Nos Primavera Sound (Porto), 08 au 10/06/2017

Nos Primavera Sound (Porto), 08 au 10/06/2017

Habitué depuis deux ans du formidable TINALS nîmois, j’avais eu l’an passé la riche idée de combiner ce dernier avec la version portugaise de l’ogre Primavera, Nos Primavera Sound. Cette année, cruel dilemme : les rendez-vous de Nîmes et de Porto tombent le même week-end. Motivé par une bande de joyeux lurons et poussé par une furieuse envie de bacalhau, je me laisse de nouveau embarquer dans l’aventure lusitanienne. Le petit frère de l’édition barcelonaise partage l’atout majeur de cette dernière (les trois quarts de sa programmation) tout en voyant tout en plus petit (le lieu, les prix). La programmation a encore une sacré gueule mais manque à mon goût de têtes d’affiches véritablement enthousiasmantes, comparé au festin indie de l’an dernier. A vérifier sur place.   Jeudi 8 juin La première déception (loin d’être imputable à la programmation du festival, évidemment) est l’absence de Grandaddy. RIP Kevin Garcia. Une défection néanmoins compensée in extremis par Arab Strap. Mieux qu’une roue de secours. Le programme du premier jour est beaucoup moins chargé que les caïpirinhas du festival vendues à des prix défiant toute concurrence. On commence (de loin et d’une oreille) par l’artiste portugais Samuel Uria, sorte de Ricky Martin à poils longs enfilant les compos indigentes (ou indigestes c’est selon). Il nous dressera tout de même l’esgourde le temps d’une reprise de “Molly’s Lips” (“de Nirvana et des Vaselines“, enfin surtout des Vaselines, quand même). Cela lui vaudra donc le surnom de Nirvanach (un brin raciste vous en conviendrez). Le niveau s’élève de plusieurs crans avec Cigarettes After Sex, qui avec ses morceaux très ambiants atmosphériques, ne provoquera pas de surexcitation pour tout le monde (plutôt des baillements chez certains) mais a le mérite de proposer une prestation très propre et quelques très beaux instants. On pense parfois à Beach House ou à du Slowdive en plus dépouillé et moins riche en décibels. Une pause clope agréable, donc. Cela étant, c’est typiquement le genre de groupe dont la musique n’est pas très adaptée à une grande scène de festival. Puis vient LE groupe le plus attendu de la journée, Arab Strap, qui d’emblée pue la classe. Les mélodies nous enveloppent, nappes de synthés, violon, arpèges délicieux, les morceaux s’envolent et nous avec. Moffat pourrait être notre pompiste mais sa voix, alternant entre débit désabusé et chant magnétique, nous captive puis nous fait fondre. Son charisme est grand, à la hauteur de la musique d’Arab Strap. Forcément après ça on a le sentiment d’être rassasié, et après avoir subi bien malgré nous Run The Jewels (censé incarner le renouveau du hip hop, LOL), on préfère regagner nos pénates et nous économiser pour les jours à venir. Tant pis donc...

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Le nouveau King Gizzard & The Lizard Wizard annoncé pour juin. Premier extrait en écoute

Le nouveau King Gizzard & The Lizard Wizard annoncé pour juin. Premier extrait en écoute

  Les King Gizzard & The Lizard Wizard avaient promis 5 albums pour 2017 et ce n’était certainement pas des paroles en l’air. Après l’excellent orientalisant Flying Microtonal Banana du début d’année, le numéro deux vient d’être annoncé : Murder Of The New Universe est en effet prévu pour le 23 juin. L’album sera composé de 21 titres divisés en trois parties. Voici la dernière “Han-Tyumi & The Murder Of The New Universe” (ci-dessous). Attention ces australiens sont toujours dingos, et maintenant ils font peur…...

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King Gizzard & The Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana

King Gizzard & The Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana

Ils sont joueurs les King Gizzard & The Lizard Wizard (dernière fois que je l’écris en entier). A chaque nouvel album, ils se fixent un nouveau défi. Avec une constante cependant, les bonhommes planant à 15000, ils ont choisi de retourner le psyché dans tous les sens possibles et imaginables. Après avoir fait du rock psyché vénère bien imbibé de fuzz (12 Bar Bruise), puis du psyché façon western spaghetti (Eyes Like The Sky), du pop psyché guilleret (Oddments), du psyché planant (Quarters!, chaque morceau durant 10 minutes 10), du psyché chansonnier pour hippies jamais redescendus (Paper Maché Dream Balloon), du psyché qui tourne en boucle pour bien te rentrer dans le crâne façon kaléidoscope (I’m In Your Mind Fuzz, Nonagon Infinity), ils reviennent ici à du “King Gizzard classique” (pour peu que ça ait un sens). A savoir une sorte de synthèse de tout cela. Mais bien psyché hein, sinon ce serait moins fun. Pour corser le challenge, l’ami Stu MacKenzie s’est doté d’une gratte microtonale (qui permet de jouer des quarts de ton). Ça peut sembler anecdotique voire de la branlette arty mais ça illustre bien l’amour de la musique de ces australiens sans cesse en quête d’exploration et de mise en danger. On ne va pas vous faire croire qu’on a détecté un apport considérable grâce à l’ajout de cet instrument peu commun, on peut en revanche vous assurer que le programme de ce Flying Microtonal Banana est des plus variés. Et des plus trippants. Le bon gros single “Rattlesnake” ouvre le bal de façon sacrément jouissive avec ses boucles infinies façon kraut sous taurine. On est tenté de laisser le doigt sur la touche repeat. Mais ce serait dommage de se priver du reste. Les titres s’étirent, des tiroirs s’ouvrent un peu partout, remplis d’idées aussi brillantes que saugrenues. A retenir parmi les démonstrations les plus éclatantes de ce psychédélisme foutraque savamment maîtrisé  : “Melting” et ses synthés 60s hallucinés qui tourbillonent avec les voix, “Sleep Drifter” qui invite un harmonica à la fête. Ou l’excellent “Billabong Valley” et sa touche ethnique apportée par un zorna (une trompette turque) railleur. Une touche ethnique bienvenue et très présente tout du long, comme si les australiens étaient allés à la rencontre des touaregs. Façon Page et Plant, il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine… Tout n’est pas issu du même moule, certains morceaux se révélant plus anecdotiques, mais l’impression d’ensemble est d’avoir affaire à un groupe sans frein, qui s’éclate et régulièrement nous éclate aussi. A défaut de nous pondre l’album ultime de leur discographie, les australiens continuent de sortir à leur rythme effréné des disques bien au-dessus de la moyenne. Ne reste plus qu’à confirmer ça avec...

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King Gizzard & The Lizard Wizard – Paper Mâché Dream Balloon (ATO)

King Gizzard & The Lizard Wizard – Paper Mâché Dream Balloon (ATO)

Stu McKenzie nous l’avait assuré mais on avait du mal à le croire : oubliés la fuzz et les longs jams, le prochain King Gizzard & The Lizard Wizard  serait un disque entièrement acoustique. Et bien c’était vrai dis donc ! Du changement au programme donc mais une constante tout de même : King Gizzard a non seulement du mal à ne pas sortir un disque tous les 3 mois, mais aussi à vivre avec son temps, eux qui semblent définitivement bloqués dans leur trip 60s. Paper Mâché Dream Balloon est donc une succession de morceaux perchés très haut, pas prise de tête pour un sou, une sorte d’hymne à la glandouille, le nez dans les pâquerettes. Glissement des doigts sur les cordes, lutins qui jouent de la flûte, choeurs frôlant le niais… Ah ces hippies, rien à faire ils vivent dans un monde merveilleux, bien à l’abri des atrocités qui nous entourent. Ce qu’il y a de chouette c’est qu’au travers de ces 12 chansons (pour le coup le terme est on ne peut plus approprié), ils nous refilent à nous aussi ce sentiment de légèreté absolue, cette douce euphorie, où il ne s’agit que de se laisser aller. C’est le cas notamment de « Sense », délicate et sensuelle ballade folk aux accents jazzy. Stu nous chuchote à l’oreille des paroles rassurantes, on est bien. D’autres mélodies et refrains bien troussés se démarquent (« Bone », « Paper Mâché Dream Balloon »), « The Bitter Boogie » arpente gaiement les terres blues (avec des réminiscences évidentes du fameux « On The Road Again » de Canned Heat), quand « Trapdoor » obtient haut la main la palme du plus gros délire de l’album (et aussi une des réussites les plus éclatantes). Malgré tout, il faut bien reconnaître que plus on avance, plus on a l’impression de faire une balade en famille à Disneyland. Et à la longue on a un peu envie d’envoyer paître Mickey et sa bande, qui nous toisent comme si on était de gros débiles, et les finir à coups de latte (pardon, c’est mes racines métalleuses qui ressortent, je vais prendre un cacheton). Cet excès d’animosité est sans doute dû à la fin d’album, clairement moins réjouissante. Néanmoins, à l’heure où le mot peur est sur toutes les lèvres, la psychose dans tous les esprits, cette grosse bouffée d’oxygène, sans prétention aucune, au royaume de l’insouciance, paraît bien opportune.  ...

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King Gizzard & The Lizard Wizard ne ralentit pas la cadence

King Gizzard & The Lizard Wizard ne ralentit pas la cadence

                      Comme son leader Stu MacKenzie nous l’avait annoncé, King Gizzard & The Lizard Wizard est déjà de retour à peine trois mois après Quarters!, leur dernier album concept très réussi. Le successeur se nommera Paper Maché Dream Balloon et sera dans les bacs le 4 novembre grâce au label ATO. Il fera la part belle aux instruments acoustiques à l’image de ce premier titre éponyme....

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