PLAYLIST – The Cure, l’anti best of

PLAYLIST – The Cure, l’anti best of

Après avoir célébré en grande pompe ses 40 ans de carrière l’année passée à Londres, fêté les 30 ans du chef-d’oeuvre Disintegration en juin dernier à Sydney, fait (enfin !) son entrée au Hall of Fame, The Cure continue de bâtir sa légende en 2019. Robert Smith a même récemment évoqué la sortie prochaine du nouvel album, éternel serpent de mer, 11 ans après 4:13 Dream. A deux jours de l’unique date française du groupe, à Rock en Seine, nous avons souhaité mettre l’accent sur des morceaux méconnus du répertoire des anglais, restés dans l’ombre des singles intemporels, mais qui n’en demeurent pas moins des grands titres. En veillant à piocher dans la quasi totalité de leur immense discographie, qui les a vus passer du post punk sautillant aux morceaux pop plus sucrées (un peu trop, parfois), en passant par la cold wave ténébreuse (never enough). Pensée émue pour Andy Anderson, ancien batteur du groupe, disparu en février dernier. (Vous connaissez SoundsGood ? Non ? On vous explique*) *Vous pouvez choisir le lecteur de votre choix pour écouter les morceaux, donc si vous n’êtes inscrit sur aucun d’entre eux, préférez Youtube ou Sound Cloud. A noter que certains morceaux issus de la compil de raretés Join The Dots (“Babble”, “Fear Of Ghosts”) ne sont pas disponibles sur Spotify, ils sont remplacés par des versions alternatives instrumentales. Toutes nos chroniques et live reports de The Cure La playlist anti best of de...

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Ride – This Is Not A Safe Place

Ride – This Is Not A Safe Place

(Wichita Recordings / [PIAS], 16 août 2019) Il y a deux ans, Ride faisait son grand retour… par la petite porte avec un Weather Diaries bien décevant qu’on a très vite mis de côté, préférant se convaincre qu’il ne s’agissait plus tout à fait du même groupe. Aucun déni envisageable ici avec cette pochette qui joue avec nos sentiments en faisant ressurgir immanquablement la vague de Nowhere dans nos esprits nostalgiques et ce premier titre, « R.I.D.E. », sans équivoque. Quoique… Lorsqu’on lance l’écoute, il y a de quoi émettre de sérieux doutes. Un beat qui tabasse, une voix samplée quelque peu déshumanisée se contentant d’un simple mais percutant « RIDE ». Hormis un break brumeux aux voix lointaines, difficile de réaliser qu’on a affaire là à l’une des légendes shoegaze, et non à un quelconque DJ. S’ensuit un morceau très ensoleillé, improbable candidat au tube de l’été. Incontestablement réussi, « Future Love » joue ainsi dans un registre bien plus léger que ce qui nous avait fait succomber initialement au quatuor d’Oxford. Aucun mur du son, pas même un brin de saturation pour couvrir le chant d’un Mark Gardener étincelant, et des chœurs enjoués qui nous renvoient davantage aux 60s qu’aux heures glorieuses de la noisy pop. Passée la surprise, il faut accepter. Faire son deuil du Ride d’antan, se dire que finalement mieux vaut un groupe qui tente des choses, quitte à se planter parfois, que de vieilles gloires se reposant sur leur statut et se contentant de répéter inlassablement la même recette en employant des ingrédients de bien moindre qualité. Une fois cette réalité digérée, passons à la revue d’effectif. Et réjouissons-nous, que diable ! Car il y a indubitablement de bonnes choses sur ce disque : outre « Future Love », ne négligeons pas le planant et shoegazien en diable « Eternal Recurrence » , l’efficace (bien qu’un peu téléphoné) « Jump Jet », le nerveux et bruyant « Kill Switch » qui, lui, évoque carrément Jesus & Mary Chain, et le fait plutôt très bien… Le groupe ne fait donc pas tout à fait table rase du passé et nous procure en fin d’album une dernière réjouissance, et non des moindres, avec « In This Room » qui, après une entame quelque peu poussive, voit Ride lâcher la bride pour de bon et s’évader dans un long final éthéré qui nous pousse à lâcher prise. Du haut de ses 8’40, « In This Room » conclut en beauté et nous fait oublier les quelques ratés qui émaillent ce disque. Ce serait trop beau… Déplorons ainsi le roboratif et malheureusement bien nommé « Repetition » à la rythmique presque kraut. Un mélange des genres surprenant,...

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Thom Yorke – Anima

Thom Yorke – Anima

(XL Recordings, 27 juin 2019) “Vous avez aimé Suspiria ? Vous adorerez Anima !” Ok, vous n’êtes pas venus ici pour vous contenter d’un argument commercial digne d’un vendeur Darty, mais cette assertion sans équivoque n’a rien d’infondée. Permettons-nous même d’élargir le constat : si vous êtes sensibles aux derniers travaux de Thom Yorke (en solo ou avec son petit groupe confidentiel), cet album a largement de quoi vous séduire. En revanche, si vous vous ennuyez ferme depuis que le monsieur a emprunté une voie plus expérimentale, vous pouvez déguerpir d’emblée… mais sachez que vous avez tort ! Parce que ce disque, derrière ses atours austères, ses beats minimalistes et répétitifs, se révèle très vite envoûtant et finalement peu avare en mélodies (sur ce point-là, il offre davantage que le controversé The King Of Limbs de Radiohead et semble plus consistant que Suspiria qui souffrait de moments de creux inhérents au format B.O.). Dès « Traffic », nous voilà plongés dans le cerveau tourmenté de Thom Yorke (une fois de plus épaulé de son inséparable acolyte, Nigel Godrich). On avance à tâtons, les sonorités synthétiques s’entrechoquent, les voix démultipliées se perdent au milieu d’un maelstrom électronique. Thom Yorke bidouille, s’évade, s’engouffre dans de longues rêveries extatiques (« Last I Heard… (He Was Circling The Drain) », « Not The News » dont la menace grandit au fil des minutes). Exigeant, ce disque l’est sans nul doute, mais si de nombreuses écoutes attentives s’avèrent nécessaires pour en cerner les subtilités, certaines chansons se démarquent sans tarder. A commencer par « Twist » qui, en s’appuyant sur des rythmiques technoïdes, semble nous attirer vers le dancefloor avant que la voix presque immaculée de Yorke ne nous guide vers un émerveillement halluciné. La fascinante « Dawn Chorus » et ses synthés qui s’étirent au ralenti, s’apparente quant à elle à une lente errance emplie de mélancolie. On s’imagine au milieu de la nuit, marcher sur une route déserte, éclairée de faibles néons, aux côtés du leader de Radiohead. On se situe donc bien loin de l’épidermique et sautillante « Traffic » en ouverture qui, comme son nom l’indique, nous plongeait davantage dans un état d’agitation et de confrontation permanente. Dans un registre introspectif assez proche, « The Axe » tutoie les 7 minutes et flirte avec le sublime. Thom s’y révèle poignant lorsqu’il nous susurre « I thought we had a deal ». D’abord troublant, voire carrément anxiogène, Anima finit par captiver. Remarquablement équilibré, l’album a la bonne idée de ne pas nous réserver qu’une série de morceaux contemplatifs (qui à la longue auraient eu raison de notre attention). Pour nous éviter de fermer l’œil ou de sombrer dans des idées noires, la basse nous prend parfois par la main et vient titiller nos sens (« I Am A...

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Weezer – The Teal Album

Weezer – The Teal Album

(Crush Music/Atlantic, 24 janvier 2019) Les plaisanteries les plus courtes sont toujours les meilleures, et Weezer s’est mis en tête de nous le démontrer. Après un album blanc qui pouvait redonner espoir et un Pacific Daydream assez mitigé qui contrariait fortement les espoirs en question, le groupe s’est fait happer par les pires côtés improbables d’internet. On pourrait se contenter de cette phrase : Weezer a repris “Africa”. Mais ce serait passer à côté du plus important : cette reprise, partie d’une petite blagounette sans intérêt, est le fruit d’une vague qui a déferlé de twitter et submergé les différents réseaux sociaux jusqu’à pousser le groupe à s’exécuter, mais surtout à mettre en avant ce fait comme un évènement. Le tout aurait pu s’arrêter à un clip avec Weird Al parodiant celui de Toto, mais non. Car non content d’avoir fait une reprise presque copiée-collée d’un morceau dont personne ne voudrait entendre une reprise, Weezer a décidé de faire un album complet sur le même principe. Ainsi s’enchainent les tubes 80s dégueulasses et kitschissimes (“Africa” de Toto donc, “Sweet Dreams” d’Eurythmics, “Take On Me” de A-Ha), et les poncifs du groupe de musique générique qui ne sait pas trop ce qu’il veut jouer (“Paranoid” de Sabbath, “Billie Jean” de Michael Jackson, “Stand By Me” de Ben E. King). Les versions dont la modification va au-delà d’une guitare un peu plus distordue se comptent sur les doigts de la main d’un estropié (“Happy Together” des Turtles, “Stand By Me” et “No Scrubs” de TLC, qui reste néanmoins très pop pute) et on se fait vite un avis sur les autres : les bons morceaux restent bons, mais on préférera toujours écouter les originaux, les mauvais morceaux restent nuls à chier et on n’a déjà pas envie d’écouter les originaux… Un clip supplémentaire parodiant celui d’A-ha est sorti, et l’album complet, avec pochette pastiche, est sorti sous le nom de Weezer, l’album bleu canard.  Voilà à quel point le groupe de Rivers Cuomo ne se prend pas au sérieux. Et sur le principe, c’est super. Sauf que le disque est une purge qui sortira en physique pour le record store day et bénéficie d’une visibilité énorme pour ce que c’est. La preuve, on en parle même sur ce webzine tenu par un weezerophobe… On aimerait bien que des artistes qui ont des choses intéressantes à faire et partager aient les mêmes moyens. J’espère que tous les bénéfices qu’engendrera cette blague seront reversés à des artistes qui galèrent....

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LANE – A Shiny Day

LANE – A Shiny Day

(Twenty Something, 8 mars 2019) Ça leur avait manqué aux frères Sourice. S’enfermer dans un studio pour faire du bruit, partir en quête de la mélodie imparable, enregistrer, se planter, se marrer, recommencer. On ne doute pas que l’expérience a dû être ô combien stimulante en compagnie de deux jeunots (les frères Belin, du groupe Daria) et d’un très jeunot (Felix Sourice, fils de Pierre-Yves) ! Comme un nouveau départ en somme. Ça nous avait manqué à nous aussi, sevrés d’albums des Thugs depuis près de 20 ans. La première ration de 4 titres l’été dernier avait suffi pour raviver la flamme. Ici, le plaisir est prolongé sur 10 titres. Mais ne nous méprenons pas, ceci n’est pas le retour des Thugs. Il s’agit bien d’un nouveau groupe. Un groupe à trois guitares, de quoi foutre un bon bordel, et potentiellement se marcher sur les cordes. Il n’en est rien, et la basse de Pierre-Yves n’a peut-être jamais été si présente. L’osmose entre chacun est ici évidente. L’urgence est là, elle les guide, elle nous exalte. LANE semble avoir un train à prendre, et nous, on le prend en pleine face. La moitié des morceaux n’excède pas les trois minutes mais les mélodies sont omniprésentes, elles sautent aux oreilles dès les premières écoutes, les riffs marquent les esprits (“A Free Man” qui sonne comme un hymne) et les refrains collent aux neurones (“Clouds Are Coming”, “Winnipeg”). Même quand LANE calme le jeu, invite la mélancolie à la fête, l’émotion nous prend à la gorge, la réussite est totale (“Red Light”). En deux mots comme en 100 : ÇA TUE. Le tempo ralentit également en fin d’album (“Down The River”), la section rythmique relâche enfin l’étreinte avant d’offrir un crescendo qui, on l’imagine déjà aisément, donnera sa pleine mesure lors de fins de sets endiablés. Mais nous n’en sommes pas là. Nous voilà déjà comblés. Les frères Sourice détiennent toujours la formule, elle se marie merveilleusement bien avec celles des frères Belin. Cette union était une brillante idée, ce retour aux affaires est une bénédiction. C’était long toutes ces années, ne nous faites plus jamais ce coup-là. Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DES THUGS – IABF Chronique à retrouver également dans le New Noise #47 Février-Mars...

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