Sweet Apple – Sing The Night In Sorrow

Sweet Apple – Sing The Night In Sorrow

On va faire simple et concis, et la musique de Sweet Apple s’y prête bien. Il y a des moments comme ça où on a l’impression que tout se met en place pour nous plaire. En l’occurrence, en bon fan obsessionnel de Dinosaur Jr, tout projet qui inclut J Mascis aura toujours mon attention. Si on y rajoute le bassiste de Witch, je suis encore plus attentif. Si on y met en plus deux membres, dont le chanteur/guitariste/compositeur de Cobra Verde, groupe que j’apprécie plutôt pas mal si on se réfère à mon bac d’occaz (et qui sert occasionnellement de backing band à Guided By Voices, dont la réputation est plus qu’honorable), alors le projet a d’office tout mon respect. On en était là en 2010 avec la sortie de leur premier disque. En 2014, The Golden Age Of Glitter rajoutait à ça Mark Lanegan et J Mascis lâchait les fûts pour un solo de guitare par-ci par-là sur quelques morceaux. Belles cerises sur le gâteau. Pour un disque qui rendait hommage, sans se prendre trop au sérieux, au hard-glam des années 70, on pouvait juste regretter que l’ensemble évoque si peu Alice Cooper, alors même que le groupe avait repris “Elected” sur un single. C’est chose faite : Sing The Night In Sorrow reprend la formule Cobra Verde+Witch+Lanegan+solos de Mascis+Robert Pollard et y rajoute un côté Alice Cooper indéniable sur pas mal de titres (“World, I’m Gonna Leave You”, “You Don’t Belong To Me”, “She Wants To Run” ou “Thank You” en tête), quelques ballades indés (“A Girl And A Gun”, “Crying In The Clouds”, “Summer’s Gone”), un morceau qui reprend le titre du disque dans un final mémorable (“Candles In The Sun”) et une intro sur laquelle on pourrait limite trouver du Queens Of The Stone Age des débuts (“(My Head Is Stuck In The) Traffic”). Bref, autant de choses que j’adore sur un seul album, c’était clairement noël en juillet ! BCG   LIRE LA DISCOGRAPHIE PART 1 DE DINOSAUR JR LIRE LA DISCOGRAPHIE PART 2 DE DINOSAUR JR LIRE LA CHRONIQUE DE WITCH – WITCH LIRE LA CHRONIQUE DE J MASCIS – TIED TO A STAR LIRE L’INTERVIEW DE MARK...

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Dinosaur Jr. – Give A Glimpse Of What Yer Not (Jagjaguwar/PIAS)

Dinosaur Jr. – Give A Glimpse Of What Yer Not (Jagjaguwar/PIAS)

Je finis par accepter que Dinosaur Jr. ne fera jamais l’unanimité. Dans les années 80, malgré le grand enthousiasme des papes du rock indé Sonic Youth à leur égard, leur succès reste limité et on retiendra beaucoup plus des groupes anglais plus hype, plus exposés mais nettement moins originaux. Dans les années 90, le succès revient majoritairement à des groupes de Seattle plus mainstream qui leurs doivent pourtant beaucoup. Lors de leur retour inattendu il y a déjà plus de dix ans, seul un petit noyau de fans s’emballe à la hauteur de l’évènement, et rend honneur à leurs excellents disques de come-back, quand la presse musicale semble à peu près unanimement s’en foutre. Aujourd’hui, alors que le groupe bénéficie d’un intérêt médiatique plus grand que dans tout le reste de sa carrière et que le public semble enfin prêter l’oreille, ce sont les fans qui viennent dire qu’au final, leurs nouveaux disques ne sont peut-être pas si bons que ça. Chienne de vie… Du coup, je vous la fais courte : personnellement, j’adore ce disque. Visiblement, on n’est pas si nombreux, et je le comprends : commencer par “Goin Down” et “Tiny”, les deux morceaux les plus classiques (dans le sens dinosaurjrien du terme) et pop est un peu déroutant. La dernière fois que les deux singles potentiels avaient ouvert l’album, c’était sur Without A Sound, et le disque n’avait pas franchement marqué les esprits. Pire, il faudrait une sacrée dose de mauvaise foi pour trouver ces deux “tubes” du niveau de “Feel The Pain” ou “Little Fury Things”, par exemple. Et je sais de quoi je parle, je suis moi-même expert en la matière. Le problème, c’est que derrière ça, il n’y a pas vraiment de titres aussi directement accrocheurs, à l’exception de ceux de Lou Barlow, mais là, ça ne compte pas, c’est presque comme si on parlait d’un autre groupe. Soit, ça parait mal parti. Cependant, quand on écoute avec plus d’attention, on se rend compte que ces deux premiers morceaux, aussi sympas soient-ils (parce que, bon, ils sont quand même cool), sont peut-être les moins intéressants du disque. On leur préfèrera “Be A Part” et ses vrais airs de Neil Young, “I Walk For Miles”, limite hard rock, et surtout “Knocked Around” qui atteint des sommets lorsque cette chanson calme tout en falsetto se transforme en morceau rock avec une batterie bien centrée sur les toms et une ligne de chant addictive. Peut-être un des meilleurs morceaux de Dinosaur. Alors oui, ce n’est pas aussi grandiose que You’re Living All Over Me, mais à quoi bon juger toujours les groupes à l’aune de leur chef-d’œuvre absolu ? En toute bonne foi, autant que possible,...

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Witch – Witch (Tee Pee)

Witch – Witch (Tee Pee)

2006 : Je vois Dinosaur Jr en concert pour la première fois avec leur line-up originel. Je prends une des claques musicales de ma vie, et je deviens vite accro à leur discographie. Je me rue sur leur nouveaux albums quand ils sortent et je vais les voir dès que je peux, je tombe également vite en manque car ils ne passent pas près de chez moi et ne sortent pas d’albums aussi vite que mon envie de les voir ne revient. Je pars donc à la découverte de leurs side-projects. Je tombe sur ce disque, simplement intitulé Witch avec cet autocollant qui me refroidit immédiatement “le nouveau projet stoner/doom metal de J Mascis“. J’ignore ce qu’est exactement le “stoner/doom metal”, mais allergique au metal extrême et circonspect sur le stoner en dehors de Kyuss, je laisse celui-ci de côté, déjà bien occupé à explorer les albums de Sebadoh. 2008 : Depuis l’été dernier (une malheureuse date au Rock En Seine), Dinosaur Jr n’est pas repassé en France, et leur tournée ne prévoit aucune étape dans l’hexagone. Je suis en manque sévère, au point de faire le déplacement jusqu’à Cologne pour les revoir. Cependant, j’apprends que J Mascis passe en France à l’automne pour son side-project Witch. Son truc de “doom metal”. Bon, je vais quand même y jeter une oreille. Depuis 2006, ils ont sorti un nouvel album, d’où la tournée, mais je me tourne directement vers celui que j’avais boudé deux ans auparavant, avec une légère appréhension. Je le mets dans ma platine et je serre les dents. Et là, je maudis purement et simplement les étiquettes, car ce disque est une tuerie. “Ah, ok, donc “stoner/doom metal”, ça veut juste dire du Black Sabbath !” me dis-je. Petite nuance, qui a dû leur valoir le terme de stoner, le son est propre et moderne, avec une chouette fuzz bien mise en avant. J’ai lu je ne sais plus où que les groupes du désert à l’origine du mouvement stoner cherchaient à reproduire le son de Black Sabbath, et je pense qu’aucun n’en a été aussi proche que Witch. Bon, on va évacuer d’emblée la critique la plus évidente. Ce groupe n’a rien inventé. Certes. Je ne suis pas le dernier à être frustré à l’écoute d’un nouveau disque en me disant “oui, c’est sympa, mais ça ressemble beaucoup trop à tel ou tel groupe.” Je fais cette critique régulièrement, et ça m’a gâché plusieurs écoutes, occulter ce point chez Witch serait hypocrite de ma part. Sauf que pour une fois, je l’écarte assez facilement en constatant que certes, Witch fait purement et simplement du Black Sabbath sur son premier album, mais en mieux. Attention, je ne dis...

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Dinosaur Jr. – Discographie (2ème partie : 1989 – 1997)

Dinosaur Jr. – Discographie (2ème partie : 1989 – 1997)

  Cherchez Lou, garçons   Quand nous avions laissé Dinosaur Jr., en 1989, c’était après une tournée éreintante pour leur troisième album Bug, et sans bassiste, puisque Lou Barlow et J Mascis semblaient irréconciliables. Pourtant, nulle envie pour Mascis et Murph de baisser les bras ; la musique est bonne, comme dirait Jean-Jacques Goldman, et le leader de Dinosaur qui commence enfin à vivre de sa musique ne se voit pas vraiment abandonner ses projets pour redevenir pompiste, le seul boulot qu’il n’ait jamais eu à côté. Il ne se voit pas non plus devenir musicien studio ou rejoindre le groupe d’un autre, comme lui aurait proposé un petit jeune de Seattle dont le groupe prend de l’ampleur, un certain Kurt Cobain. L’anecdote a été citée par Thurston Moore, alors que Mascis explique à Cobain qu’il pense à l’ex-Melvin Donna Dresch pour prendre la suite de Lou dans Dinosaur, le leader de Nirvana lui aurait sérieusement répondu “elle craint, viens plutôt nous rejoindre à la place !” Il reste donc à trouver un nouveau bassiste, et c’est d’abord la miss qui s’y colle pour une tournée océanienne. La tournée se passe bien, musicalement et humainement, mais il manque quelque chose. À la fin, ils décident mutuellement d’en rester là. Ensuite, vient le tour de Van Conner, bassiste des Screaming Trees. La tournée se passe bien, musicalement et humainement, mais il manque quelque chose. À la fin, ils décident mutuellement d’en rester là. Plutôt que d’écumer l’ensemble des groupes cultes de la région de Seattle, Mascis tente une nouvelle formation avec Don Fleming en deuxième guitare et Jay Spiegel en renfort à la batterie et aux percussions, Mascis s’occupant lui-même de la basse en plus de la guitare. Cette mouture fantaisiste ne fera pas long feu mais aura quand même le temps de sortir l’excellent single “The Wagon” chez Sub Pop en 1990. Pour expliquer ces errances, Murph se contentera de dire “on cherchait encore Lou, et évidemment on ne le trouvait pas, car il n’y a qu’un seul Lou”. C’est à ce moment-là que J Mascis rencontre celui qui sera son alter-ego sur toute la durée des années 90 : Mike Johnson.   L’année où le punk a explosé Au départ guitariste, surtout connu pour sa participation sur le premier album solo de son ami Mark Lanegan, Mike Johnson rencontre J par le biais d’amies communes. Et si celui-ci n’est pas réputé pour ses compétences sociales, l’accroche entre les deux est rapide et forte. Mascis, qui l’apprécie en tant que guitariste, finira par lui mettre une basse entre les mains en lui demandant de rejoindre le groupe pour la tournée de son nouvel album. Car entre “The Wagon” et...

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Dinosaur Jr : un titre et une pochette pour le nouvel album

Dinosaur Jr : un titre et une pochette pour le nouvel album

C’est le site freakscene.net qui a repéré la bonne nouvelle. Sur la version anglaise d’Amazon, un prochain album de Dinosaur Jr appelé Give a Glimpse of What Yer Not et accompagné de l’artwork ci-dessus est en pré-commande. Livraison prévue le 5 août*. Après vous en déduisez ce que vous voulez mais nous on croit avoir compris… JL *Depuis il est écrit 31 décembre, sans doute pour rattraper le...

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