Lou Barlow – Brace The Wave (Joyful Noise)

Lou Barlow – Brace The Wave (Joyful Noise)

Je vous préviens tout de suite, je ne dirais là que des choses évidentes. Lou Barlow vient de sortir un nouvel album, et il est bon. Lou Barlow est l’un des plus grands artistes musicaux du 20e siècle et du 21e siècle dans son registre de chansons intimes et personnelles. Lou Barlow est une figure du lo-fi, capable d’émouvoir avec quelques accords et sa voix enregistrés dans des conditions douteuses. Lou Barlow est grand. Si vous êtes d’accord avec le paragraphe précédent, alors n’hésitez pas à vous jeter sur Brace The Wave. Cependant, je dois vous prévenir qu’une petite déception vous attend. Pas l’album en lui-même, puisque ce qu’il contient est très bon, mais plutôt pour ce qu’il ne contient pas. 9 morceaux, aussi bons soient-ils, c’est un peu court. Surtout quand on tient l’artiste en haute estime et qu’on a l’impression qu’il pourrait en pondre des comme ça toutes les semaines. Donc Brace The Wave n’est pas décevant en lui-même, il l’est en évoquant tous ces albums de Lou Barlow qui n’existent pas. On n’a le droit qu’à 9 morceaux quand on mange des pelletées de Ty Segall, Buckethead ou King Gizzard & The Lizard Wizard. C’est triste. Du coup, on peut se contenter du peu qu’il nous offre cette fois, et le chérir en repensant au temps où Barlow nous abreuvait de démos parfois moins audibles, mais toujours sympathiques. Le chemin parcouru depuis, la discographie sans faute, autant de raisons qui font qu’il est impossible d’en vouloir à l’artiste pour ça. Si pour vous, le premier paragraphe n’apparait pas d’une évidence limpide, vous avez une bonne raison de vous jeter sur Brace The Wave. BCG...

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Lou Barlow de retour en septembre

Lou Barlow de retour en septembre

                    Lou Barlow, leader de Sebadoh et bassiste de Dinosaur Jr. reviendra en solo avec Brace The Wave, qui paraîtra le 4 septembre chez Domino Records, six ans après « Good Night Unknown ». Il enchaînera avec une tournée dans la foulée et sera de passage à Paris le 4 octobre au Point Ephémère.   Voici le trailer de l’album :  ...

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Sebadoh – Bakesale (Sub Pop)

Sebadoh – Bakesale (Sub Pop)

On fête cette année les vingt ans de Bakesale de Sebadoh ? Putain, vingt ans, déjà… Bakesale, le 5e et à la fois le premier album de Sebadoh. En tout cas, le premier album sans Eric Gaffney, et ça s’entend. On sait qu’au départ, Sebadoh était plus un projet comme ça en passant de Barlow et Gaffney, chacun composant ses petits morceaux dans son coin, l’un ne jouant même pas forcément sur les compos de l’autre, logique puisque souvent c’était enregistré à l’arrache dans le salon, et puis le tout donnait un gloubi-boulga de créativité. Les tentatives de devenir un “vrai” groupe pour Bubble & Scrape n’ayant rien donné de plus que des batailles d’égo (et un putain d’album quand même), Gaffney a pris ses cliques et ses claques et est allé faire sa vie. Donc Barlow et Loewenstein en ont profité pour cimenter une formule de groupe qui mine de rien tient encore aujourd’hui, avec l’aide du premier batteur disponible fusse-t-il une boite à rythme. À l’époque, c’est Bob Fay qui officie derrière les fûts, et s’il n’aura jamais l’impact de Gaffney, il a certainement permis à une dynamique Barlow/Loewenstein de s’affirmer. Bakesale, une leçon de rock pop par un groupe réputé pour ses compos décalées voire inaudibles. Franchement, elle semble bien loin, l’époque des 20 à 30 chansons par disque, expérimentales, énervées, bordéliques. Ici, on a l’impression que les musiciens ont eu une approche plus professionnelle, ce qui bizarrement ne leur nuit pas. Car au fond, ils seront toujours ces losers touchants qui écrivent et composent avec leurs tripes. Et du talent. Au contraire, la production plus propre permet de se rendre davantage compte de tout ça. Bakesale, 15 chansons absolument parfaites. Bon, allez, à la limite on peut retirer “Dreams”, “Mystery Man” et “Temptation Tide”. Et encore, elles sont bonnes. Mais entre les ballades magnifiques style “Together Or Alone” ou “Skull”, et les titres plus dynamiques genre “License To Confuse”, “Magnet’s Coil”, voire carrément énervés (“Shit Soup”!), on se demande ce que quiconque de sain d’esprit pourrait avoir à redire. Et puis l’album contient “Careful”, peut-être une des plus puissantes chansons jamais écrites. Bakesale, la preuve irréfutable que Lou Barlow et Jason Loewenstein sont parmi les plus grands musiciens de rock de leur époque. Quand on pense que certains osent dire que Barlow vendrait toutes ses basses pour écrire des lignes comme celle de certains morceaux des Cure… Je pense plutôt qu’ils se comptent par millions, les musiciens qui vendraient leur âme pour écrire des recueils de morceaux aussi bons que ceux-là. Loewenstein n’est pas en reste. Les deux qui pouvaient passer pour des rockers indés bruitistes avec un héritage hardcore bien visible démontrent ici l’intensité émotionnelle que portent leur composition, grâce encore une...

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Dinosaur Jr. – Discographie (1ère partie : 1984-1989)

Dinosaur Jr. – Discographie (1ère partie : 1984-1989)

Avec une demi-douzaine de critiques dithyrambiques à mon actif sur ce site, ce qui n’est généralement pas mon habitude, il me paraissait inconcevable de ne pas vous parler de mon groupe préféré, qui devrait d’ailleurs être le groupe préféré de tout un chacun. Et comme je n’ai pas su me décider sur un seul album, je vous ai fait une petite discographie. Petite, puisqu’elle ne s’intéresse pas à l’ensemble de la discographie du groupe, mais à ses trois premiers albums, ceux qui précèdent la séparation du line-up d’origine, donc ça suit quand même une certaine logique. Au passage, le groupe, c’est Dinosaur Jr. Au départ, Dinosaur Jr. s’appelle Dinosaur, mais avant ça, il y avait un groupe du nom de Deep Wound. Formation hardcore ma foi assez classique dans les années 80, vous savez le genre qui ne joue que des titres de 30 secondes très énervés, Deep Wound se distingue par son batteur et son guitariste, deux petits jeunes du nom de J Mascis et Lou Barlow. Après s’être rendu compte qu’il n’y a plus grand intérêt à faire du hardcore quand on joue déjà super vite, les 4 compères se lassent, en particulier Mascis, et le groupe se sépare. À cette époque, Mascis qui a beaucoup de temps libre, apprend la guitare puisqu’il ne réussit pas à trouver un guitariste qui a un son à son goût, et autant dire que ça se comprend quand on entend effectivement la manière dont il joue de la guitare. Le jeune J passe donc son temps dans sa chambre à peaufiner son style, son son, et ses morceaux. Quand il en sort, il contacte Barlow à qui il propose le poste de bassiste et Charlie Nakajima, son pote d’enfance qui chantait dans Deep Wound, pour reformer un nouveau groupe. Nakajima propose un de ses amis, surnommé Murph, pour jouer de la batterie et c’est ainsi que se forme la première mouture de Dinosaur. Sauf qu’au premier concert, Nakajima arrive bourré ou défoncé, ou les deux, ce qui n’est pas au goût de ses camarades. Mascis, passablement énervé, le vire d’une manière qui montre toutes ses compétences sociales ; il dissout le groupe pour le reformer le lendemain, sans chanteur. Il prend donc la main sur les vocals, ce qui n’est pas plus mal puisque sa voix lancinante sera une des marques de fabrique du groupe. Et voilà comment s’est formé Dinosaur.   De la country qui fait saigner les oreilles Sorte de gloubi-boulga rock/punk/hardcore/noise/new wave/folk/hard rock, qui se veut au dire de Mascis lui-même “de la country qui fait saigner les oreilles“, le premier album de Dinosaur est un véritable OVNI musical. Les compositions partent dans tout les sens, et...

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Sebadoh – Defend Yourself (Joyful Noise/Domino)

Sebadoh – Defend Yourself (Joyful Noise/Domino)

                Tracklist : 1/ I Will 2/ Love You Here 3/ Beat 4/ Defend Yr Self 5/ Oxygen 6/ Once 7/ Inquiries 8/ Calves Of Champions 9/ Final Days 10/ Can’t Depend 11/ Let It Out 12/ Listen 13/ Separate   La reformation de Dinosaur Jr avait donné le ton. Oui il est possible de faire un break d’une décennie, reprendre comme si de rien n’était là où on s’est arrêté et poursuivre une impeccable discographie. Lou Barlow (bassiste chez Dino) nous fait donc le même coup avec Sebadoh, de retour parmi les morts après un hiatus de 14 ans (un retour amorcé par l’EP Secret sorti en juin). On n’est plus dans les 90’s ? Qu’importe on fait comme si. De l’indie rock pur jus, sans fioritures, moins lo-fi qu’avant certes mais bien plus que la moyenne. L’excellent premier single “I Will” nous avait indiqué qu’il n’y avait pas de raison de s’en faire. On était même heureux comme des gosses à l’idée d’entendre de nouveau ses fameuses ritournelles qui nous remuent les tripes. Et on avait raison. Il y a de quoi se faire plaisir sur ce disque qui alterne douceur avec un Barlow qui trimballe sa nonchalance caractéristique (“Love You Here” avec son joli solo final, la délicate “Let It Out”) et coups de sang (“Beat” porté par un riff redoutable, l’énergique “Oxygen” qui renvoie directos dans les cordes les plus dubitatifs). On retrouve également quelques saillies punk (“Separate”, “Inquiries”) chères au groupe et labellisées Loewenstein (du nom du talentueux bassiste qui parfois s’empare d’une gratte et vient secouer le cocotier). Quel que soit le mode de transmission, le message est toujours bien reçu et apprécié comme il se doit. Du haut de ses 47 berges, Lou a toujours le chic pour composer de la bonne mélodie simple et efficace qui se bonifie avec le temps (“State Of Mine” qui lorgne vers la country, la captivante instrumentale “Once”). Malgré de rares moments de faiblesse (“Can’t Depend”, “Defend Yr Self”), ce dixième album reste de très bonne facture et ne décrédibilise en rien un groupe qui était parvenu à se hisser tout en haut des références indie. Rien n’est surfait, ça sent l’honnêteté et la simplicité. Le trio a su conserver sa particularité qui faisait sa force. Sebadoh c’est comme une femme au charme naturel, sans fard ni maquillage à l’heure où pullulent les bombasses tape à l’œil refaites de partout et vulgos au possible. Un charme discret qui met du temps à faire son oeuvre mais  qui, une fois assimilé, n’aura de cesse de vous séduire. Le genre de femme à qui on a envie de jurer fidélité.  ...

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