Atmosphere – Mi Vida Local

Atmosphere – Mi Vida Local

Il est cool. Aucun doute, là-dessus. Slug est cool. Avec Atmosphere, il empile les albums remarquables et dégaine de la punchline qui tue en toute décontraction (“you can kiss my ass until your lips are blue“, boom !). Et devinez par quoi il finit son plaidoyer ? “I’m cool!“. Forcément. Ce “Jerome” coolissime ouvre donc brillamment un disque qui captive d’emblée en collectionnant les tubes. Les instrus de Ant, ultra variées comme toujours, y sont pour beaucoup. Quelques secondes pour marquer les esprits et garder ces putains de boucles en tête. C’est assez rare pour être souligné (même si assez fréquent avec eux), Atmosphere réussit ici l’exploit de proposer une très large gamme d’ambiances tout en demeurant cohérent de bout en bout. De “Stopwatch” terriblement entrainante (“If you don’t stop then you won’t get caught“) à “Virgo” qui nous fout la larme à l’oeil dans un folk/rap à la Everlast, sans oublier les synthés bidouillés de “Mijo” ou “Earring” dont le sample vocal paraitrait presque emprunté à Jedi Mind Tricks… On est fréquemment surpris et presque constamment séduit. Atmosphere confirme ici son statut un peu à part dans le rap game, avec des influences qui ratissent large et un format qui s’affranchit quelque peu du cd de rap classique : 12 morceaux “seulement”, aucune interlude, juste une petite outro. On est loin des 21 titres (et 7 interludes !!) du dernier Cypress Hill… Plus posé que loco, Slug nous conte sa Vida LocaL. Atmosphere ne fait dans le rap dur et sombre, ce n’est pas vraiment sa came mais Slug ne fait pas non plus que se la jouer “slacker du rap” (je crois qu’on a dit qu’il était cool, hein ?). Comme toujours avec lui, sous ses apparences décontractées, l’émotion n’est jamais loin, la mélancolie omniprésente. S’il baisse un peu de pied après une entame extrêmement convaincante (“Anymore” ou “Randy Mosh”, bof), ce neuvième album d’Atmosphere n’en demeure pas moins des plus recommandables. Si vous trouvez des rappeurs plus cool que ces gars-là, n’hésitez pas à nous le faire savoir. Ça fait longtemps qu’on cherche et a priori ça ne court pas les rues. Jonathan...

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Cypress Hill – Elephants On Acid

Cypress Hill – Elephants On Acid

Après 6 ans d’absence dans les bacs si l’on compte l’EP en compagnie du dubsteppeur Rusko et un dernier album, Rise Up, qui remonte à 2010, Cypress Hill revient avec Elephants on Acid, nouvel effort pour le moins surprenant. Contre toute attente, le groupe adepte des fusions en tous genres, s’offre une cure de jouvence et nous ramène 20 ans en arrière avec un disque 100% rap. Le retour de Muggs à la production n’y est sans doute pas étranger. Ici pas de featurings à gogo, pas de rock star, B-Real et Sen Dog ont déjà de quoi s’amuser à ce niveau avec leurs groupes de métal respectifs Prophets of Rage et Powerflo. La liste des invités a elle aussi bien changé et ravira les puristes a coup sûr : Sick Jacken de The Psycho Realm ou encore Gonjasufi sont de la partie, ça change de Marc Anthony et Pitbull ! Pour ce qui est des lyrics, pas de quoi être dépaysés. Sortez vos feuilles a rouler ou votre bang du fond du placard ; “Jesus Was A Stoner”, “Oh Na Na” ou encore “Reefer Man” viennent enrichir la longue palette d’hymnes ganjaïques que les Hill comptent à leur répertoire. La délirante “Crazy” fait écho à la mythique “Insane In The Brain” ; sans détrôner son ainée pour autant, elle devrait s’imposer a coup sûr comme un must des futures setlists du groupe. Dans un registre plus sombre et violent “Locos”, “Warlord” et “Blood On My Hands Again” s’imposent comme de franches réussites. L’album s’achève par la délicate “Stairway To Heaven” (oui, carrément) prouvant une fois encore toute l’exigence et se souci du détail qu’accorde Muggs à l’élaboration de ses instrus, lui qui a même fait le voyage jusqu’en Egypte pour aller chercher de l’inspiration auprès de musiciens locaux. Des influences orientales qui se font ressentir tout au long de l’album notamment dans les (trop) nombreuses interludes et sur le très bon “Band Of Gypsies” (encore une référence rock) qui mérite son lot d’écoutes pour être pleinement apprécié. Cypress Hill nous livre donc un album bigrement réfléchi et travaillé, qui peut laisser perplexe à la première écoute, mais dont le voile se lève peu à peu pour s’avérer au final être un très bon cru. Julien Robin    LIRE LA CHRONIQUE DE BLACK SUNDAY LIRE LE REPORT DE ROCK EN SEINE...

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Cypress Hill dévoile un deuxième extrait de Elephants On Acid

Cypress Hill dévoile un deuxième extrait de Elephants On Acid

Dans deux semaines, le 28 septembre très exactement, Cypress Hill revient avec le très attendu Elephants On Acid avec DJ Muggs de retour à la prod. Après un premier extrait, “Band Of Gypsies”, qui n’aura pas enthousiasmé tout le monde à la rédac, voici l’excellent “Crazy” (difficile de ne pas y voir des réminiscences d'”Insane In The Brain”) dans un clip bien halluciné où B Real voit des éléphants roses. Grillez-vous en un, installez vous, on vous laisse apprécier… Jonathan...

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Beastie Boys – Hello Nasty

Beastie Boys – Hello Nasty

Ne vous laissez pas berner. J’ai beau jouer l’érudit avec mes chroniques de quelques grands disques des Beastie Boys (Licensed To Ill, Ill Communication), comme si je les avais connus à leurs débuts punks par l’intermédiaire de Rick Rubin… En fait, je découvre les Beastie Boys en 1998 à la sortie de Hello Nasty. Ma culture rap se limite alors à IAM et NTM. C’est la révélation. Lorsque Hello Nasty parait, les Beastie Boys sont déjà un groupe accompli avec près de 20 ans de carrière derrière eux, 4 albums monstrueux, des tubes à la pelle et restent sur le succès colossal de Ill Communication (double platine). Entre temps, ils sortent la (géniale) compil instrumentale The In Sound From Way Out!, énième preuve éclatante de la large palette musicale et la grande ouverture d’esprit des New-Yorkais. Une compil annonciatrice de l’album qui va suivre. Oui, celui-là même dont on parle ici. Car Hello Nasty regorge d’idées, de fulgurances, de trouvailles. En 22 titres et plus d’une heure de musique, les Beastie nous en font voir de toutes les couleurs. En attaquant tambour battant avec « Super Disco Breakin’ » d’abord, puis en déroulant son hip hop infusé d’électro, de rock, de bossa nova, de dub, de ballades étranges, de sonorités barrées, de bizarreries débiles. Certains morceaux condensent ainsi toutes les envies d’explorations du groupe. A l’image de « The Move » de facture assez classique au début qui finalement se laisse tenter par toutes les bifurcations possibles et imaginables (un break de piano « médiéval », un final électro old school avant une chute sur une chansonnette espagnole ringarde sur un gros beat hip hop). Qu’est-ce qui peut bien leur passer par la tête ? Impossible à dire mais comme toujours c’est drôle, déjanté, pétaradant… Complètement Beastie finalement ! Pour les auditeurs un peu plus frileux (sachez déjà que vous vous êtes trompés de groupe), il y a là de quoi remuer les miches jusqu’au petit matin en suivant comme vous pouvez les flows survoltés de Mike D, Ad Rock et MCA sur les explosives « Super Disco Breakin’ », « Remote Control », « Body Movin’ » ou le tube ultime « Intergalactic » et son instru SF qui file le frisson dès les premières secondes. Les Three MC’s s’appuient sur leur fabuleux nouveau DJ, Mix Master Mike, recruté juste avant l’album qui apporte une créativité folle et une maitrise des platines sans égale, ou presque. Au-delà de son apport considérable sur ces tubes qui viennent s’ajouter à la riche carrière du groupe, le nouveau DJ démontre qu’il excelle dans les instrus hip hop classiques (« The Negotiation Limerick File », « Just A Test », « Puttin Shame In Your Game »). Et les trois MCs de s’en donner à cœur joie avec leur nouvel acolyte, comme...

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Dans le bac d’occaz #27 : Suicidal Tendencies, Wu-Tang Clan, The Fiery Furnaces

Dans le bac d’occaz #27 : Suicidal Tendencies, Wu-Tang Clan, The Fiery Furnaces

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon des amis mélomanes et/ou des lecteurs d’Exitmusik. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).* Dans le bac d’occaz’ #27 :suggestions pour les années en 3 Suicidal Tendencies – Suicidal Tendencies (1983) : suggéré par Okérampa Cher Oké, Cela fait un moment que je connais Suicidal Tendencies, depuis ma période Metallica, en fait, et il est même fort probable que ce soit toi qui me les avais recommandés. En revanche, de ce premier album, je ne connaissais que “Institutionalized”, donc c’était une bonne occasion d’aller voir ce qu’il y a derrière. Ce qu’il y a derrière : beaucoup de punk hardcore assez bourrin, mais, comme sur le morceau en question, pas mal de tentatives. Spoken word, donc, mais aussi, cassures de rythme, ralentissements, solos de guitare limite thrash (le solo de “I Shot The Devil” qui rappelle celui de “One” de Metallica, mais 6 ans avant, donc peut-être que Metallica s’en est inspiré), inclusion vers le metal et, plus surprenant, vers ce qu’on pourrait presque qualifier de rock alternatif/grunge (“I Want More”)… Un disque intéressant, c’est certain. Mon seul reproche, c’est que le hardcore bourrin en est non seulement le cœur, mais englobe aussi tout le reste. Je préfère personnellement quand il est là dans le fond, mais limité au strict minimum dans la forme. À part ça, rien à redire, ce disque est à découvrir ne serait-ce que pour l’histoire du punk.   Wu-Tang Clan – Enter the Wu-Tang (36 Chambers) (1993) : suggéré par JL Cher JL, Je dois t’avouer que, n’écoutant pas de rap dans les années 90, toute mon éducation est à refaire. En même temps, c’était peut-être du conditionnement social, mais en tant que petit babtou de classe moyenne, je ne me sentais pas du tout légitime à écouter du hip hop, et ceux qui le faisaient autour de moi, arborant tout l’arsenal ghetto street life, me paraissaient absolument ridicules. Ado on écoute surtout de la musique pour l’image, soyons honnêtes. Alors des niggaz de quartier qui revendiquaient une imagerie asiatique, en assimilant de surcroit les deux écoles d’arts martiaux les plus célèbres pour leur rivalité, ça me faisait pisser de rire. Impossible pour moi de prendre ce groupe au sérieux ! Les années ont passé et je me suis ouvert à d’autres horizons musicaux, j’ai pris conscience des carcans sociaux, et j’ai arrêté d’écouter de la musique pour l’image ou pour l’imagerie. Du...

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