de son Australie natale, le roi Gésier revient, avec son magicien lézard, plus apaisé. Il nous propose un boogie/blues délaissant les multiples pédales d’effets pour s’appuyer principalement sur harmonica, flûtes, piano et autres guitares acoustiques, le tout pour mieux nous ramener à une atmosphère psychédélique dont ils sont actuellement les plus éminents représentants. L’éponyme « Fishing For Fishies » et la bien nommée « Boggieman Sam » donnent le ton avec leur groove boogie en ouverture de ce 14ème album. Le décor est planté, nous sommes au fin fond du bush australien et nous n’en ressortirons pas indemne. Pendant l’intégralité de Fishing For Fishes le “trio” guitares/batteries/harmonica nous entraîne du blues boogie classique vers le psyché sans donner d’impression de répétition, grâce notamment à la superposition de divers instruments (piano, harpe, flûte traversière)… A noter l’énormissime “This Thing” et son intro so groovy qui vire au psychédélisme envoûtant à mesure que le morceau progresse. C’est la pépite de l’album et elle risque de vous rester longtemps en tête. Elle est d’ores et déjà en pôle position pour être la chanson la plus “cool” de l’année après “C” des Oh Sees l’année précédente (NALADNCRC* : oui je sais, je n’ai pas pu m’empêcher de citer la bande de Dwyer mais je jure que ce n’est pas pour atteindre un nombre de lignes minimum. Vu nos tarifs élevés, la question aurait pu légitimement se poser… ou pas). Revenons à l’essentiel et à la conclusion de cet album. Stu Mackenzie y invente avec brio le boogie futuriste avec “Cyboogie”. Belle manière de clôturer les débats avec originalité. Nous trépignons déjà d’impatience à l’idée de retrouver ces morceaux sur scène le 14 Octobre prochain à l’Olympia ! Quelques semaines après la sortie de cet album, Roky Erickson s’est éteint. C’est sans feu ni sang que King Gizzard & The Lizard Wizard prend sa place sur son trône pour régner sur le royaume du psychédélisme. Alain Dutertre *Note à l’attention de notre cher “réd’chef” LIRE LA CHRONIQUE DE QUARTERS! LIRE LA CHRONIQUE DE PAPER MÂCHÉ DREAM BALLOON LIRE LA CHRONIQUE DE FLYING MICROTONAL BANANA LIRE LA CHRONIQUE DE MURDER OF THE UNIVERSE LIRE LA CHRONIQUE DE SKETCHES OF BRUNSWICK EAST LIRE LA CHRONIQUE DE POLYGONDWANALAND LIRE LA CHRONIQUE DE GUMBOOT SOUP LIRE L’INTERVIEW DE KING GIZZARD & THE LIZARD...

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We’re gonna miss you, Roky Erickson

We’re gonna miss you, Roky Erickson

Nous apprenons avec le cœur gros le décès de Roky Erickson. Parti à 71 ans, le musicien texan avait révolutionné la musique psychédélique au sein des 13th Floor Elevators alors qu’il n’avait même pas 20 ans. Après des décennies à lutter contre la schizophrénie, il était revenu à la musique à temps plein à partir des années 90, en recevant la reconnaissance et le soutien de nombreux artistes (de King Coffey aux Black Angels, en passant par Henry Rollins, Mogwai ou Nick Oliveri). Comme il le prédisait avec le morceau le plus connu des 13th Floor Elevators, il va nous manquer....

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