Deerhunter – Why Hasn’t Everything Already Disappeared?

Deerhunter – Why Hasn’t Everything Already Disappeared?

(4AD, 18 janvier 2019) Même s’il est vrai que l’actualité du moment n’incite pas vraiment à l’optimisme, on a connu des titres d’albums plus engageants. La crainte était donc de se coltiner un Deerhunter fleurant bon la sinistrose. Heureusement il n’en est rien, ou si peu. Si la mélancolie est assez prégnante sur ce Why Hasn’t Everything Already Disappeared?, on retrouve une diversité fort appréciable et surtout deux des forces récurrentes de ce groupe : des morceaux qui nous semblent très vite familiers (“Element”, “What Happens To People”, “No One’s Sleeping”) et une capacité à susciter l’envie d’en explorer tous les recoins, en quête d’éventuels trésors cachés. Des trésors on n’en trouve pas toujours, pas partout et peut-être pas aussi mirifiques que dans Microcastle ou Halcyon Digest, mais on revient rarement bredouille. Et l’enthousiasme est de mise devant des arrangements d’une grande finesse (“Greenpoint Gothic”, “Nocturne”) ou face à la direction empruntée par un morceau de façon impromptue. Ainsi, quand en début d’album, “Death In Midsummer” nous plonge dans l’époque médiévale avec ce bien étrange clavecin anachronique, on reste d’abord interdit avant de se laisser embarquer. Car très vite, Bradford Cox enfile son costume de troubadour pour amuser la galerie. C’est du Deerhunter après tout, et ce n’est pas le genre de la maison de nous laisser planter là. Alors non, tout n’est pas parfait. “Détournement” ne parvient pas à susciter grand chose si ce n’est détourner notre attention, “Tarnung” nous emmerde un brin avec ses contours jazzy et globalement Deerhunter ronronne un peu trop sur la face B… Mais la pop de Deerhunter possède toujours ce truc qui fait la différence et s’il y a bien quelque chose qui n’a pas disparu à l’écoute de ce disque, c’est notre enthousiasme à propos d’un groupe qui cultive mieux que quiconque sa singularité. Jonathan...

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The Cure va sortir un nouvel album… et ce n’est pas une blague !

The Cure va sortir un nouvel album… et ce n’est pas une blague !

Un peu comme le nouveau Tool, attendu depuis des lustres et constamment repoussé, le prochain album de Cure est un éternel serpent de mer qui prend un malin plaisir à revenir régulièrement dans les conversations mais qui nous échappe depuis plus de 10 ans. Alors que le groupe de Robert Smith qui fête ses 40 ans de carrière, effectuera une tournée des grands festivals européens l’an prochain, incluant un passage à Rock En Seine fin août, et qu’il vient tout juste d’intégrer le Rock And Roll Hall Of Fame, en compagnie de Radiohead et Janet Jackson (ça sert à rien mais on imagine que ça doit faire plaisir), son légendaire chanteur-guitariste a indiqué que 4:13 Dream aurait bien un successeur l’an prochain “En voyant tous ces nouveaux groupes, j’en ai écouté quelques uns et rencontré beaucoup, ce qui m’a, en quelque sorte, inspiré pour faire quelque chose de nouveau. Donc oui, nous allons finir ce qui sera notre premier album en plus d’une décennie dans environ six semaines. Nous en sommes tous très excités.“ Nous aussi. Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE DISINTEGRATIONLIRE LA CHRONIQUE DE PORNOGRAPHYLIRE LE REPORT DU CONCERT À LONDRES EN...

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Au revoir et merci Pete Shelley (Buzzcocks)

Au revoir et merci Pete Shelley (Buzzcocks)

Il était un des grands noms du punk anglais et il vient de nous quitter à l’âge de 63 ans. Pete Shelley, chanteur-guitariste des Buzzcocks, aurait succombé à une crise cardiaque jeudi 6 décembre. En 1976, il formait avec Howard Devoto les Buzzcocks à Manchester et participait ainsi à la vague punk anglaise, aux côtés des Sex Pistols et Clash, qui allait mettre un bon coup de latte dans la fourmilière rock et rebattre les cartes. Les Buzzcocks c’était l’urgence punk mêlée à l’efficacité pop de mélodies imparables, les Buzzcocks c’était des tubes à gogo, regroupés dans la formidable compil Singles Goin’ Steady revenant sur la période phare du groupe entre 77 et 79, où ils ont sorti 4 albums essentiels qui inspireront des générations entières. Après une séparation en 1981, le groupe s’était reformé 8 ans plus tard. Les Buzzcocks ont sorti leur dernier album, The Way, en 2014 et avaient célébré leurs 40 ans de carrière il y a deux ans au cours d’une grande tournée. RIP Pete Shelley Quelques classiques des...

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The Beatles – The Beatles

The Beatles – The Beatles

Noël approche à grands pas et avec lui sa cohorte de rééditions, compilations, nouveaux packaging en tous genres pour nous faire cracher une fois de plus au bassinet. Et dans ce grand déballage mercantile, une perle, un pur chef d’œuvre des sixties élaboré par LE PLUS GRAND GROUPE POP de l’histoire de la musique contemporaine. Pas besoin de le citer, vous l’avez deviné il s’agit bien entendu des Beatles et la réédition qui fracasse tout est celle de The Beatles ou White Album ou Double Blanc chez nous les Frenchies. Pour ses 50 ans, le disque s’est offert un toilettage de première classe. Mené par Giles Martin, fils du producteur historique des Beatles, Georges Martin, décédé il y a quelques années. Et en cette période propice aux cadeaux, la nouvelle livraison de ce très fameux album blanc est quasi simultanée avec le concert donné par Sir Paul McCartney à Paris, dans le cadre de la tournée « Freshen Up », rafraichissante et nostalgique prestation d’un jeune homme de 76 ans entouré de fines lames. Mais j’y reviendrai plus tard. Concentrons-nous plutôt sur The Beatles. Ce disque donc, que contient-il ? Vous le trouverez dans de multiples versions incluant DVD, inédits, chutes de studio, version acoustiques, indispensables ou superfétatoires, c’est selon et votre point de vue sur les bonus est bien entendu subjectif et très personnel. Mais THE record itself, ce génial fourre-tout dans lequel on retrouve des chansons écrites par Lennon/Macca bien sûr, mais aussi quelques merveilles de Georges Harrison (“While My Guitar Gently Weeps”), et l’unique (et pas inoubliable) composition de Ringo « Don’t Pass Me By », il est comment vous demandez-vous. Et bien loin d’être une vulgaire compilation des chansons de chacun, comme cela est colporté depuis un demi-siècle, il s’agit d’un feu d’artifice, dont certaines fusées sont sidérantes de modernité. Le travail au niveau du son qui a été fait ici contribue à sa modernité farouche. Les guitares fusent, la basse claque, les cymbales frissonnent et nous avec. Et les voix ! Chant soit apaisé, murmuré ou rugissement de fauve, renforcé par les chœurs des trois autres. C’est juste hallucinant. On ne l’a peut-être pas assez dit, alors je l’écris ! Aujourd’hui les Beatles font partie du patrimoine de l’humanité et ont écrit un paquet de chansons gigantesques. On y va. Décryptage d’un patchwork de trente titres écrits durant leur séjour en Inde. Début de la fête avec l’atterrissage d’un Boeing (à l’époque Airbus n’existe pas encore…). Moteurs hurlants relayés par la batterie épileptique de Ringo, les guitares en fête et le piano bastringue martelé par Paul. Vous avez reconnu « Back In The USSR », mélodie démente, chant et harmonies vocales à tomber. 2’44 de bonheur, et l’avion se pose pour laisser John déclamer « Dear...

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J Mascis – Elastic Days

J Mascis – Elastic Days

Quand on aime bien se poser des questions à la con et qu’on est amateur de musique comme c’est mon cas, il arrive qu’on se pose la question suivante : Peut-on vraiment faire la critique d’un disque quand on adore l’artiste ? Si vous avez lu quelques-unes de mes chroniques, vous savez sans doute que Dinosaur Jr a une place importante dans mon cœur (voir les discographies partie 1 et 2), et vous vous attendez certainement à ce que je vous fasse l’éloge du dernier album solo de son leader J Mascis. Et bien oui, je trouve ce disque sublime. Pourtant, je vous jure, j’essaie d’être objectif autant que possible. Peut-être que je me mens à moi-même quand j’ai l’impression de trouver ce disque magnifique sans me laisser simplement porter par l’avis que j’ai sur l’artiste en général, mais laissez-moi quand même argumenter. Je pense qu’il y a une différence entre la fanitude aveugle qui annihile tout esprit critique et l’amour sincère pour l’œuvre d’un artiste. Le problème, c’est que si cette différence n’existe pas, je ne m’en rendrai jamais compte. Du coup, j’essaie de me rattacher à des éléments concrets. Pour moi, si on est dans l’adoration aveugle, on aime sans distinction ni recul tout ce que fait l’artiste. Quand on aime tout simplement, on peut hiérarchiser la qualité de certaines œuvres, voire ne pas accrocher à certaines. Or, il y a bien un projet de J Mascis qui m’en touche une sans faire bouger l’autre (Heavy Blanket). Ainsi, quand j’écoute cet Elastic Days et que je le trouve excellent, je brandis ma carte Heavy Blanket pour dire “non, ce n’est pas juste parce que c’est J Mascis“. En même temps, quand on a aimé les deux précédents disques, on n’est pas du tout dépaysé. L’artiste a sa propre patte, à la fois vocale mais aussi mélodique et nous avait déjà prouvé que lâcher les fuzz ne gâchait en rien ses compos. Il explore donc tranquillement sa fibre la plus pop sans oublier de nous pondre quelques tubes. Comme sur Tied To A Star, il accompagne la guitare acoustique de batterie et divers instruments, mais cette fois les solos de guitares qui sont sa marque de fabrique sont également de la partie, il y en a même trois différents sur le premier single “See You At The Movies”. Cependant, si certains passages pourraient évoquer des morceaux de Dinosaur Jr (le changement de rythme sur “Sometimes” ou “Wanted You Around”, par exemple), le disque se différencie en faisant planer les fantômes de Nick Drake ou Elliott Smith (sur l’excellente “Cut Stranger”, notamment). Et cette fois encore, on a un bon paquet de mélodies à craquer qu’on risque de s’écouter...

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