Les premiers noms du Levitation France dévoilés

Les premiers noms du Levitation France dévoilés

La 8e édition du Levitation France aura bien lieu ! Elle se tiendra les 9 et 10 octobre à Angers et les premiers noms sont plutôt engageants. Jugez plutôt : Fontaines D.C., Shame, Sonic Boom, Zombie Zombie & Sonic Boom, Squid, Black Country, New Road, Los Bitchos, Slift, Baston, Sunflowers, Guadal Tejaz, Why The Eye?. Plus d’infos à venir… La billetterie sera ouverte le 7 juillet à 10h sur le site de levitation au tarif de 52€ les 2 jours (en quantité limitée, ils passeront ensuite à...

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Woods – Strange To Explain

Woods – Strange To Explain

(Woodsist, 22 mai 2020) Vous vous souvenez de cette époque où vos seuls soucis étaient de savoir si votre patron allait être satisfait de votre compte-rendu, si votre gamin allait obtenir une bonne note à son contrôle de géo ou si votre neveu allait réussir son permis ? C’est loin, n’est-ce pas ? Quand on allumait la télé en se disant innocemment « tiens, quelles sont donc les nouvelles du jour ? ». Pas toujours réjouissantes, loin s’en faut, mais pas continuellement déprimantes non plus. Là, les gouttes d’eau se sont accumulées et le vase n’en finit plus de déborder : il y eut la menace terroriste, les terrifiants Poutine, Kim Jong-un, Trump (place ici le nom de ton dirigeant taré préféré), le désastre écologique, la crise sanitaire qui bouscule nos vies dans des proportions que même des scénaristes de SF n’auraient osé imaginer… Au tour de ce bon vieux salopard de racisme, constamment tapi dans un coin, de ressurgir une énième fois pour nous rappeler, que oui, notre bonne vieille Terre est toujours peuplée d’un (trop) grand nombre de demeurés. Que nous reste-il donc comme refuge ? La culture évidemment, même si le gouvernement a vite tendance à l’oublier. Un bouquin à dévorer. Un grand classique du ciné dans lequel se replonger. Un bon disque. Voilà des alliés qui seront toujours là pour nous permettre de nous évader. D’oublier toutes ces merdes qui nous pourrissent la vie. Ce rôle-là, Woods l’a toujours endossé avec brio. Combattre la morosité ambiante semble être son éternelle devise. D’autant que depuis la sortie de son dernier album Love Is Love (2017), son leader Jeremy Earl a connu l’un des plus grands bonheurs que cette chienne de vie daigne nous procurer, en devenant père. Et son fidèle comparse Jarvis Taveniere a cédé à l’appel du large en emménageant en Californie. Celle qui le faisait tant rêver (cf notre interview il y a quelques années). Celle qui colle on ne peut mieux à leur musique évoquant davantage le bruit des vagues que la frénésie new-yorkaise. Woods n’a jamais eu besoin d’évènements heureux pour orner sa musique de good vibes. Le deuil soudain (et de la pire des manières) de leur ami David Berman peu après leur collaboration commune sur le dernier Purple Mountains, a dû leur rappeler cruellement que Life’s a bitch, mais pas de quoi remettre en cause leur façon de concevoir leur art. « Where Do You Go When You Dream » interroge Jeremy Earl de sa voix de fausset si apaisante et nous voilà reparti comme en 40, envoyant paître toutes préoccupations, fussent-elles de premier ordre. Plus loin, « Strange To Explain » qui donne son titre à l’album, vaut bien tous les...

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Battle psyché US : Roky Erickson vs Sky Saxon

Battle psyché US : Roky Erickson vs Sky Saxon

Il y a des choses dans la vie qu’on reporte encore et encore. En ce qui me concerne, découvrir les discographies solo des deux anciens leaders de groupes psychédéliques cultes, par ailleurs trop tôt disparus, j’ai nommé Roky Erickson (ancien 13th Floor Elevators) et Sky Saxon (ancien Seeds). Alors, voici, en 5 morceaux chacun, ce qui émerge après une première passe, sans doute un peu superficielle, sur le travail de ces deux légendes. Première constatation, Roky peut clamer des productions relativement plus professionnelles que Sky, le côté impro de ce dernier ne serait pas passé avec certains producteurs. Ensuite, en terme de volumétrie de production, notre ami Roky, pourtant encore très loin d’une logorrhée musicale, prend l’avantage. Par ailleurs, les innombrables groupes et appellations du Sky “solo” le desservent forcément pour ce critère quantitatif. Enfin, au jeu de qui est le plus perché et n’a toujours pas atterri depuis 67, Sky Saxon s’impose largement en apparence, même si son challenger dans la catégorie est un schizophrénique notoire, d’ailleurs passé par les électrochocs et ayant souffert de visions hallucinatoires, vampires et autres créatures faméliques entre autres, pendant de nombreuses années. Alors, voici pour commencer, 5 pistes fabuleuses de Mr Roky Erickson, tirées de trois LP (Evil One, Don’t Slander Me et All That May Do My Rhyme) : 1. “Two Headed Dog” (The Evil One, 1987) : c’est rock, c’est bien foutu, c’est jouable sur les ondes (sans être FM quand même). Roky E. a la voix des bons jours. En tendant l’oreille, on entend des cris déments, à moins que ce soient des cris de gremlins… Bonne entrée en matière ! 2. “Night Of The Vampire” (The Evil One, 1987) : choisissez plutôt cette version que celle de Gremlins Have Pictures pour un Roky qui s’égosille, nous prévenant d’un danger imminent et nous fait un début de “bridge” avec l’accent transylvanien. Les synthés et les grattes font bien 80’s, pour le charme supplémentaire… 3. “Burn The Flames” (Don’t Slander Me, 1986) : j’adore ! Roky parle plus qu’il ne chante. Il a l’air plutôt sobre sur ce coup-là, ce qui ne rend son propos que plus jouissif. Au passage, un petit solo de gratte des familles qui déchire bien et fait passer un peu les 6 minutes du morceau, longueur qui dénote dans un album assez rock et qui va à l’essentiel (il contient notamment les deux hits en puissance, “Dont Slander Me” et “Bermuda”, mais autant sortir un peu des sentiers battus, n’est-ce pas ?). 4. “Can’t Be Brought Down” (Don’t Slander Me, 1986) : pour moi, la marque de fabrique du père Roky post-13th Floor, à savoir un frontman qui s’éclate les cordes vocales avec, derrière, un...

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Mars Red Sky – The Task Eternal

Mars Red Sky – The Task Eternal

(Listenable, 27 septembre 2019) Automne 2019. Retour sur Terre du stoner psyché stellaire de Mars Red Sky. Depuis leur 1er album éponyme marquant de 2011, le trio composé de Julien Pras (chanteur-guitariste), Jimmy Kinast (bassiste) et Mathieu Gazeau (batteur) se rappelle régulièrement à notre bon souvenir en étoffant sa discographie de disques et autres EP indispensables. The Task Eternal, leur 4e album, ne déroge pas à la règle. Et rappelle au passage que peu de groupes tricolores réussissent une aussi belle carrière et unanimité critique à l’international. À l’instar du triangle massif de l’artwork (à nouveau très réussi), Mars Red Sky est un pur trio. Une trinité rock au son pachydermique. La basse est omniprésente (c’est presque une réhabilitation pour tous les bassistes du monde !), la batterie pilonne un rythme tellurique et la guitare experte de Julien Pras (dont les plus anciens vantaient déjà le talent de mélodiste du temps de son ancien groupe Calc) explore les confins d’un ailleurs psychédélique. Dès l’ouverture et les 8 minutes épiques de « The Proving Grounds », Mars Red Sky martèle méthodiquement son stoner singulier. Rythmique martiale pour headbanger, guitares furieuses, solis mélodiques, pont instrumental vers les étoiles, crescendo final et toujours cette voix qui semble flotter, légère, spatiale, au-dessus du chaos. Mars Red Sky est bien de retour ! Alors après on peut toujours pinailler. Avec une identité sonore aussi reconnaissable, difficile d’entrevoir une évolution notable au niveau du son. En même temps, ils n’allaient pas se mettre à faire du disco ! Comme Tool qui fait du Tool (et bien) sur son dernier album, Mars Red Sky fait du Mars Red Sky (« Soldier On »). Avec le bien nommé « Collector », il s’offre même un « tube » de 4 minutes, véritable concentré de leur savoir-faire. Concis et efficace. Ceux qui n’aiment toujours pas l’équilibre étrange entre cette musique lourde et la voix éthérée de Julien Pras peuvent encore passer leur tour. Les autres, comme votre serviteur, qui y entendent justement la trouvaille qui les hisse loin au-dessus de la mêlée revival heavy rock millésimé 70’s continuent de louer la constance des Bordelais. Dans une musique de qualité. Sans frontières. Écouter juste le diptyque de 15 minutes « Recast » – « Reacts » et si vous êtes toujours sceptique, ben ma foi, je n’ai plus d’arguments. Ou le folk éthéré de « A Far Cry », brise légère qui soulève la poussière rouge martienne. Sublime. Parce que oui, ces gars-là ont de l’imagination et nous transportent dans un trip sonore teinté de SF. On met son casque, on ferme les yeux et on voyage (l’énorme instrumental « Reacts » et ses guitares dopées aux effets !)....

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Tropical Fuck Storm – Braindrops

Tropical Fuck Storm – Braindrops

(Joyful Noise Recordings / Differ-Ant, 23 août 2019) Pour la fin de l’été, voilà que débarque un deuxième album des australiens de Tropical Fuck Storm. Idéal pour une prochaine campagne anti canicule. Restez dans un endroit frais et ventilé. Ne consommez pas de substances illicites. Fuyez le soleil australien. La folie est proche ! À l’écoute de la scène australienne ces dernières années, Tame Impala et surtout King Gizzard & The Lizard Wizard en tête, je ne vois que la répétition d’insolations ou la prise de stupéfiants pour expliquer cette recrudescence de disques barrés. Qui dessinent une nouvelle carte du psychédélisme, avec l’Océanie comme nouvel épicentre excitant du rock. Tropical Fuck Storm déclenche lui aussi sa petite secousse ! Formé par 2 ex-The Drones rejoints par 2 nouvelles têtes (Lauren Hammel, de High Tension à la batterie et Erica Dunn, de MOD CON, Harmony et Palm Springs à la guitare et claviers), le quatuor avait pourtant déjà prévenu le petit monde du rock déviant. Par le biais d’un premier album déglingué étonnant (A Laughing Death In Meatspace, sorti l’an passé) à la pochette délirante. Les australiens réitèrent le choc esthétique. Nouvelle pochette… euh… barrée ! Nouveau disque inclassable et excitant. Bon c’est sûr, si vous n’êtes pas adepte de musique déviante, le rock noisy parfois chaotique de l’album risque de vous vriller les tympans. Ne partez pas ! Dès la première écoute, des titres plus apaisés (bon, ça reste quand même bien bien barré) semblent apporter un tout autre contraste et un bel équilibre à l’ensemble. C’est le genre d’album qui ne révèle pas son potentiel d’entrée de jeu. Il faudra être patient, apprivoiser ces guitares dissonantes, ces sonorités parfois inhospitalières, ce chaos qui écorche nos oreilles. L’album est inconfortable, comme avait pu l’être la découverte des premiers Sonic Youth. Mais dès la première écoute, sort du lot ce « Maria 63 », titre fleuve de 8 minutes qui clôture l’album et fait déjà office de grosse sensation. D’abord apaisé, crépusculaire, et porté par les voix habitées du duo Gareth Liddiard/Fiona Kitschin, le titre se déploie progressivement dans un final noisy puissant assez magistral entre cordes et électricité abrasive. Sublime. Et finalement le titre le plus accessible ? Ajoutez son pendant « Maria 62 », et vous avez les 2 titres les plus « agréables » pour oreilles un peu délicates. En tout cas, des titres presque à part sur l’album tant l’électricité se fait plus incisive sur le reste. Avec brio sur un début d’album assez incroyable. Pas évident de prime abord mais dès la seconde écoute et les suivantes, il faut se rendre à l’évidence : ce rock noisy devient très vite addictif. « Paradise », le...

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