5 chansons, 5 disques par Mudhoney

5 chansons, 5 disques par Mudhoney

Il y a trois ans, l’un d’entre nous rencontrait Mudhoney pour la première fois, au cours d’un échange vif et passionné. Une expérience restée gravée. Car rencontrer Mudhoney pour une interview, c’est un vrai rêve de fan. Non pas que le groupe soit particulièrement inaccessible, on ne compte pas les photos de gens qui ont pu les croiser aux abords de leurs concerts, mais ils ne passent pas si souvent par chez nous et quand on n’a jamais vraiment eu l’occasion de discuter avec eux, c’est un moment assez énorme. Surtout quand, l’interview ayant un peu de retard, on a l’occasion de profiter des balances, quasiment seuls dans la salle. Seule petite déception, le chanteur Mark Arm ne sera pas de la partie, laissant la corvée des relations publiques au guitariste Steve Turner et au bassiste Guy Maddison. Déception vite envolée quand les deux répondent avec franchise, humour et sympathie (et un accent australien pas toujours facile à comprendre pour nous pauvres frenchies, en ce qui concerne Maddison) à nos questions sur 5 de leurs chansons.  © Emily Rieman Mudride (Superfuzz Bigmuff EP, 1988) Steve Turner : C’est une de nos plus vieilles chansons. On l’a écrite assez tôt. Il y avait carrément du Spacemen 3 et du 13th Floor Elevators dans nos inspirations pour ce morceau, je dirais.Guy Maddison : C’est comme ça que ça sonne ! (rires)ST : C’était marrant d’avoir un morceau plus lent pour se lâcher au début du groupe. On la fait encore, parfois, mais ça prend du temps pour l’amener à sonner comme il faut. Je pense qu’il faut la jouer souvent pour qu’elle sonne bien. GM : Oui, elle a un groove particulier sur lequel il faut qu’on se cale pour qu’elle sonne comme elle devrait. Je trouve qu’elle ressort de l’EP. C’était voulu ?ST : Non…C’est sur Superfuzz ? (Je confirme) Ben, on avait déjà « If I Think » qui était plus lente. Oui, mais sur celle-ci on sent du Black Sabbath sur les bords.ST : Nous, on pensait faire du psychédélique. Mais bon, j’en sais rien. On avait plus de chansons que les 6 qu’on a sorties sur Superfuzz. On a choisi un groupe de chansons variées, tu vois. Selon nous ! (rires) Cette question était plutôt destinée à Mark Arm, puisque c’est lui qui écrit les paroles, mais ça parlait de quelque chose en particulier ?ST : Il ne saurait pas répondre non plus à cette question ! (rires)Non, je crois qu’il ne parlait pas de quelque chose en particulier, il cherchait à évoquer des images. Nos plus vieilles chansons sont un peu plus brutes. Je n’ai jamais vraiment eu une idée précise de ce dont parlait ce morceau. GM : Souvent, Mark écrit des choses et il...

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Interview – Kurt Vile

Interview – Kurt Vile

Mine de rien, depuis qu’il a quitté les War On Drugs et s’est consacré à son aventure en solo, rejoignant Matador au passage, Kurt Vile s’est imposé comme l’un des noms qui comptent de la scène indie rock actuelle. Auteur d’un septième album extrêmement généreux et varié, le philadelphien semble plus épanoui que jamais et en maitrise totale de son sujet. On imaginait rencontrer un homme posé, réservé et passionné et c’est exactement comme cela qu’il nous est apparu. Une réserve naturelle qui, entre deux confidences sur Bottle It In et sur ses angoisses, n’a pas empêché son visage de s’illuminer à l’évocation de sa ville de toujours ou de ses vieilles idoles…   “Je sais que c’est un album bizarre mais ça me va, je suis un mec bizarre (rires).”   Bottle It In est un album très long avec trois chansons autour des 10 minutes. A quoi est-ce dû ? Tu te sens plus libre que jamais dans ta façon de composer aujourd’hui ? Oui, d’une certaine manière. Mais ce n’était pas une grosse surprise pour le label, j’avais déjà fait de longs morceaux sur Wakin On A Pretty Daze. C’est vrai que je m’autorise à ne pas toujours trop structurer mes morceaux. C’est une liberté mais c’est aussi tout simplement un des aspects de ma musique. Quand tu as commencé à composer, c’était déjà planifié dans ton esprit ou c’est simplement ce qui t’est venu naturellement ? Non, j’avais vraiment le truc en tête. J’avais déjà les chansons. Je ne suis pas allé en studio pour jammer et voir ce que ça donnerait. J’avais déjà écrit les paroles aussi. Il y a des moments où j’ai pu me laisser aller, notamment sur les longs passages instrumentaux, les solos de guitare qui ont rendu certains morceaux plus longs. Mon amie Mary Lattimore a joué de la harpe sur « Bottle It In », donc je suis un peu revenu sur ce morceau. C’est mon préféré parmi ceux de 10 minutes. Je pensais le réduire, ce fut le cas pour chacun d’entre eux d’ailleurs, « Bassackwards », « Bottle It In », « Skinny Mimi ». Je pensais les réduire mais je me suis attaché à chaque partie donc j’ai tout gardé ! Et même si toi tu savais ce que tu faisais, le label (Matador) ne t’a pas dit « oooh c’est trop long, gardons des chansons pour le prochain album ! » ? Non, honnêtement je m’attendais à ce qu’ils me disent ça mais je pense qu’ils se sont habitués maintenant. C’est très cool qu’ils me laissent faire ce que je veux ! Oui, parce que tu es un artiste confirmé maintenant ! Il y a beaucoup de sentiments contraires sur ce disque : des morceaux...

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Interview – LANE

Interview – LANE

Deux fratries : Belin et Sourice. Deux groupes angevins emblématiques, pour ne pas dire mythique en ce qui concerne le second : Daria et Les Thugs. Et un nouveau supergroupe issu de cette rencontre : LANE. Pour Love And Noise Experiment. En quatre petits titres, le premier EP, Teaching Not To Pray, nous replonge immédiatement dans l’époque bénie des années 90 et nous fait déjà trépigner en attendant l’album. Alors on s’est dit qu’une conversation skype avec deux des têtes pensantes de LANE ne serait pas du luxe pour patienter. Dès l’élimination des Allemands en coupe du monde actée, Etienne Belin, l’un des trois guitaristes (!) du groupe, et le bassiste Pierre-Yves Sourice (appelez-le « Piwaï ») apparaissent dans ma webcam. Entretien avec un jeune groupe très expérimenté.   “Il y a eu un gros creux de la vague. Entre 2000 et 2010, fallait pas avoir un groupe de rock. Ces dernières années, les choses se sont simplifiées, fluidifiées. On remplit pas les stades, mais c’est plus agréable d’être artisan d’un groupe de ce genre-là.” Vous êtes tous les deux à la base du projet LANE. PY j’imagine qu’avec Les Thugs, on vous a proposé 250 fois de vous reformer. Qu’est ce qui fait que l’an dernier, vous vous êtes dit « montons un groupe ! » ? Pierre-Yves Sourice (basse) : Le pognon ! (Rires) Effectivement on nous a souvent proposés de nous reformer avec Les Thugs. On l’a fait en 2008, pour aller jouer aux Etats-Unis notamment. Mais c’était clair pour nous qu’après c’était fini de chez fini. Ça suffisait. Si dix ans après on a eu envie de recommencer un truc, c’est dû aux rencontres, au fait de voir les groupes sur scène et de se dire « c’est ce que j’ai envie de faire ». En même temps, j’ai toujours continué à jouer de la guitare chez moi, enregistrer des conneries et à me dire « c’est quand même couillon d’avoir ça sur un ordi et de pas jouer ». Et puis j’avais pas envie de jouer le samedi après-midi, de faire de la musique comme si j’allais jouer au foot. À partir du moment où je commence un truc, j’ai envie que ça devienne sérieux et comme je suis un grand fan de Daria depuis très longtemps, de lui (il se tourne vers Etienne) et son jeu de guitare, on s’est dit « est-ce qu’on n’essaierait pas de faire des morceaux ensemble ? ». Vous aviez d’ailleurs déjà fait une date ensemble. Etienne Belin (guitare) : Oui, exact en 2008 à la Maroquinerie (Paris) lors de la reformation des Thugs. Pour ce qui est de la formation de LANE, on avait dû discuter de ça en buvant un coup et en mangeant de la...

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Interview – Peter Kernel

Interview – Peter Kernel

Difficile de ne pas éprouver de sympathie à l’égard du duo helvético-canadien qui forme Peter Kernel. Barbara Lehnhoff et Aris Bassetti sont de fervents adeptes du DIY, se révèlent aimables, affables, drôles et, accessoirement, ils viennent de livrer un excellent 4e album, bien moins immédiat que ses prédécesseurs mais qui s’offre aux plus méritants. Exit les tubes incendiaires, The Size Of The Night se révèle progressivement, dévoilant moult nuances et richesses enfouis derrière des arrangements plus poussés que jamais. Un prolongement logique de la parenthèse Peter Kernel & Their Wicked Orchestra, finalement. De retour sur les routes françaises pour prouver à tous que ce disque se défend très bien sur scène, Peter Kernel faisait un petit crochet par la capitale mi avril. Pas question de les rater… Même quand leur van tombe en rade, ils ne se pointent qu’avec 10 petites minutes de retard au rendez-vous sur la terrasse du Point Éphémère. Malgré un amour certain pour les « idées stupides », Peter Kernel fait les choses avec sérieux et application. Y compris répondre aux questions sous un soleil de plomb alors qu’on avait presque oublié son existence à Paris.   “On est dans les bouchons, on n’avance pas et on commence à faire ‘tadadadidadada’ et on enregistre cette idée stupide et on va en studio, on commence à improviser sur ça. Mais c’est vraiment des idées stupides !”   Désolé de commencer par un sujet pas très joyeux… L’enregistrement du dernier album a été marqué par le décès de votre ingé son de toujours, qui était également un ami proche. Qu’est-ce que ça a changé pour vous ? Vous avez songé à laisser tomber ou du moins à mettre un peu en stand-by l’enregistrement de l’album ? Aris : Oui, quand il est décédé, on a fait une pause. On s’est arrêté pendant deux semaines parce qu’on n’arrivait pas à imaginer comment continuer. On ne savait pas quoi faire… Barbara : À ce moment-là on jouait beaucoup avec l’orchestre, donc c’était bien d’avoir des gens autour de nous. Aris : Après on s’est dit qu’on pouvait essayer d’enregistrer. On se souvenait des conseils de notre ami Andrea. On a acheté des micros, du matériel et on a commencé à essayer… Et à la fin on a découvert que l’enregistrement c’était un peu comme un autre instrument. On s’est appuyé sur beaucoup de possibilités lors de l’enregistrement, on a essayé des choses. Refaire, couper, changer… On était libre de faire ce qu’on voulait, on n’avait pas de limites d’argent dans un studio. Pas de limites, et ça c’était cool. On a découvert une nouvelle façon d’écrire et d’enregistrer de la musique. Barbara : Oui on a beaucoup changé le process qu’on utilisait auparavant...

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5 chansons, 5 disques par J.C. Satàn

5 chansons, 5 disques par J.C. Satàn

Changement de bassiste ou pas, certaines choses sont immuables. J.C. Satàn t’en met toujours plein la tronche sur scène. Et les nouveaux morceaux du fraichement sorti Centaur Desire, font le poids avec les hymnes (le mot est lâché) précédents. Avant cette nouvelle démonstration de force à La Clef (St-Germain) où ils partageaient l’affiche avec Jessica93, on a parlé autour d’une bouteille de Jack de 5 chansons de J.C. Satàn puis de 5 albums de leur choix. Et on a disgressé. Beaucoup. C’est bien parfois de disgresser. 1 – Loin De Moi (Satan EP, 2010) C’est le seul écrit en français. Parce que c’est hyper chaud d’écrire en Français ? Arthur (guitare, chant) : parce qu’elle était italienne et ne parlait pas encore aussi bien le français que maintenant. C’était vachement plus charmant je trouve, son texte est vachement plus touchant dit comme elle le dit que n’importe quel français qui l’aurait écrit comme un français. Paula (chanteuse) : c’est trop gentil. C’est toujours plus compliqué de trouver de la musicalité dans le français. C’est pas un obstacle qui s’est présenté par la suite ? Arthur : j’aime pas comment les français utilisent la langue dans la musique, sauf dans certains styles où ça marche. Je trouve qu’un étranger est beaucoup plus touchant. Paula : c’était vraiment un des premiers morceaux qu’on a faits, peut-être le 2 ou 3e. On savait même pas que c’était un groupe, on faisait juste des choses pour rigoler. Et je parlais encore plus mal le français parce que j’habitais pas encore en France. Vous étiez que tous les deux à la base ? Paula : quand on a fait les tout premiers morceaux, oui. Le but n’était pas de faire un groupe, c’était juste pour s’amuser entre potes. Lui avait déjà de la musique enregistrée, il savait pas quoi faire avec. Il m’a demandé de chanter dessus. (A Arthur) Même pour toi c’était difficile de chanter en français. Arthur : oui, tu te rappelles ! C’était hyper dur. Moi quand je chantais ses textes, j’avais envie de faire les mêmes fautes de français pour se détacher. Le français c’est une langue qui se regarde écrire, parler, qui s’écoute beaucoup parler. Il y a une vraie poétique dans l’écriture du français. Romain (batterie) : en anglais, tu chantes beaucoup plus du nez et en français c’est beaucoup plus dans les basses. Du coup en termes de fréquence, c’est pas du tout facile à mixer. Dorian (claviers) : ça ressort moins. Arthur : le français a souvent été mieux utilisé par les belges. Ça se déclame, y a une écriture dans la métrique, la façon de placer les mots. Il y a des accents en anglais...

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