Dans le bac d’occaz’ #15 : The Modern Lovers, Slint, Comets On Fire

Dans le bac d’occaz’ #15 : The Modern Lovers, Slint, Comets On Fire

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).*   Dans le bac d’occaz #15 : les années en 1   1981 : The Modern Lovers – The Original Modern Lovers  Entre JL et moi, c’est parfois compliqué. Il faut savoir que c’est souvent lui qui me conseille sur les disques à inclure dans cette rubrique, et que jusqu’ici ces choix n’ont pas été particulièrement judicieux. A fortiori quand il s’agit des années 80, la période musicale qui peut facilement être la plus pénible pour moi. Faith No More, c’était lui. Wire, c’était lui. Stone Roses, c’était lui. Gang Of Four, c’était lui. Le groupe qui me torture en ce moment mais dont je ne peux pas encore parler parce que je prépare mes bac d’occaz un mois à l’avance, c’est encore lui. Alors quand pour l’année 1981 j’ai dû écouter un groupe au nom limite new wave proposé par ses soins, j’y suis un peu allé à reculons.   Et là, le choc. Mais putain, c’est vachement bien. Et pas du tout typé ! Ce truc-là aurait pu être écrit en 2017 comme en 1972, on y retrouve à la fois l’influence du Velvet Underground (particulièrement palpable sur « Roadrunner #2 »), l’énergie et le côté brut des groupes de proto-punk (« Astral Plain », par exemple), une voix désabusée pas très loin d’Eels ou Car Seat Headrest, du farfisa sur « Roadrunner #1 » histoire de bien évoquer les 60s mais aussi des temps calmes comme « Dance With Me » ou « Girlfren » que ne renieraient pas les Violent Femmes (ils ne renieraient pas non plus l’énergique « I Wanna Sleep In Your Arms », j’imagine) et même une bizarrerie a capella, « Don’t Let Our Youth Go To Waste », qu’il fallait oser avec la voix de Jonathan Richman et la prod lo-fi avant l’heure de Kim Fowley. Complètement inclassable temporellement, flirtant avec des dizaines de genres piochés à des dizaines d’époques, The Modern Lovers se détache de loin de quasiment toute la production musicale de cette année 1981, d’autant plus qu’il aurait véritablement été composé en 1972. La démonstration convaincante que la musique des années 70 est intemporelle, là où celle de la décennie suivante a globalement dépassé le seuil toléré de la ringardise en un temps record. Bref, The Original Modern Lovers est une véritable merveille, et mérite l’attention de tout mélomane rock. Merci à JL de savoir me rappeler ponctuellement...

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Lysistrata – Pale Blue Sky EP

Lysistrata – Pale Blue Sky EP

Ça tient parfois à peu de choses la découverte d’un (très bon) groupe. A un verre de plus ou de moins avant de se rendre à un concert des Sonics par exemple. J’ai la fâcheuse tendance à louper quasi systématiquement les premières parties. Pas ce jour-là. Grand bien m’en a pris. Ce jour-là donc, je vais voir des légendes garage 60s et une bande de gamins m’administre une fessée sans que je ne vois rien venir et sans trop que je comprenne ce qu’ils jouent. Assurément pas du garage 60s en tout cas. Plutôt un de ces genres avec les mots « post » ou « math » dedans. Ce qui peut en faire fuir quelques-uns mais un groupe comme Lysistrata ressemble à un antidote tout trouvé à leur fermeture d’esprit. Car si la musique de Lysistrata dégage quelque chose d’évidemment beaucoup plus cérébral que celle des Sonics, elle n’en demeure pas moins viscérale pour autant. Ces trois jeunes gens dégagent déjà une assurance et une maitrise assez bluffante pour résoudre des équations guitare-basse-batterie en apparence fort complexes, mais ils n’oublient pas la bonne dose de fun nécessaire, ni de nous imprégner des mélodies imparables dans le cerveau (le math rock taquin et fougueux de « Pierre Feuille Ciseaux » ou l’exaltante « Pantalon Pantacourt »). En seulement 4 titres et un peu moins de 20 minutes, ils en disent bien plus que certains en une heure de temps. Lysistrata aime nous prendre par la main, nous faire traverser des itinéraires sinueux avant de nous emmener dans un recoin sombre pour nous coller un bon coup de latte dans les gencives quand on s’y attend le moins. Preuve en est avec la démente « Sugar & Anxiety » qui, du haut de ses 7 minutes épiques, conclut magistralement l’aventure. Des sommets d’intensité sont atteints en convoquant dans la même pièce Fugazi, Explosions In The Sky et Shellac. Et il fait rudement chaud quand on sort de là. Nous voilà moites et tout chamboulés. Ce qui ne nous empêche pas de réclamer une portion supplémentaire. Et vite, s’il vous plait, soyez pas vaches ! JL Lysistrata sera en concert le 31 mai au Nouveau Casino (Paris) pour la release party de Pale Blue Sky....

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Caspian – The Four Trees

Caspian – The Four Trees

Deux ans après la sortie de leur premier EP You Are The Conductor, Caspian sort le 10 avril 2007 son premier album, The Four Trees, qui vient de fêter ses 10 ans. Composé de 11 titres dont « ASA » et « Some Are White Light », des incontournables de la discographie du groupe, The Four Trees est une ode à la lumière. Ses morceaux instrumentaux sont tous portés par cette beauté harmonieuse dont Caspian a le secret. Les premières notes de « Moksha » suffisent à nous mettre du baume au cœur et le sourire aux lèvres. Pas de grosses prises de risques sur ce disque, les mélodies s’enchainent sur des titres plutôt courts (j’entends pour ce genre musical) mais comme toujours on retrouve cette force, ces guitares puissantes qui montent crescendo vers des notes finales épiques (« Crawlspace », « Book IX »). Néanmoins, on découvre aussi pour la première fois un morceau entièrement acoustique, « Our Breath In Winter », qui laisse entrapercevoir une nouvelle palette musicale au sein de leur univers. On retrouve également des notes acoustiques dans la magnifique « Sea Lawn ». Le mélange de ces doux accords accompagnés des loops électriques rappelant le chant des baleines nous laisse imaginer la beauté des paysages qui entourent le groupe sur La baie du Massachusetts. Emotion partagée avec talent. L’enchainement « The Dove »/« ASA » fait partie des plus belles compositions du répertoire du groupe. Éthérée et intense, l’harmonie entre ces deux morceaux nous laisse sans voix. Le quatuor nous prouvait à nouveau tout au long de cet album très cohérent qu’il n’est pas nécessaire d’apposer des paroles pour nous procurer des émotions. The Four Trees posait ainsi une nouvelle pierre à leur édifice après un You Are The Conductor prometteur, et laissait déjà présager les monuments à venir. Tertia (2009) , Waking Season (2011) , le bouleversant Hymn For The Greatest Generation (2013), et le puissant Dust And Disquiet sorti en 2015, un des meilleurs disques de rock instrumental. Aujourd’hui, Caspian continue d’évoluer et d’apporter de la variété à sa discographie en nous présentant en octobre 2016 le mini film Castles High Marble Bright, entièrement composé d’images capturées par Ryan Mackfall lors de leur dernière tournée européenne. Ce titre nous donne un magnifique aperçu de ce qu’il reste à venir. On a hâte de découvrir la suite.   ET...

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Dans le bac d’occaz #13 : Gang Of Four, Faith No More, Mogwai

Dans le bac d’occaz #13 : Gang Of Four, Faith No More, Mogwai

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).*   Dans le bac d’occaz #13 : les années en 9       1979 : Gang Of Four – Entertainment! J’ai été invité, un peu forcé à squatter pour être tout à fait exact, à la table d’un chef culte, talentueux et inventif. Il nous a servi un plat extrêmement original et même assez copieux, ce qui me fait toujours peur dans ce type de cuisine qui se la pète un peu, à base d’épinards, d’aubergines, de choux de Bruxelles, d’endives cuites et de foie de veau. C’était super bien maitrisé, dressé au poil, et les convives se sont régalés. Le problème, c’est que je n’aime ni les épinards, ni les aubergines, encore moins les choux de Bruxelles et les endives cuites et je conchie carrément le foie de veau. Du coup, tout en reconnaissant le talent de notre hôte, je me suis emmerdé sec et j’ai eu du mal à finir. En écoutant ce disque de Gang Of Four, c’est exactement l’impression que j’ai eu. Je suis bien obligé de reconnaitre que la musique proposée par le groupe, un mélange de post-punk, noise, hip hop, funk, reggae est original et parfaitement maitrisé, avec néanmoins un côté rough propre aux bons groupes indé… mais ça reste un mélange de styles qui, au mieux m’indiffèrent, au pire me donnent des diarrhées. Au final, pour toute ses qualités, et sa longueur tout à fait raisonnable, Entertainment! est pour moi parfaitement indigeste. D’ailleurs, je suis incapable de choisir un titre plutôt qu’un autre, c’est JL qui s’en chargera !     1989 : Faith No More – The Real Thing J’aurais pu copier-coller exactement le même paragraphe que pour Gang Of Four en changeant à peine quelques termes, mais je ne vais pas sombrer dans la facilité. Parlons donc spécifiquement de ce disque. Déjà, je vais faire mon mea culpa : vu la réputation de Patton, j’avais d’emblée rangé Faith No More sans les écouter dans la catégorie des groupes intellectuallo-bizarroïdes chiants trop occupés à faire des performances artistiques pour prendre le temps d’écrire un bon morceau. Force est de reconnaitre que The Real Thing n’est pas chiant (quoi que « Woodpecker From Mars »…) et encore moins intellectuel (quoi que « Edge Of The World »…). Non, s’il y a un adjectif qui collerait parfaitement à ce disque, c’est déroutant....

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Mogwai paie sa tournée… et son disque

Mogwai paie sa tournée… et son disque

Un an après avoir signé la bande originale très sombre, très électro (et très réussie !) du documentaire Atomic, voilà que Mogwai annonce déjà son retour. Le successeur serait enregistré et sa sortie est à prévoir sans doute d’ici début septembre (on prend pas trop de risques), date qui marquera le début de leur prochaine grande tournée qui inclura deux haltes par chez nous : le 18 octobre à l’Aeronef de Lille et le 23 octobre au Grand Rex (Paris)....

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