Interview – LANE

Interview – LANE

Deux fratries : Belin et Sourice. Deux groupes angevins emblématiques, pour ne pas dire mythique en ce qui concerne le second : Daria et Les Thugs. Et un nouveau supergroupe issu de cette rencontre : LANE. Pour Love And Noise Experiment. En quatre petits titres, le premier EP, Teaching Not To Pray, nous replonge immédiatement dans l’époque bénie des années 90 et nous fait déjà trépigner en attendant l’album. Alors on s’est dit qu’une conversation skype avec deux des têtes pensantes de LANE ne serait pas du luxe pour patienter. Dès l’élimination des Allemands en coupe du monde actée, Etienne Belin, l’un des trois guitaristes (!) du groupe, et le bassiste Pierre-Yves Sourice (appelez-le « Piwaï ») apparaissent dans ma webcam. Entretien avec un jeune groupe très expérimenté.   “Il y a eu un gros creux de la vague. Entre 2000 et 2010, fallait pas avoir un groupe de rock. Ces dernières années, les choses se sont simplifiées, fluidifiées. On remplit pas les stades, mais c’est plus agréable d’être artisan d’un groupe de ce genre-là.” Vous êtes tous les deux à la base du projet LANE. PY j’imagine qu’avec Les Thugs, on vous a proposé 250 fois de vous reformer. Qu’est ce qui fait que l’an dernier, vous vous êtes dit « montons un groupe ! » ? Pierre-Yves Sourice (basse) : Le pognon ! (Rires) Effectivement on nous a souvent proposés de nous reformer avec Les Thugs. On l’a fait en 2008, pour aller jouer aux Etats-Unis notamment. Mais c’était clair pour nous qu’après c’était fini de chez fini. Ça suffisait. Si dix ans après on a eu envie de recommencer un truc, c’est dû aux rencontres, au fait de voir les groupes sur scène et de se dire « c’est ce que j’ai envie de faire ». En même temps, j’ai toujours continué à jouer de la guitare chez moi, enregistrer des conneries et à me dire « c’est quand même couillon d’avoir ça sur un ordi et de pas jouer ». Et puis j’avais pas envie de jouer le samedi après-midi, de faire de la musique comme si j’allais jouer au foot. À partir du moment où je commence un truc, j’ai envie que ça devienne sérieux et comme je suis un grand fan de Daria depuis très longtemps, de lui (il se tourne vers Etienne) et son jeu de guitare, on s’est dit « est-ce qu’on n’essaierait pas de faire des morceaux ensemble ? ». Vous aviez d’ailleurs déjà fait une date ensemble. Etienne Belin (guitare) : Oui, exact en 2008 à la Maroquinerie (Paris) lors de la reformation des Thugs. Pour ce qui est de la formation de LANE, on avait dû discuter de ça en buvant un coup et en mangeant de la...

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Interview – Peter Kernel

Interview – Peter Kernel

Difficile de ne pas éprouver de sympathie à l’égard du duo helvético-canadien qui forme Peter Kernel. Barbara Lehnhoff et Aris Bassetti sont de fervents adeptes du DIY, se révèlent aimables, affables, drôles et, accessoirement, ils viennent de livrer un excellent 4e album, bien moins immédiat que ses prédécesseurs mais qui s’offre aux plus méritants. Exit les tubes incendiaires, The Size Of The Night se révèle progressivement, dévoilant moult nuances et richesses enfouis derrière des arrangements plus poussés que jamais. Un prolongement logique de la parenthèse Peter Kernel & Their Wicked Orchestra, finalement. De retour sur les routes françaises pour prouver à tous que ce disque se défend très bien sur scène, Peter Kernel faisait un petit crochet par la capitale mi avril. Pas question de les rater… Même quand leur van tombe en rade, ils ne se pointent qu’avec 10 petites minutes de retard au rendez-vous sur la terrasse du Point Éphémère. Malgré un amour certain pour les « idées stupides », Peter Kernel fait les choses avec sérieux et application. Y compris répondre aux questions sous un soleil de plomb alors qu’on avait presque oublié son existence à Paris.   “On est dans les bouchons, on n’avance pas et on commence à faire ‘tadadadidadada’ et on enregistre cette idée stupide et on va en studio, on commence à improviser sur ça. Mais c’est vraiment des idées stupides !”   Désolé de commencer par un sujet pas très joyeux… L’enregistrement du dernier album a été marqué par le décès de votre ingé son de toujours, qui était également un ami proche. Qu’est-ce que ça a changé pour vous ? Vous avez songé à laisser tomber ou du moins à mettre un peu en stand-by l’enregistrement de l’album ? Aris : Oui, quand il est décédé, on a fait une pause. On s’est arrêté pendant deux semaines parce qu’on n’arrivait pas à imaginer comment continuer. On ne savait pas quoi faire… Barbara : À ce moment-là on jouait beaucoup avec l’orchestre, donc c’était bien d’avoir des gens autour de nous. Aris : Après on s’est dit qu’on pouvait essayer d’enregistrer. On se souvenait des conseils de notre ami Andrea. On a acheté des micros, du matériel et on a commencé à essayer… Et à la fin on a découvert que l’enregistrement c’était un peu comme un autre instrument. On s’est appuyé sur beaucoup de possibilités lors de l’enregistrement, on a essayé des choses. Refaire, couper, changer… On était libre de faire ce qu’on voulait, on n’avait pas de limites d’argent dans un studio. Pas de limites, et ça c’était cool. On a découvert une nouvelle façon d’écrire et d’enregistrer de la musique. Barbara : Oui on a beaucoup changé le process qu’on utilisait auparavant...

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5 chansons, 5 disques par J.C. Satàn

5 chansons, 5 disques par J.C. Satàn

Changement de bassiste ou pas, certaines choses sont immuables. J.C. Satàn t’en met toujours plein la tronche sur scène. Et les nouveaux morceaux du fraichement sorti Centaur Desire, font le poids avec les hymnes (le mot est lâché) précédents. Avant cette nouvelle démonstration de force à La Clef (St-Germain) où ils partageaient l’affiche avec Jessica93, on a parlé autour d’une bouteille de Jack de 5 chansons de J.C. Satàn puis de 5 albums de leur choix. Et on a disgressé. Beaucoup. C’est bien parfois de disgresser. 1 – Loin De Moi (Satan EP, 2010) C’est le seul écrit en français. Parce que c’est hyper chaud d’écrire en Français ? Arthur (guitare, chant) : parce qu’elle était italienne et ne parlait pas encore aussi bien le français que maintenant. C’était vachement plus charmant je trouve, son texte est vachement plus touchant dit comme elle le dit que n’importe quel français qui l’aurait écrit comme un français. Paula (chanteuse) : c’est trop gentil. C’est toujours plus compliqué de trouver de la musicalité dans le français. C’est pas un obstacle qui s’est présenté par la suite ? Arthur : j’aime pas comment les français utilisent la langue dans la musique, sauf dans certains styles où ça marche. Je trouve qu’un étranger est beaucoup plus touchant. Paula : c’était vraiment un des premiers morceaux qu’on a faits, peut-être le 2 ou 3e. On savait même pas que c’était un groupe, on faisait juste des choses pour rigoler. Et je parlais encore plus mal le français parce que j’habitais pas encore en France. Vous étiez que tous les deux à la base ? Paula : quand on a fait les tout premiers morceaux, oui. Le but n’était pas de faire un groupe, c’était juste pour s’amuser entre potes. Lui avait déjà de la musique enregistrée, il savait pas quoi faire avec. Il m’a demandé de chanter dessus. (A Arthur) Même pour toi c’était difficile de chanter en français. Arthur : oui, tu te rappelles ! C’était hyper dur. Moi quand je chantais ses textes, j’avais envie de faire les mêmes fautes de français pour se détacher. Le français c’est une langue qui se regarde écrire, parler, qui s’écoute beaucoup parler. Il y a une vraie poétique dans l’écriture du français. Romain (batterie) : en anglais, tu chantes beaucoup plus du nez et en français c’est beaucoup plus dans les basses. Du coup en termes de fréquence, c’est pas du tout facile à mixer. Dorian (claviers) : ça ressort moins. Arthur : le français a souvent été mieux utilisé par les belges. Ça se déclame, y a une écriture dans la métrique, la façon de placer les mots. Il y a des accents en anglais...

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Interview – Shame

Interview – Shame

Shame, nouveau phénomène post punk venu d’outre Manche, vient de sortir Songs Of Praise, un premier album qui confirme tous les espoirs placés en lui. Fin novembre, la veille de leur premier concert en tête d’affiche à Paris (au Point Ephémère), nous avons eu la chance de pouvoir les interviewer. Les deux Charlie et Josh sirotent un verre de vin, il est environ 6h de l’après-midi. On se joint à eux pour un verre. Interview avec un des jeunes gens qui savent où ils vont et ne perdent pas de temps pour s’y rendre.   “L’album est très différent et contradictoire de ce que notre nom laisse supposer. On pourrait croire qu’on fait de l’emo-heavy metal, on essaie de créer un peu de détachement et d’humour.”   Salut les gars, c’est cool de vous rencontrer et merci pour le vin ! Charlie Steen (voix) / Josh (basse) / Charlie Forbes (batterie) : à la tienne !   Ça fait trois ans que vous avez commencé à jouer et tout semble s’être débloqué en 2017. Une année incroyable pour vous ! Charlie Steen : oui on n’a pas arrêté cette année. On a fait 47 festivals cet été mais on a aussi trouvé notre producteur et on a pu sortir des singles (“Concrete”, “Visa Vulture” et “One Rizla”, ndr). On n’a pas arrêté de bosser, avec la sortie de notre album qui arrive. On espère que ça va se poursuivre avec l’album l’année prochaine et revenir dans certaines salles où on a jouées. Josh : on a eu une progression graduelle. On a commencé il y a trois ans et on n’a rien sorti avant l’an dernier… Donc oui cette année 2017 a été un peu folle.   Cet été, j’ai dû vous voir au moins 4 fois et je me disais “ces 5 gamins ont tant de passion et d’excitation sur scène, ce n’est pas si courant de nos jours.” J’imagine que vous n’êtes pas seulement un groupe mais aussi une famille, je me trompe ? Charlie Steen : on se connait depuis qu’on est gosses, on était tous à l’école ensemble… Josh : des racines profondes. Charlie Steen : oui, beaucoup trop profondes ! Le groupe s’est formé de façon très naturelle et n’a jamais été quelque chose de programmé. On se connaissait depuis longtemps et au bout d’un moment on a décidé de commencer un groupe. Kiko (leur manager de tournée/ ami proche, donc également membre de la “famille Shame”) : désolé d’intervenir… Ce ne sont pas 5 mecs de Londres qui se disent “formons un groupe !“… Ils ont grandi ensemble, c’est ça le plus important. Josh : je pense que le fait de se connaitre...

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Interview – Birth Of Joy

Interview – Birth Of Joy

Le 10 novembre prochain, pour célébrer nos 5 ans d’existence, nous aurons l’immense honneur d’accueillir Birth Of Joy, ainsi que Wonderflu et The Blind Suns, pour une soirée qui s’annonce d’ores et déjà inoubliable à Petit Bain (Paris). Birth Of Joy, actuellement en tournée en Europe de l’Est, vient tout juste de terminer l’enregistrement de son nouvel album. L’occasion d’échanger à ce propos avec le batteur Bob Hogenelst dans un riche entretien téléphonique. Elle s’annonce bien cette soirée…   “On va essayer de revenir plus dans l’esprit de Prisoner avec des morceaux plus courts, un peu plus d’énergie et de puissance.” Alors ça y est le nouvel album est enregistré. Oui il est enregistré, le mix est terminé. Il est en train d’être masterisé. Ça devrait être fini la semaine prochaine, il va partir au pressing pour être mis sur CD et vinyle. La sortie est prévue pour quand ? En février 2018. J’ai vu que sur Facebook vous aviez demandé de l’aide à vos fans pour trouver le titre du disque. Ça y est vous l’avez ? Oui c’était il y a deux mois environ. On n’avait aucune idée à l’époque. Maintenant on a quelques idées mais on n’est pas complètement sûrs. OK, vous avez besoin d’encore un peu de temps. Oui, d’ici une semaine ou deux, ça devrait être bon. Qu’est-ce qu’on peut attendre de ce nouveau disque ? Vous allez tenter d’évoluer à nouveau par rapport à Get Well ? Get Well était un peu plus expérimental et avait des chansons plus longues, assez différent de Prisoner. Je pense qu’avec ce nouveau disque on va essayer de revenir plus dans l’esprit de Prisoner avec des morceaux plus courts, un peu plus d’énergie et de puissance. Il y a un morceau plus long que le reste mais on essaye d’avoir la même énergie en studio qu’en live, on essaie de retranscrire ça sur ce disque avec des morceaux plus courts et plus d’énergie. Donc ça devrait sonner parfaitement en concert ! Oui ça devrait ! On ne les a pas encore joués sur scène donc à vérifier. Mais les albums précédents étaient déjà enregistrés live non ? Oui, les bases de morceaux on les a jouées ensemble live. On a ensuite fait quelques arrangements et overdubs mais la plupart de l’enregistrement a été fait live, comme auparavant. Et vous êtes retournés dans cette église comme pour les précédents ou vous êtes revenus en studio pour une formule plus classique ? Non, pas dans l’église cette fois. Prisoner et Get Well étaient tous les deux enregistrés dans cette vieille église du nord de la Hollande. Pour celui-ci on a cherché un nouveau studio parce qu’on avait besoin d’un...

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