Dans le bac d’occaz #27 : Suicidal Tendencies, Wu-Tang Clan, The Fiery Furnaces

Dans le bac d’occaz #27 : Suicidal Tendencies, Wu-Tang Clan, The Fiery Furnaces

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon des amis mélomanes et/ou des lecteurs d’Exitmusik. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).* Dans le bac d’occaz’ #27 :suggestions pour les années en 3 Suicidal Tendencies – Suicidal Tendencies (1983) : suggéré par Okérampa Cher Oké, Cela fait un moment que je connais Suicidal Tendencies, depuis ma période Metallica, en fait, et il est même fort probable que ce soit toi qui me les avais recommandés. En revanche, de ce premier album, je ne connaissais que “Institutionalized”, donc c’était une bonne occasion d’aller voir ce qu’il y a derrière. Ce qu’il y a derrière : beaucoup de punk hardcore assez bourrin, mais, comme sur le morceau en question, pas mal de tentatives. Spoken word, donc, mais aussi, cassures de rythme, ralentissements, solos de guitare limite thrash (le solo de “I Shot The Devil” qui rappelle celui de “One” de Metallica, mais 6 ans avant, donc peut-être que Metallica s’en est inspiré), inclusion vers le metal et, plus surprenant, vers ce qu’on pourrait presque qualifier de rock alternatif/grunge (“I Want More”)… Un disque intéressant, c’est certain. Mon seul reproche, c’est que le hardcore bourrin en est non seulement le cœur, mais englobe aussi tout le reste. Je préfère personnellement quand il est là dans le fond, mais limité au strict minimum dans la forme. À part ça, rien à redire, ce disque est à découvrir ne serait-ce que pour l’histoire du punk.   Wu-Tang Clan – Enter the Wu-Tang (36 Chambers) (1993) : suggéré par JL Cher JL, Je dois t’avouer que, n’écoutant pas de rap dans les années 90, toute mon éducation est à refaire. En même temps, c’était peut-être du conditionnement social, mais en tant que petit babtou de classe moyenne, je ne me sentais pas du tout légitime à écouter du hip hop, et ceux qui le faisaient autour de moi, arborant tout l’arsenal ghetto street life, me paraissaient absolument ridicules. Ado on écoute surtout de la musique pour l’image, soyons honnêtes. Alors des niggaz de quartier qui revendiquaient une imagerie asiatique, en assimilant de surcroit les deux écoles d’arts martiaux les plus célèbres pour leur rivalité, ça me faisait pisser de rire. Impossible pour moi de prendre ce groupe au sérieux ! Les années ont passé et je me suis ouvert à d’autres horizons musicaux, j’ai pris conscience des carcans sociaux, et j’ai arrêté d’écouter de la musique pour l’image ou pour l’imagerie. Du...

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Dr. Octagon – Moosebumps: An Exploration Into Modern Day Horripilation

Dr. Octagon – Moosebumps: An Exploration Into Modern Day Horripilation

Kool Keith aka Dr. Octagon revient au bloc opératoire pour une opération chirurgicale 22 ans après le désormais classique Dr. Octagonecologyst. Un bon docteur n’est vraiment efficace que quand il est bien entouré, preuve en est cette tentative fébrile de 2006 avec l’album The Return Of Dr.Octagon qui a eu pour seul effet de nuire à la réputation du Doc. Kool Keith semble avoir reconsidéré les choses et revient cette fois-ci accompagné de ses assistants de renom, le producteur Dan The Automator, et Dj Qbert. Si chacun possède un talent indéniable dans son domaine de prédilection, cet album et le passé prouve que la formule Octagon ne peut fonctionner que lorsque les trois sont réunis. En 96, le trio avait bousculé le monde du hip hop avec un album novateur et une vision très futuriste les plaçant à une bonne longueur d’avance de leurs concurrents. Difficile d’en attendre autant en 2018, la mode des reformations suit son cours, avec son lot de déceptions. Heureusement Moosebumps: An Exploration Into Modern Day Horripilation passe le test avec succès, et redore un blason (une blouse ?) terni par une première tentative échouée. Nous voilà donc replongé au plein cœur des nineties avec ce fameux boom bap qui a pris pour l’occasion une bonne dose de botox. “Octagon, Octagon”, en guise d’introduction vous rappellera au cas où vous l’auriez oublié que le docteur est de retour. Les choses sérieuses commencent avec “Polka Dots”, sur une prod d’avant garde signée Dan The Automator, où Kool Keith balance ses rimes avec un flow et un style qui n’ont pas pris une ride, Qbert lui chauffe tranquillement ses platines et livre des scratches dont lui seul à le secret. Et ce dernier parler tout son talent sur l’instru “Bear Witness IV”, suite logique et tout aussi efficace de celle sortie deux décennies plus tôt. Autre rapprochement avec son “prédécesseur”, les puissants riffs de guitares sur les  excellents “Karma Sutra” et “Power of The World (S Curls)”, tentative initiée et déjà foutrement réussi à l’époque de “I’m Destructive”. Dans une démarche tout aussi positive il ne faudra pas passer à coté du déjanté ” Area 54″, et des plus dark “Black Hole Son”, “Operation Zero” et “Hollywood Tailswinging”. À défaut de nous projeter encore une fois dans le futur, l’ex Ultramagnetic MC’s nous fait vivre un véritable voyage dans le temps, et nous ramène à l’âge d’or du hip hop : le début des années 90 avec l’excellent “3030 Meets The Doc (Part 1)” où Dan The Automator retrouve pour l’occasion ses deux acolytes de Deltron 3030, Del The Funky Homosapien et Kid Koala. Un retour en grâce qu’on ne manquera pas de saluer. Malgré un manque...

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Pusha T – DAYTONA

Pusha T – DAYTONA

Et bien voilà, j’ai cédé ! Après de nombreuses tentatives infructueuses, me voilà enfin séduit par un de ces rappeurs “new generation” que tout le monde encense. Kanye, A$AP Rocky, Kendrick Lamar, je les ai tous testés après qu’on m’en ai dit monts et merveilles et suis resté totalement hermétique (pour ne pas dire horrifié parfois). Et sans crier gare, voilà que Pusha T a réussi à m’avoir avec ces 7 nouveaux titres qui composent Daytona. Maniant le mic depuis les années 90 au sein du duo Clipse(donc pas si “new generation” que ça…), Pusha est désormais bien plus exposé depuis qu’il est l’acolyte de la méga star Kanye West*, qui a d’ailleurs produit tout l’album et même déboursé 85 000$ pour lui offrir cette pochette bien trash. Le cliché provient d’un tabloïd, il s’agit de la salle de bains en piteux état de Whitney Houston en 2006 au sommet de son addiction. Ambiance… Après une mise en route quasi a capella, l’instru devient tapageuse. Pusha T lance la machine à tubes. “If You Know, You Know”. Now i know. Mais ce morceau n’est pas une révélation, loin s’en faut. Derrière une efficacité indéniable, un constat trompeur : ça sent le bling bling à plein nez. La frontière avec le mauvais goût est mince. La bascule du côté obscur est à craindre… Mais les craintes s’envolent, très vite. Daytona ne dure que 21 minutes, il s’y passe pourtant énormément de choses. Ses 7 titres offrent une grande diversité. Et une qualité constante. « The Games We Play » calme le jeu avec une boucle jazzy qui ne manque pas de susciter une envie frénétique de repeat, puis vient la magnifique « Hard Piano ». Presque sur la retenue dans un premier temps, l’émotion grandit au fil des secondes. Quelques notes de piano, une basse imposante, Pusha n’en fait pas trop, son flow s’accommode à merveille. Rick Ross, très en verve, y va également de son couplet. Banco. Le sample soul irrésistible du refrain de « Come Back Baby » n’est pas en reste (on pense aux plus belles pépites de RZA), l’évidence se dessine : on va droit vers un sans faute. Et en cela le choix de ramasser l’album (l’EP ?) en à peine plus de 20 minutes est judicieux : pas la moindre trace de remplissage à déplorer, un des péchés mignons récurrents du genre. Avant de conclure, Pusha T nous emmène faire un petit tour dans les bas fonds (« What Would Meek Do? », en référence à Meek Mill), sans oublier de glisser un clin d’oeil au « Hail Mary » de Tupac. Pendant qu’on y est, terminons le tour du propriétaire en n’oubliant surtout pas le puissant et émouvant « Santeria » où Pusha s’empare d’une gravité certaine. Le morceau est sublimé par le...

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Les Beastie Boys vont sortir une autobiographie qui s’annonce dingue

Les Beastie Boys vont sortir une autobiographie qui s’annonce dingue

Si comme nous, vous pleurez encore la mort de MCA et, de fait, la fin de carrière du groupe légendaire qu’est les Beastie Boys, sachez qu’un joli lot de consolation devrait débouler dans les librairies le 30 octobre prochain. Beastie Boys Book, c’est son nom, retracera l’ensemble de la carrière du groupe, relatée par Mike D et Ad-Rock sur près de 600 pages. Au menu, en sus du texte qui s’annonce riche, des photos rares, un livre de recettes (!), une BD, des playlists, les contributions de Spike Jonze, Wes Anderson, et Amy Poehler. Bref, un livre tout à fait foutraque et forcément indispensable sur un groupe qui l’est tout autant. Superbe cadeau de noël avant l’heure pour les amateurs de Beastie, rien qu’à voir la couverture on sait déjà que ça va être ultra cool !    ...

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NTM @ AccorHotels Arena (Paris), 09/03/18

NTM @ AccorHotels Arena (Paris), 09/03/18

Je ne faisais pas tout à fait le fanfaron quelques heures avant de me rendre au feu POPB (devenu l’Accor machin chouette) pour assister au concert de reformation de NTM. Déjà, les gars ne sont plus de première fraîcheur (même si les exemples de groupes en âges plus avancés qui assurent toujours sont légions). Ensuite ils n’ont rien sorti depuis belle lurette (à part 32 best of, remixes et autres futilités seulement prompts à remplir les caisses). Enfin, les échos que j’avais eus de leur précédent retour sur scène ne m’enthousiasmaient qu’à moitié. Du genre “content de les avoir vus mais pas non plus inoubliable“. Je restais donc mesuré espérant qu’ils me mettent la fièvre du vendredi soir, mais craignant quelques sueurs froides face à des choix douteux. Et bien, mettons fin au suspense d’emblée, à part “La Fièvre” (le morceau), j’ai eu un peu de tout ça. Il est environ 21h quand Kool Shen et Joey/Jaguar Starr/Gorgone déboulent (pour nous mettre l’enfer). Aux deux extrémités de la scène, sous les DJ, un grand 9 et 3 en jaune éclatant. 9-3 connexion, time time for some action. Sans grande surprise, le public est majoritairement composé de trentenaires et quarantenaires (que voulez-vous les jeunes préfèrent PNL). Sans grande surprise, le son est globalement à chier (voix très en avant, instrus parfois à la limite de l’inaudible). Bercy a une réputation à tenir à ce niveau-là et quand on ne s’appelle pas Radiohead ou Neil Young, bah on a un son de merde dans cette salle. On ne va pas se mentir, les gros classiques font très plaisir. Et démarrer un concert par “On Est Encore Là” et “Qu’est-ce Qu’on Attend ?” permet d’emblée de se mettre le public dans la poche. La nostalgie fonctionne évidemment à pleins tubes et gomme le léger manque d’explosivité (et surtout de vraie complicité) du duo. Finalement la plus grosse plaie de ce concert aura été les (trop nombreux) guests. Non, parce qu’autant réciter mot pour mot “Paris Sous Les Bombes”, “Pass Pass Le Oinj” ou “Pose Ton Gun” (fidèlement interprétés) comme quand il y a 15 ans c’est le pied, autant revoir des gars comme Big Red ou Busta Flex qu’on avait (plus ou moins volontairement) oubliés c’était pas vraiment nécessaire. Parce qu’avec la maturité (lol) on constate que “Laisse Pas Traîner Ton Fils” sonne toujours très juste mais que “Aiguisé Comme Une Lame” (de Raggasonic) sonne bien gentillet. Je passe sur les intermèdes reggaeton et autres distractions bon enfant, je pourrais devenir grossier… Tous ces moments, hormis le fait de nous laisser le temps d’allers retours express pour chercher des bières, auront eu le malheur de casser le rythme. Et de nous faire...

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