Mars Red Sky @ La Poudrière (Belfort), 11/10/19

Mars Red Sky @ La Poudrière (Belfort), 11/10/19

Après l’excellente prestation de Lysistrata la veille à Mulhouse, direction La Poudrière à Belfort pour la venue d’un autre trio français emblématique : les bordelais de Mars Red Sky qui venaient nous présenter leur excellent 4e album, The Task Eternal. Plateau copieux dans la salle belfortaine avec en entrée les jeunes We Hate You Please Die, venu de Rouen (ou plutôt ce qu’il en reste dixit le chanteur… courage aux Rouennais) qui se présentent comme des « gamins en colère ». Un peu tendres peut-être, malgré une bonne énergie, un chanteur survolté, une bassiste avec un joli brin de voix et une batteuse qui arborait un T-shirt laissant peu de doutes sur leur décennie d’influence (Bleach de Nirvana). Avec un peu plus de puissance niveau guitares, ça le faisait. Prometteur. Ensuite, on avait droit à un peu plus de gras niveau son avec Grooott à la croisée de chemins stoner voire métal pas trop éclairés. Ça riffe, ça fuzze, c’est lourd, et ça annonçait efficacement Mars Red Sky. Heavy. Concert best-of pour les bordelais. Best-of du dernier album avec 5 titres sur 8 joués. Best-of tout court avec quelques classiques du trio (“Light Beyond”, “Strong Reflection”, “Marble Sky”…) qui nous a régalé avec son rock massif, lent et aventureux. Trio de belle humeur avec un Jimmy Kinast qui demande régulièrement à l’ingé son plus de cancoillotte dans son retour de basse (lol). Ou qui annonce du doom avant le dantesque “Light Beyond”. Julien Pras est plus discret mais toujours impeccable à la guitare au gré de soli mémorables et autres riffs incisifs. Je demeure admiratif de son jeu mélodique et aérien et de la puissance de feu du trio. Qui a attaqué bille en tête avec la doublette parfaite “Reacts” – “Collector”. Histoire de poser le décor. Du lourd, du riff gras avec basse plombée et batterie qui déboite. Les têtes se balancent lentement à l’unisson de rythmiques pachydermiques. Sans compter les fulgurances psyché sorties de la guitare de Julien Pras. Avec un triptyque “The Proving Grounds” – “Light Beyond” – “Hollow King”, le groupe te calme direct le moindre sceptique. Restait juste à finir le travail en vieux briscards. Qui déroulent tranquille en te servant du old school. L’enlevé “Marble Sky”, le massif “Strong Reflection” et le trip psyché “Arcadia” en décollage final ! Seul regret de ce concert impeccable, pas de trace de “Up The Stairs”, mon petit préféré de leur discographie (snif). Légère déception mais je me suis vite consolé en ramenant à la maison deux petites galettes pour ma platine. Le premier album éponyme à la pochette géniale qui m’a fait découvrir le groupe et le petit dernier, The Task Eternal, double vinyle jaune translucide...

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Ty Segall @ La Cigale (Paris), 09/10/19

Ty Segall @ La Cigale (Paris), 09/10/19

Nous ne sommes pas peu fiers de cette photo de grande qualité. Une Cigale presque pleine par cette belle soirée d’été indien pour accueillir Ty Segall en tournée pour son nouvel album First Taste. Deux dates à Paris avec le même principe, jouer entièrement ce petit dernier et jouer ensuite entièrement un album passé, en l’occurrence Manipulator pour ce qui est de ce soir. Une bien belle salle pleine de charme, dans laquelle je démarrerai la soirée “en fond de cours” juste derrière la fosse pour migrer ensuite vers sans doute la meilleure vue plongeante qui soit, tout à l’avant du balcon. L’excellent Freedom Band, attaque donc la première plage de First Taste et au bout d’une minute trente, Ty Segall dépose sa gratte et vient s’installer à la deuxième batterie installée sur scène et attaque le solo de mi-morceau. Ça démarre fort. Il nous fera le coup 15 fois dans la soirée, sans jamais lasser. En fait, c’est un grand batteur (NdRC : et on l’avait déjà constaté sur Fuzz !) capable d’une synchro millimétrique avec son drummer en titre. Un peu plus tard, un type à côté a la même réflexion que moi sur l’attaque de “The Faker” : “Mais c’est du Gary Glitter !” Le dernier album gagne énormément en live. “The Fall”, “I Worship The Dog” et “The Arms” sont littéralement des murs du son ! Côté fosse, ça commence à bouillonner, on atteint rapidement les 10 slams par morceau. Moment de complicité avec le père Ty : un mec monte sur scène et se redresse pile à une fin de morceau, un ange passe, Ty sourit et sauve la mise au type en attaquant la suite. Manipulator donc, fait sur mesure pour être joué en intégralité. Fieffé coquin, Ty Segall joue “Feel”, le morceau phare, tout en retenue – cordes légèrement étouffées, mid tempo – comme pour mieux encore engendrer notre frustration et notre envie d’en découdre. Les trois grattes, dont une excellente acoustique tout le long ou presque, la basse énorme, le clavier qui gagnerait à se lâcher un peu mais a eu ses moments de grande déconstruction sonique, le batteur et demi et puis Ty Segall que je n’avais jamais vu en concert. Tout simplement parfait de maîtrise sans jamais faire train-train de tournée, une sympathie naturelle sans se sentir obligé de parler pour ne rien dire. On en redemande. Le rappel, ce sera la headbangesque “She”, incontournable, sur laquelle, surplombant quasiment la scène depuis mon balcon du premier étage, je contemple la fosse qui est partie en vrille totale, la scène et la salle sont rouge sang, un dernier riff et c’est la fin. Déjà… Mais comment ai-je pu louper (snober...

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Sebadoh @ Petit Bain (Paris), 07/10/19

Sebadoh @ Petit Bain (Paris), 07/10/19

© Philippe Midy Un concert de Sebadoh à Paris, c’est une bonne occasion pour tous les amateurs de rock indé de la capitale de se rassembler. Certes, ça fait aussi un petit choc de voir que les plus jeunes de la salle affichent une bonne trentaine, mais au moins ceux qui sont là ont vécu les années 90 sans les fantasmer et savent donc qu’un concert de Sebadoh, le haut du panier à l’époque, ça ne se loupe pas. En première partie, The Dearly Beloved envahit la scène, presque littéralement puisqu’ils sont 6, pour nous proposer du punk rock à la limite de l’emo ou du californien. Bien en place, et bien fait, mais qui rappelle un peu trop de choses douteuses pour vraiment nous convaincre. On se demande un peu pourquoi ce groupe est l’heureux élu en terme de cohérence stylistique, mais on est forcé de reconnaitre qu’ils font le taf de leur mieux. Une fois que Lou Barlow a fini de signer des vinyles et serrer des mains, avec sa simplicité habituelle, le trio entre enfin en scène et nous propose une entrée en scène on ne peut plus jouasse : “Beauty Of The Ride”, jouée avec une énergie et une bonne humeur palpables. Puis viennent “Not A Friend” et “Soul And Fire” qui, contrairement à ce qu’on croirait ne calment pas vraiment le jeu. Finalement, un groupe de punk rock en première partie, ce n’était pas si illogique. © Philippe Midy La structure du concert suit celle de la tournée, Lou et Jason Loewenstein enchainent 5 morceaux chacun, avec une entrée en matière qui ressemblerait presque à un rappel avant d’enchainer les compos du dernier album (et “I Will” au milieu). L’ambiance est bonne, le groupe communique, nous répète qu’il regrette de ne faire qu’une date en France et s’excuse même de jouer autant de nouveaux morceaux après nous avoir remercié de les écouter. “C’est pas comme si vous aviez le choix…vous auriez pu partir !“, plaisantent-ils… “Au secours, Sebadoh joue de nouveaux morceaux ! Jetez les canots à la mer ! Les gens hurlent “Gimmie Indie Rock” en s’enfuyant !” ajoute Lou. Et ça ne loupe pas, certains dans la foule crient le nom du morceau en réponse. Jason, quant à lui, rassure le public sur le fait que “Lou reviendra chanter dans quelques chansons“, ne comprenant pas que c’est de jouer “Not Too Amused” qu’on lui réclamait. D’ailleurs si on doit trouver un défaut à cette soirée, c’est celui-ci : Jason semble avoir oublié qu’il a dans son répertoire une flopée de tubes, ne préférant jouer que des titres des 2 derniers disques (et demi, puisque “My Drugs” est sur le Secret EP) hormis...

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Pointu Festival (Six-Fours Les Plages, 83), 06 et 07/07/19

Pointu Festival (Six-Fours Les Plages, 83), 06 et 07/07/19

Comment dédaigner un tel programme ? Journée les pieds dans l’eau à sillonner les criques de Six-Fours Les Plages, soirée à se délecter d’une série de concerts alléchants concoctés par le Pointu Festival. Le tout, rappelons-le pour tous les rapiats qui fréquentent ces pages : G R A T O S. Le plus compliqué dans ce genre de week-ends conjugués au plus-que-parfait, pour nous pauvres parisiens, consiste à se rendre sur place. « Compliqué » est certes un bien grand mot mais quand on se réjouit de se procurer un aller à prix correct, la douche froide peut vite arriver. Et, sachez-le, les termes « OuiGo » et « douche froide » vont souvent de pair. Ainsi, bon nombre de laissés-pour-compte se sont retrouvés à faire les 4h de trajet debout ou assis par terre comme des morts de faim (pas nous, rassurez-vous), pour cause de train surbooké. Bien joué les mecs ! Mais vous n’êtes pas venus ici pour lire des papiers qui fustigent le fonctionnement ubuesque de la SNCF, il y a Le Figaro pour ça. Et, comme un guide touristique de Six-Fours Les Plages n’est probablement pas ce que vous êtes venus chercher non plus, on va passer directement à la case concerts. Samedi 6 juillet Le premier jour a dû mettre idéalement en jambes bon nombre de festivaliers avec notamment les teigneux anglais de Slaves, toujours prompts à dégainer leur salve de tubes, et les plus dansants (mais nettement moins réjouissants en ce qui me concerne) Hot Chip. On ne vous en dit pas plus, parce qu’on n’y était pas, travail oblige (pas moi, rassurez-vous). Mon festival commence par Steve Gunn, après avoir manqué mais écouté (et apprécié) d’une oreille Penelope Isles, pour cause de mauvaise coordination avec navette (ou incompréhension de l’arrêt, c’est selon). Steve Gunn, donc, qui tire certes moins vite que Kurt Vile et Kevin Morby, deux ex-acolytes renommés, mais qui a dégainé un bien bel album en ce début d’année et confirme tout le bien qu’on pensait de lui, en toute décontraction, lunettes de soleil de rigueur (pour lui) et bière à la main (pour nous) devant un soleil déclinant. Quelque peu perturbé par les concours de shots et chorégraphies macarenesques à côté de moi, je m’immisce sans peine dans le concert, bien aidé par les perles familières du nouvel album (« Vagabond », « New Moon », « Stonehurst Cowboy »). Une fois le public séduit, le trio se paie même le luxe d’un jam psyché remarquable et d’un final « wah-wahisant/distorsionné » où on s’attendrait presque à voir Steve sortir de ses gonds (prononcez gunns) et péter sa gratte dans son ampli à la fin, m’enfin faut pas déconner...

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Mad Cool (Madrid, Espagne), du 12 au 14/07/18

Mad Cool (Madrid, Espagne), du 12 au 14/07/18

Au départ, on croyait qu’on allait assister au meilleur festival du monde, à la fin du premier jour on s’est dit que c’était en fait le pire festoche de la terre. Et au bout de trois jours, on s’est dit qu’on avait quand même passé un putain de bon moment dans ce festival de connards. Que s’est-il passé entre temps ? On vous explique. Tout a commencé par Pearl Jam. Evidemment. Fin 2017, les dates de tournée européennes tombent. La France est sur le carreau, comme d’hab. On cherche des solutions de remplacement. Parmi les festivals où ils jouent, le Mad Cool. Inconnu au bataillon. Mais le line-up est dingue, on n’a pas vu un truc pareil depuis Woodstock 69 (ou Primavera 2016, pour remonter un peu moins loin…) ! On sort la carte de crédit, le banquier fait la gueule, on l’emmerde. S’il veut se morfondre à son guichet tout l’été c’est son problème, nous on a décidé de profiter de la vie. Jeudi 12 juillet Après avoir compté les mois, puis les jours nous rapprochant de la date fatidique, nous y sommes. Sortie de métro, et là une queue comme on n’en a jamais vue (je vous préviens, je ne ferai aucun jeu de mot vaseux, vous valez mieux que ça). On marche pendant 15-20 minutes pour prendre place au bout de ladite queue et on poireaute. Sous 35°, sinon c’est pas drôle. La raison de ce calvaire ? Le festival n’est pas encore ouvert, alors que les premiers groupes jouent dans moins d’une heure… Une heure plus tard (adieu le concert de Slaves…), on pense arriver au festival et non, il faut encore marcher un bon quart d’heure… puis refaire la queue. Une heure de plus en plein cagnard, tout ça pour récupérer un bracelet qu’on a eu la malchance de ne jamais recevoir alors qu’on avait payé des frais d’envoi… En termes d’amateurisme, ça frôle le génie. On finit par rentrer dans ce maudit festival, un brin énervés. Besoin d’une grosse bière. Qui dit grosse bière dit nouvelle queue interminable. Si on a loupé l’intégralité de Slaves, il nous reste une bonne moitié de Eels à voir. Enfin, à écouter d’une oreille pendant qu’on fait la queue. On déboule sur « That Look You Give That Guy », le morceau qui plait même aux midinettes. Il nous plait aussi, c’est toujours joli à entendre. La voix de E a ce grain particulier très plaisant qui le fait passer aisément de rock gentiment burné (« Prizefighter », « Souljacker, Part 1 », « I Like Birds » péchu en diable) aux ballades mélancoliques (« My Beloved Monster », « Fresh Blood »). Grand ouf de soulagement, E ne pioche qu’avec parcimonie dans son dernier disque (« You Are The...

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