David Bowie dévoile “Blackstar”, son premier single

David Bowie dévoile “Blackstar”, son premier single

David Bowie a mis en ligne jeudi à minuit le clip de “Blackstar”, premier extrait de l’album du même nom. Morceau long de 10 minutes, très loin des standards rock, il évolue plutôt dans un univers jazz et expérimental, pouvant rappeler certaines compositions d’Outside. Le clip très étrange, où Bowie apparaît tour à tour dans un rôle d’illuminé puis de prophète dans un univers onirique et lugubre, a été mis en scène par le suédois Johan Renck, réalisateur de la série Panthers dont le générique reprenait justement une courte partie de “Blackstar”. Le 26e album de l’anglais, sortira le 8 janvier prochain, jour de son 69e anniversaire, et quatre ans après The Next Day. JL  ...

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Bärlin – Emerald Sky (Vailloline)

Bärlin – Emerald Sky (Vailloline)

Vous aussi, ça vous énerve cette manie qu’ont les gens à toujours vouloir tout classer dans des cases, à estampiller d’une étiquette forcément réductrice ? En musique c’est pareil, les genres ne suffisant pas, il a fallu créer des sous-genres pour y insérer les groupes afin que l’individu lambda puisse s’y retrouver. A l’écoute de cet Emerald Sky on sourit d’avance aux casse-têtes qu’ont dû éprouver/qu’éprouveront les « classeurs » en chef. Qu’est-ce donc que cette chose-là ? La formation n’est déjà pas des plus banales : une batterie, une basse, une clarinette. Un chant atypique, parfois deux, voire même trois. Semblant s’exprimer dans un langage qui lui est propre. Le nom, Bärlin, renvoie irrémédiablement (et volontairement) à une certaine ville allemande qui a eu (et a toujours) un sacré impact sur le monde de la musique… Les données étant clarifiées (si tant est qu’elles soient clarifiables), que nous dit la musique de Bärlin ? Elle nous invite à fermer les yeux et à nous laisser guider dans un bien mystérieux voyage. Un voyage où la quiétude est toute relative, où les regards interdits se dessinent progressivement sur nos visages, ne comprenant pas bien à quelle sauce on est en train d’être mangé. Serions-nous dans les rades du vieux Berlin ? Pas impossible. A moins que l’on soit dans la peau de ce renard en proie à des menaces indicibles, devant fuir l’obstacle dans cette forêt mystérieuse et intimidante ? Rien n’est moins sûr. Mais l’essentiel est ailleurs. La seule certitude, c’est qu’on est ici face à une musique inclassable (range-moi donc ton étiquette on t’a dit), aussi intrigante que fascinante. On s’y sent constamment sur le qui-vive, comme guidé par de vieux chamans très aguicheurs mais au demeurant très inquiétants. Et cette clarinette ensorceleuse ne nous aide pas à nous détacher de l’emprise. Aie confiance, nous chuchotent-ils. Et ils ont raison. On se doit d’avoir confiance, car l’épopée est unique en son genre. Il est important de rendre justice à cette oeuvre, de ne pas se livrer à une chronique bête et méchante, à citer tel ou tel morceau, pour les sensations qu’il procure, à décrire leur construction. Ne pas chercher à étiqueter, ne pas se mettre en quête d’une éventuelle comparaison hasardeuse, Bärlin suggère une autre lecture, pousse à oublier tous préjugés, à balancer aux orties les a priori. Alors il suffit d’y aller, subir pour mieux appréhender, puis se livrer sans compter. Apprécier Emerald Sky tel qu’il s’offre à nous, dans son intégralité, tout sens en éveil, simplement profiter de cette symphonie occupant un si grand espace, d’une profondeur insoupçonnée.   JL   Emerald Sky by...

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BADBADNOTGOOD & Ghostface Killah – Sour Soul (Lex)

BADBADNOTGOOD & Ghostface Killah – Sour Soul (Lex)

Alors que le Wu-Tang nous a offert fin 2014 un dernier (?) album qu’on a depuis oublié d’écouter, Ghostface Killah revient pour nous prouver ce qu’on sait déjà. Desormais ce sont les productions solo des membres du Wu qui sont réellement dignes d’intérêt. Et notamment les siennes. Lui qui fait montre d’une grande productivité ces derniers temps (son dernier solo, 36 Seasons, est sorti il y a… 3 mois !). The Roots avait montré la voie il y a fort longtemps et fait passer le message. Oui hip hop peut rimer avec vrais musiciens. Ghostface n’étant pas du genre frileux, le voilà qui se lance dans l’aventure avec le trio jazz BADBADNOTGOOD. Un trio bourré de talent et qui n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il s’est d’abord illustré en reprenant Tyler The Creator (dans la vidéo Odd Future Session), lequel, séduit par l’initiative, a ensuite fait beaucoup pour faire grimper leur notoriété. Les voilà désormais bien exposés aux côtés de Ghostface dont on vous épargnera le CV, ça prendrait 3 pages. Il nous faut peu de temps pour être happé par l’univers délicat et raffiné de BADBADNOTGOOD et pour se convaincre qu’ils ont misé sur le bon larron pour mettre des paroles sur leur musique. En seulement 12 morceaux, autre signe d’émancipation par rapport au monde du hip hop et ses 18 titres minimum de rigueur, la collaboration fait mouche. BBNG n’a eu aucun mal à se fondre au format et aux restrictions qu’il impose se contentant surtout d’accompagner, de tisser des ambiances (peu de digressions hormis un solo sur la fin de “Food” et deux morceaux instrumentaux dont un “Stark’s Reality” un peu tristoune). Certains titres nous renvoient aux perles sombres des débuts du Wu (RZA est un féru de vieux samples soul/jazz ne l’oublions pas), il n’est donc guère surprenant que Ghostface s’y sente comme un poisson dans l’eau (“Sour Soul” et la très tubesque “Gunshowers” qu’on pourrait laisser tourner en boucle pendant une heure). Le ton est parfois désabusé quasi désespéré, comme sur la sublime “Street Knowledge” où Ghostface traîne son spleen sur fond de blues lancinant. Mais quand l’ensemble devient plus enlevé voire groovy, le résultat est encore au rendez-vous (“Ray Gun” avec MF Doom). Au final, la leçon est belle : le jazz et son précieux élitisme cohabite à merveille avec le rap, cette musique prétendument réservée au ghetto. Voilà qui devrait donner des idées non seulement à leurs acteurs (qui n’en manquent déjà pas) mais aussi à certains MCs en panne d’inspiration. Encore faut-il faire preuve d’autant de talent ce qui n’est pas à la portée du tout-venant....

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C’mon Tigre – C’mon Tigre (Africantape)

C’mon Tigre – C’mon Tigre (Africantape)

Nous survolons lentement et paisiblement le ciel de “Rabat” quand débute ce voyage peu commun. Atterrissage énergique du côté de la Tunisie où la “Fédération Tunisienne De Football” nous offre dribbles chaloupés, guitares funky et groove irrésistible. Le spectacle est au rendez-vous. Si l’identité des membres de C’mon Tigre demeure mystérieuse, on sait néanmoins que ce collectif éclectique est très ouvert sur le monde et aime intégrer des influences des quatre coins du globe. Étonnant cocktail que ce premier disque osant s’aventurer sur bon nombre de territoires (afrobeat, jazz, funk, world music..) pourvu qu’ils soient hospitaliers. Univers jazzy au spleen doux et reposant (“Fan For A Twenty Years Old Human Being”), voix qui n’agresse pas mais caresse dans le sens du poil (on jurerait entendre Thom Yorke en pleine complainte sur “C’Mon Tigre”), le dépaysement est là, les paysages défilent, la musique enchante. Mais un voyage est fait de sensations fortes et de temps mort bienvenus. Sur “A World Of Wonder”, une Drum&Bass très Amon Tobin nous trimballe dans tous les sens puis le chrono ralentit, la frénésie est vite derrière nous (“December”). Comme un pays aux richesses culturelles aussi subtiles que variées, C’mon Tigre dévoile ses charmes au fil des visites, à mesure que l’on flâne dans ses moindes recoins, ceux qui paraissent moins attractifs de prime abord (“Building Society – The Great Collapse”, “Malta (The Bird And The Bear)”). Même si on aurait aimé davantage de secousses imprévues pour rendre ce périple réellement inoubliable, cette première carte postale envoyée par C’mon Tigre est déjà pleine de promesses....

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Tuatara – Underworld (Sunyata)

Tuatara – Underworld (Sunyata)

Qui aurait cru qu’un jour je me lierais d’amitié avec un tel artiste. Monsieur Barrett Martin, ancien batteur de Screaming Trees et du supergroupe Mad Season, est depuis presque un an mon nouveau correspondant américain. Bien plus palpitant que celui que j’avais pendant l’école primaire… C’est donc avec émotion que j’ai reçu, un mois et demi avant sa sortie, la version digitale d’Underworld, nouvel album de son groupe Tuatara. “I hope you will enjoy it” m’avait-il alors confié. Entre compositions mystiques et tonalités exotiques, les albums de Tuatara sont toujours propices à l’évasion. Proposant d’ordinaire des albums instrumentaux, c’est avec surprise qu’on découvrait sur East of the sun/West of the Moon (double album sorti en 2007, quasiment introuvable en France), des collaborations avec de nombreux chanteurs dont Mark Eitzel, Gary Louris ou Victoria Williams. Les différents timbres de voix s’adaptaient parfaitement à cet univers aux influences venues des quatre coins du monde. L’année suivante, The Here And The Gone se contentait de la voix du poète Coleman Barks. Après un break de six ans, dû notamment à l’avènement du supergroupe Walking Papers, retour aux origines avec un album 100% instrumental. Entouré de ses compagnons de longue date Peter Buck (REM), Justin Harwood (Luna and The Chills) et le saxophoniste Skerik (Critters Buggin), Martin a également convié Mike McCready (Pearl Jam) sur cet album. La bande de copains expérimente et nous propose un disque où l’invitation au voyage est omniprésente. Le premier titre “Calling The Spirits” nous propulse d’emblée dans une ambiance chamanique. On se laisse encercler par les nombreux instruments qui donnent vie à ce morceau et nous suivront tout au long de notre escapade. Percussions de toutes sortes (vibraphones, marimbas, gamelan…) qui ne font que confirmer le côté aventureux de Barrett Martin, saxo enivrant, guitare McCreadienne… Entre mystère et évidence, les 20 titres ne peuvent laisser indifférents. On retrouve des morceaux Jazzy (“Ghosts Of The City”, “The Skeleton Getdown”…), irrésistiblement mystiques (“Lost in Shinjuku”, “At The Crossroad”), flirtant avec l’electro (“Beat Bass Blue”) ou la world music (“The Creeper”, “El Brujo”). Mention spéciale pour les inclassables “She Dreams Of Snow”, “Dueling Shamans” et “Even Demons Fall in Love”. L’enregistrement de ce nouvel album a été réalisé à Seattle, Portland, New York, Santa Fe et Auckland en Nouvelle Zélande. Chacune de ces escales a très certainement contribué au résultat final de ce disque très varié. Le perfectionnisme de Mr Martin, producteur de l’album, est omniprésent. Les instruments les plus classiques cohabitent parfaitement avec d’autres plus inhabituels. La captivante “Descension”, morceau trip hop éthéré, constitue un très bel exemple de ce dosage réussi. Sans fioriture, Underworld est toutefois plein de surprises à tel point qu’à chaque écoute un nouveau morceau se révèle. “The Real of...

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