King Gizzard & The Lizard Wizard – Polygondwanaland

King Gizzard & The Lizard Wizard – Polygondwanaland

Plus qu’un mois avant de boucler l’année et l’invraisemblable défi des australiens azimutés (sortir 5 albums en 365 jours) est en passe d’être réussi. Et le plus fou dans tout ça, c’est qu’à l’exception d’un Sketches Of Brunswick East moins exaltant, le résultat est toujours à la hauteur. Ce Polygondwanaland s’accompagne en outre d’un coup marketing brillant : il est offert à tous et chacun en fait ce qu’il veut, y compris le presser lui-même en vinyle si ça lui chante. Décidément les King Gizzard & The Lizard Wizard ont le chic pour faire parler d’eux… Ces gens sont fous c’est évident. Bigrement talentueux aussi, cela va de soi. Alors qu’on est encore en train d’explorer toutes les pièces de l’imposant « Crumbling Castle » (laissez-nous encore deux semaines svp), on constate que ce nouveau disque est tout sauf torché à la va vite et bénéficie au contraire (comme d’hab’) de structures très complexes et perchées (« Deserted Dunes Welcome Weary Feet », la colossale « The Fourth Colour ») qui nous renvoient aux plus grands allumés et ambitieux des 60s (King Crimson, Pink Floyd, Hawkwind…), le tout saupoudré de bourrinage apocalyptique façon Murder Of The Universe et/ou de coolitude absolue (« Polygondwanaland ») façon Quarters! voire Paper Maché Dream Balloon (vous savez quand vous aviez l’impression qu’une bande de lutins a liquidé votre réserve de hash et qu’ils sont en plein trip sous vos yeux. A moins que ce soit l’inverse). Le choix de la facilité ne l’emporte jamais sur celui de la complexité, à l’image de la stupéfiante « Loyalty » qui pourrait se contenter de son intro SF et de sa basse douceureuse mais décide d’inclure d’innombrables birufcations et de finir dans la furie et la bonne humeur. Et si parfois la sérénité le dispute à l’hystérie (« Inner Cell », « Tetrachromancy », « Searching… »), ce disque s’adresse avant tout à ceux que les labyrinthes sonores n’effraient pas et qui apprécient quand la musique se fait excentrique. Bref les King Gizzard ne se sont pas encore complètement réinventés, ils ont simplement de nouveau pioché dans les 92 styles qu’ils maîtrisent et affectionnent. Allez encore un mois à savourer ce disque avant Noël, d’ici là le dernier né de la folle fratrie des 5 rejetons 2017 aura sans doute pointé le bout de son nez. Et encore enfoncé le clou. JL   LIRE L’INTERVIEW DE KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD LIRE LA CHRONIQUE DE MURDER OF THE UNIVERSE LIRE LA CHRONIQUE DE PAPER MACHE DREAM BALLOON LIRE LA CHRONIQUE DE SKETCHES OF BRUNSWICK...

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Deviens le directeur de label de King Gizzard & The Lizard Wizard !

Deviens le directeur de label de King Gizzard & The Lizard Wizard !

  Ces australiens ne font décidément rien que comme personne. Déjà s’appeler King Gizzard & The Lizard Wizard ce n’est pas donné à tout le monde. Sortir des albums à la pelle, tous variés et (presque) tous bons, non plus. En sortir 5 dans l’année ça tient quasiment du miracle. Et pourtant, ils ne sont pas loin d’y parvenir vu que Polygonwanaland, le 4e depuis janvier est désormais disponible. Et plutôt que de sortir un bête disque, le groupe nous propose carrément de le copier nous-mêmes, voire de le presser nous-mêmes si on en a l’envie et les moyens. « L’album est libre et gratuit. Libre d’être téléchargé et si vous le souhaitez, libre d’être copié. On ne vous demandera aucune adresse e-mail, aucune inscription, aucun engagement : GRATUIT. GRATUIT. GRATUIT. Faites-en des disques, faites-en des cassettes. On ne possède pas ce travail, mais vous si. Foncez, partagez et profitez ! » Pour aller plus loin, King Gizzard met également à disposition le mastering DDP dans un dossier .ZIP, sur son site, pour qu’on s’occupe du reste. « Vous avez toujours rêvé de créer votre label ? Foncez ! Employez vos potes, pressez vos vinyles et emballez-les. Nous ne possédons pas cet album, il est à vous. Alors allez-y, partagez-le, et profitez-en. Si vous voulez l’album en cassette, je ne saurais pas trop vous conseiller. Soyez créatifs. On a essayé une fois, mais ça sonnait vraiment comme de la merde. Peut-être avec les fichiers en .WAV. Bye bye »… Evidemment de nombreuses offres existent déjà pour ce disque, à des prix plus ou moins raisonnables… JL Les prochaines dates en France : 27.02 – BATACLAN (PARIS) 01.03 – LE 106 CLUB (ROUEN) 02.03 – LE TRANSBORDEUR (LYON) 03.03 – L’AERONEF (LILLE)   LIRE LA CHRONIQUE DE PAPER MACHE DREAM BALLOON LIRE LA CHRONIQUE DE FLYING MICROTONAL BANANA LIRE LA CHRONIQUE MURDER OF THE UNIVERSE LIRE LA CHRONIQUE DE SKETCHES OF BRUNSWICK EAST LIRE L’INTERVIEW DE KING GIZZARD & THE LIZARD...

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King Gizzard & The Lizard Wizard – Sketches of Brunswick East

King Gizzard & The Lizard Wizard – Sketches of Brunswick East

Pour ma part, j’avais cru que le miracle arriverait. L’engagement de King Gizzard de sortir 5 LP en 2017. J’ai toujours ressenti un telle intelligence chez ces mecs que j’étais certain qu’ils y arriveraient en évitant les pièges. Mais non. Déjà, Murder of the Universe était difficile dans le genre sci-fi apocalyptique et la répétition des gimmicks, les auto-références. ‎Ici, c’est la livraison « jazzy »… Pas grand chose à se mettre sous la dent, tout juste un petit riff orientalisant sur « D-Day » qui m’a fait croire qu’ils allaient bâtir une énorme basilique foutraco-géniale mais non, on est reparti sur de l’easy listening (vais pas me faire des potes). A chaque sursaut, on y croit mais le souffle retombe dans sa routine pépère. A la limite, c’est « sympa à écouter« , ce qui est la pire insulte ! Putain, y avait tellement à faire et ils ont tout pour faire, ils l’ont déjà démontré. Allez, je me refais les 4 premiers titres de I’m In Your Mind, Fuzz et j’attends la suite de 2017. Alors, je sais que King a ses inconditionnels qui trouveront tout génial, je me joindrai à leurs choeurs quand King prendra à nouveau des risques ! Manu Sketches Of Brunswick East by King Gizzard & The Lizard Wizard Lire la chronique de Flying Microtonal Banana Lire la chronique de Paper Mâche Dream Balloon Lire le report de Primavera Porto 2017 Lire l’interview de King Gizzard Lire la chronique de...

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King Gizzard & The Lizard Wizard – Murder Of The Universe

King Gizzard & The Lizard Wizard – Murder Of The Universe

La fin du monde approche ! Ce n’est pas moi ou Paco Rabanne qui l’annonce mais les King Gizzard & The Lizard Wizard en personne. Pour nous en persuader, ils nous livrent le 2e de leurs 5 albums prévus cette année, Murder Of The Universe, aux allures de récit de héroïc fantasy en trois tomes. Et effectivement, il y a de quoi flipper à l’écoute de ces 3 contes terrifiants lus/chantés/hurlés par Stu McKenzie, accompagné de ses habituels comparse chtarbés et d’une narratrice (Leah Senior) qui prend sa tâche très au sérieux. Fuyez jeunes fous, mais avant cela, écoutez ce disque. Le premier récit prend très vite la forme d’une cavalcade effrénée pour s’arracher des griffes de cet abominable « Altered Beast ». Après l’escapade orientale Flying Microtonal Banana moins barge (encore que), King Gizzard nous refait le coup des boucles interminables (relire les chapitres I’m In Your Mind Fuzz et Nonagon Infinity) à base de guitares déchainées, de rythmique hystérique et d’harmonicas hurleurs. La folie qui émane de ces compos est très contagieuse, l’oeuvre est haut perchée et on a envie de soutenir corps et âme Stu qui ne se dégonfle pas face à l’Altered Beast (« I see you/I want to/Seize your brain/I’d like to/Put it in my head »). Mais l’objectif de l’Altered Beast n’est pas de terrasser Stu mais de prendre possession de lui, de rentrer dans son esprit. Et à la fin de cette lutte de tous les instants aussi éprouvante pour lui qu’exaltante pour nos esgourdes, le combat est perdu comme le lui rappelle l’Altered Beast (« You lost your will and your sanity/You certainly lost your humanity/Now it’s your turn to give back to the Earth/May you return to the ground and ossify/It’s time for you to die, die, die »). C’est l’heure du second récit. Nouveau duel fratricide, qui met aux prises cette fois « The Lord Of Lightning » à « The Balrog ». Un nom tiré du Seigneur des Anneaux, auquel on pense fort d’ailleurs dans cette aventure épique face à des forces supérieures. L’ambition des King Gizzard n’a plus de limite, leur son, qui passe sans complexe à la moulinette metal, space rock, et psychédélisme, fracasse tout et efface presque à lui seul leurs précédentes oeuvres déjà protéiformes (malgré des réminiscences en forme de clins d’oeil appuyés à Nonagon Infinity). Après ce raz-de-marée dévastateur, il ne reste plus grand chose sur terre. La narratrice a été balayée et remplacée par une voix robotique pour ce troisième et ultime conte. La voix d’un cyborg du nom de Han-Tyumi (anagrame de Humanity, qui, elle, semble avoir disparu au profit de l’ère technologique). « Digital Black » annonce la couleur, carrément metal. L’heure de l’extermination. On pense alors que King Gizzard va verser...

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Nos Primavera Sound (Porto), 08 au 10/06/2017

Nos Primavera Sound (Porto), 08 au 10/06/2017

Habitué depuis deux ans du formidable TINALS nîmois, j’avais eu l’an passé la riche idée de combiner ce dernier avec la version portugaise de l’ogre Primavera, Nos Primavera Sound. Cette année, cruel dilemme : les rendez-vous de Nîmes et de Porto tombent le même week-end. Motivé par une bande de joyeux lurons et poussé par une furieuse envie de bacalhau, je me laisse de nouveau embarquer dans l’aventure lusitanienne. Le petit frère de l’édition barcelonaise partage l’atout majeur de cette dernière (les trois quarts de sa programmation) tout en voyant tout en plus petit (le lieu, les prix). La programmation a encore une sacré gueule mais manque à mon goût de têtes d’affiches véritablement enthousiasmantes, comparé au festin indie de l’an dernier. A vérifier sur place.   Jeudi 8 juin La première déception (loin d’être imputable à la programmation du festival, évidemment) est l’absence de Grandaddy. RIP Kevin Garcia. Une défection néanmoins compensée in extremis par Arab Strap. Mieux qu’une roue de secours. Le programme du premier jour est beaucoup moins chargé que les caïpirinhas du festival vendues à des prix défiant toute concurrence. On commence (de loin et d’une oreille) par l’artiste portugais Samuel Uria, sorte de Ricky Martin à poils longs enfilant les compos indigentes (ou indigestes c’est selon). Il nous dressera tout de même l’esgourde le temps d’une reprise de « Molly’s Lips » (« de Nirvana et des Vaselines« , enfin surtout des Vaselines, quand même). Cela lui vaudra donc le surnom de Nirvanach (un brin raciste vous en conviendrez). Le niveau s’élève de plusieurs crans avec Cigarettes After Sex, qui avec ses morceaux très ambiants atmosphériques, ne provoquera pas de surexcitation pour tout le monde (plutôt des baillements chez certains) mais a le mérite de proposer une prestation très propre et quelques très beaux instants. On pense parfois à Beach House ou à du Slowdive en plus dépouillé et moins riche en décibels. Une pause clope agréable, donc. Cela étant, c’est typiquement le genre de groupe dont la musique n’est pas très adaptée à une grande scène de festival. Puis vient LE groupe le plus attendu de la journée, Arab Strap, qui d’emblée pue la classe. Les mélodies nous enveloppent, nappes de synthés, violon, arpèges délicieux, les morceaux s’envolent et nous avec. Moffat pourrait être notre pompiste mais sa voix, alternant entre débit désabusé et chant magnétique, nous captive puis nous fait fondre. Son charisme est grand, à la hauteur de la musique d’Arab Strap. Forcément après ça on a le sentiment d’être rassasié, et après avoir subi bien malgré nous Run The Jewels (censé incarner le renouveau du hip hop, LOL), on préfère regagner nos pénates et nous économiser pour les jours à venir. Tant pis donc...

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