Villette Sonique (Paris), 25 & 26/05/18

Villette Sonique (Paris), 25 & 26/05/18

25 mai 2018 Faites des gosses qu’ils disaient ! Et ouais, mais des gosses c’est toute une organisation. Ça vous fait cavaler partout à la sortie du taf et ça vous fait louper le début d’une soirée Villette Sonique. Résultat des courses : pas de James Holden et moins de Mogwai que prévu. Me voilà trempé quand j’arrive à la Grande Halle de la Villette (oui parce que quand il fait un peu trop chaud à Paris, on se prend un orage pour compenser c’est la règle). Le temps de prendre une bière, de me faufiler dans les premiers rangs et de voir la fin de “Rano Pano”. Dommage, j’aime bien “Rano Pano”. Le son est propre, c’est joli mais la setlist fait la part belle aux morceaux atmosphériques (“I’m Jim Morrison, I’m Dead”, “New Path To Helicon, Pt 1”, “Ithica 27o9”). Donc on regarde, on apprécie et on applaudit poliment. Mais on n’est pas transcendé non plus. On l’a dit, le son est propre mais il manque un peu d’amplitude et on retrouve ce sentiment frustrant déjà vécu dans cette (trop grande) salle : une certaine froideur, une distance entre le public et le groupe. Un public qui ne semble pas complètement concerné, qui plus est : certains papotent et ne prêtent que peu d’attention au concert, sans doute venus pour voir Jon Hopkins (on avait quelques doutes sur la cohérence de l’affiche, ils sont confirmés). Malgré ces désagréments, le groupe réalise une bonne prestation et la fin de concert va prendre une toute autre tournure. Après quelques frissons sur les arpèges délicieux de “Every Country’s Sun” qui clôturait de façon épique l’album du même nom, l’excellent “Remurdered” – bien plus remuant que sur disque (et bénéficiant contrairement aux autres titres d’un lightshow très poussé) – chauffera le dancefloor comme il faut avant Jon Hopkins. De quoi réconcilier les amateurs des ambiances cinématographiques propres aux écossais et les fans d’électro venus remuer leur popotin. Ces derniers vont toutefois vite déchanter avec un coup de grâce inattendu dont les trois mots font toujours vibrer les amateurs de post rock : “MOGWAI FEAR SATAN”. Lors de la longue plage contemplative à mi morceau, beaucoup tapent la discute tranquille, sans se douter de la déflagration à venir. Je ricane en silence. L’explosion est soudaine et sonne comme un énorme “VOS GUEUUULES” que je mourrai d’envie de leur envoyer dans les gencives. Mogwai le fait mieux que moi. Les réserves évoquées précédemment sont balayées, “Mogwai Fear Satan” est plus fort que tout. Dans la continuité, “Old Poisons” maintient les décibels à haut niveau avec une puissance et une explosivité qui auront parfois manqué dans la première partie du show. De quoi alimenter...

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The Jesus & Mary Chain @ Théâtre Barbey (Bordeaux), 31/05/18

The Jesus & Mary Chain @ Théâtre Barbey (Bordeaux), 31/05/18

Pour être franc, bien que connaissant l’importance du groupe, je suis complètement passé à côté de Jesus & Mary Chain. Si je n’avais pas gagné ma place, je dois avouer que je ne serais probablement pas allé les voir ! Je n’avais pas d’a priori et n’ai même pas écouté un album ou deux avant le concert, histoire d’avoir une surprise complète… Les bordelais Sam Fleisch (renommés “Invités” pour l’occasion) nous ont proposé une très agréable première partie dans un style plutôt garage pour faire court (dernier album en date sur le label Teenage Menopause). La lumière s’éteint à nouveau, les héros écossais s’installent sans traîner et en une fraction de seconde, la salle est submergée par un déluge de stroboscopes et de guitares noisy/fuzz. Malgré le bridage hygiéniste des décibels, le son a suffisamment de consistance pour me procurer les sensations du shoegazing. Le groupe n’est pas éclairé de face, on ne distingue que les silhouettes des musiciens. Les morceaux s’enchaînent et je n’ai pas du tout l’impression d’avoir affaire à un groupe de quinquagénaires qui fait sa énième tournée en se reposant sur sa réputation. Je ressens son envie de jouer et une générosité certaine. Le chanteur, pas très bavard, annonce de façon très convenue le dernier titre ; le groupe quitte la scène et un roadie arrive aussitôt pour faire un peu de ménage pas vraiment nécessaire. Pas un spectateur ne doute qu’ils vont revenir pour un ou deux morceaux comme le veut le rituel. En fait nous avons droit à bien davantage. Presque un second concert. Les deux dernières chansons sont les plus rythmées, les plus énergiques et je finis par comprendre pourquoi le public est resté aussi fidèle. Le talent est toujours là ! Du coup, je suis partagé entre une impression un peu honteuse de ne pas les avoir connu plus tôt et une grande satisfaction d’avoir vécu ce moment…. Pedro   Setlist (si on en croit setlist.fm) : Amputation – April Skies – Head On – Blues From A Gun – Black And Blues – Mood Rider – Far Gone And Out – Between Planets – Snakedriver – Teenage Lust – Cherry Came Too – All Things Pass – Some Candy Talking – Halfway To Crazy – Darklands – Reverence. Rappel : Just Like Honey – Cracking Up – In A Hole – War On Peace – I Hate Rock’n’roll   LIRE LE REPORT DE LEUR CONCERT A LA CIGALE EN...

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Rock En Seine @ St-Cloud (92), du 25 au 27/08/17

Rock En Seine @ St-Cloud (92), du 25 au 27/08/17

Quoi de mieux pour clôturer l’été que passer trois jour allongé sur l’herbe à écouter de la musique ? Rock en Seine est un peu le Noël du dernier weekend d’août. Retrouver ses potes autour d’une bière en profitant des derniers rayons du soleil. Autant dire que lorsque vous vous réveillez en sursaut à cause de l’orage grondant qui stagne au-dessus de La Capitale, l’envie de remettre en question votre amour pour la musique vous vient à l’esprit. Mais peu importe, le pass trois jours glissé dans la poche arrière de son jean, on saute dans le métro bien décidé à en profiter à fond ! Et cette année on est gâté. The Jesus and Mary Chain, Slowdive, Ty Segall, PJ Harvey… Je crois que c’est la première fois que je vais à un festival avec un programme aussi chargé, alors qu’importe la pluie, un vent d’excitation souffle sur l’édition 2017 du festival.   Vendredi 25 août “Hello, we are Cabbage from Manchester”. C’est classe de dire “Hello we are Cabbage from Manchester”. On n’avait pas entendu ça depuis un bout de temps. On se croirait presque revenu à la belle époque de la factory, de Joy Division et des Smiths. Premier concert et première claque, les 5 Mancuniens offrent une prestation des plus plaisantes et font même revenir le soleil. Pourtant ce n’est pas du punk. Ce n’est pas non plus du post punk. Leur son est au goût du jour tout en gardant un caractère atypique qu’on ne saurait décrire. The Pretty Reckless a tout pour séduire. Les jolis solos du guitariste aux faux airs de Slash font plaisir et je trouve toujours envoûtant que le leader du groupe soit de sexe féminin. Pourtant je me suis fait chier. Je dois être trop sensible. J’aime pas quand ça crie trop fort. Le temps d’un sandwich et je me retrouve devant Beach Fossils. Et là tout change. À peine les premières notes de “Generational Synthetic” retentissent que je me sens bien immédiatement. En arrivant à la scène du bosquet j’ai pu entendre “assis, c’est un concert assis“, c’est vrai que Beach Fossils ça s’écoute allongé dans l’herbe en regardant le ciel. C’est fait pour ça. Pourtant tout le monde est debout. On ne saurait manquer une miette de la formation américaine. Vous avez déjà découvert un groupe et eu l’impression que vous étiez passé à côté de quelque chose ? C’est ce qu’il m’est arrivé avec The Jesus and Mary Chain : “Mon dieu je suis né trop tard”. Séparés durant les années 90, c’est un peu la frustration ultime d’écouter Psychocandy en se disant qu’on aura jamais le plaisir de l’entendre en live. Pourtant, dans un élan...

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Pixies @ Zénith (Paris), 23/11/16

Pixies @ Zénith (Paris), 23/11/16

Maintenant que je commence à prendre de l’âge, de la bouteille, du bide et à perdre des cheveux, je me retrouve dans la situation de ces fans aux cheveux gras et éparses, avec un pull miteux et la mine renfrognée que tu croises toujours avant les concerts de leurs groupes préférés et te racontent qu’ils les ont vu plein de fois et que, grosso merdo, c’était mieux avant. Alors, avec ma petite expérience des Pixies, j’en avais surtout déduit que le groupe de Frank Black vivait sa vie à pile ou face, ou il passe ou il casse, et comme j’avais été globalement déçu de leur première tournée post Kim Deal, statistiquement, cette date s’annonçait sous de bonnes auspices. Ajoutons à cela que j’ai plutôt aimé le dernier disque et la bonne intégration de Paz Lechantin à la place de la légendaire Kim Deal. Comme l’a dit Santiago de Wonderflu, maman Kim ne sera jamais remplacée, mais Paz se révèle être une belle-mère sympa. Tout ça pour dire que j’étais plutôt dans de bonnes dispositions en me rendant au Zénith en ce soir de novembre. Et là, vous vous attendez forcément au couac, à l’élément perturbateur, et vous avez presque raison. Celui-ci prit la forme de la première partie, FEWS, un groupe de rock indé britannique (avec du suédois et du californien dedans, mais profondément anglais dans le son) qui nous joua comme des centaines de groupes actuellement une musique rock à fort relents post-punk années 80, bref le genre de musique qui me fait vomir des oreilles. Je reconnais que FEWS est en place, fait bien son travail et dégage une énergie indéniable, mais pour moi c’est comme me servir des tartines de merde : elles peuvent être parfaitement préparées et superbement dressées, ça reste de la merde, et je n’ai aucune envie d’en manger. J’aurais pu faire l’analogie avec des épinards, mais quitte à être subjectif et de mauvaise foi, allons au bout. Bref, la nouvelle sensation du rock indé m’irrite un peu, mais je garde en tête que je vais voir juste après un concert des Pixies sans Kim Deal, et que ça peut être quand même très cool. Malheureusement, une fois sur scène, après avoir expédié “Where Is My Mind?” histoire de jarter les tubes, et malgré une entrée en matière de haut niveau (“Brick Is Red”, “Break My Body”, “Nimrod’s Son”, “Mr Grieves”…), ils s’entêtent à vouloir jouer les pires morceaux du dernier album. Pourtant, je l’aimais et je le défendais, ce disque, mais c’est très difficile de le faire quand on entend “Bel Esprit” ou “Tenement Song” entouré de bombes comme “Gouge Away” ou “Rock Music”. Le pire vient quand ils entament leur...

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Thee Oh Sees @ La Cigale (Paris), 14/09/16

Thee Oh Sees @ La Cigale (Paris), 14/09/16

Les Oh Sees sont devenus hype, c’est un fait. Ceux qui les suivent depuis le début doivent éprouver une pointe de fierté (ou d’amertume, c’est selon) à les voir truster l’affiche d’une salle de la dimension de La Cigale. 950 personnes quand même. Pour un concert de garage qui sue à grosses gouttes ça commence à faire. Ça doit bien faire marrer John Dwyer aussi. Remarquez on ne peut pas dire qu’il se soit ménagé pour en arriver là. 11 albums en 8 ans, il n’y a guère que son pote Ty Segall (l’autre éminent représentant du “renouveau de la scène californienne” comme on peut le lire partout dans les magazines rock importants) pour rivaliser. Ce même Segall qui avait lui aussi rempli la Cigale il y a 2 ans. Et d’ailleurs en y songeant à nouveau, on avait un peu vécu le même type de soirée. En clair, dans les deux cas : on a perdu 14 litres de sueur, reçu à peu près autant de litres de bières sur la tronche, on a sacrément rigolé et à la fin on s’est dit “putain, ça c’est ce que j’appelle un bon gros concert de ROCK“. On a cru apercevoir ce bon vieux Philippe Manoeuvre juste derrière nous avant le concert mais ce n’était qu’un vulgaire sosie : Philman en a vu d’autres mais maintenant il prend soin de ses vestes en cuir. Non mais. Ça c’est pour l’anecdote (qui sert à rien, certes). Thee Oh Sees donc. Deux batteurs désormais et c’est pas vraiment pour la déco car les bougres font un boucan de tous les diables et accaparent presqu’autant notre attention que ce bon vieux John Dwyer au style inimitable (pour ceux qui voient pas le tableau, guitare remontée juste en dessous du cou, micro quasiment gobé et gesticulations incessantes). Energie féroce et puissance dévastatrice, ces gars-là sout sauf des petites frappes. Ouverture rêvée avec “The Dream”. Pour le jeu de mot on repassera mais pour nous mettre dans le bain il n’y avait pas mieux. Le feu en quelques secondes. “The Dream”, ça devrait être ça obligatoirement : ouverture ou clôture de concert. Le ton est donc donné d’entrée et on ne va jamais redescendre de cette douce euphorie qui s’est emparée de nous. Un concert des Oh Sees c’est toujours pareil : ça hurle, ça joue vite, fort et bien. Dans le public, d’énormes pogos s’enchaînent et la scène est envahie constamment. Au grand dam d’une sécurité qui fait ce qu’elle peut mais a bien du mal à contenir un tel enthousiasme. Sans grande surprise, les morceaux du dernier album sont ceux qui envoient le bois (“Plastic Plant”, “Ticklish Warrior”), on pourrait déplorer cet “oubli” d’escapades...

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