PLAYLIST – On The Road

PLAYLIST – On The Road

Comme vous êtes nombreux à prendre (ou reprendre) la route des vacances et qu’on a la main sur le cœur, on vous a concocté une playlist pour votre trajet. 40 morceaux qui parlent de route, de conduite, de vacances ou qui sonnent juste idéalement en cette période estivale. Du classique, du connu, du moins connu et du pas connu du tout. Pas de jaloux. Une première playlist pour la route qui en appelle d’autres parce que c’est sympa à faire et c’est cool à écouter (normalement). Elle dure plus de 2h30, de quoi vous faire un Paris-Caen ou un Marseille-Béziers tranquillou. Bonne route ! (Et n’hésitez pas à nous insulter dans les commentaires ici ou sur les réseaux sociaux pour avoir oublié tel ou tel titre ou pour en avoir mis un qui vous scandalise. On adore ça.)...

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Mad Cool (Madrid, Espagne), du 12 au 14/07/18

Mad Cool (Madrid, Espagne), du 12 au 14/07/18

Au départ, on croyait qu’on allait assister au meilleur festival du monde, à la fin du premier jour on s’est dit que c’était en fait le pire festoche de la terre. Et au bout de trois jours, on s’est dit qu’on avait quand même passé un putain de bon moment dans ce festival de connards. Que s’est-il passé entre temps ? On vous explique. Tout a commencé par Pearl Jam. Evidemment. Fin 2017, les dates de tournée européennes tombent. La France est sur le carreau, comme d’hab. On cherche des solutions de remplacement. Parmi les festivals où ils jouent, le Mad Cool. Inconnu au bataillon. Mais le line-up est dingue, on n’a pas vu un truc pareil depuis Woodstock 69 (ou Primavera 2016, pour remonter un peu moins loin…) ! On sort la carte de crédit, le banquier fait la gueule, on l’emmerde. S’il veut se morfondre à son guichet tout l’été c’est son problème, nous on a décidé de profiter de la vie. Jeudi 12 juillet Après avoir compté les mois, puis les jours nous rapprochant de la date fatidique, nous y sommes. Sortie de métro, et là une queue comme on n’en a jamais vue (je vous préviens, je ne ferai aucun jeu de mot vaseux, vous valez mieux que ça). On marche pendant 15-20 minutes pour prendre place au bout de ladite queue et on poireaute. Sous 35°, sinon c’est pas drôle. La raison de ce calvaire ? Le festival n’est pas encore ouvert, alors que les premiers groupes jouent dans moins d’une heure… Une heure plus tard (adieu le concert de Slaves…), on pense arriver au festival et non, il faut encore marcher un bon quart d’heure… puis refaire la queue. Une heure de plus en plein cagnard, tout ça pour récupérer un bracelet qu’on a eu la malchance de ne jamais recevoir alors qu’on avait payé des frais d’envoi… En termes d’amateurisme, ça frôle le génie. On finit par rentrer dans ce maudit festival, un brin énervés. Besoin d’une grosse bière. Qui dit grosse bière dit nouvelle queue interminable. Si on a loupé l’intégralité de Slaves, il nous reste une bonne moitié de Eels à voir. Enfin, à écouter d’une oreille pendant qu’on fait la queue. On déboule sur « That Look You Give That Guy », le morceau qui plait même aux midinettes. Il nous plait aussi, c’est toujours joli à entendre. La voix de E a ce grain particulier très plaisant qui le fait passer aisément de rock gentiment burné (« Prizefighter », « Souljacker, Part 1 », « I Like Birds » péchu en diable) aux ballades mélancoliques (« My Beloved Monster », « Fresh Blood »). Grand ouf de soulagement, E ne pioche qu’avec parcimonie dans son dernier disque (« You Are The...

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Pearl Jam @ O2 Arena (Prague, République Tchèque), 01/07/18

Pearl Jam @ O2 Arena (Prague, République Tchèque), 01/07/18

Comme un camé en manque, j’ai besoin à intervalles réguliers de ma dose de concerts de Pearl Jam. Et comme tout bon dealer qui se respecte, ces derniers, bien conscients du nombre conséquent de junkies qui les suit aveuglément, augmentent les tarifs jusqu’à atteindre des niveaux indécents. Comme un camé en manque, j’ai donc (c)raqué pour avoir ma dose et j’en ai pris trois plutôt qu’une (on y reviendra, peut-être). A commencer par Prague. Avec un raisonnement simple, ils n’y vont pas souvent donc ils vont nous mettre cher. Et accessoirement, Prague est une très belle ville. Et pas chère avec ça. A l’exception des concerts de Pearl Jam, cela va de soi. Après avoir bien rigolé devant l’élimination des espingouins à la coupe du monde en enquillant quelques pintes, on jette un coup d’œil furtif au merch et constate qu’il ne reste que : des t-shirts moches, des portes-clés affreux, des paires de chaussettes hideuses. On a beau être des camés en manque, on ne nous y prendra pas. On s’enfile une ou deux grosses saucisses (aaah la gastronomie tchèque), on discute avec des Français camés comme nous et on prend place dans le gigantesque O2 Arena. Situés à environ 14 kms de la scène, la vue est imprenable. Et lorsque les meilleurs dealers de Seattle déboulent, on a d’emblée le souffle coupé par le son. Net, puissant, les frissons ne sont déjà pas loin. Mike McCready a fait péter son archet et le groupe de dégainer le meilleur morceau du dernier album, « Pendulum ». Ed Ved est en voix, nous sommes en joie. Le démarrage en douceur (et en beauté) se poursuit avec « Nothingman » avant que le groupe ne passe la surmultipliée. « Corduroy ». RAS. Personne ne bouge, ni à côté ni derrière nous. On échange un regard, la décision est prise : on laisse ces gros nazes profiter de leur pièce de théâtre et on va s’exciter comme des demeurés sur le côté, entre deux escaliers et derrière une vitre. Qu’importe, nous voilà libres de nos mouvements et de l’autre côté de la vitre, Pearl Jam balance du lourd et du speed sans discontinuer. Summum des réjouissances : « Brain Of J. » et son riff infernal, la sombre et poisseuse « Tremor Christ », invités surprises et de marque. On ne boudera pas non plus notre plaisir sur l’intense « Dissident » (dédié à Václav Havel) et on n’osera même pas cracher sur « Lightning Bolt » (issu du dernier album du même nom), loin d’être un chef-d’œuvre mais qui, si bien entouré, passe comme une lettre à la poste. Suivent de gros classiques – que dis-je, des hymnes – de Ten, l’inévitable « Even Flow » (lourdingue sur disque, toujours tonitruante en live. Merci Mike) et...

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Pearl Jam – Yield

Pearl Jam – Yield

L’été prochain je passe mon bac PJ avec trois épreuves de 3h chacune dans 3 villes d’Europe (et oui, il se mérite ce diplôme !). Une épreuve ardue car on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Alors forcément je potasse mes classiques. Assidu comme je suis, les premiers chapitres ne me font pas peur, je les maitrise sur le bout des doigts. Même sur le chapitre No Code, pas évident à retenir, je suis parfaitement serein parce que j’ai bossé dur l’an dernier. Les derniers chapitres n’étant pas les plus passionnants loin s’en faut, il y a peu de chances qu’on tombe dessus. J’ai donc décidé de mettre l’accent sur la partie Yield aujourd’hui, un programme vieux de 20 ans mais qui se porte comme un charme. C’est bien simple, quand on le relit, on se dit qu’il aurait pu être écrit hier. Allez, au boulot ! Nous sommes donc en 98. Pearl Jam se retrouve quelque peu esseulé au sein du « big four » de Seattle pour cause de suicide de chanteur (Nirvana), descente aux enfers de chanteur (Alice In Chains) ou tensions entre chanteur et ses copains (Soundgarden). Eddie Vedder, lui, va mieux. La pression médiatique est retombée, les regards commencent à se braquer sur des faisceaux autres que Seattle et en s’affranchissant des codes Pearl Jammiens (No Code, 1996), égarant ainsi quelques adeptes en chemin, Pearl Jam s’est donné de l’air. Avec Yield, il revient sur un sentier plus balisé. La production, un temps envisagée seul, est finalement confiée au bon vieux fidèle Brendan O’Brien qui s’est battu pour ne pas rester sur la touche. L’unité du groupe est de plus en plus probante. Chacun y va de sa contribution, les débats sont ouverts. Ensemble tout devient possible. Il est loin le temps où Stone Gossard arrivait avec ses compos clés en main. Très vite, Pearl Jam fait de nouveau parler de lui en pondant un bon gros single. Un beau jour, bloqué par la neige, Mike McCready s’emmerde chez lui, prend sa gratte et brode un merveilleux riff aussi limpide que virevoltant. « Given To Fly » est (presque) né. On pense d’abord à une ballade tout en douceur mais le morceau vire à l’épique sur l’explosion du refrain. Un classique supplémentaire dans la besace. Et un carton sur les ondes. Le même jour, McCready écrit « Faithful », autre point culminant du disque. Une fois de plus, l’intro tout en délicatesse est trompeuse, le titre prend son envol ensuite. Pour la petite histoire, Mike avait écrit deux parties distinctes : l’intro et la partie principale (bien plus burnée) et ne trouvait pas comment raccrocher les wagons. Il appelle alors Stone pour lui jouer les deux parties en...

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Pearl Jam – No Code

Pearl Jam – No Code

(Attention je vais vous raconter ma vie. Si vous voulez fuir, il est encore temps…) J’aime beaucoup ma famille. Et dans la famille Pearl Jam c’est sacré. Le premier concert que j’ai vu, à l’âge de 11 ans ? Pearl Jam. En 96 au zénith avec mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs. Et c’était le bonheur. Bon, pas exactement. Plutôt mon père, mon frère, ma tante et mon cousin. Mais c’était le bonheur, pour sûr. Et cette tournée-là, c’était la tournée de No Code. Et à l’époque, on était dégoûtés parce qu’on l’aimait pas. Enfin, pour être tout à fait honnête, on m’a dit qu’il était nul et je les ai crus. No Code c’était presque devenu le sujet à ne pas aborder à table. Si quelqu’un avait le malheur de prononcer le nom de ce disque, c’était suivi d’un silence gêné. Bref je ne l’aimais pas, personne ne l’aimait c’était un peu le vilain petit canard. Pour moi c’était acté, j’étais passé à autre chose (à Yield pour être exact, et c’était de nouveau le bonheur). Et puis un jour, genre 15 ans plus tard, alors que pour la 425e fois on avait une discussion enflammée sur la discographie de Pearl Jam, je lâche un définitif « de toutes façons, à part No Code (gniark gniark), ils sont tous mortels les premiers albums ». Et là, on me sort un « ba il est trop bien aussi No Code… » Whaaaaaat !!! Mon monde s’écroule alors, ce disque que j’ai totalement snobé parce qu’on m’avait fortement invité à le faire, avait été réhabilité dans le plus grand secret… Dès lors, je me suis attelé à rattraper le temps perdu. Et depuis c’est le bonheur. Il faut dire qu’il n’y a pas que ma famille qui a mis du temps à assimiler/accepter/apprécier No Code. D’abord, parce qu’il a eu le malheur de succéder à un Vitalogy d’anthologie salué par tous, ou presque (exception faite des anti Pearl Jam primaires rejetant tout en bloc avec des arguments massues genre « j’aime pas Vedder, il a les cheveux trop longs »). Passer après un tel monument n’est évidemment pas chose aisée, et le contexte est également très particulier. La tournée qui suit Vitalogy est largement tronquée, en raison de la guerre menée contre l’ogre Ticketmaster. Une guerre un peu vouée à l’échec, assez éreintante, et qui aura vu le groupe dans son acharnement anti-commercial (aucune interview donnée, aucun clip sorti) s’éloigner d’une partie de ses fans, un rien frustrés par la radicalité de la démarche. No Code déboule alors, et rompt assez radicalement avec ses prédécesseurs. On ne va pas se mentir, malgré l’immense talent que je leur reconnais, les Pearl Jammeux n’ont jamais...

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