Pitchfork Music Festival : demandez le programme !

Pitchfork Music Festival : demandez le programme !

Le Pitchfork Music Festival démarre jeudi à la grande halle de la Villette (Paris). Pour sa 9e édition, le festival du prestigieux média musical britannique a convoqué quelques pointures et artistes en devenir du hip hop, de l’indie rock et de l’électro. Parmi eux, Belle & Sebastian, Primal Scream, Skepta, Agar Agar, Chromatics, 2 Many Djs, Hamza, Ateyaba, Weyes Blood, Jessica Pratt… Nous serons présents pour couvrir l’ensemble de l’évènement. L’ensemble de la programmation L’évènement...

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Interview et live report – CAKE

Interview et live report – CAKE

Quand on écoute un groupe depuis l’adolescence, notamment quand c’est le premier vrai groupe qu’on est allé voir en concert, l’opportunité de passer du temps au téléphone avec son chanteur fait ressortir tout le côté fanboy réprimé avec l’âge adulte. Surtout quand l’interview a été tentée deux fois auparavant sans succès (une fois pour les 20 ans de Fashion Nugget, une autre à l’occasion de leur passage à Paris plus tôt cette année). J’ai donc été très tenté de demander à John McCrea, le leader de CAKE, des photos dédicacées et des pin’s. Au lieu de ça, on a abordé beaucoup de sujets dans cette conversation matinale (pour lui), et si le chanteur manquait de café, il n’a pas manqué de verve. “Beaucoup d’arrangements dans la musique moderne sont surchargés. Il se passe trop de choses à mon goût, trop pour que le cerveau humain puisse tout comprendre. Et je pense que nous, jusque-là, nous ne sommes pas tombés dans ce piège !” Il semblerait que Paris n’a pas de chance avec vos concerts. Vous avez prévu quelque chose de spécial pour ce soir ? Des morceaux rares ? Oui, quand on est venus en janvier, c’était la fin de la tournée et j’ai complètement perdu ma voix. En 2011, on ne trouvait plus notre guitariste Xan McCurdy, même si je ne me souviens plus des détails. On a eu beaucoup de poisse, et j’en ai fini avec la poisse ! Mais ce qu’on va essayer de faire ce soir, c’est simplement de faire un concert solide. Ce qui compte, c’est de parvenir à créer une connexion musicalement avec le public. Pour moi, c’est le plus important. Après, depuis la dernière fois qu’on est venus, on a répété d’anciens et de nouveaux morceaux que nous n’avons pas joués à Paris dans les deux cas. Donc il y aura au moins ça. Votre public à Paris semble très fidèle, je vois les mêmes têtes à vos concerts depuis des années. C’est quelque chose que vous constatez aussi ? C’est quelque chose qu’on constate généralement, également hors de Paris, mais si on doit caractériser un public, on pourrait dire que les français en général, et les parisiens en particulier, prennent de grandes décisions musicales et s’y tiennent. C’est fascinant, surtout comparée à la fantaisie fugace des anglo-saxons. Peut-être que les Français sont plus confiants dans leurs tendances esthétiques, assument davantage la manière dont leur système nerveux interagit avec les informations sensorielles. Quand d’autres critères que les sens rentrent en compte dans les décisions, ça s’embrouille, ça devient culturel, tactique… Je crois que les Français ont moins peur de leurs goûts. Quand tu rajoutes des critères culturels, ça devient complexe et tendu. Mais si...

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Shannon Wright @ Trianon (Paris), 14/10/19

Shannon Wright @ Trianon (Paris), 14/10/19

Elle semblait ne pas en croire ses yeux. Ça y est, Shannon Wright a joué au Trianon, salle ô combien prestigieuse aux gradins si imposants, à l’architecture si majestueuse. Quel plus bel écrin pour recueillir la sincérité qui émane de chacune de ses chansons, pour abriter les interprétations de son dernier album, Providence, épuré au possible et mettant à l’honneur le piano, seul accompagnateur de son incroyable voix ? Il fallait la voir jeter des regards gênés, après des salves d’applaudissements nourris saluant ses petites merveilles fragiles, magistralement exécutées, qui peuplent ses albums plus (“Soft Noise”, sur Division) ou moins récents (“Avalanche”, sur Over The Sun). Et elle semblait toute chamboulée, lorsque relevant la tête après l’immersion totale dans laquelle elle s’était plongée en jouant “Dirty Facade”, elle réalisait que c’était bien pour elle que tout ce petit monde s’était déplacé et l’écoutait religieusement buvant chacune de ses paroles, s’imprégnant de chaque note de piano. Plus de déferlante de guitares derrière laquelle se planquer, pas de groupe sur lequel s’appuyer, elle était là, seule avec nous, seule avec ses chansons. Elle dont la préoccupation première était de s’abandonner totalement, comme elle le disait en interview, aura brillamment accompli sa mission. Et elle n’aura eu aucune difficulté à nous emmener avec elle. Il fallait être capable de rester en place dans son fauteuil et ne pas se laisser submerger par l’émotion, si ce n’est l’euphorie, d’assister à ces moments rares offerts par une artiste de sa trempe, à qui cette date tenait tellement à cœur. Une voix qui résonne dans ce si grand espace alimentant en frissons une audience sous le charme, un jeu de piano virtuose, quelques éclats de beauté, une tension soudaine quand les notes s’accélèrent (“Steadfast And True”) et des sommets d’intensité régulièrement atteints.  Il fallait être là pour écouter la déchirante “Bleed” et son “no one can change you” presque désespéré, “Defy This Love” et sa sournoise ritournelle de piano, cette version de “These Present Arms”, constamment sur un fil et qui parvenait pourtant à tutoyer la perfection, la voix de Shannon courant désespérément après les notes tout en les sommant de l’attendre (“wait, wait, wait“), se dédoublant même pour remplacer les overdubs de la version studio, faisant grimper la tension jusqu’à l’inexorable (“before it’s too late“). Une performance de très haut vol, tout bonnement éblouissante, qui suscitera une standing ovation spontanée. Nous n’aurions sans doute pas été tout à fait comblés si nous ne l’avions entendue gratter les cordes de sa façon bien à elle, imprimant cette nervosité terrible comme si elles pouvaient se rompre à tout moment. C’est après une brève pause bien méritée que Shannon est donc revenue s’emparer pour la première fois...

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The Mystery Lights @ La maroquinerie (Paris), 15/10/19

The Mystery Lights @ La maroquinerie (Paris), 15/10/19

© Ryad Jemaa Pour ceux qui n’ont pas lu la chronique de Too Much Tension! des Mystery Lights, je la fais courte. Nos new-yorkais (d’adoption) ont tout des sympathiques dilettantes à qui on peut à peu près tout passer… Tout cela est vrai mais attention, quand ils s’y mettent, ils sont capables d’écrire les mélodies parmi les plus catchy de la scène garage actuelle. Alors, les voilà donc de retour à la Maroquinerie après quelques années d’attente. Le line-up a très légèrement changé en la présence d’une claviériste blonde platine. Pour le reste, nous avons toujours nos amis, Mike, Zach, Luis et Alex. La salle est pleine ou presque et les mystérieuses lumières attaquent avec “Tired Of Livin In The City”, instant-classic. Moi, tout dévoué à ma cause, je ferai la grosse première moitié du concert juste devant la scène. Ça tabasse bien. Ça slamme (le frontman cédant lui-même à la tentation). Tout va bien. Il fait 40°C. Mike Brandon est toujours monté sur ressorts, Zach Butler depuis sa batterie est toujours le pourvoyeur de tequila pour le groupe entier, Luis Solano concentré sur ses volutes 60’s et Alex Amini assurant une solide ligne de basse. La suite du concert est un maelström de morceaux tirés des deux magnifiques LP. Le groupe enchaîne titres rapides (“Thick Skin”, “Traces”…), passages plus poppy (“Too Many Girls”, “Someone Else Is In Control”…), quelques respirations low tempo (“Watchin The News Gives Me The Blues”, “Too Tough To Bear”) et “retour au garage” (“Intro”/”Follow Me Home”, “Too Much Tension”). On en redemande ! Approchant de la fin du concert, ils nous mettent au défi de trouver le titre dont ils font une méchante cover. Je n’ai pas trouvé. Puis… puis… ils reprennent “Dead Moon Night” de Dead Moon et là, on sent que l’éthanol fait effet, 10 minutes de grand n’importe quoi de génie, d’échanges d’instrus dans tous les sens, le batteur manque d’éborgner le guitariste d’un lancer de drumstick, les ups and downs plus ou moins sous contrôle se succèdent pour faire le lit d’un final apocalyptique. OUCH ! © Ryad Jemaa Un tour au merch me fait sourire. Tellement dans l’esprit TML (The Mystery Lights) : le choix entre un T-shirt rouge marqué TML au lettrage aussi original qu’un Arial de base et un… T-shirt blanc TML/Arial tout pareil. Ils ont dû se réunir au moins 5 minutes pour causer design. Pas leur truc… Par contre, ils viennent faire un tour serrer des pinces, signer les LP et discuter bien volontiers. Mike est le genre de gars qui vous donne l’impression qu’il vous reconnaît et est aux anges de vous revoir. Zach court dans tous les sens pour trouver un stylo et...

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Mars Red Sky @ La Poudrière (Belfort), 11/10/19

Mars Red Sky @ La Poudrière (Belfort), 11/10/19

Après l’excellente prestation de Lysistrata la veille à Mulhouse, direction La Poudrière à Belfort pour la venue d’un autre trio français emblématique : les bordelais de Mars Red Sky qui venaient nous présenter leur excellent 4e album, The Task Eternal. Plateau copieux dans la salle belfortaine avec en entrée les jeunes We Hate You Please Die, venu de Rouen (ou plutôt ce qu’il en reste dixit le chanteur… courage aux Rouennais) qui se présentent comme des « gamins en colère ». Un peu tendres peut-être, malgré une bonne énergie, un chanteur survolté, une bassiste avec un joli brin de voix et une batteuse qui arborait un T-shirt laissant peu de doutes sur leur décennie d’influence (Bleach de Nirvana). Avec un peu plus de puissance niveau guitares, ça le faisait. Prometteur. Ensuite, on avait droit à un peu plus de gras niveau son avec Grooott à la croisée de chemins stoner voire métal pas trop éclairés. Ça riffe, ça fuzze, c’est lourd, et ça annonçait efficacement Mars Red Sky. Heavy. Concert best-of pour les bordelais. Best-of du dernier album avec 5 titres sur 8 joués. Best-of tout court avec quelques classiques du trio (“Light Beyond”, “Strong Reflection”, “Marble Sky”…) qui nous a régalé avec son rock massif, lent et aventureux. Trio de belle humeur avec un Jimmy Kinast qui demande régulièrement à l’ingé son plus de cancoillotte dans son retour de basse (lol). Ou qui annonce du doom avant le dantesque “Light Beyond”. Julien Pras est plus discret mais toujours impeccable à la guitare au gré de soli mémorables et autres riffs incisifs. Je demeure admiratif de son jeu mélodique et aérien et de la puissance de feu du trio. Qui a attaqué bille en tête avec la doublette parfaite “Reacts” – “Collector”. Histoire de poser le décor. Du lourd, du riff gras avec basse plombée et batterie qui déboite. Les têtes se balancent lentement à l’unisson de rythmiques pachydermiques. Sans compter les fulgurances psyché sorties de la guitare de Julien Pras. Avec un triptyque “The Proving Grounds” – “Light Beyond” – “Hollow King”, le groupe te calme direct le moindre sceptique. Restait juste à finir le travail en vieux briscards. Qui déroulent tranquille en te servant du old school. L’enlevé “Marble Sky”, le massif “Strong Reflection” et le trip psyché “Arcadia” en décollage final ! Seul regret de ce concert impeccable, pas de trace de “Up The Stairs”, mon petit préféré de leur discographie (snif). Légère déception mais je me suis vite consolé en ramenant à la maison deux petites galettes pour ma platine. Le premier album éponyme à la pochette géniale qui m’a fait découvrir le groupe et le petit dernier, The Task Eternal, double vinyle jaune translucide...

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