The Brian Jonestown Massacre – The Brian Jonestown Massacre

The Brian Jonestown Massacre – The Brian Jonestown Massacre

(A Records, 15 mars 2019) De nos jours, il n’est pas toujours facile de suivre le rythme des sorties. Et encore moins celles d’un groupe aussi prolifique que le Brian Jonestown Massacre. Et pourtant, on devrait parce qu’à chaque fois qu’on jette une oreille à un nouveau BJM “histoire de”, on repart avec des mélodies plein la tête. Le BJM nouveau, 18e du nom mais sans nom, on l’a écouté et, comme souvent, on a bien fait. Après diverses collaborations (The Limiñanas, Tess Parks), une BO imaginaire (Musique de Film Imaginé), et quelques mois seulement après Something New, Anton Newcombe revient déjà avec sa suite logique qui, à défaut de something new est something very good. Le leader historique du groupe est en terrain connu, celui qu’il a labouré lui-même, qu’il connait comme sa poche et qui l’a imposé comme l’un des fers de lance du revival psyché (bien avant que ce genre de groupes pullulent, avec plus ou moins de bonheur, pour nous pauvres auditeurs). Ainsi, des morceaux comme “Drained” ou “Cannot Be Saved” rappellent instantanément qui est le patron, et pourquoi il l’est. Le chant lointain, la parfaite ritournelle acoustique innocente, finalement bouffée tout cru par des bourrasques électriques. On est bien, 50 ans en arrière, on se verrait bien changer le monde mais on reprend un champi hallucinogène d’abord. Pour continuer à voir flotter les guitares dans les airs. Y a des priorités. Enlevé d’un bout à l’autre, efficace de part en part, le principal défaut de ce disque est bien souvent considéré comme une qualité : il est très homogène. Dans sa grande clémence, le BJM nous a réservé quelques (petites) surprises pour nous empêcher de hurler à la redite (l’orgue qui déboule sur les bluesy “Too Sad To Tell You” et “Remember Me This”, les murmures en français de Rike Bienert sur l’excellente “Tombes Oubliées”, la touchante “We Never Had A Chance”, le jam instrumental de “My Mind Is Filled With Stuff”). On préfère donc voir le verre aux trois quarts plein : pas de dépaysement en vue mais un sourire arboré constamment par nos visages ahuris, comme aux débuts du groupe, il y a 30 ans. Quand on était jeunes et insouciants. Certains ont du mal à passer le cap du deuxième album, celui de la confirmation. Cela fait une bonne dizaine de fois que Le Brian Jonestown Massacre confirme. On peut commencer à parler d’un groupe fiable. Jonathan...

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The Psychotic Monks – Private Meaning First

The Psychotic Monks – Private Meaning First

(Vicious Circle, 29 mars 2019) Mais qui sont ces moines psychotiques dont vous n’aviez jamais entendu parler il y a à peine un an et dont le nom circule depuis dans tous vos médias alternatifs préférés ? Déjà, ils sont chez Vicious Circle qui compte en ses rangs beaucoup de vos artistes préférés (Troy Von Balthazar, Shannon Wright, It It Anita, Lysistrata…). Ensuite, ils ont fait grand bruit lors de leurs passages à Rock En Seine et aux Transmusicales l’an dernier. Et pour m’être rendu à Rock En Seine qui avait oublié de programmer du rock l’an dernier, croyez-moi ça faisait du bien. Il n’est pas toujours évident de découvrir un groupe sur scène mais dans ce cas précis, rares sont ceux qui sont restés de marbre. Puissance, présence scénique, intensité, interprétations fiévreuses, ces vieux briscards d’une vingtaine d’années connaissent leur affaire. A l’inverse de leurs concerts qui vous percutent de plein fouet, vous font vivre une expérience frontale chargée d’électricité, il n’est pas chose aisée de s’imprégner de Private Meaning First. Un disque divisé en deux chapitres, pas de quoi effrayer de prime abord mais ça vous donne quand même une petite idée de l’ambition de la bête. Dire qu’il nécessite bon nombre d’écoutes semble être le moindre des avertissements. Les Psychotic Monks aiment la complexité et leur deuxième album ne s’offre certainement pas aux premiers venus. En lançant l’écoute la première fois, vous aurez un peu le sentiment de vous retrouver au pied d’une immense pyramide, persuadé qu’elle recèle bien des trésors, mais bien incapable d’en trouver l’entrée. Bref, vous tournerez en rond avec l’air con. Et frustré. Et puis, à force de guetter la moindre ouverture, vous apercevrez une brèche bien planquée et vous y engouffrerez. Pour n’en ressortir que bien plus tard, après une visite approfondie. Le premier chapitre s’ouvre sur l’intrigante “(Every Word Has To Be Told) Pale Dream”. Atmosphère pesante, mots murmurés, dérouillée à venir. Et puis c’est l’heure d’en prendre plein la gueule, plein les dents avec l’imposante et perchée “Isolation” qui renvoie aux géniaux Disappears. Les guitares sont sèches comme des coups de trique, la rythmique martelée, la menace à peine voilée. Entre psychédélisme sombre et mastodonte sans pitié. Plus incisive et moins sournoise, “A Coherent Appearance” dégaine des riffs sauvages qui finiront par se mettre en retrait progressivement pour mieux laisser libre cours au BRUIT, à l’INCERTITUDE, à LA FOLIE. Ces moines-là ne vous prendront jamais la main pour vous guider en toute tranquillité là où vous êtes bien, ils préfèrent vous larguer en plein chaos. “Minor Division”, pièce majeure du disque, qui ferait passer Joy Division pour un groupe de zouk, s’achève ainsi dans la plus grande confusion et...

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Birth Of Joy, c’est fini

Birth Of Joy, c’est fini

  This is the end. C’est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons que les hollandais de Birth Of Joy se séparent après 13 ans de carrière et cinq albums dont le dernier, Hyper Focus, sorti en début d’année. Ce groupe mêlant blues et hard psychédélique marqué par les années 70 avait une valeur sentimentale à nos yeux puisqu’ils avaient joué l’an dernier à Petit Bain (Paris) à l’occasion de nos 5 ans et avait réalisé (comme toujours) une performance éclatante. Ils se produiront une dernière fois chez eux, au Paradiso d’Amsterdam le 3 janvier 2019. Merci pour votre musique, votre énergie et, sans doute, à très bientôt dans de nouveaux projets ! Jonathan...

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SLIFT – La Planète Inexplorée

SLIFT – La Planète Inexplorée

Après son remarquable EP Space Is The Key sorti l’année dernière, le trio toulousain SLIFT revient ce vendredi avec son premier album La Planète Inexplorée. Dès le morceau d’ouverture, “Heavy Road”, on embarque dans le space opéra de SLIFT avec un garage-rock survolté fortement teinté de psychédélisme. En 40 minutes SLIFT nous fait découvrir sa planète inexplorée peuplée de spécimens des plus accueillants : riffs fuzzy, rythmiques soutenues et même apparition inattendue de parties de flûte. Le tout pour nous livrer ce qui pourrait être une bande son psychédélique d’une très bonne série B de Science Fiction. Les explorateurs des planètes Oh Sees, Ty Segall et autres King Gizzard & The Lizard Wizard ne voyageront pas en terre inconnue. Si à la première écoute “Heavy Road”, “Doppler Ganger” et “Fearless Eyes” se détachent immédiatement, les autres morceaux se dévoilent peu à peu au fil du temps. Signalons notamment la très cool “Trapezohedron” et son break sous acides ou l’instrumentale “La Planète Inexplorée” avec son intro heavy à souhait à la Black Sabbath et son riff qui pourrait être une chute de l’un des derniers Oh Sees. Dans la foulée du dernier Kaviar Special, eux aussi chez Howlin Banana Records, SLIFT nous montre que le rock psyché français peut bomber le torse tant il n’a pas grand chose à envier à celui de la côte ouest américaine. Avec ce premier album les toulousains transforment l’essai et confirment que l’on doit dorénavant compter sur eux. Reste à espérer qu’ils empruntent une trajectoire plus personnelle par la suite car malgré ses indéniables attraits cette Planète Inexplorée nous donnent parfois le sentiment qu’on l’a déjà foulée. Alain Dutertre LIRE LA CHRONIQUE DE KAVIAR SPECIAL – VORTEX LIRE LA CHRONIQUE DE KAVIAR SPECIAL – #2 LIRE LA CHRONIQUE DE VOLAGE – SITTIN’ SIDEWAYS LIRE LA CHRONIQUE DE VOLAGE – HEART HEALING LIRE LA CHRONIQUE DE THE MADCAPS – SLOW DOWN LIRE LA CHRONIQUE DE THE MADCAPS – HOT SAUCE LIRE LA CHRONIQUE DE THE MADCAPS – THE...

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Nouvelle collaboration entre Ty Segall et White Fence

Nouvelle collaboration entre Ty Segall et White Fence

On ne va pas se mentir, à force on n’y croyait plus trop. 6 ans après l’excellent Hair, trois ans après que Tim Presley nous annonce sa sortie prochaine, le nouvel album issu de la collaboration entre Ty Segall et White Fence verra bien le jour le 20 juillet prochain chez Drag City et Modulor. Il s’appellera Joy, comportera 15 titres et voici le premier extrait “Good Boy” Joy by Ty Segall & White Fence Ci dessous la pochette et la tracklist :                     01 Beginning 02 Please Don’t Leave This Town 03 Room Connector 04 Body Behavior 05 Good Boy 06 Hey Joel, Where You Going With That? 07 Rock Flute 08 A Nod 09 Grin Without Smile 10 Other Way 11 Prettiest Dog 12 Do You Hair 13 She Is Gold 14 Tommy’s Place 15 My Friend   LIRE LA CHRONIQUE DE FREEDOM’S GOBLIN DE TY SEGALL LIRE L’INTERVIEW DE WHITE...

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