Interview – J.C. Satàn

Interview – J.C. Satàn

Villette Sonique, samedi 28 mai. J.C. Satàn doit jouer en plein air dans l’après-midi, il tombe des trombes d’eau. À tel point que le concert est incertain. Il sera maintenu et auparavant on se réfugie avec le groupe dans leur van, juste avant qu’ils attaquent leurs balances. Interview. Je crois que vous êtres un groupe qui n’a pas volé sa réputation de groupe de scène, parfois usurpée. On sent que sur scène vous vous lâchez complètement. Quand vous composez vous avez déjà hâte d’y être, vous visualisez la façon dont vos morceaux vont évoluer ? Dorian (claviers) : on le prévoit pas forcément, mais en entendant le morceau on se projette un peu, oui. Arthur (guitare,chant) : des fois je me dis « celui-là il pourrait bien envoyer sur scène », mais ça va pas plus loin que ça. On sait pas trop ce que ça donnera sur scène. Vu qu’on refait les morceaux tous ensemble – moi je les écris, on enregistre avec Dorian -, on sait pas trop ce que ça va donner souvent. Des fois on se demande si certains passages vont pas complètement changer, c’est pas prévisible. Mais on sait que quoiqu’il arrive, même une espèce de ballade, on finit par envoyer. Romain (batterie) : y a toujours des morceaux, on sait qu’ils vont marcher, d’autres on les teste et des fois ça marche pas et on les fait pas…   Je pensais à un morceau comme “Waiting For You” qui paraît assez tranquillou sur album et qui explose complètement sur scène… Arthur : t’as « I Will Kill You Tonight » sur album qu’on joue pas. Paula (chant) (à Arthur) : quand t’as enregistré « Waiting For You » tu pensais pas que ça rendrait quelque chose comme ça sur scène. Arthur : pas du tout, non. Je pensais même pas qu’on pourrait le jouer.   Parce que toi t’écris la majorité des morceaux, et derrière vous vous retrouvez tous ensemble et vous les rebossez, c’est ça ? Arthur : ouais. Moi j’écris la logique en gros, Paula écrit tous les textes. Avec Dorian on enregistre et tous ensemble après on voit comment ça marche. Dorian : on les répète qu’après. Arthur : oui, c’est vraiment deux façons complètement différentes de fonctionner. C’est un peu deux groupes. La scène c’est quand même le plus…   Ce qui vous éclate le plus, et puis déjà vous êtes tous ensemble. Sur le dernier album, il y a un côté un peu moins « chien fou », je dirais. D’ailleurs le premier morceau “Satan II” est trompeur parce qu’ultra bourrin par rapport au reste. L’idée c’était d’évacuer ce côté-là pour après développer d’autres choses ? Arthur : un peu. C’est pas si réfléchi que ça mais...

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Mastodon + QOTSA + At The Drive-In = Gone Is Gone

Mastodon + QOTSA + At The Drive-In = Gone Is Gone

  Voilà un nouveau supergroupe potentiellement capable de produire du super son. Gone Is Gone rassemble Troy Sanders (chanteur-bassiste de Mastodon), Troy Van Leeuwen (guitariste de Queens Of The Stone Age), Tony Hajjar (batteur de At The Drive-In), et le multi-instrumentiste Mike Zarin. En attendant l’EP, prévu cet été, puis l’album (fin 2016), qui devrait être du rock expérimental d’après leurs dires, voici un teaser qui contient un extrait du premier single « Violescent » :...

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Iggy Pop – Post Pop Depression (Loma Vista)

Iggy Pop – Post Pop Depression (Loma Vista)

Iggy Pop + Josh Homme. Un des derniers monstres sacrés du rock avec un des plus respectés/tables des années 2000. Le premier a prouvé à toute une génération de gosses mal élevés adeptes du “no future” qu’ils pouvaient en avoir un, même à très court terme. Le second s’est appliqué à bousiller les tympans de centaine de coyotes, jusque-là bien peinards dans leur désert (en composant de la putain de musique, parce que c’est quand même ça le plus important). Le duo était très alléchant sur le papier, à un bémol près. Malgré tout le respect qui lui est dû, l’iguane n’a rien sorti de bien fameux depuis… fiouuu.. au moins deux décennies. Le roux s’est, quand à lui, métamorphosé en tombeur de ses dames, se souciant davantage de son aura pop que de sa propension à balancer du riff jouissif. Restait à savoir si l’alchimie allait prendre, si Josh allait réveiller le bestiau quelque peu assoupi, si des tonnes d’idées allaient jaillir de ces deux cerveaux bouillonants, provoquer des étincelles et finir par nous mettre le feu au cul… La réponse s’impose assez vite : de feu il n’y a jamais sur ce disque, les braises sont à peine fumantes et personne ne cherche à souffler dessus pour les raviver. Tout ceci est bien fade, mou, aseptisé. C’est donc ça la Post Pop Depression ? Assez déprimant en effet. “I have nothing but my name” semble se lamenter Iggy (“American Valhalla”). Pas faux. Et que dire du navrant “Vulture” avec son final faussement emballant, réellement chiant… Iggy Pop semble feindre l’excitation, alors que de toute évidence il s’emmerde autant que nous. Qu’il est loin le temps des glapissements sexués de “Dirt”… Il faut dire que le père Josh ne s’est pas foulé des masses non plus pour remuer papy Osterberg, concoctant toute une série de riffs et ambiances entendus mille fois. Sur le dernier Queens of the Stone Age (bien plus enthousiasmant, au demeurant), on se demandait où était passée toute la pléiade d’invités tant le roux monopolisait l’attention et tirait la couverture à lui. Ici, on se demande si l’album, au lieu d’être crédité au nom d’Iggy Pop n’aurait pas dû s’appeler Queens of the Stone Age featuring Iggy Pop. Allez, pour le geste, sauvons tout de même trois morceaux du (quasi) marasme : “Break Into Your Heart” (sympathique à défaut d’être renversante), “Gardenia” (bien foutue mais un brin trop sage) et “Paraguay”. Enfin, la deuxième partie de “Paraguay”. Quand l’affaire s’emballe un peu. Mais il faut attendre 3′ pour ça et se coltiner les “tralalalala” d’Iggy. Tristesse. On avait envie d’y croire, voire de s’enflammer. Finalement, Josh Homme semble faire dans le charitable, composant (recyclant ?) des accompagnements...

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Iggy Pop et Josh Homme vont sortir un album en commun

Iggy Pop et Josh Homme vont sortir un album en commun

  La nouvelle a été annoncée par le New York Times et le secret était bien gardé jusque-là. Le projet serait né d’un texto envoyé par Iggy Pop à Josh Homme lui disant simplement que ce serait cool d’écrire un truc ensemble à l’occasion. Voilà qui est fait. L’album en question, intitulé Post Pop Depression, sortira en mars chez Loma Vista. On y retrouvera un autre membre de Queens Of The Stone Age, Dean Fertita, à la guitare et aux claviers. Iggy Pop a indiqué que l’album serait en quelque sorte dans la continuité de Lust For Life. Pas mal comme argument… Un premier extrait, “Gardenia”, a été dévoilé.     Une tournée va suivre pour défendre l’album, avec Fertita, Matt Helders (batteur d’Arctic Monkeys), Troy Van Leuwen (guitariste également de QOTSA) et Chavez’s Matt Sweeney. Reste à savoir si un détour par nos contrées est envisagé. Une première performance live a été enregistrée chez Steven Colbert     JL...

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Rock en Seine @ St-Cloud (92), du 22 au 24/08/14

Rock en Seine @ St-Cloud (92), du 22 au 24/08/14

Deux ans de suite que je me fais les 3 jours à Rock en Seine, dis donc ! Il faut dire que la programmation, sans être très audacieuse, est devenue de plus en plus éclectique permettant de satisfaire un peu tout le monde. Ainsi, que l’on recherche des grosses pointures (Arctic Monkeys, Prodigy, Queens of the Stone Age, Lana Del Rey…), que l’on soit amateur de rock indé (Cloud Nothings, Thurston Moore, Stephen Malkmus) ou même d’électro bourrine (Kavinsky, Etienne de Crécy, re-Prodigy…) ou subtile (Trentemöller, Flume, Portishead), il y avait de quoi trouver son bonheur du côté du parc de St-Cloud. Et nous alors ? Nous qui sommes d’un éclectisme à toute épreuve, nous qui représentons la fine fleur du bon goût musical, avons-nous trouvé notre bonheur ? Réponse.   Vendredi 22 août Ma journée commence avec Jessica93, le one-man-band du dénommé Geoffroy Laporte. J’ai beau m’en réjouir, j’ai encore du mal à comprendre l’étonnante ascension de ce monsieur, pourtant très éloigné des circuits traditionnels et dont la musique n’est pas franchement la plus accessible qui soit. Une reconnaissance on ne peut plus méritée pour quelqu’un d’extrêmement talentueux (et sympathique, on le sait puisqu’on la rencontré il y a peu) qui a livré l’an dernier un premier album exceptionnel. La dégaine et l’attitude sur scène de Geoffroy – cette façon de martyriser ses instruments et de se balancer avec nonchalance tel un pantin dégingandé – n’est pas sans rappeler un certain Kurt Cobain. Si un festival n’est sans doute pas l’idéal pour apprécier sa musique live, je rentre néanmoins sans peine dans ce concert et découvre plusieurs nouveaux morceaux dans la lignée du précédent album. Et quoi de plus approprié que la scène de l’industrie pour se voir infliger cette musique si froide et urbaine (ô combien entêtante faut-il le rappeler) ? Le prochain album est pour très bientôt et si l’année prochaine Jessica93 passe au Zénith on y sera aussi. Après quelques bières et un détour par le village du disque (très bonne initiative que d’exposer ainsi des disquaires indépendants) je me retrouve un peu par hasard vers la grande scène où joue Gary Clark Jr. Le type n’a pas l’air embêté avec une guitare dans les mains, techniquement c’est très propre (limite guitar hero), et même s’il s’excite bien plus que moi l’accompagnement n’est pas désagréable pour taper la discute dans l’herbe. Suit Jake Bugg qui du haut de ses 12 ans (oui bon, un peu plus) joue sa folk sympatoche de vieux roublard. Rien de bien renversant. On nous a vendu ce garçon comme le nouveau Dylan, pour le moment il partage au moins un point commun avec la légende folk : sur scène c’est chiant. J’ai pris un peu...

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