Protomartyr – Consolation EP

Protomartyr – Consolation EP

Avions-nous vraiment besoin de Consolation, neuf mois à peine après le remarquable Relatives In Descent qui comblait toutes nos attentes ? Pas vraiment. 14 minutes de Protomartyr supplémentaires qui ne bouleverseront guère l’ordre établi tant les deux premiers morceaux se révèlent assez anecdotiques (ou pas complètement finis, on ne saurait dire). Le principal intérêt de cet EP réside dans la présence surprenante mais fort à propos de Kelley Deal (décidément en forme cette année). Sur « Wheel Of Fortune » d’abord (meilleur morceau de l’EP) où après une intro tonitruante, elle vient apporter une touche pop bienvenue aux chœurs avant un pont aérien qui pue la classe. Moins indispensable, « You Always Win » n’est pas pour autant dénué de bonnes idées comme lors de cet étonnant passage basse-batterie-violoncelle (!) où le duo vocal Casey/Deal se montre assez complémentaire et touchant. Deux titres auraient donc suffi et pour se consoler, on se contentera de réécouter Relatives In Descent. En attendant son digne successeur. Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE RELATIVES IN DESCENT LIRE LA CHRONIQUE DE THE AGENT INTELLECT LIRE L’INTERVIEW DE...

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Moaning – Moaning

Moaning – Moaning

L’intérêt des vacances, hormis le fait de ne rien branler, c’est de pouvoir rattraper le temps perdu. Un bouquin jamais fini, une série à « binge watcher », ou un disque qu’on s’était promis d’écouter finalement happé par le flot des sorties… Je viens donc de m’offrir une séance de rattrapage avec Moaning, premier album de Moaning, sorti en mars dernier. Les mauvaises langues diront qu’il aurait pu sortir en 1982, et on ne pourra pas leur donner complètement tort sur ce point. Doit-on blâmer le revival pour ne pas faire avancer le shmilblick musical, ou doit-on le saluer quand il est bien fait, que les influences sont suffisamment digérées et que le produit est de qualité ? Pour Moaning, comme pour bien d’autres avant eux, on serait tenté de pencher pour la deuxième option. Donc oui, Moaning a dû bouffer jusqu’à l’indigestion du post punk, Joy Division en tête. Et pour remonter moins loin, c’est à Interpol ou Viet Cong qu’on pense souvent, avant que ces derniers ne perdent une partie de leur inspiration en même temps que leur nom d’origine. Même s’il gagnerait à s’émanciper davantage de ses glorieux ainés et des talentueux héritiers, Moaning fait montre ici d’une palette finalement assez large entre shoegaze rêveur avec une présence synthétique prépondérante mais pas irritante (« Tired », « For Now ») et post punk abrasif quand il dégaine l’artillerie lourde (les imparables « Artificial » et « Don’t Go » qui y vont bille en tête avec une basse en éclaireur qui fait le ménage). La voix grave charismatique de Sean Solomon, la mélancolie couplée à une envie d’en découdre sont autant de repères très identifiés années 80 (la ligne de basse de  « The Same » semble même empruntée à Simon Gallup durant la période cold wave de Cure). Mais la présence du groupe dans les rangs de Sub Pop n’a rien d’incongrue non plus tant la guitare a elle aussi son mot à dire, et préfère le crier que le murmurer (le riff gras sur le refrain de « Somewhere In There », le pont noisy jouissif de « Don’t Go », ou « Does This Work For You » et son mur de guitare que n’aurait pas renié My Bloody Valentine). Alors, au moment de conclure, constatant qu’on s’est prêté plus que de raison au jeu souvent tentant du name-dropping, nous reviennent comme un boomerang nos éternels questionnements sur le revival. La qualité indéniable de Moaning prime avant tout et l’emporte sur les éventuels reproches mais, puisque la force mélodique, l’énergie, l’osmose entre les membres sont d’ores et déjà présents, ne nous reste plus qu’à souhaiter que sur son prochain album le groupe développe davantage sa propre personnalité et ne cesse d’avoir l’œil rivé sur le rétroviseur. Jonathan...

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Protomartyr : un nouvel EP et une invitée de choix

Protomartyr : un nouvel EP et une invitée de choix

Auteur l’an dernier de l’implacable Relatives In Descent, Protomartyr n’a pas chômé depuis puisqu’il nous proposera dès le 15 juin prochain un nouvel EP, Consolation, avec la participation inattendue sur deux titres de Kelley Deal des Breeders ! Ce n’est pas la première fois qu’elle se joint à eux puisqu’elle avait déjà chanté sur “Blues Festival” en 2015. Un premier titre, auquel elle a contribué, a été dévoilé. Ça s’appelle « Wheel Of Fortune », et c’est évidemment excellent. Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE RELATIVES IN DESCENT LIRE LA CHRONIQUE DE THE AGENT INTELLECT LIRE L’INTERVIEW DE...

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A Place To Bury Strangers – Pinned

A Place To Bury Strangers – Pinned

Alors que le prédécesseur Transfixiation a passé l’épreuve du temps avec succès, on avait presque oublié que nos destructeurs de tympas préférés revenaient rendre visite à notre platine en ce mois d’avril. Durant ces 3 longues années de sevrage, A Place To Bury Strangers a connu un changement d’importance : une nouvelle batteuse, du nom de Lia Simone Braswell, a rejoint le groupe. Une batteuse aux attributions larges puisqu’elle vient épauler Paul Ackerman au chant et lui donne parfaitement le change (“There’s Only One Of Us” où les deux voix se répondent et où le refrain “indus/pop” à la Nine Inch Nails fonctionne à pleins tubes). Une nouveauté bienvenue qui fournit ainsi une corde supplémentaire à l’arc du groupe, qui n’en était déjà pas dépourvu. Les voilà donc qui mettent un peu d’eau dans leur noise (l’envoûtant “I Know I’ve Done Bad Things”, le mélancolique “Was It Electric”, “Situations Changes” et sa ligne de basse démoniaque) mais ne se font pas prier pour autant pour pousser leurs instruments dans leurs retranchements et les faire gémir comme il se doit sous la torture (“Attitude” ou la spasmodique “Execution”, les pads mitrailleurs et la basse qui mène la cadence sur “Keep Moving On”). Sans remettre en cause ses fondamentaux,  A Place To Bury Strangers parvient à opérer un léger lifting avec réussite. Et voilà comment, avec 5 albums au compteur, les New-Yorkais peuvent se targuer d’un passé glorieux et tabler sur un avenir radieux. Jonathan...

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Interview – Shame

Interview – Shame

Shame, nouveau phénomène post punk venu d’outre Manche, vient de sortir Songs Of Praise, un premier album qui confirme tous les espoirs placés en lui. Fin novembre, la veille de leur premier concert en tête d’affiche à Paris (au Point Ephémère), nous avons eu la chance de pouvoir les interviewer. Les deux Charlie et Josh sirotent un verre de vin, il est environ 6h de l’après-midi. On se joint à eux pour un verre. Interview avec un des jeunes gens qui savent où ils vont et ne perdent pas de temps pour s’y rendre.   “L’album est très différent et contradictoire de ce que notre nom laisse supposer. On pourrait croire qu’on fait de l’emo-heavy metal, on essaie de créer un peu de détachement et d’humour.”   Salut les gars, c’est cool de vous rencontrer et merci pour le vin ! Charlie Steen (voix) / Josh (basse) / Charlie Forbes (batterie) : à la tienne !   Ça fait trois ans que vous avez commencé à jouer et tout semble s’être débloqué en 2017. Une année incroyable pour vous ! Charlie Steen : oui on n’a pas arrêté cette année. On a fait 47 festivals cet été mais on a aussi trouvé notre producteur et on a pu sortir des singles (“Concrete”, “Visa Vulture” et “One Rizla”, ndr). On n’a pas arrêté de bosser, avec la sortie de notre album qui arrive. On espère que ça va se poursuivre avec l’album l’année prochaine et revenir dans certaines salles où on a jouées. Josh : on a eu une progression graduelle. On a commencé il y a trois ans et on n’a rien sorti avant l’an dernier… Donc oui cette année 2017 a été un peu folle.   Cet été, j’ai dû vous voir au moins 4 fois et je me disais “ces 5 gamins ont tant de passion et d’excitation sur scène, ce n’est pas si courant de nos jours.” J’imagine que vous n’êtes pas seulement un groupe mais aussi une famille, je me trompe ? Charlie Steen : on se connait depuis qu’on est gosses, on était tous à l’école ensemble… Josh : des racines profondes. Charlie Steen : oui, beaucoup trop profondes ! Le groupe s’est formé de façon très naturelle et n’a jamais été quelque chose de programmé. On se connaissait depuis longtemps et au bout d’un moment on a décidé de commencer un groupe. Kiko (leur manager de tournée/ ami proche, donc également membre de la “famille Shame”) : désolé d’intervenir… Ce ne sont pas 5 mecs de Londres qui se disent “formons un groupe !“… Ils ont grandi ensemble, c’est ça le plus important. Josh : je pense que le fait de se connaitre...

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