J Mascis – Elastic Days

J Mascis – Elastic Days

Quand on aime bien se poser des questions à la con et qu’on est amateur de musique comme c’est mon cas, il arrive qu’on se pose la question suivante : Peut-on vraiment faire la critique d’un disque quand on adore l’artiste ? Si vous avez lu quelques-unes de mes chroniques, vous savez sans doute que Dinosaur Jr a une place importante dans mon cœur (voir les discographies partie 1 et 2), et vous vous attendez certainement à ce que je vous fasse l’éloge du dernier album solo de son leader J Mascis. Et bien oui, je trouve ce disque sublime. Pourtant, je vous jure, j’essaie d’être objectif autant que possible. Peut-être que je me mens à moi-même quand j’ai l’impression de trouver ce disque magnifique sans me laisser simplement porter par l’avis que j’ai sur l’artiste en général, mais laissez-moi quand même argumenter. Je pense qu’il y a une différence entre la fanitude aveugle qui annihile tout esprit critique et l’amour sincère pour l’œuvre d’un artiste. Le problème, c’est que si cette différence n’existe pas, je ne m’en rendrai jamais compte. Du coup, j’essaie de me rattacher à des éléments concrets. Pour moi, si on est dans l’adoration aveugle, on aime sans distinction ni recul tout ce que fait l’artiste. Quand on aime tout simplement, on peut hiérarchiser la qualité de certaines œuvres, voire ne pas accrocher à certaines. Or, il y a bien un projet de J Mascis qui m’en touche une sans faire bouger l’autre (Heavy Blanket). Ainsi, quand j’écoute cet Elastic Days et que je le trouve excellent, je brandis ma carte Heavy Blanket pour dire “non, ce n’est pas juste parce que c’est J Mascis“. En même temps, quand on a aimé les deux précédents disques, on n’est pas du tout dépaysé. L’artiste a sa propre patte, à la fois vocale mais aussi mélodique et nous avait déjà prouvé que lâcher les fuzz ne gâchait en rien ses compos. Il explore donc tranquillement sa fibre la plus pop sans oublier de nous pondre quelques tubes. Comme sur Tied To A Star, il accompagne la guitare acoustique de batterie et divers instruments, mais cette fois les solos de guitares qui sont sa marque de fabrique sont également de la partie, il y en a même trois différents sur le premier single “See You At The Movies”. Cependant, si certains passages pourraient évoquer des morceaux de Dinosaur Jr (le changement de rythme sur “Sometimes” ou “Wanted You Around”, par exemple), le disque se différencie en faisant planer les fantômes de Nick Drake ou Elliott Smith (sur l’excellente “Cut Stranger”, notamment). Et cette fois encore, on a un bon paquet de mélodies à craquer qu’on risque de s’écouter...

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J Mascis annonce Elastic Days et partage un premier single

J Mascis annonce Elastic Days et partage un premier single

J Mascis vient d’annoncer la sortie prochaine de son nouvel album solo, Elastic Days, pour le 9 novembre, 4 ans après l’excellent Tied To A Star et deux ans après le dernier Dinosaur Jr, Give A Glimpse Of What Yer Not. Et voici “See You At The Movies”, un premier single tout à fait dans la veine de Tied To A Star et du précédent Several Shades Of Why. A noter que J Mascis enchainera dans la foulée avec une grande tournée nord-américaine jusqu’à mi décembre. A voir s’il nous fera le plaisir d’une petite visite en 2019… Jonathan Lopez   LIRE LA CHRONIQUE DE GIVE A GLIMPSE OF WHAT YER NOT LIRE LA CHRONIQUE DE I BET ON SKY LIRE LA DISCOGRAPHIE (PARTIE 1) DE DINOSAUR JR LIRE LA DISCOGRAPHIE (PARTIE 2) DE DINOSAUR...

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Sweet Apple – Sing The Night In Sorrow

Sweet Apple – Sing The Night In Sorrow

On va faire simple et concis, et la musique de Sweet Apple s’y prête bien. Il y a des moments comme ça où on a l’impression que tout se met en place pour nous plaire. En l’occurrence, en bon fan obsessionnel de Dinosaur Jr, tout projet qui inclut J Mascis aura toujours mon attention. Si on y rajoute le bassiste de Witch, je suis encore plus attentif. Si on y met en plus deux membres, dont le chanteur/guitariste/compositeur de Cobra Verde, groupe que j’apprécie plutôt pas mal si on se réfère à mon bac d’occaz (et qui sert occasionnellement de backing band à Guided By Voices, dont la réputation est plus qu’honorable), alors le projet a d’office tout mon respect. On en était là en 2010 avec la sortie de leur premier disque. En 2014, The Golden Age Of Glitter rajoutait à ça Mark Lanegan et J Mascis lâchait les fûts pour un solo de guitare par-ci par-là sur quelques morceaux. Belles cerises sur le gâteau. Pour un disque qui rendait hommage, sans se prendre trop au sérieux, au hard-glam des années 70, on pouvait juste regretter que l’ensemble évoque si peu Alice Cooper, alors même que le groupe avait repris “Elected” sur un single. C’est chose faite : Sing The Night In Sorrow reprend la formule Cobra Verde+Witch+Lanegan+solos de Mascis+Robert Pollard et y rajoute un côté Alice Cooper indéniable sur pas mal de titres (“World, I’m Gonna Leave You”, “You Don’t Belong To Me”, “She Wants To Run” ou “Thank You” en tête), quelques ballades indés (“A Girl And A Gun”, “Crying In The Clouds”, “Summer’s Gone”), un morceau qui reprend le titre du disque dans un final mémorable (“Candles In The Sun”) et une intro sur laquelle on pourrait limite trouver du Queens Of The Stone Age des débuts (“(My Head Is Stuck In The) Traffic”). Bref, autant de choses que j’adore sur un seul album, c’était clairement noël en juillet ! BCG   LIRE LA DISCOGRAPHIE PART 1 DE DINOSAUR JR LIRE LA DISCOGRAPHIE PART 2 DE DINOSAUR JR LIRE LA CHRONIQUE DE WITCH – WITCH LIRE LA CHRONIQUE DE J MASCIS – TIED TO A STAR LIRE L’INTERVIEW DE MARK...

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Dinosaur Jr. – Give A Glimpse Of What Yer Not (Jagjaguwar/PIAS)

Dinosaur Jr. – Give A Glimpse Of What Yer Not (Jagjaguwar/PIAS)

Je finis par accepter que Dinosaur Jr. ne fera jamais l’unanimité. Dans les années 80, malgré le grand enthousiasme des papes du rock indé Sonic Youth à leur égard, leur succès reste limité et on retiendra beaucoup plus des groupes anglais plus hype, plus exposés mais nettement moins originaux. Dans les années 90, le succès revient majoritairement à des groupes de Seattle plus mainstream qui leurs doivent pourtant beaucoup. Lors de leur retour inattendu il y a déjà plus de dix ans, seul un petit noyau de fans s’emballe à la hauteur de l’évènement, et rend honneur à leurs excellents disques de come-back, quand la presse musicale semble à peu près unanimement s’en foutre. Aujourd’hui, alors que le groupe bénéficie d’un intérêt médiatique plus grand que dans tout le reste de sa carrière et que le public semble enfin prêter l’oreille, ce sont les fans qui viennent dire qu’au final, leurs nouveaux disques ne sont peut-être pas si bons que ça. Chienne de vie… Du coup, je vous la fais courte : personnellement, j’adore ce disque. Visiblement, on n’est pas si nombreux, et je le comprends : commencer par “Goin Down” et “Tiny”, les deux morceaux les plus classiques (dans le sens dinosaurjrien du terme) et pop est un peu déroutant. La dernière fois que les deux singles potentiels avaient ouvert l’album, c’était sur Without A Sound, et le disque n’avait pas franchement marqué les esprits. Pire, il faudrait une sacrée dose de mauvaise foi pour trouver ces deux “tubes” du niveau de “Feel The Pain” ou “Little Fury Things”, par exemple. Et je sais de quoi je parle, je suis moi-même expert en la matière. Le problème, c’est que derrière ça, il n’y a pas vraiment de titres aussi directement accrocheurs, à l’exception de ceux de Lou Barlow, mais là, ça ne compte pas, c’est presque comme si on parlait d’un autre groupe. Soit, ça parait mal parti. Cependant, quand on écoute avec plus d’attention, on se rend compte que ces deux premiers morceaux, aussi sympas soient-ils (parce que, bon, ils sont quand même cool), sont peut-être les moins intéressants du disque. On leur préfèrera “Be A Part” et ses vrais airs de Neil Young, “I Walk For Miles”, limite hard rock, et surtout “Knocked Around” qui atteint des sommets lorsque cette chanson calme tout en falsetto se transforme en morceau rock avec une batterie bien centrée sur les toms et une ligne de chant addictive. Peut-être un des meilleurs morceaux de Dinosaur. Alors oui, ce n’est pas aussi grandiose que You’re Living All Over Me, mais à quoi bon juger toujours les groupes à l’aune de leur chef-d’œuvre absolu ? En toute bonne foi, autant que possible,...

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Witch – Witch (Tee Pee)

Witch – Witch (Tee Pee)

2006 : Je vois Dinosaur Jr en concert pour la première fois avec leur line-up originel. Je prends une des claques musicales de ma vie, et je deviens vite accro à leur discographie. Je me rue sur leur nouveaux albums quand ils sortent et je vais les voir dès que je peux, je tombe également vite en manque car ils ne passent pas près de chez moi et ne sortent pas d’albums aussi vite que mon envie de les voir ne revient. Je pars donc à la découverte de leurs side-projects. Je tombe sur ce disque, simplement intitulé Witch avec cet autocollant qui me refroidit immédiatement “le nouveau projet stoner/doom metal de J Mascis“. J’ignore ce qu’est exactement le “stoner/doom metal”, mais allergique au metal extrême et circonspect sur le stoner en dehors de Kyuss, je laisse celui-ci de côté, déjà bien occupé à explorer les albums de Sebadoh. 2008 : Depuis l’été dernier (une malheureuse date au Rock En Seine), Dinosaur Jr n’est pas repassé en France, et leur tournée ne prévoit aucune étape dans l’hexagone. Je suis en manque sévère, au point de faire le déplacement jusqu’à Cologne pour les revoir. Cependant, j’apprends que J Mascis passe en France à l’automne pour son side-project Witch. Son truc de “doom metal”. Bon, je vais quand même y jeter une oreille. Depuis 2006, ils ont sorti un nouvel album, d’où la tournée, mais je me tourne directement vers celui que j’avais boudé deux ans auparavant, avec une légère appréhension. Je le mets dans ma platine et je serre les dents. Et là, je maudis purement et simplement les étiquettes, car ce disque est une tuerie. “Ah, ok, donc “stoner/doom metal”, ça veut juste dire du Black Sabbath !” me dis-je. Petite nuance, qui a dû leur valoir le terme de stoner, le son est propre et moderne, avec une chouette fuzz bien mise en avant. J’ai lu je ne sais plus où que les groupes du désert à l’origine du mouvement stoner cherchaient à reproduire le son de Black Sabbath, et je pense qu’aucun n’en a été aussi proche que Witch. Bon, on va évacuer d’emblée la critique la plus évidente. Ce groupe n’a rien inventé. Certes. Je ne suis pas le dernier à être frustré à l’écoute d’un nouveau disque en me disant “oui, c’est sympa, mais ça ressemble beaucoup trop à tel ou tel groupe.” Je fais cette critique régulièrement, et ça m’a gâché plusieurs écoutes, occulter ce point chez Witch serait hypocrite de ma part. Sauf que pour une fois, je l’écarte assez facilement en constatant que certes, Witch fait purement et simplement du Black Sabbath sur son premier album, mais en mieux. Attention, je ne dis...

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