Dans le bac d’occaz #4 : Joy Division, The Stone Roses, Nine Inch Nails

Dans le bac d’occaz #4 : Joy Division, The Stone Roses, Nine Inch Nails

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite). Dans le bac d’occaz #4 : les années en 9     1979 : Joy Division – Unknown Pleasures Joy Division et moi, ça commence à dater. La première fois, c’était sur la BO de The Crow (oui, j’ai grandi dans les années 90), un morceau par Nine Inch Nails que je trouvais plutôt cool (“Dead Souls”, ndlr). Je reviens plus tard sur Nine Inch Nails, mais ce morceau-là me plaisait beaucoup et j’ai appris par un gothique de mon entourage que c’était une reprise de Joy Division. Je m’empresse d’écouter l’originale : j’aurais préféré ne connaitre que la reprise. Quelques années après, c’est l’inévitable “Love Will Tear Us Apart” dans la BO de Donnie Darko. Le film est beaucoup mieux, la chanson pas tellement. Je me convainc vite que Joy Division, ça n’est pas pour moi. Encore quelques années plus tard, je joue de la basse dans un groupe d’indie/stoner 90s. Le chanteur/guitariste/compositeur me fait part de son envie de reprendre un morceau de Joy Division, sans doute influencé par le film de Corbijn. C’est vraiment pas mon truc. Il insiste, m’envoie une démo de sa version, la ligne de basse, et là je suis sur le cul. Putain, c’est cool, en fait ! Le morceau s’appelle “She’s Lost Control”, je le note dans un coin de ma tête et j’adore notre version guitare/basse/batterie et fuzz crado. Avance rapide, le groupe s’est séparé, je ne joue plus de basse et encore moins de reprises de groupes post-punk. Lors d’une soirée chez un pote qui a 30 Go de musique et écoute de tout, vous voyez le genre, je vois qu’il a la disco complète de Joy Division, téléchargée mais jamais écoutée. Vous voyez le genre. Aussitôt, je m’empresse de mettre “She’s Lost Control”, persuadé que le morceau est cool et va plaire. L’ambiance retombe, c’est tout bonnement horrible à écouter, son dégueulasse, platitude absolue… En fait c’est NOTRE version qui était cool. Et Joy Division, ça n’est vraiment pas pour moi. 2016, entouré de fans de post-punk qui ne cessent de vanter les mérites de ce groupe, je le mets sur ma liste des albums qu’il faudrait quand même que j’écoute plus attentivement. Qui sait, je passe peut-être à côté de quelque chose. Je vous la fais courte, je trouve...

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Un nouveau Nine Inch Nails en 2016

Un nouveau Nine Inch Nails en 2016

C’est Trent Reznor himself qui a annoncé la nouvelle sur Twitter : un nouvel album de Nine Inch Nails sortira l’an prochain. Et Reznor annonce “d’autres trucs aussi”. Aucune date de sortie ou indication supplémentaire n’a filtré pour le moment. New NIN coming in 2016. Other stuff, too. — Trent Reznor (@trent_reznor) 18 Décembre 2015 Gageons que ce nouveau disque renouera avec l’âge d’or de NIN après un Hesitation Marks mi-figue mi-raisin en 2013. JL...

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Nine Inch Nails @ Zénith (Paris), 29/05/14

Nine Inch Nails @ Zénith (Paris), 29/05/14

Il y a 5 ans c’est les larmes aux yeux qu’on assistait au « dernier concert de Nine Inch Nails » en France, aux arènes de Nîmes. La tournée s’appelait Wave Goodbye Tour. C’était cuit de chez cuit. Et puis finalement le père Trent s’est vite emmerdé de ses projets gentillets avec sa douce et l’an dernier il annonçait un nouvel album et une tournée (ponctuée d’un passage à Rock en Seine). Malgré un album bof bof, il nous a une fois de plus prouvé que sur scène NIN ça fracasse tout. Mais c’était en festival avec tous les désagréments que ça peut engendrer (set raccourci, public qui n’y connaît rien, effets de lumière atténués…). Jeudi dernier (le 29 mai donc), NIN renouait avec une salle parisienne, le Zénith. Une salle à sa mesure qu’il avait transformé en boîte de nuit géante en 2009 avec un son stratosphérique. Notre présence était donc obligatoire. On a même une amie qui venait de Limoges pour l’occasion, c’est pour dire. Pour fêter l’événement comme il se doit, petit apéro de circonstance. Le risque du petit apéro c’est qu’il peut vite se transformer en grand apéro… Et après on appelle des taxis pour le fun, ils arrivent avec 23 euros au compteur, on leur dit d’aller se faire voir chez Uber, on fait des selfies dans l’ascenseur, et au final on prend la caisse bien éméchés et ÇA Ç’EST MAL. C’est d’autant plus mal que quand on arrive, on a loupé Cold Cave (bon ça on s’en remettra) et les 3 premiers morceaux du set… Remarquez arriver en fanfare sur « March Of The Pigs », et se frayer un chemin vers les premiers rangs c’est assez jouissif, vous devriez essayer ! Forcément on est direct dans le bain, la salle est pleine à craquer évidemment, le son est irréprochable, le public est bouillant, nous encore plus. Très vite on note qu’une large part de la setlist est consacrée aux morceaux de The Downward Spiral (LE chef-d’œuvre de NIN), personne ne s’en plaindra. Une setlist assez best of sans grande surprise mais un petit (que dis-je un énoooorme) « Reptile » qui fait bien plaisir. Et l’avantage de NIN c’est que même les morceaux qu’on trouve moyens sur disque, deviennent géniaux sur scène (« Survivalism »). Et ceux qui ont pris un petit coup de vieux (« Sanctified ») sont de nouveau éclatants. Trent est là et bien là, bodybuildé comme jamais, mais toujours aussi charismatique et intense. Pas un mot pour le public hein, pour quoi faire ? Sur « Closer », la chaleur humaine passe de 30 à 54° et on se demande si on doit hurler « i wanna fuck you like an animal » ou passer à la pratique. So hot ! Les effets de lumière,...

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Nine Inch Nails – Hesitation Marks (Columbia)

Nine Inch Nails – Hesitation Marks (Columbia)

 Il fut un temps où l’annonce d’un nouvel album de Nine Inch Nails aurait provoqué l’euphorie, l’achat convulsif sans écoute préalable, avec la quasi certitude d’avoir entre nos mains un album culte. Deux raisons à cet engouement, d’une part l’attente pouvant aller de 5 à 6 ans entre chaque album et d’autre part la qualité indéniable des premières productions de son génie créateur Trent Reznor. Une époque où tout semblait réussir à l’artiste (succès critique de la part des médias, fidélité inconditionnelle de ses fans, succès commerciaux, liberté artistique…) Malheureusement l’homme semblait horriblement affecté psychologiquement, souvent proche de l’autodestruction, des traumatismes qu’il laissait échapper à travers sa musique et ses textes, leur donnant une force émotionnelle incroyable et domptable par l’auditeur. Nine Inch Nails est devenu à juste titre la référence ultime du Métal Industriel dans les années 90, de Pretty Hate Machine à The Fragile, en passant par le cultissime The Downward Spiral. Un engouement qui s’est peu à peu terni avec le temps ; le tant attendu With Teeth (2005), après six ans de silence studio, avait pour la première fois été en-deçà des espérances. Moins expérimental, moins torturé, et plus accessible que ses prédécesseurs, de quoi s’attirer les foudres des médias et la déception des fans. Un jugement assez dur pour un album qui offre de très bons titres, et qui avec le recul prend du sens dans la discographie de Nine Inch Nails et dans l’état d’esprit de Reznor qui sortait enfin de ses périodes les plus sombres. Les productions suivantes sont plus brutes, plus spontanées, un changement radical appuyé par la fréquence de sorties d’albums : quatre entre 2005 et 2008. Si le perfectionnisme du personnage transparaît à travers l’ensemble de sa discographie, cette suractivité artistique a malgré tout contribué à donner moins d’attrait à ses œuvres. Et lorsque Trent offrait une ultime tournée d’adieu à ses fans en 2009, beaucoup, moi le premier, se sont rués pour le voir ou revoir sur scène une dernière fois, car si il y a une chose que l’on ne peut reprocher à cet homme c’est bien ses prestations scéniques. De quoi en prendre plein les oreilles et plein la vue (et ce n’est pas sa dernière prestation à Rock En Seine qui nous a fait changer d’avis). Et en mai dernier, vlà-t’y pas que Nine Inch Nails annonce son retour en studio avec une sortie prévue pour septembre, après n’avoir rien pondu pendant 5 ans. L’album s’intitule Hesitation Marks, la jaquette n’est pas sans rappeler celle de The Downward Spiral. Idéal pour attiser la curiosité. Après une première écoute assez furtive, je n’étais pas très emballé ni inspiré par son contenu : quelques titres assez pêchus proche du...

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Rock En Seine @ St-Cloud (92), du 23 au 25/08/13

Rock En Seine @ St-Cloud (92), du 23 au 25/08/13

    Vendredi 23 août On commence avec Savages. Un groupe précédé d’une belle réputation et revendiquant des influences comme Joy Division, Siouxsie and The Banshees, ça nous intriguait. Après nous être acclimatés à la voix surprenante de la chanteuse, on rentre dans le truc. Quelques très bons morceaux laissent augurer du meilleur. Malheureusement, le groupe peine à captiver sur la durée et on se surprend à regarder nos montres régulièrement. À revoir avec plus de bouteille. Petite pause dans l’herbe tranquillou à proximité de la grande scène, le temps d’entendre deux-trois morceaux de Belle And Sebastian avant Tomahawk. Difficile de juger en si peu de temps. À priori pas de quoi se lever la nuit mais une pop raffinée proposant de chouettes mélodies. Tomahawk, donc. J’ai modérément apprécié leur dernier album et préfère de toute façon Faith No More et Mr Bungle parmi les innombrables projets de Mike Patton. Mais tout de même, on n’a pas tous les jours l’occasion de voir un chanteur de cette dimension donc on y court. Le bonhomme ne faillit pas à sa réputation d’artiste aussi génial que timbré. Alternant les passages rappés, hurlés, les voix de ténor ou d’outre-tombe, Mike nous joue sa partition habituelle. Une présence de tous les instants, des conneries de ci de là (“hey you with your dreadlocks! Fucking hippie !“), des têtes de fou. On sent qu’il s’éclate. Nous aussi. Trevor Dunn (Mr. Bungle, Fantômas) assure bien à la basse et Duane Denison (Jesus Lizard) est resplendissant derrière sa six-cordes. Les titres déménagent pas mal (“Oddfellows”, “Rape This Day”) et les passages Pattoniens non identifiés (“Capt. Midnight”, “Baby Let’s Play”, “Flashback”) sont également de la partie. Un très bon moment. Direction Johnny Marr ensuite. J’aurais bien aimé voir Tame Impala mais malheureusement c’est en même temps (programmateurs vous chiez, acte 1). Le guitariste mythique des Smiths nous fait un peu peur au début où il apparaît clairement en rodage (voix limite, titres moyens). Il faudra attendre le superbe “The Messenger” issu de son dernier (et premier véritable) album solo nous convainc totalement. Et à partir de ce moment, on prend notre pied. Malgré ses airs de m’as-tu vu (“ouh regardez comment je prends la pose avec ma guitare en l’air“, “eh là admirez ma super grimace“) un rien agaçants, Johnny envoie la sauce et délivre ses accords cristallins dont il a le secret. La reprise d'”I Fought The Law”, très énergique, est également une vraie réussite. Le public est aux anges sur les morceaux des Smiths (“Stop Me If You Think You’ve Heard This One Before”, la formidable “Bigmouth Strikes Again”, “How Soon is Now” et “There Is A Light That Never Goes Out” of couuurse). Bon c’est pas...

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