Dinosaur Jr. – Give A Glimpse Of What Yer Not (Jagjaguwar/PIAS)

Dinosaur Jr. – Give A Glimpse Of What Yer Not (Jagjaguwar/PIAS)

Je finis par accepter que Dinosaur Jr. ne fera jamais l’unanimité. Dans les années 80, malgré le grand enthousiasme des papes du rock indé Sonic Youth à leur égard, leur succès reste limité et on retiendra beaucoup plus des groupes anglais plus hype, plus exposés mais nettement moins originaux. Dans les années 90, le succès revient majoritairement à des groupes de Seattle plus mainstream qui leurs doivent pourtant beaucoup. Lors de leur retour inattendu il y a déjà plus de dix ans, seul un petit noyau de fans s’emballe à la hauteur de l’évènement, et rend honneur à leurs excellents disques de come-back, quand la presse musicale semble à peu près unanimement s’en foutre. Aujourd’hui, alors que le groupe bénéficie d’un intérêt médiatique plus grand que dans tout le reste de sa carrière et que le public semble enfin prêter l’oreille, ce sont les fans qui viennent dire qu’au final, leurs nouveaux disques ne sont peut-être pas si bons que ça. Chienne de vie… Du coup, je vous la fais courte : personnellement, j’adore ce disque. Visiblement, on n’est pas si nombreux, et je le comprends : commencer par « Goin Down » et « Tiny », les deux morceaux les plus classiques (dans le sens dinosaurjrien du terme) et pop est un peu déroutant. La dernière fois que les deux singles potentiels avaient ouvert l’album, c’était sur Without A Sound, et le disque n’avait pas franchement marqué les esprits. Pire, il faudrait une sacrée dose de mauvaise foi pour trouver ces deux « tubes » du niveau de « Feel The Pain » ou « Little Fury Things », par exemple. Et je sais de quoi je parle, je suis moi-même expert en la matière. Le problème, c’est que derrière ça, il n’y a pas vraiment de titres aussi directement accrocheurs, à l’exception de ceux de Lou Barlow, mais là, ça ne compte pas, c’est presque comme si on parlait d’un autre groupe. Soit, ça parait mal parti. Cependant, quand on écoute avec plus d’attention, on se rend compte que ces deux premiers morceaux, aussi sympas soient-ils (parce que, bon, ils sont quand même cool), sont peut-être les moins intéressants du disque. On leur préfèrera « Be A Part » et ses vrais airs de Neil Young, « I Walk For Miles », limite hard rock, et surtout « Knocked Around » qui atteint des sommets lorsque cette chanson calme tout en falsetto se transforme en morceau rock avec une batterie bien centrée sur les toms et une ligne de chant addictive. Peut-être un des meilleurs morceaux de Dinosaur. Alors oui, ce n’est pas aussi grandiose que You’re Living All Over Me, mais à quoi bon juger toujours les groupes à l’aune de leur chef-d’œuvre absolu ? En toute bonne foi, autant que possible,...

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Dinosaur Jr : un titre et une pochette pour le nouvel album

Dinosaur Jr : un titre et une pochette pour le nouvel album

C’est le site freakscene.net qui a repéré la bonne nouvelle. Sur la version anglaise d’Amazon, un prochain album de Dinosaur Jr appelé Give a Glimpse of What Yer Not et accompagné de l’artwork ci-dessus est en pré-commande. Livraison prévue le 5 août*. Après vous en déduisez ce que vous voulez mais nous on croit avoir compris… JL *Depuis il est écrit 31 décembre, sans doute pour rattraper le...

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Nouveau tribute à Elliott Smith avec un casting prestigieux

Nouveau tribute à Elliott Smith avec un casting prestigieux

  Après le documentaire Heaven Adores You, l’album hommage de Seth Avett et Jessica Lea Mayfield, la tournée hommage de Jason Lyttle (Grandaddy), Troy Von Balthazar (Chokebore), un nouvel… album hommage a été annoncé pour le regretté Elliott Smith, disparu en 2003. Say Yes! sortira le 4 octobre prochain chez American Laundromat Records et son casting est indécent : J Mascis, Lou Barlow, Tanya Donnelly des Breeders, Jesu/Sun Kil Moon, Yuck, Waxahatchee… Le tracklisting complet est le suivant : « Angeles » – Waxahatchee « Ballad of Big Nothing » – Julien Baker « Between the Bars » – Tanya Donelly « Bled White » – Yuck « Condor Ave » – Jesu/Sun Kil Moon « Division Day » – Lou Barlow « Easy Way Out » – Wild Sun « Miss Misery » – Tomo Nakayama « Needle in the Hay » – Juliana Hatfield « No Name #3 » – Caroline Says « Oh Well, Okay » – Adam Franklin « Pictures of Me » – Amanda Palmer « Say Yes » – William Fitzsimmons « Waltz #1 » – Escondido « Waltz #2 » – J. Mascis Le « Needle in the Hay » de Juliana Hatfield s’écoute ici...

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Dinosaur Jr. fête dignement ses 30 ans de carrière

Dinosaur Jr. fête dignement ses 30 ans de carrière

Pour les 30 ans de Dinosaur, premier album du groupe (quand il ne s’appelait pas encore Dinosaur Jr.), J Mascis et sa bande ont investi durant six dates d’affilée le Bowery Ballroom de New York. Chaque set a commencé par le premier album joué dans l’ordre et dans son intégralité, et s’est achevé par une reprise de « Cortez The Killer » de Neil Young avec au milieu bon nombre de classiques du groupe. Parmi les autres reprises, celles de « T.V. Eye » et « Fun House » des Stooges. Une pléiade d’invités de luxe ont été convié à la fête. Parmi eux, Lee Ranaldo (Sonic Youth), Frank Black (Pixies), Bob Mould (Hüsker Dü), Henri Rollins (Black Flag), Jeff Tweedy (Wilco), Kevin Shields (My Bloody Valentine), Kurt Vile… On aurait bien aimé être New-Yorkais durant cette semaine… JL Pour le plaisir, voici quelques vidéos qui tournent sur...

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Lou Barlow @ Point Éphémère (Paris), 04/10/15

Lou Barlow @ Point Éphémère (Paris), 04/10/15

  ATTENTION CET ARTICLE CONTIENT DES REFERENCES FOOTBALLISTIQUES DOUTEUSES. ANTI FOOTEUX RASSURE-TOI ÇA PARLE AUSSI MUSIQUE ET LA MORALE TE PLAIRA Ce n’est pas toujours facile d’être fan de foot. Ça prend du temps déjà, ça peut prendre de l’argent aussi. Ça peut en outre causer bien des moqueries de la part : – des gens qui n’aiment pas le foot et qui vous traitent de beauf. – des gens qui supportent d’autres équipes et guettent la moindre humiliation pour vous tailler en pièces le lendemain au bureau (alors que vous n’y êtes pour rien bordel !). – des gens qui n’aiment pas le foot, n’y connaissent rien mais vous vannent quand même en cas de contre-performance (sans doute les plus agaçants). Et, last but not least, être fan de foot, c’est parfois adapter son emploi du temps aux horaires de match (plus ou moins systématiquement selon le degré de folie dont on est atteint)… Donc le fan de foot est assez régulièrement confronté à des dilemmes. Et dimanche soir il y avait dilemme : le clasico ou Lou Barlow. Et bien cette fois, j’ai été fort, j’ai suivi mon petit Lou, au détriment de mon équipe de brêles de foot préférée. Sachant pertinemment qu’avec les premiers j’aurais peu de chances d’avoir une bonne surprise et qu’avec le second je n’en avais quasiment aucune d’en avoir une mauvaise. Et encore je ne me doutais pas qu’en plus de Lou Barlow, je pourrais m’offrir un premier moment très agréable : la découverte de Talune, artiste solo (qui si j’ai bien compris évolue habituellement en quartet) au talent évident, au jeu affirmé, à l’univers intéressant. Des arpèges sophistiquées, couplées à une belle voix grave et puissante. Un garçon a suivre… Puis Lou Barlow est arrivé, bien planqué sous son anarchique tignasse brune. Et il a joué. Et chacun s’est mis à l’écouter religieusement, à dévorer ses paroles, à admirer son jeu simple et limpide, à se marrer à l’écoute de ses (nombreuses) blagues. Car oui, le type est affable, d’humeur joviale et communique avec plaisir avec le public (à se demander parfois comment il peut s’entendre avec J Mascis, souvent surnommé mi-affectueusement mi-véridiquement « l’autiste »). Entre deux morceaux, Lou nous fait rire. Entre deux vannes, il nous raconte sa vie : sa découverte de l’enfer de conduire à Paris, son arrestation en Allemagne par deux flics dont l’un stagiaire répétant mécaniquement et consciencieusement tout ce que lui chuchote son supérieur… Mais nous n’avons pas seulement assisté à un show de l’insoupçonné pitre Barlow, on a surtout apprécié le grand récital d’un brillant musicien, alternant entre son ukulele, son synthétiseur des 70s auquel il tient beaucoup (et peut-être un peu trop présent par moments...

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