Shame – Songs Of Praise

Shame – Songs Of Praise

En ce début d’année, musicalement ça se passe outre manche. Au sud de Londres, dans le quartier de Brixton pour être exact, avec Shame. Si les 5 garçons attirent les regards depuis plusieurs années grâce à des prestations scéniques énormes (au point d’être adulés par Warpaint depuis leur passage au Pitchfork Festival) il en est autrement sur disque car jusque-là Shame n’avait rien sorti hormis quelques titres balancés au compte gouttes. Il faudra attendre ce début d’année pour que leur premier album, Songs Of Praise, voit enfin le jour. Étiquetée Post Punk, la musique de Shame pourrait bien en épater plus d’un car elle puise sa force dans un étalage bien plus vaste, celui du rock Britannique dans son ensemble. En digne héritier des Clash, Gang Of Four, ou encore The Fall, le quintet exécute en toute maîtrise des compositions aussi prenantes que fascinantes (au rayon tubes immédiats, signalons “Concrete”, “Dust On Trial” ou la quelque peu dérangée “Donk”… mais il y a l’embarras du choix). Shame casse la baraque comme leurs confrères de Sleaford Mods et de Idles avant eux. Ils ont cette niaque communicative, mais savent aussi calmer le jeu, preuve en est avec “Angie” qui clôture avec brio ce disque. Shame offre un nouveau souffle au Rock made in UK. Seulement 10 pistes, concis mais efficace, et que son leader Charlie Steen garanti sans “bullshit”… On ne peut que confirmer. Voilà donc une belle manière de commencer l’année et de débuter une discographie. Brexit ou pas, Shame est bien décidé à franchir les fontières de la Grande-Bretagne. Ils seront d’ailleurs de passage en France au printemps à Paris, Lille et Bordeaux, autant dire qu’il serait dommage de les louper....

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Du nouveau matériel pour Preoccupations

Du nouveau matériel pour Preoccupations

Preoccupations (ex-Viet Cong) revient le 23 mars prochain avec l’album New Material chez Jagjaguwar, qui succèdera au décevant album éponyme. Un premier single, “Espionage”, a été dévoilé. Le groupe défendra son nouvel album sur la scène de La Maroquinerie (Paris) le 11 juin prochain. JL     La pochette :                   LIRE LA CHRONIQUE DE VIET CONG – VIET CONG LIRE LA CHRONIQUE DE PREOCCUPATIONS –...

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Gang Of Four – Entertainment!

Gang Of Four – Entertainment!

Après le forfait commis par le vil BCG, je me dois de réhabiliter en ces pages ce grand disque qu’est Entertainment! de Gang Of Four. En 1979, le mouvement punk s’essouffle (déjà) et le post punk pointe le bout de son nez. Gang Of Four évolue du côté lumineux de la force post punk. Point de synthés ténébreux ici ni d’atmosphères gothiques, mais des guitares acérées et tranchantes, une hargne omniprésente et des morceaux terriblement entrainants emmenés par la basse virevoltante de Dave Allen. L’incendiaire “Ether” ouvre les hostilités. Le feu est déclaré dans votre salon. Et ce n’est pas l’instabilité chronique de “Not Great Men”, son groove spasmodique qui va vous calmer. Ça respire l’urgence, la tension et ça n’hésite pas à mélanger amoureusement funk, dub (aaah le mélodica !) et punk, évidemment… Tout ce qui bouge et remue nos tripes. Le jeu de basse phénoménal de Dave Allen a d’ailleurs bien traumatisé Flea (Red Hot) « ça a complètement changé ma façon de voir le rock et ça m’a poussé à devenir bassiste » dira-t-il des bonbons plein les yeux rien qu’en y repensant. Un album qu’on retrouve également dans le top 50 des disques préférés de Kurt Cobain qui n’a pas dû rester insensible au son de guitare d’Andy Gill, aiguisé à souhait, qui n’en fait pas des caisses, mais se contente d’asséner les coups de poignards. C’est sec, sans fioritures, ça pique bien là où il faut (« At Home He’s A Tourist »). La formule est parfois simple et efficace comme ce « I Found That Essence Rare » très pop/punk façon Buzzcocks ou Clash des débuts. Mais on tombe aussi sur des compos bien plus complexes à l’image de la stupéfiante “Anthrax” et son intro en plein brouillard drone. Un cataclysme arrive pense-t-on alors mais c’est une session rythmique funky en diable qui surgit. Et tandis que Jon King chante l’anti-amour (« l’amour comme de l’anthrax »), Andy Gill au fond de la pièce débite des propos inintelligibles façon écriture automatique. Comme de faux-airs de Lou Reed sur “Sister Ray”. Vous avez dit génial(ement barré) ? Les morceaux s’enchainent, plus parfaits les uns que les autres, on danse, on s’excite, on hurle, on ne s’arrête pas. Jamais. Et on oublie presque qu’en chemin on s’est mangé le tube ultime en pleine trogne. “Damaged Goods” et sa basse fabuleuse, son rythme infernal. “Your kiss so sweet, your sweat so sour“. Ça doit être à ça que ressemble le paradis. Dès sa sortie le morceau s’impose comme un hit ultime, bombardé par John Peel, il est l’indie single numéro 1 des charts. Notez que c’est un peu mieux que Franz Ferdinand (encore un qui leur a tout pompé, au passage..). On vous épargne la liste d’artistes qui ont appris...

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Idles – Brutalism

Idles – Brutalism

C’est l’un des phénomènes de l’année. Inconnu il y a un an, Idles truste aujourd’hui tous les tops 2017. Mérité ? Pas volé, en tout cas. Car l’énergie dégagée par ce Brutalism (qui porte sacrément bien son nom) est phénoménale. En ce moment, le british furax qui chie sur tout ce qui l’entoure a bonne presse. Il ne faut d’ailleurs pas chercher bien loin pour trouver des points communs entre Idles et Sleaford Mods. A commencer par ce “chant” débité/dégurgité/clamé/beuglé avec le bon accent de prolo anglais (“Date Night”, “Rachel Khoo”). Une verve inépuisable et un verbe riche. Des bons mots et insanités qui pleuvent. L’entrée en matière (“Heel/Heal”) ne laisse guère de place au doute. Ça cogne vite, fort et encaisse qui pourra. Une violence brute so (english) punk, mais la basse proéminente qui semble constamment indiquer la voie à suivre ramène tout ce beau monde dans l’univers post punk. La frontière est mince, les allers/retours fréquents, à tel point qu’on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser. Mais on danse, pour sûr. Seul souci – et autre point commun avec le groupe de Nottingham – quelques singles incendiaires (les phénoménaux “Well Done” et “Mother”, l’excellent “Exeter” malgré son refrain fainéant) prennent le pas sur l’ensemble du disque, trop répétitif. Obsédé par certaines punchlines (“the best way to scare a Tory is to read and get rich“, “I know nothing, i’m just sitting here looking at pretty colors.. Motheeeeer… Fuckeeeer“), on a un peu du mal à passer à autre chose et à enlever le doigt de la touche repeat. Après avoir dézingué tout le monde, le chanteur, Joe Talbot, s’offre un slow réussi (“Slow Savage”) et nous prouve qu’il est tout à fait capable de nous surprendre, en plus de nous latter les bollocks. Un peu plus de surprise, et de variéte. Voilà sans doute ce qu’il manque à Brutalism pour être tout à fait réjouissant. On ne doute pas un seul instant que l’expérience live doit valoir son pesant de Carlsberg mais sur disque on a envie d’espérer plus. Sinon on n’achètera que les 45 tours....

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Jessica93 – Guilty Species

Jessica93 – Guilty Species

Jessica93 n’est plus le même homme. Souvenez-vous il y a 4 ans quand il nous avait fait vriller le cerveau avec “Away” sur son imparable Who Cares. Ça ressemblait encore à un secret bien gardé, au mec qui maitrise son affaire mais fait son truc seul dans son coin. Au mec qui kiffe et nous fait kiffer mais à échelle modeste. Comme bien d’autres de ses comparses d’alors de Et Mon Cul C’est Du Tofu?. Et puis de l’eau a coulé sous les ponts, aujourd’hui son nom ne fait plus rire personne depuis que même la grande presse “de gôche” (lol) lui a tiré le portrait. Aujourd’hui Jessica93 remplit la maroquinerie un bon mois avant sa release party. Et annonce une deuxième date. C’est à la fois fou et chouette. C’est follement chouette. Parce que rien ne l’y prédestinait. Et aucun compromis ne lui a permis d’y parvenir. Sur ce troisième album, Guilty Species, la musique de Jessica93 est fidèle à elle-même : rêche, brute, sale et brumeuse.Mais Jess/Geoff ne ressent plus le besoin impérieux de faire tourner des boucles indéfiniment, jusqu’à ce qu’addiction s’ensuive. La voix est désormais moins en retrait, il a pris de l’assurance et s’affirme au milieu de l’amas de tôle rouillée qui l’entoure. Des mélodies plus franches du collier aussi, en clair Jessica93 ne fait plus que dans le poisseux, il y verse une dose de sirop. Pas très acidulé le sirop mais juste ce qu’il faut pour nous capturer encore plus aisément dans ses filets. On n’osera pas employer le mot pop pour des morceaux comme “RIP In Peace”, “Mental Institution” ou “Flytrap” mais incontestablement leur force ne réside plus seulement dans l’étau vénéneux formé par les riffs rampants et la rythmique martiale mais aussi dans leurs refrains qui trottent dans la tête. Ne ruez pas dans les brancards, Geoff/Jess n’est pas encore tout à fait prêt pour RTL2 et il ne parle même pas de belles bagnoles ou de jolies nanas, mais plutôt de bestiaux peu ragoûtants (“Anti Cafard 2000” ou la lourde, décharnée… et merveilleuse “Bed Bugs”). Voilà qui lui sied davantage. Pour notre part on a au moins deux bonnes raisons de se réjouir : Jessica93 est parvenu à se renouveler sans abimer son socle qui faisait de lui un artiste singulier et avec une telle qualité systématiquement au rendez-vous, son cercle de fidèles suiveurs n’est pas prêt de se tarir. JL LIRE LA CHRONIQUE DE WHO CARES LIRE L’INTERVIEW BLIND TEST DE...

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