Festival Bordeaux Rock : demandez le programme !

Festival Bordeaux Rock : demandez le programme !

Du 22 au 25 janvier prochains, se tiendra la nouvelle édition du Festival Bordeaux Rock. Cela ne surprendra pas les habitués, l’exigence est de nouveau au rendez-vous de la programmation de cette 16e édition. Une conférence sur le post punk et la new wave ainsi que la projection du documentaire Joy Division lanceront les hostilités la veille des premiers concerts. Le 23 janvier, un parcours dans 7 bars du quartier St-Michel permettra de s’assurer que la scène bordelaise est toujours aussi vivifiante avec une vingtaine de groupes locaux qui se produiront de 19h30 à 1h. Le lendemain, programme chargé avec les anglais Nitzer Ebb, figures de l’EBM, Frustration qui n’en finit plus d’aligner les classiques post punk et Succhiamo, groupe de Paula, chanteuse de J.C. Satàn. Le 25 janvier, les légendes shoegaze Ride viendront interpréter quelques-uns de leurs grands morceaux issus de Nowhere ou Going Blank Again et présenter leur dernier album, le ni inoubliable ni honteux This Is Not A Safe Place. Ils seront précédés des parisiens teigneux Rendez-Vous et de Cosmopaark, repérés lors de la précédente édition avec leur shoegaze cotonneux qui convoque DIIV et Slowdive. Pensez à réserver, il n’y en aura pas pour tout le monde. L’event...

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The Murder Capital @ La Poudrière (Belfort), 09/11/19

The Murder Capital @ La Poudrière (Belfort), 09/11/19

Rassurez-vous le concert était de meilleure qualité que cette photo Rendez-vous était pris ce samedi 9 novembre à la Poudrière de Belfort pour assister à la présentation par The Murder Capital de son excellent premier album, When I Have Fears. Grosse attente et grosse interrogation aussi sur le potentiel live d’un groupe qui aura déjà marqué l’année 2019 outre-Manche. En guise d’entrée, place aux (quasi) locaux de Kamarad, venus en voisins de Colmar avec quelques fans. Rock noisy efficace flirtant avec le post-punk. Le groupe mouille la chemise avec une bonne humeur communicative. À suivre. Curieux de nature, je photographie la setlist de The Murder Capital, visible sur scène après le concert de Kamarad. Erreur stratégique ! Je constate non sans surprise qu’il n’y a que 9 titres, soit 2 de moins que les colmariens ! Je pressens déjà la déception d’autant que les 9 titres constituent ni plus ni moins l’album (moins « How The Streets Adore Me Now ») dans un ordre qui, heureusement, va considérablement relever la note artistique de ce live. Concert en crescendo divisé en trois triptyques. Entrée crépusculaire avec la doublette quasi instrumentale « Slow Dance I » – « Slow Dance II ». Idéal pour installer l’ambiance. Entre tension sourde et mélancolie poignante. Premier grand moment avec « On Twisted Ground », annoncé par James McGovern, le chanteur du quintet dublinois, à la mémoire des amis disparus. Malgré un début de morceau saboté par quelques spectateurs pas au courant de ce qui se jouait sur scène, le groupe réussit à installer un silence de cathédrale au cours des 6 minutes qui résonnent comme une oraison funèbre. Assez sublime. The Murder Capital va alors monter le curseur d’un cran niveau intensité physique. D’abord avec l’excellent « Love, Love, Love » puis l’imparable duo « Green And Blue » et « For Everything » où James McGovern enfile le costume du chanteur habité. A l’émotion du premier trio de titres, succède une tension remarquablement contenue. Mais l’orage gronde et la dernière triplette de titres va achever de nous convaincre sur les qualités du groupe. Le quintet lâche les chevaux et après l’émotion, c’est cette fois-ci la puissance sonique pure qui s’exprime. « Don’t Cling To Life », le tubesque et furieux « More Is Less » et une version légèrement rallongée de « Feeling Fades » lors de laquelle James McGovern va mettre le public à genoux au sens propre comme au figuré, lui demandant de s’accroupir avant un ultime assaut et un pogo final. En confiance, le chanteur claque un slam, avec un saut dans le public assez impressionnant ! Il a dû faire du saut en hauteur le bougre. Ultime moment sympa,...

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The Murder Capital – When I Have Fears

The Murder Capital – When I Have Fears

(Human Season, 16 août 2019) À l’ère d’Internet, des réseaux sociaux et du tout-connecté, la scène musicale internationale a vu beaucoup de frontières tomber. Sur la foi d’une vidéo balancée sur Youtube, d’un début de buzz, des groupes se font une notoriété, accèdent (trop ?) vite à une exposition qu’ils pouvaient mettre auparavant quelques albums ou années à atteindre. Des scènes locales autrefois longtemps ignorées worldwide se voient offrir un éclairage presque instantané. Après les tornades psyché de quelques australiens cintrés, c’est un vent post-punk régulier et cinglant qui sévit depuis quelques temps outre-Manche, et notamment depuis Dublin l’irlandaise. Fontaines D.C. avait déjà allumé une belle mèche avec un premier album (Dogrel) convaincant qui va squatter quelques tops de fin d’année. Avec When I Have Fears, The Murder Capital propose son post-punk au romantisme sombre. Titre d’album en référence littéraire au poète Keats, voix grave, basse caractéristique, guitares minimalistes dont chaque note raconte une mélancolie. 2019, c’est pas les 40 ans de l’album Unknown Pleasures de qui vous savez ? C’est pas tombé dans l’oreille de sourds côté Dublin en tout cas. Sans nier l’ascendance prestigieuse, ce nouveau quintet irlandais réussit le pari d’un post-punk moderne, aussi efficace et percutant qu’élégant et poignant. En seulement 10 titres, on en prend plein la tête et le cœur au fil d’un album remarquablement équilibré. Post-punk furibard avec le tubesque « More Is Less », addictif dès la première écoute. “If i gave you what you wanted, you’d never be full“. Pas faux. Dans la même veine bien énervée on trouve aussi « Feeling Fades » ou « Don’t Cling To Life ». James McGovern, chanteur du groupe, la joue petite frappe et sur le lalalala final de « Feeling Fades », ça sent plus la baston dans un pub que le cercle des poètes disparus. Seulement, nos cinq irlandais ont plus d’une corde à leur arc. Et décoche quelques flèches chargées de mélancolie poignante qui vous transpercent le cœur. « On Twisted Ground », sa ligne de basse ronde, ce minimalisme élégant, ce chant habité. Dans l’obscurité, pendant ces 6 minutes, on regardera quand même derrière soi, histoire de voir si le fantôme de Ian Curtis ne rôde pas dans les parages. Même sobriété hantée, et un piano lugubre sur le spectral « How The Streets Adore Me Now ». Le groupe impressionne par sa maturité, la qualité des textes, sa gestion du silence, parfois lézardé par des guitares plaintives superbes (la doublette quasi instrumentale « Slowdance 1 » – « Slowdance 2 » ou « Love, Love, Love » crescendo qui sent pas la fleur bleue). Côté technique, belle production, sobre, efficace, c’est propre. Ah, c’est Flood derrière les manettes,...

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Somehow – Low Tide

Somehow – Low Tide

(Toolong / Differ-ant, 25 octobre 2019) L’avantage avec la technologie moderne, c’est qu’on est aujourd’hui capable en totale autonomie de réaliser un album du début à la fin. La difficulté, après, c’est de sortir du lot face à la concurrence qui postule comme vous au succès et à la postérité. Erwan Pépiot, pilier unique à la base de Somehow, en est à son 2e album avec ce Low Tide. Déjà une belle réussite. Et bel artwork pour la pochette. Ma rencontre avec sa musique s’est faite via Twitter et d’emblée deux choses m’ont plu et aiguisé ma curiosité. Une voix, grave et singulière, et une basse bien en avant caractéristique, qu’on jurerait évadée des 80’s, new wave ou cold wave comme vous voulez. Une basse qu’on entend, quoi. Alors pourquoi, au milieu de toute la production actuelle, plus ou moins internationalement reconnue et pléthorique en 2019, s’attarder sur un projet indie confidentiel ? Parce que justement, la passion y transpire à chaque note. Modeste guitariste à mes heures perdues, je sais qu’on ne peut se lancer dans une telle aventure sans une volonté farouche. Et une vraie passion pour défendre son artisanat. Ajoutez à cela un désir de découverte, celle de dénicher une petite pépite pas encore passée dans les radars de tout le monde. Et d’en parler. Après tout, c’est l’histoire de la musique. Le hasard. Les rencontres. Le partage. L’opportunité saisie de chroniquer cet album, me voilà donc face à ces 9 titres. Malgré la pluie qui tombe dehors et l’automne qui frissonne, la musique fraîche et délicatement mélancolique de ce Low Tide m’a donné de furieuses envies de printemps et de matins ensoleillés où on se lève du bon pied. Ce folk lumineux, ouvertement pop (« Take On The Best », « A Mirage Of Us »), m’a rappelé le sentiment éprouvé à l’écoute du premier album de Girls In Hawaii. Celui d’un album « feel good », celui dont on sort le sourire aux lèvres après chaque écoute. La voix grave d’Erwan Pépiot et cette basse ne sont donc pas sans rappeler Joy Division (« Modern Life ») mais la musique enlevée et enjouée évoquent plus la pop acoustique ciselée de Belle And Sebastian ou Girls in Hawaii donc, notamment avec l’apport vocal constant d’Aurélie Tremblay (« I Threw It All Away »). Avec une pointe de mélancolie assez élégante (« Invisible Walls »). Les titres sont courts mais l’apport de piano, claviers et quelques bribes d’électroniques apportent une belle variété à l’ensemble au détour d’arrangements travaillés. La production do it yourself souple n’enlève rien à la qualité des compositions à l’image de « Over The Raindrops », l’excellent « The Wave » en ouverture,...

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Frustration – So Cold Streams

Frustration – So Cold Streams

(Born Bad, 18 octobre 2019) Empires Of Shame, troisième album de Frustration, était frontal, définitif, comme un coup de marteau du juge entérinant une sentence irrévocable. Que pouvait-il donc se passer après cela ? Rebelote, on assène, on scande, on fonce dans le tas, on emballe et on dit merci ? Trop facile. Et la facilité n’est pas vraiment le genre de la maison. “Insane” qui porte remarquablement son nom, décontenance d’emblée en activant le mode pilonnage indus décérébré. L’usine se met en branle. Ça turbine sans relâche. Mécaniquement et méthodiquement. La rythmique martèle, imperturbable, les synthés sont minimalistes et Fabrice Gilbert débite, impassible à la Mark E. Smith, tel un robot déshumanisé. Il prend ensuite le relais de ses synthés couillons et y va de son lalalala sur fond de INSANE INSANE INSANE. On se tue à la tâche en sifflotant. C’est bête comme chou, c’est bon comme tout. Frustration aurait-il fondamentalement changé ? Certainement pas. Les revoilà très vite reprenant leur schéma habituel et leur rythme de croisière effréné (“Pulse”). Un riff à deux doigts, une basse anémique qui matraque. Le reste suit. Comme il peut. Le meilleur est à venir. Le meilleur ? “Slave Markets” et sa ligne de basse délicieuse qui nous fera immanquablement frémir en live. Ce faux rythme qui ne demande qu’à décoller, et Jason Williamson qui déboule et déclame, accompagné d’un oud (instrument oriental à cordes), alimentant le brasier jusqu’au final, où tout crame pour de bon. Il était temps de concrétiser l’amitié Frustration/Sleaford Mods et le résultat est au-delà des attentes. Reviens quand tu veux, Jason ! Dès lors, la machine est définitivement lancée, l’urgence est toujours là, les fioritures toujours pas, et les surprises ne manquent pas. Frustration expédie les affaires courantes (“When Does A Banknote Start To Burn?”, 1’30 chrono), se permet un “Brume”, rongé par l’anxiété, en français dans le texte et dans le chant (ce qu’il ne s’était jusque-là autorisé qu’en EP), Fabrice, éternel sosie vocal de Ian Curtis, redescend de quelques octaves et se fait passer pour un chanteur pop, plus mélodique que jamais. C’est si bien réalisé et jubilatoire qu’on n’y voit que du feu (“Lil’ White Sister”). Pour fêter ces retrouvailles réjouissantes, le groupe invite “Some Friends” dans un foutoir post punk galvanisant où on retrouve même « Erik Satie in [their] bedroom » ! Et alors qu’on pense entrevoir “Le Grand Soir”, voilà qu’on nous indique le chemin de la sortie, dans une relative quiétude. Surprenant. “Le Grand Soir” n’est donc pas pour tout de suite mais Le Grand Disque est là. On commence à y être habitués. Jonathan Lopez Tous nos articles sur Frustration (chroniques,...

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