It It Anita – Laurent

It It Anita – Laurent

It It Anita aime brouiller les cartes. De la tension, il en instaure dès les premiers accords de « Denial », puis de délicats arpèges viennent adoucir le propos. Le mot pop nous vient à la bouche, mais avec ce qu’il faut de vicié. N’allez pas croire qu’on vous emmène en ballade non plus, vous pourriez avoir de drôles de surprises. On pense ensuite se retrouver en territoires post punk sur « User Guide » (on dit coucou à Disappears en passant) avant que l’affaire ne s’emballe en un stoner musclé. Du post stoner, il fallait l’inventer. Quoiqu’il en soit, le résultat est aussi surprenant que décapant. 11 titres, c’est peu et beaucoup à la fois. En 11 titres, on entend du punk furax (« Another Canceled Mission », « GOD »), on croit qu’on va voir débouler Josh Homme pour entonner « nicotine, valium, vicadin, marijuana, ecstasy and alcohol » (« 11 ») et on se retrouve finalement face aux cousins belges de J.C. Satàn. En 11 titres, on a aussi le temps de dire un grand oui à « Say No », véritable manifeste grunge d’une efficacité absolue. On évite les obus qui tombent d’un peu partout (« Tanker 2 pt 1 ») et alors que tout semble s’être apaisé, on croise la journaliste Myriam Leroy en plein dialogue conjugal sulfureux. 11 titres, c’est énorme, donc. On a le temps d’en prendre plein la gueule. De toutes les manières, et d’en redemander. L’énergie est tantôt débridée sans que rien ni personne (surtout pas nous) ne semble vouloir l’arrêter, tantôt totalement maitrisée, comme sur ce « We Are Nothing » final aux couplets très Sonic Youth-esques assagis pour une montée gargantuesque sur le refrain façon post rock (un refrain en post rock ? Et oui, pourquoi pas). Voilà on a cité 42 styles différents pour tenter de définir ce qu’on aurait pu faire en quelques mots simples : Laurent est un putain d’album ROCK. Du rock intense et puissant, du rock inspiré et généreux, du rock dans toute sa sauvagerie, aux clins d’œil fréquents à quelques influences par ci par-là mais réussissant l’exploit de garder une véritable homogénéité malgré ses vagabondages dans tout ce que le genre peut connaitre de bruyant. It It Anita prend un malin plaisir à triturer ses guitares pour les faire gémir, à façonner un bon gros magma sonore dans lequel on aime se noyer, sans oublier d’y inclure de bonnes doses de groove et de cool. On ne sait jamais vraiment sur quel pied danser, parfois c’est sur les mains qu’on se retrouve, mais on ne cesse de s’agiter, de headbanger, de gueuler avec Michaël, Damien, Bryan et Elliot (et Laurent). Parce que c’est foutrement bon. Jonathan...

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Cloud Nothings : album en octobre, “The Echo Of The World” en écoute

Cloud Nothings : album en octobre, “The Echo Of The World” en écoute

  Même si leur dernier album en date (Life Without Sound) ne fait pas vraiment l’unanimité au sein de la rédaction, on continue à suivre avec attention la carrière de Cloud Nothings. Le groupe de Cleveland vient d’annoncer la sortie prochaine de son 5e album, Last Building Burning, pour le 19 octobre chez Carpark Records. Un album que l’on peut espérer plus agressif que son prédécesseur, à en juger par le premier single “The Echo Of The World” (ci-dessous) et par les propos de Dylan Baldi “je suis obsédé par l’idée d’énergie en ce moment. C’est ainsi que j’ai envisagé cet album : sept morceaux courts, un plus long, remplis d’intensité et de chaos contrôlé“. On ne demande qu’à vérifier ses dires. Jonathan Lopez   LIRE LA CHRONIQUE DE HERE AND NOWHERE ELSE LIRE LE REPORT DU CONCERT AU POINT...

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Dans le bac d’occaz’ #28 : Prince, Guided By Voices, Arcade Fire

Dans le bac d’occaz’ #28 : Prince, Guided By Voices, Arcade Fire

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon des amis mélomanes et/ou des lecteurs d’Exitmusik. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).* Dans le bac d’occaz’ #28 : suggestions pour les années en 4   Prince And The Revolution – Purple Rain (1984) : suggéré par PC Cher PC, Comment dire… je suis un peu partagé. Déjà, je connais évidemment Prince depuis un moment et j’en ai entendu pas mal de titres qui m’ont tous déplu. Ensuite, tu connais mon aversion pour les années 80 et leurs sons synthétiques qui ont très, très mal vieilli. Du coup, je me suis demandé si cette proposition n’était pas un acte sadique de ta part. Ou alors, c’est que ce qu’il y a sur le disque dépasse les frontières du mauvais goût pour arriver à faire quelque chose de génial avec plein de choses que je n’aime pas. Difficile de savoir à quoi m’attendre. Au final, donc, je suis un peu partagé. En fait, il y a un peu des deux, dessus. On y trouve à foison de synthés dégueux et de plan archi clichés de l’époque et ce dès l’ouverture du disque. Mais en même temps, les morceaux sont globalement plutôt bien foutus et on y trouve souvent au minimum une mélodie accrocheuse ou un plan intéressant. Il y a même des morceaux que j’apprécie, et pour du Prince, c’est assez exceptionnel. D’une part, donc, c’est la première fois que j’écoute un truc de Prince et que je ne trouve pas ça éprouvant auditivement. D’autre part, il y a quand même les aspects 80s qui viennent plomber mon délire, et la face B du disque me laisse assez froid (les trois compos avant “Purple Rain” se mélangent un peu dans ma tête, et cette dernière est quand même un summum de mièvrerie power ballad). Je pourrais presque dire que c’est une belle surprise, mais disons que c’est déjà une surprise pas trop moche.   Guided By Voices – Bee Thousand (1994) : suggéré par Santiago de Wonderflu Cher Santiago, Comme toujours, sauf la fois où tu m’as conseillé du Iron Maiden, tu sais trouver des choses qui me plaisent. Pourquoi n’avais-je jamais écouté Guided By Voices avec attention avant alors qu’ils ont été repris par les Breeders et que le backing band de Robert Pollard compose Cobra Verde et donc la moitié de Sweet Apple, trois groupes pour qui j’ai beaucoup d’affection ? Je crois que ce qui...

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LANE – Teaching Not To Pray EP

LANE – Teaching Not To Pray EP

Les histoires d’amour finissent mal en général disait un groupe de variété française. C’est vrai, mais les contre-exemples ne manquent pas. Pendant bien des années, Les Thugs ont marié avec bonheur bruit et mélodie. Et la relation bien que tumultueuse a fait de nombreux heureux. Après eux, Daria, autres angevins au grand cœur et grands riffs, a repris le flambeau avec talent. Et depuis 2017, cette bande de lovers a décidé de rassembler ses forces pour mener à bien cette noble quête. Eric (guitare/chant) et Pierre-Yves Sourice (basse), ex-Thugs, ont donc remis le couvert aux côtés des copains (et frangins comme eux) Etienne et Camille Belin (guitare et batterie), ex-Daria. Et le fiston Sourice, Félix de son prénom, est venu compléter le line-up et le mur de guitares qui s’élève à trois. Ça commence à être honnête, trois guitares. Le projet porte un nom qui lui va comme un gant : LANE, soit Love And Noise Experiment. Évidemment. Et cette intro est aussi alambiquée et lourde que leur musique est simple et directe. LANE n’y va pas par quatre chemins, il préfère balancer quatre tubes. Mais attention ça défile, en 12 minutes chrono le train est passé. La voix d’Éric n’a pas bougé d’un iota. Et dès la power pop “Goal Line” bigrement entrainante, on est en terrain conquis. Typiquement le genre de morceaux qui passent très bien la première fois sans vraiment retenir l’attention et que vous finissez par connaitre par coeur, à force de multiplier les écoutes. Constat valable pour chacun des morceaux qui mêlent avec bonheur énergie brute punkisante et mélodies entêtantes popeuses. Mention spéciale pour le morceau qui donne son titre à l’EP, le très Thugs-ien “Teaching Not To Pray”. IM-PA-RA-BLE. L’histoire d’amour entre Les Thugs et Daria débute donc sur les chapeaux de roue et on a déjà hâte d’être convié aux premières festivités à la rentrée avec une tournée où on aura forcément bien plus que 12 minutes à se mettre sous la dent. C’est qu’ils nous ont aiguisé l’appétit, les bougres. Jonathan...

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Goat Girl – Goat Girl

Goat Girl – Goat Girl

Il y a deux mois sortait dans une relative indifférence un disque qui mérite la plus grande des attentions. Elles sont 4, viennent du sud de Londres et nous proposent un rock débraillé, jamais trop éloigné du punk, à la fois idéal à écouter d’une oreille distraite en sirotant une binouze qu’à décortiquer note par note une fois le charme opéré. Après une courte intro presque ténébreuse, débute un joyeux périple dans l’univers tout en décontraction de Goat Girl. Une distribution de morceaux qui semblent empreints de la plus grande innocence et qui se transforment très vite en tubes en puissance (les parfaitement évidentes et évidemment parfaites “The Man”, “Viper Fish”, “I Don’t Care Pt.2”, auxquelles s’ajoutent rapidement “Burn The Stake” et son envolée sur le refrain digne des Pixies, “Creep” et ses cordes qui brouillent les pistes, “Throw Me A Bone” dont la nonchalance planque une mélancolie sous-jacente ou “Cracker Drool” qui se balade malicieusement entre country, surf music voire dub). La voix grave charismatique de Lottie Cream séduit instantanément et porte des compos qui auraient très bien pu se débrouiller toutes seules et qui gagnent encore en efficacité mélodique. Douées les Goat ? Ça saute aux oreilles. Cool les Girls ? Ça ne fait aucun doute. Pour un premier album, le groupe fait preuve d’une grande aisance, une évidente complicité et semble sans forcer nous pondre du jouissif sur demande. Plus fort encore, la variété de l’offre. 19 morceaux sur la galette (un seul excède les 3 minutes !) et aucune envie irrépressible de presser la touche “next” (alors que la touche “repeat”, elle, n’en peut plus d’être sollicitée). Qu’on se le dise, tout est bon dans cette chèvre-là. Jonathan Lopez Comme on ne comprend pas toujours très bien le lien avec les “articles similaires” proposés ci-dessous, on vous recommande plutôt de lire : THE BREEDERS – POD THE BREEDERS – ALL NERVE PIXIES – DISCOGRAPHIE COURTNEY BARNETT – SOMETIMES I SIT AND THINK, AND SOMETIMES I JUST SIT COURTNEY BARNETT – TELL ME HOW YOU REALLY...

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