Pearl Jam – Gigaton

Pearl Jam – Gigaton

(Monkeywrench/Republic, 27 mars 2020) Fin janvier, Pearl Jam prenait tout le monde de court avec un premier single très loin de ses registres de prédilection. « Dance of the Clairvoyants » ne pouvait que dérouter et diviser, ça n’a pas loupé. Difficile de rester de marbre face à une intro où Matt Cameron se mue en boite à rythmes et où la mélodie principale est émise par ce qui ressemble fort à un clavier Bontempi bon marché. « Trahison ! » criaient les uns, préférant rejeter en bloc ce morceau « indigne » du groupe, au son désespérément 80s. « Remise en question ! » s’enthousiasmaient les autres (dont je suis), ravalant leurs préjugés, acceptant d’être déboussolés et considérant cette prise de risque comme – si ce n’est une bénédiction – un des meilleurs moyens de sortir de l’ornière pour un groupe qui a la fâcheuse tendance à tourner en rond depuis trois albums. Le morceau étant incontestablement accrocheur (cette basse funky, ce chant tendu de Vedder sur les couplets…), le pari était réussi. Et les questionnements autour du contenu du disque, légitimes. Que peut bien demander le peuple exigeant ? Du rock ? Il en aura, évidemment. Et parfois du très bon. Comme sur l’excellente « Who Ever Said » en ouverture. De l’énergie, une bonne accroche mélodique, un pont remarquablement bien senti qui calme le jeu avant de réaccélérer crescendo. On dit bravo. Autre grand moment de ce disque, « Quick Escape » au groove imparable (la basse belliqueuse et les riffs rugissants évoquant tour à tour du RATM ou du Led Zep !) et au galvanisant solo McCreadyen. À ce moment-là, vous vous dites « il s’enflammerait pas un peu, le gars ? Il est en train de nous dire qu’ils nous ont pondu un grand disque, chose qu’on n’osait plus imaginer ? ». Et c’est là que j’enfile ma casquette adorée de Jean-Michel Rabajoi et vient tempérer les ardeurs. Du rock, Gigaton en propose donc, sans nul doute. Mais parfois un poil convenu tout de même, comme sur « Superblood Wolfmoon », ce deuxième single censé rassurer la fanbase, qui n’aura fait que la conforter dans le fait que Pearl Jam reste un (grand) groupe de rock (à papa) qui adore enfiler ses bonnes vieilles charentaises. Ce n’est pas mauvais, simplement quelconque. Et on pourrait dire la même chose de « Never Destination », morceau enlevé mais dans un registre parfaitement éculé. On trouve également des morceaux dont on ne sait trop quoi penser, comme « Take The Long Way » écrit par Cameron et au feeling très Soundgarden. Soundgarden joué par Pearl Jam, c’est bien mais on préfère quand les originaux s’y collent (oui, c’est un peu râpé…). Surtout que Vedder a toujours cette...

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“Dance of the Clairvoyants”, premier extrait du nouvel album de Pearl Jam

“Dance of the Clairvoyants”, premier extrait du nouvel album de Pearl Jam

Gigaton, le onzième album de Pearl Jam, sortira le 27 mars prochain, plus de six ans après Lightning Bolt. Voici un premier extrait, “Dance Of The Clairvoyants”, pour le moins… surprenant. Le groupe de Seattle sera de passage au Lollapalooza Paris le 19 juillet prochain. Jonathan Lopez Tous nos articles sur Pearl Jam (chroniques, live...

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Le nouvel album de Pearl Jam sortira fin mars

Le nouvel album de Pearl Jam sortira fin mars

Plus de six ans après Lightning Bolt, son dernier album, on connait enfin la date de sortie de son successeur. Après avoir publié des visuels sur ses réseaux sociaux sans plus d’explications, le groupe a mis en place une étonnante campagne de communication avec un jeu grandeur nature, sorte de Pokemon Go version Pearl Jam, avec des images à retrouver dans certains lieux précis. L’album aura pour nom Gigaton, titre figurant sur les affiches postées par des fans qui se sont rendus sur les lieux de cette drôle de chasse au trésor. Le visuel représentant quant à lui fort logiquement la pochette du disque. Le groupe a par la suite confirmé officiellement l’annonce, précisant que l’album sortira le 27 mars prochain. Rappelons que Pearl Jam sera en tournée en Europe cet été avec notamment un passage au Lollapalooza Paris le 19 juillet prochain. Jonathan Lopez Tous nos articles sur Pearl Jam (chroniques, live reports) “Can’t Deny Me”, dernier morceau dévoilé par le groupe, figurera-t-il sur l’album...

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PLAYLIST – Le Seattle Sound en 20 morceaux

PLAYLIST – Le Seattle Sound en 20 morceaux

Jour funeste de l’histoire du grunge, le 5 avril a vu la mort de deux icônes du genre, Kurt Cobain, il y a 25 ans de cela puis Layne Staley, merveilleuse voix d’Alice In Chains, parti huit ans plus tard. Ces tristes anniversaires constituent une (énième) occasion de se replonger dans l’incroyable scène de Seattle (et ses environs, on n’oublie pas que Nirvana est un groupe d’Aberdeen) des 90s. Nous avons donc choisi 20 morceaux de groupes, du plus fameux au plus confidentiel, à qui on a accolé l’étiquette grunge lorsque c’était hype, avant tout en raison de leur provenance géographique. Des groupes, au sein desquelles les connexions étaient multiples (nombreux sont les membres que l’on retrouve dans deux ou trois groupes différents) mais dont le son était parfois très éloigné (difficile de trouver des points communs entre Nirvana et Alice In Chains ou entre Melvins et Temple Of The Dog). Il ne tient qu’à vous de le vérifier. On n’oublie pas Shawn Smith, chanteur de Brad (où officie également Stone Gossard de Pearl Jam), Satchel et Pigeonhed (avec Steve Fisk) qui nous a quitté vendredi dernier. Le 5 avril, donc. Un de plus. RIP Jonathan Lopez ÉCOUTEZ LA PLAYLIST DES 30 ANS DE SUB POP TOUS NOS ARTICLES SUR SOUNDGARDEN TOUS NOS ARTICLES SUR TRULY TOUS NOS ARTICLES SUR PEARL JAM TOUS NOS ARTICLES SUR NIRVANA TOUS NOS ARTICLES SUR GREEN...

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Pearl Jam – Vs.

Pearl Jam – Vs.

Vous vous souvenez de la dépouille que vous aviez il y a 25 ans ? Bien sûr que vous vous en souvenez, on vous ressort souvent les photos devant votre mine déconfite et vous les planquez dès que possible, en espérant que plus personne ne remette la main dessus. Et le Billboard 200 (albums les plus vendus) il y a 25 ans, vous vous souvenez de la gueule qu’il avait ? On y trouvait en vrac (et, entre quelques merdes quand même, faut pas déconner) : Black Sunday de Cypress Hill, In Utero de Nirvana, Doggystyle de Snoop Dogg, Songs Of Faith And Devotion de Depeche Mode… et Vs. de Pearl Jam. Ne regardez pas le classement 2018, vous allez chialer. Une autre époque, clairement. En 1993 donc, Pearl Jam est au sommet de sa popularité mais pas au mieux dans les têtes. Comme Nirvana, le groupe inonde les ondes, est érigé en « nouvelles stars du rock », « dieux du grunge », Eddie Vedder en « voix d’une génération » et tout un tas de conneries difficiles à assumer quand on est jeunes immatures et qu’on a juste envie de faire de la musique avec ses potes (avec un peu d’ambition certes, on va y revenir). Blindé de tubes à entonner point levé, Ten les plaçait toutefois dans une bien inconfortable position. Ultra populaire auprès des kids, Pearl Jam était également raillé par une partie de la presse et des pontes de l’alternatif, Kurt Cobain en tête, qui leur chiait dessus dans les médias dès qu’il en avait l’occasion. Il est vrai que, tout réussi qu’il est, Ten s’appuyait sur une production bien clinquante et puisait davantage son inspiration dans le classic rock et le hard (FM diront les plus haineux) que le punk, chéris par Nirvana et Mudhoney. Un style de musique destiné à leur ouvrir les portes vers les plus grands stades au lieu des caves miteuses de Seattle. Pearl Jam est ambitieux et ne s’en cache pas. Des orientations qui auront d’ailleurs causé le split de Green River ; Gossard et Ament (futurs Pearl Jammeux) souhaitant devenir les nouveaux Jane’s Addiction, alors que Steve Turner et Mark Arm (futurs Mudhoniens) étaient entièrement dévolus à la cause punk. Une séparation, qu’aujourd’hui personne ne regrette, vu la suite de l’histoire… Eddie Vedder, n’en déplaise aux haters, est le plus punk de la bande. Il voue un culte aux Ramones, Dead Boys, Dead Moon et compagnie. Vivre à la fraiche, planche de surf sous le bras, le fait bien plus rêver que nager dans les biftons entouré de groupies en chaleur. Il digère ainsi très mal sa surexposition soudaine, et sombre dans la parano. Pearl Jam décide de couper les ponts avec la...

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