Dälek – Endangered Philosophies

Dälek – Endangered Philosophies

“Bonjour, mon garçon. Installez-vous et dites-moi ce qui vous amène.” “Et bien voilà, je ne suis pas comme les autres garçons de mon âge.” “Vous pouvez préciser ?” “Les autres garçons aiment le foot, les filles et les jeux vidéos. Moi j’aime les films d’horreur, les animaux morts, le feu…” “Oh là là, mais enfin mon petit Dälek vous n’avez que 10 ans, l’âge de l’insouciance. Qu’est ce qui vous attire dans tout ça ?” “J’ai une fascination pour les ténèbres.” “Ah oui quand même. Bon. On va procéder à un jeu très simple. Je vous pose des questions courtes et vous me répondez ce qui vous vient à l’esprit. Votre couleur préférée ?” “J’en aime deux !” “Ah super, vous voyez ! Lesquelles ?” “Le noir et la couleur de la rouille.” “Hum. C’est très bien (sourire gêné). Votre animal préféré ?” “La mouche tsé tsé” (Embarrassé) “D’accord, d’accord. Je vais maintenant vous faire écouter des sons très courts et vous me dites ce qu’ils vous inspirent.” (Un oiseau qui chante) “L’ennui.” (Un ruisseau qui coule) “La tristesse.” “Avec des oreilles aussi insensibles, j’espère que vous ne projetez pas de devenir musicien ! HAHA”. Docteur Dickhead part dans un fou rire aussi bruyant qu’incontrôlable. “Je veux devenir rappeur.” “…..” Après une longue hésitation mêlée de désarroi, le Dr Dickhead reprend la parole “J’avoue que je ne vois pas trop comment m’y prendre avec vous. Vous avez au moins une chance, vous êtes américain ! Raccrochez-vous à ça ! Vous êtes fier de votre pays ?” “Je conchie la politique étrangère des Etats-Unis et je considère le second amendement de la constitution comme une hérésie”. “Sortez de ce bureau.” Dälek ne revit plus jamais le Dr Dickhead mais il se porte aujourd’hui à merveille. Il vient de sortir un nouveau disque, Endangered Philosophies, plus consistant encore que le précédent un rien frustrant, sans jamais rien céder à ses principes. Ses textes rageurs faisant remarquablement corps avec de fascinants échafaudages sonores soigneusement élaborés (les percutantes “Echoes Of…” ou “The Son Of Immigrants”, “A Collective Cancelled Thought” et ses 5 premières minutes instrumentales, “Battlecries” et son spleen écrasant). Le tout distille un sentiment étouffant palpable qui pourrait être malaisant pour l’auditeur non averti mais se révèle au contraire jubilatoire pour celui qui l’est. Dälek demeure incompris mais il n’en a cure (“a few understand what i’m talking about, whatever” clame-t-il sur “Few Understand”). Nous non plus, on se réjouit même qu’il poursuive cette route que peu d’artistes osent emprunter....

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Sons Of Frida ressort quelques vieilles conneries de son chapeau

Sons Of Frida ressort quelques vieilles conneries de son chapeau

S’il y a une bonne nouvelle à retenir en cette fin de semaine ce n’est pas la signature de Neymar au PSG, mais bien la sortie de Some Old Bullshit des Beast… euh des Sons of Frida ! (Pour ceux qui ne comprennent pas bien le lien, jetez donc un oeil par ici). Comme Emmanuel Boeuf (le guitariste du groupe) nous l’avait dit lors de notre interview récemment, cette sortie regroupe 10 ans d’inédits, de lives et d’impros enregistrés (parfois avec les pieds, c’est ça qu’est bon) entre 2004 et 2014. A défaut d’une reformation pour l’argent, voici du contenu inédit pour combler le manque laissé par le split du groupe après le remarquable Tortuga. Et ça s’écoute (et se télécharge) sur leur bandcamp : some old bullshit by Sons of Frida...

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Un album live pour La Colonie De Vacances et Greg Saunier

Un album live pour La Colonie De Vacances et Greg Saunier

  Quoi de plus normal pour ce concept live détonnant que de sortir un disque qui retranscrit cette expérience hors norme ? La Colonie De Vacances c’est un live quadriphonique regroupant les groupes Papier Tigre, Electric Electric, Pneu et Marvin. Les 4 ensemble, dans une joyeuse colo, qui fait du bruit en harmonie. Un concept des plus ambitieux au résultat épatant. Il y a de ça deux bonnes années, le Confort Moderne invitait Grégory Saunier (Deerhoof) à composer pour La Colonie De Vacances une pièce originale qu’ils allaient appeler “Les 26 sauces de Maître Saucier”. Le 4 juin 2015, la joyeuse troupe jouait cette pièce en ouverture du festival Less Playboy is More Cowboy​. L’enregistrement de ce concert sortira le 1er septembre chez Murailles Music. L’artwork a été dévoilé :       Et pour les plus impatients, l’album vinyle est en précommande ici....

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Lysistrata – Pale Blue Sky EP

Lysistrata – Pale Blue Sky EP

Ça tient parfois à peu de choses la découverte d’un (très bon) groupe. A un verre de plus ou de moins avant de se rendre à un concert des Sonics par exemple. J’ai la fâcheuse tendance à louper quasi systématiquement les premières parties. Pas ce jour-là. Grand bien m’en a pris. Ce jour-là donc, je vais voir des légendes garage 60s et une bande de gamins m’administre une fessée sans que je ne vois rien venir et sans trop que je comprenne ce qu’ils jouent. Assurément pas du garage 60s en tout cas. Plutôt un de ces genres avec les mots “post” ou “math” dedans. Ce qui peut en faire fuir quelques-uns mais un groupe comme Lysistrata ressemble à un antidote tout trouvé à leur fermeture d’esprit. Car si la musique de Lysistrata dégage quelque chose d’évidemment beaucoup plus cérébral que celle des Sonics, elle n’en demeure pas moins viscérale pour autant. Ces trois jeunes gens dégagent déjà une assurance et une maitrise assez bluffante pour résoudre des équations guitare-basse-batterie en apparence fort complexes, mais ils n’oublient pas la bonne dose de fun nécessaire, ni de nous imprégner des mélodies imparables dans le cerveau (le math rock taquin et fougueux de « Pierre Feuille Ciseaux » ou l’exaltante « Pantalon Pantacourt »). En seulement 4 titres et un peu moins de 20 minutes, ils en disent bien plus que certains en une heure de temps. Lysistrata aime nous prendre par la main, nous faire traverser des itinéraires sinueux avant de nous emmener dans un recoin sombre pour nous coller un bon coup de latte dans les gencives quand on s’y attend le moins. Preuve en est avec la démente « Sugar & Anxiety » qui, du haut de ses 7 minutes épiques, conclut magistralement l’aventure. Des sommets d’intensité sont atteints en convoquant dans la même pièce Fugazi, Explosions In The Sky et Shellac. Et il fait rudement chaud quand on sort de là. Nous voilà moites et tout chamboulés. Ce qui ne nous empêche pas de réclamer une portion supplémentaire. Et vite, s’il vous plait, soyez pas vaches ! JL Lysistrata sera en concert le 31 mai au Nouveau Casino (Paris) pour la release party de Pale Blue Sky....

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Thurston Moore @ La Maroquinerie (Paris), 11/03/17

Thurston Moore @ La Maroquinerie (Paris), 11/03/17

Voir Thurston Moore pour moins de 15 euros à Paris, ça paraissait peu probable. Et pourtant, c’est ce que nous a proposé Gonzaï ce soir-là, et crevards comme nous sommes chez Exitmusik, un peu nostalgiques, aussi, on n’a pas su dire non. Allez, me disais-je, au pire je m’emmerderais sec pendant une heure et je me rattraperais sur un petit “Ono Soul”, comme quand il a fait la première partie de Dinosaur Jr à l’Élysée Montmartre, voire un “Psychic Hearts”, qui sait. Je ne suis pas difficile, je me serais contenté de n’importe quel morceau de ses deux premiers albums en échange de ses trop longs morceaux récents. Et puis c’est Thurston Moore, quand même, un mec sympa ! On sait bien qu’il aura des bons mots, et son attitude à la cool. Et puis, malgré tout, le son de guitare, la voix, le petit côté madeleine de Proust… Il y a effectivement de quoi craquer. Bon, déjà, on sait que quand l’annonceur nous promet “une soirée exceptionnelle“, semblant surpris que Thurston Moore nous propose de l’acoustique à la douze cordes et une revisite de sa carrière, il n’en sera rien : l’artiste a adopté cette disposition depuis maintenant quelques années et s’acharne à ne piocher que dans son répertoire récent ; j’ignore si c’est une erreur honnête de leur part ou un pipeautage parfaitement assumé, dans tous les cas on frise la publicité mensongère et j’espère que personne ne se sera laissé convaincre par cet argument de vente fallacieux. Une fois que c’est dit, et bien, que dire sur la soirée ? Pas grand chose, malheureusement. Thurston Moore a fait exactement ce qu’on attendait, joué des morceaux de The Best Day et de l’album à venir, rien de désagréable mais que du Sonic Youth-like qui n’a pas la saveur des vieux morceaux (sachant qu’au moins, on connait les vieux morceaux), fait 2-3 blagounettes sympas, imité Lemmy 2 secondes (le clou de la soirée), proposé une impro bruitiste en milieu de set que tes voisins viendraient gueuler si tu faisais ça chez toi mais là, c’est Thurston donc tout le monde mouille sa culotte, tenu un discours politique d’une naïveté confondante, le genre qui te met limite mal à l’aise alors que pourtant tu partages la même couleur, et est parti sans même jouer un vieux morceau (même pas de “Ono Soul”, qu’il joue à chaque fois ces derniers temps) après un set paradoxalement trop court mais composé uniquement de morceaux beaucoup trop longs. Voilà, pas de quoi se plaindre parce qu’on n’a pas payé cher, mais à se demander quand même si ça valait le coup. C’est un peu comme voir ton oncle sympa, celui qui t’a fait...

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