Bientôt une suite à Ghost Dog ?

Bientôt une suite à Ghost Dog ?

< C’est une nouvelle qui devrait ravir à la fois cinéphiles et mélomanes. RZA, leader mythique du Wu-Tang Clan a confié à Télérama qu’une suite au premier Ghost Dog était dans les tuyaux. « Mes potes Jim Jarmusch et Forest Whitaker ont tous les deux accepté de produire avec moi et le scénariste Dallas Jackson un nouveau Ghost Dog. Et nous avons déjà un scénario écrit. Donc il se pourrait bien que Ghost Dog fasse son grand retour, sur grand ou sur petit écran.  » Le film onirique de Jim Jarmush qui suivait la vie d’un tueur à gages samouraï avait séduit et la bande originale de RZA avait marqué les esprits, demeurant l’une des meilleures BO de hip hop instrumental existante....

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Meyhem Lauren & Dj Muggs – Gems From The Equinox

Meyhem Lauren & Dj Muggs – Gems From The Equinox

Le DJ/producteur Lawrence Muggerud aka Dj Muggs, s’est bâti une solide réputation dans le hip hop depuis le début des années 90 avec son groupe Cypress Hill, puis au travers de ses collaborations multiples avec les plus grands, de House of Pain à Dr Dre, de Ice Cube à The Psycho Realm, en passant par Tricky, GZA, Funkdoobiest, Planet Asia… On s’arrête là, la liste est trop longue. Le voici de retour en cette fin d’année aux côtés du rappeur originaire du Queens, Meyhem Lauren, avec l’album Gems From The Equinox. Un album à l’efficacité redoutable, tant nos deux protagonistes excellent dans leurs domaines respectifs. On replonge 20 ans en arrière, à l’époque où les classiques hip hop fusaient de toutes parts. Vous l’aurez compris, bien que l’on soit en 2017, cet album puise son inspiration dans le meilleur du rap des nineties. Un retour aux sources donc, on retrouve le plaisir du sample, une production aux petits oignons, peaufinée dans les moindres détails que nous sert sur un plateau d’argent l’éternel Dj Muggs. Si le flow de Meyhem n’est pas à couper le souffle, qu’on peinerait même à le distinguer parmi une multitude de MCs, il occupe le terrain et assume son rôle de conteurs de rimes à la perfection, à tel point qu’on en oublierait presque la présence des nombreux invités de cet album. À mesure que les titres se dévoilent, la magie opère. On retiendra par ordre de préférence le très classe « Street Religion » avec Roc Marciano, « Redrum » avec son sample de Yegelle Tezeta du musicien Éthiopien Mulatu Astatke (aimé des rappeurs puisqu’il avait déjà été utilisé par Nas & Damian Marley sur le titre « As We Enter »). Le planant et dépressif « Szechuan Peppercorns » avec ses notes de guitares dégoulinantes où Meyhem officie aux côtés d’Action Bronson. Les plus dark « Aquatic Violence », « Shea Stadium » et « Murder Rap » ne nous laissent pas de marbre et prouvent encore une fois que nos deux guerriers sont à l’aise en toutes circonstances. « Tension » clôture l’album, on y retrouve de nouveau Action Bronson, puis B-Real qui vient clore le débat en nous souhaitant une bonne nuit avant de lâcher le micro. Ceux qui pensaient que Muggs avait fait son temps peuvent aller se rhabiller, ceux qui ne connaissent pas Meyhem Lauren, on leur en voudra pas, car il n’est pas trop tard, il suffit juste de prendre un peu de temps pour écouter et apprécier ce Gems From The Equinoxe. Un album qui s’impose dès à présent comme l’une des meilleures sorties rap de l’année, et nous permet de patienter en attendant Elephants On Acid de Cypress Hill dont la sortie est prévue pour avril 2018....

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La Rumeur se livre

La Rumeur se livre

  Après Les petites annonces du carnage, vous l’aurez compris l’encre va encore couler, alors maintenant inscrivez greffier : le 8 novembre La Rumeur sortira « Il y a toujours un lendemain » (éditions de l’observatoire), son premier livre, en vente libre, sans faire de bruit.   Il y a eu le film salué par la critique (« Les derniers parisiens » sorti en février dernier), les disques indispensables (notamment l’inégalable L’ombre Sur La Mesure), La Rumeur s’essaie maintenant au livre et ce sont ses deux MCs principaux, Hamé et Ekoué, qui ont pris la plume pour se raconter. Un livre qui « dresse le portrait d’une passion artistique forgée dans le feu du peuple et le grouillement créatif des premières heures du hip-hop en France. » Si vous tenez à varier les plaisirs, sachez que Hamé et Ekoué seront présents le 8 novembre, jour de parution du livre, pour une séance de dédicaces au cinéma L’hélios (Colombes, 92) après la diffusion de leur film « Les derniers parisiens ». Et pour vérifier que malgré la diversification de leurs activités La Rumeur est toujours (et avant tout) un très grand groupe de rap, rendez-vous à La Source Fontaine (Fontaine, 38) le 23 novembre pour un concert avec La Canaille qui s’annonce pour le moins explosif ! JL &...

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Prophets Of Rage – Prophets Of Rage

Prophets Of Rage – Prophets Of Rage

Il fallait bien passer à l’acte, celui de l’épreuve cruciale et non sans danger de la conception d’un album. Car oui Prophets of Rage a fait ses preuves. Sur scène, la mayonnaise à pris très vite, on sent l’envie et le plaisir communicatif des membres à jouer ensemble, qui plus est pour la bonne cause, toujours le bras tendu. En studio et sur disque c’est une autre histoire. L’EP sorti en 2016 n’a eu pour seul effet que de nous renvoyer 20 ans en arrière, avec l’unique envie de nous replonger dans la discographie de leurs formations d’origines. Les quelques morceaux balancés au compte-goutte avant la sortie officielle de ce premier opus se sont eux avérés prometteurs, mention spéciale à « Unfuck The World », « Radical Eyes » et « Living On The 110″, particulièrement émérites. Mais rien n’est joué car la véritable épreuve repose sur le fait de tenir la distance sur un album complet et au premier abord, les membres de Prophets s’en sont sur ce coup-là plutôt biens sortis. Mais voilà si l’on creuse un peu, on se rend vite compte que les ex-membres de Rage Against The Machine ne sortent jamais des sentiers battus. Aucune prise de risque, ils martèlent la même formule sans relâche. Les riffs et solos de Morello sonnent souvent comme du déjà entendu, on reste sur notre faim et c’est bien dommage. Fort heureusement, Tim commerford et Brad Wilk redonnent du peps à l’ensemble en déployant une bonne dose de groove comme sur » Take Me Higher », taillée sur mesure pour Chuck D. Globalement trop propre et poli, on reprochera un manque de hargne et de brutalité, sûrement dans un souci de plaire au plus grand nombre plutôt que dans une difficulté à se renouveler. Musicalement on assiste à une révolution en demi teinte que Chuck D et B-Real peinent à tirer vers le haut. S’ils assurent toujours dans leur rôle de Mc’s, nos messagers n’ont pas la fougue ni l’énergie d’un Zack De La Rocha prêchant la bonne parole. On frôle même la catastrophe pour ne pas dire le ridicule sur « Legalize Me » où la voix trafiquée de B-Real qui ne méritait vraiment pas ça, risque d’en faire pâlir plus d’un. On le sait l’épreuve est délicate, et il est vrai qu’en un an les membres de Prophets n’ont pas chômé… Le meilleur de cet album avait déjà été dévoilé, ce qui est fort dommage, le reste n’offrant pas de réelles surprises. Une bonne marge de progression est à prévoir/espérer pour la suite, pour le moment attendons de voir comment le groupe va défendre cet album en live. Parce que c’est peut-être bien là où il est le plus fort. JR   LIRE LA CHRONIQUE DU PREMIER...

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Dälek – Endangered Philosophies

Dälek – Endangered Philosophies

« Bonjour, mon garçon. Installez-vous et dites-moi ce qui vous amène. » « Et bien voilà, je ne suis pas comme les autres garçons de mon âge. » « Vous pouvez préciser ? » « Les autres garçons aiment le foot, les filles et les jeux vidéos. Moi j’aime les films d’horreur, les animaux morts, le feu… » « Oh là là, mais enfin mon petit Dälek vous n’avez que 10 ans, l’âge de l’insouciance. Qu’est ce qui vous attire dans tout ça ? » « J’ai une fascination pour les ténèbres. » « Ah oui quand même. Bon. On va procéder à un jeu très simple. Je vous pose des questions courtes et vous me répondez ce qui vous vient à l’esprit. Votre couleur préférée ? » « J’en aime deux ! » « Ah super, vous voyez ! Lesquelles ? » « Le noir et la couleur de la rouille. » « Hum. C’est très bien (sourire gêné). Votre animal préféré ? » « La mouche tsé tsé » (Embarrassé) « D’accord, d’accord. Je vais maintenant vous faire écouter des sons très courts et vous me dites ce qu’ils vous inspirent. » (Un oiseau qui chante) « L’ennui. » (Un ruisseau qui coule) « La tristesse. » « Avec des oreilles aussi insensibles, j’espère que vous ne projetez pas de devenir musicien ! HAHA ». Docteur Dickhead part dans un fou rire aussi bruyant qu’incontrôlable. « Je veux devenir rappeur. » « ….. » Après une longue hésitation mêlée de désarroi, le Dr Dickhead reprend la parole « J’avoue que je ne vois pas trop comment m’y prendre avec vous. Vous avez au moins une chance, vous êtes américain ! Raccrochez-vous à ça ! Vous êtes fier de votre pays ? » « Je conchie la politique étrangère des Etats-Unis et je considère le second amendement de la constitution comme une hérésie ». « Sortez de ce bureau. » Dälek ne revit plus jamais le Dr Dickhead mais il se porte aujourd’hui à merveille. Il vient de sortir un nouveau disque, Endangered Philosophies, plus consistant encore que le précédent un rien frustrant, sans jamais rien céder à ses principes. Ses textes rageurs faisant remarquablement corps avec de fascinants échafaudages sonores soigneusement élaborés (les percutantes « Echoes Of… » ou « The Son Of Immigrants », « A Collective Cancelled Thought » et ses 5 premières minutes instrumentales, « Battlecries » et son spleen écrasant). Le tout distille un sentiment étouffant palpable qui pourrait être malaisant pour l’auditeur non averti mais se révèle au contraire jubilatoire pour celui qui l’est. Dälek demeure incompris mais il n’en a cure (« a few understand what i’m talking about, whatever » clame-t-il sur « Few Understand »). Nous non plus, on se réjouit même qu’il poursuive cette route que peu d’artistes osent emprunter....

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