Mark Lanegan Band – Gargoyle

Mark Lanegan Band – Gargoyle

La force d’un grand cuisinier, c’est de pouvoir vous faire aimer des aliments que vous détestez. Alors certes, je n’ai aucune idée des compétences culinaires de Mark Lanegan, mais sur le principe, il nous prouve que c’est un grand cuisinier. Et pourtant, ce n’était pas gagné ! Rappelez-vous, ces dernières années, il nous avait quand même proposé un second album de reprises assez plat, où il prenait plaisir à revisiter des classiques de variété américaine, et le disque le plus mitigé de sa carrière, le très moyen Phantom Radio. Pour un artiste dont la carrière de plus de 20 ans était un quasi sans faute, enchainer deux albums au mieux passables, ça sentait le sapin. Quand les communiqués de presse annonçaient une poursuite sans compromis du virage électronique entrepris depuis Blues Funeral, j’avoue que j’étais prêt à baisser les bras. C’était oublier que si Lanegan a connu une carrière aussi longue et fructueuse en termes de créativité et de coopération, ce n’est pas que grâce à sa voix rocailleuse. Et que quand elle a des compositions à sa hauteur, cette fameuse voix rocailleuse atteint facilement la grâce. Me voilà donc face à Gargoyle, disque que contrairement à d’habitude, je prends assez facilement comme un tout, une balade dans des contrées qui ne me sont certes pas familières (vous saurez que la musique électronique, a fortiori d’influence 80s, m’est plutôt antipathique), mais que le charisme et la maitrise du guide me rend particulièrement immersive. Alors, si rien ne se détache aussi fortement que les tubes de Blues Funeral, encore que « Emperor » est sidérant par son atmosphère presque joyeuse, et que des titres comme « Sister » ou « Goodbye To Beauty » sont magnifiques, on plonge facilement dans cet album pour peu qu’on apprécie Lanegan, et on a une forte envie de se le réécouter. Pas facile de convertir des personnes aussi têtues et réfractaires que moi avec un virage musical qui a tout pour leur déplaire, et rien que pour ça Gargoyle mérite largement d’être écouté. Chapeau bas !...

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Un nouvel album pour Mark Lanegan. Extrait en écoute

Un nouvel album pour Mark Lanegan. Extrait en écoute

Le 28 avril prochain, Mark Lanegan sortira (sous le nom de Mark Lanegan Band) son 10e album, Gargoyle, chez Heavenly Recordings. Exception faite de l’album de démos exhumées Houston Publishing Demos 2002, il s’agira de sa première sortie studio depuis le quelque peu décevant Phantom Radio paru il y a trois ans. L’ancien leader des Screaming Trees a invité à la fête quelques partenaires de longue date, et non des moindres : Josh Homme (Queens Of The Stone Age), Greg Dulli (Afghan Whigs) et le multi instrumentiste Duke Garwood, co-auteur avec lui de l’excellent Black Pudding (2013). « Nocturne », premier extrait de l’album, est en écoute ci-dessous. Voici en outre la pochette du disque ainsi que (chose toujours passionnante) son tracklisting : 1/ Deaths Head Tattoo 2/ Nocturne 3/ Blue Blue Sea 4/ Beehive 5/ Sister 6/ Emperor 7/ Goodbye To Beauty 8/ Drunk On Destruction 9/ First Day Of Winter 10/ Old Swan     JL...

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Iggy Pop dans un film barge au casting rock 5 étoiles

Iggy Pop dans un film barge au casting rock 5 étoiles

« Le film muet le plus bruyant de la planète » c’est ainsi que se présente Gutterdämmerung dont le casting fait effectivement déjà grand bruit. Et il y a de quoi. Jugez plutôt : Iggy Pop, Grace Jones, Henry Rollins, Josh Homme, Mark Lanegan, Slash, Jesse Hughes (Eagles Of Death Metal)… Au vu de la bande-annonce le film ne devrait pas être totalement muet, mais sera à n’en pas douter très musical (on ne s’en plaindra pas). L’iguane incarnera un ange punk nommé Vicious, envoyé sur Terre pour tester l’humanité et mettre le feu au monde. Tout un programme. Au-delà du film, plusieurs représentations sont prévues « à la tradition des films classiques du Hollywood des années 1920 » comme il est indiqué sur le site internet du film. « Le film est majoritairement silencieux, mais au lieux d’un seul piano pour accompagnement, un groupe de rock exprimera ses émotions en action tandis que des effets spéciaux du film prendront vie au sein du public ». Début des hostilités le 12 novembre à Londres....

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Ten Commandos, nouveau supergroupe de Seattle

Ten Commandos, nouveau supergroupe de Seattle

Composé de Matt Cameron (Soundgarden/Pearl Jam), Ben Shepherd (Soundgarden), Alain Johannes (Queens of the Stone Age/Eleven), Dimitri Coats (Off!) et Mark Lanegan (Screaming Trees), Ten Commandos bosse depuis 2014 sur un premier album. Il n’y aura donc pas longtemps à attendre puisque ce disque devrait paraitre en novembre et le premier single, “Staring Down the Dust”, arrivera dès vendredi....

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Rock En Seine @ St-Cloud (92), 28/08/15

Rock En Seine @ St-Cloud (92), 28/08/15

Cela fait maintenant deux ou trois ans que ça dure. Derrière atours clinquants et noms ronflants, Rock en Seine fait désormais de l’oeil aux amateurs de rock indé le dimanche en leur concoctant une programmation au poil, plus « pointue », avec des artistes qu’on a plus l’habitude de voir au Point Ephémère ou à la Maroquinerie que dans de gros festivals. Une fois de plus on s’est donc laissé tenter. Kadavar sont les premiers à entrer en piste à 14h30 sur la grande scène. Les trois gonzigues rendent à la fois hommage à ZZ Top, avec leur barbe king size, et à Black Sabbath, avec leur son maousse. Le soleil de plomb nous procure tout de même un besoin d’air après avoir subi quantité de riffs d’acier. Kadavar (pas loin d’être) exquis mais un poil répétitif.   C’est au tour des illuminés australiens de Pond de nous filer des picotements dans les guiboles avec leur pop foutraque et alambiquée, souvent sautillante. Il faut quand même un peu de temps pour capter complètement le délire mais une fois qu’on y parvient, on est plutôt bien. Et le long titre final vient clore cette chouette parenthèse dans une humeur enfumée toute floydienne. Fuzz avait pour mission d’enflammer le parterre de la scène de la cascade, là où Cloud Nothings avait globalement échoué l’an passé, la faute à un son particulièrement miteux. De ce point de vue-là, c’est mieux sans être tout fait foudroyant non plus. L’impression d’ensemble est toutefois bien plus convaincante et ce malgré la batterie de Ty qui se fait la malle, les cordes et pédales de Mootheart qui font tout pour lui pourrir la vie… C’est toujours marrant de voir Ty beugler assis derrière sa batterie et c’est toujours sacrément bon d’entendre « Loose Sutures » s’allonger encore et encore, tant le morceau (comme beaucoup d’autres) est propice au jam. Les nouveaux morceaux se défendent très bien aussi et on scrutera comme il se doit le nouveau bestiau quand il daignera s’approcher de nos platines (fin octobre).     Après un petit break bienvenu, Marietta vient prouver à tous, notamment à ceux qui ne le savent pas encore, que son album est bien un des meilleurs de l’année. Ses morceaux, délaissent ici leur côté bricolo intimiste pour gagner en énergie et en fougue. Sa joyeuse et talentueuse troupe propulse le tout dans des versions plus garageuses, voire – osons le mot – punk par moment. « Chewing Your Bones » cartonne aux suffrages et le final tonitruant de « NBA Conspiracy » laisse tout le monde sur le carreau. Parmi les convaincus, un certain Ty Segall qui semble s’être pris au jeu et vient tailler le bout de gras avec Marietta à la fin, un vinyle à la...

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