The Breeders – All Nerve

The Breeders – All Nerve

Ils nous prennent vraiment pour des billes, chez 4AD ! Bien sûr, ils nous disent que les Breeders vont sortir un disque cette année. La belle affaire ! Ça va faire plus de 5 ans qu’on nous fait le coup. Heureusement, chez Exitmusik, on n’est pas nés de la dernière pluie. J’avoue, ils ont bien fait leur coup cette année, et on aurait facilement pu tomber dedans. Déjà, ils ont sorti un single l’année dernière. Le single était excellent, la face b aussi. Du pur bonheur comme les Breeders savent en créer, qui ne peut que donner envie de renquiller sur un long format. On aurait pu s’y laisser prendre, si on nous avait pas fait à peu près la même en 2012 avec “Walking With A Killer”, suivi de plus rien. On n’allait pas se mettre à y croire pour si peu. Ensuite, ils ont annoncé une date de sortie. Le 02 mars. C’est bien fait, c’est crédible. Sauf que le 02 mars, c’est la veille de mon anniversaire, et s’ils avaient voulu dire aux gens quoi m’offrir cette année, ils ne s’y seraient pas mieux pris. Comme par hasard. Bref, on restait sceptique et vigilant, quand on a reçu des liens presse. Là, normalement, tout le monde se serait fait avoir. Nous-même, nous avons failli nous faire prendre. Sauf qu’on les a écoutés, les liens. Alors, soyons beaux joueurs, c’est super bien fait. La voix de Kim Deal, parfaitement imitée, avec même ce timbre un peu fragile, ce manque de justesse un chouia plus flagrant histoire de montrer que sa voix a vieilli. Le son parfaitement reconnaissable, rock noisy et pop avec un côté foutraque punk parfaitement dosé. La batterie, magistrale (“Skinhead #2!!), exactement comme si Jim MacPherson était vraiment revenu derrière les fûts. Les lignes de basses superbes, et la voix de Josephine Wiggs à s’y méprendre sur un des morceaux. Sérieusement, si vous tombez dans le panneau, je ne pourrai pas vous en vouloir. Mais forcément, c’était trop bien fait. Quel groupe sort encore des albums aussi bons après 10 ans d’absence et presque 30 ans de carrière ? Sortir 11 tueries sur 11 titres (moins, peut-être, une reprise d’Amon Düül 2, et encore), évoquer ses anciens albums (Pod avec l’éthérée “Dawn : Making An Effort”, par exemple) sans jamais se répéter, proposer tour à tour du bordel noisy (“Metagoth”), du tube power pop (“Wait In The Car”), du rythme ternaire enlevé (“Howl At The Summit”, magnifique), des morceaux calmes planants (“Spacewoman”) ou en tension (“All Nerve”) et réussir à chaque fois brillamment, c’est donné à qui ? Et franchement, si on tenait vraiment un groupe en aussi grande forme après toutes ces années, quel...

Lire la suite

TH Da Freak – The Hood

TH Da Freak – The Hood

Fais pas la gueule, mecton ! Y a Mr Da Freak qui revient et Da Freak c’est (un) chic (type). Sous ses airs de branleur patenté, de chanteur du dimanche, il a quand même pondu un EP de belle facture fin 2017 ainsi qu’un autre avec une dénommée Courtney deux semaines plus tard, et vient de récidiver avec un album. On a vu des branleurs moins productifs. Pour ce qui est de l’attitude et du chant, TH Da Freak n’est pas énervé, il faut bien le dire. Il déroule ses pop songs tranquille Emile avec un flegme rafraîchissant. Il pourrait y avoir un avion qui s’écrase sur le pâté de maison derrière lui qu’il sursauterait à peine. De là à dire qu’il s’entendrait bien avec Dog Gynéco il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas mais avec Stephen Malkmus, cela ne fait aucun doute, tant ils parlent le même langage musical. La prod est minimaliste, tout en ne lésinant pas sur les reverbs (ce qui ne manquera pas d’alimenter les discussions de comptoir dans la team Exit “c’est de l’indie rock 90s à mort”, “mais non, c’est du psyché à la Ty Segall !”. Ouais on a des comptoirs cool chez Exit, vous devriez vous y accouder plus souvent). L’aspect lo-fi omniprésent est toutefois à double tranchant. C’est cool, cool, cool mais ça gagnerait parfois à être plus percutant. On ne peut pas avoir le slacker et l’argent du slacker… Pas de quoi bouder tout de même face à une ribambelle de morceaux qui respirent le détachement en toutes circonstances et garnis en riffs qui font bouger les têtes (le tubesque à souhait “See You In The Hood”, “I Add Some Whisky In My Cola” et son gimmick guitaristique qui va bien, les accords simples et efficaces de “I Don’t Understand”). T’écoutes ça, tu sourirais presque niaisement aux gens dans le métro. Et si une certaine redondance peut être ressentie lors des premières écoutes, on constate en s’y penchant de plus près que la palette est plus large qu’il n’y parait (“Techno Bullshit” et son ambiance country, l’irrésistible “Thick Head” où on pourrait croire que Thurston Moore est venu taper le bœuf, “Bienvenidos At Satori Park” plus garageux sur les bords). Ne vous méprenez pas : ce disque ne changera certainement pas votre vie mais il peut rendre une journée maussade bien plus guillerette. Alors avant de t’adonner à une tâche chiante dont la vie quotidienne regorge, procrastine un bon coup, écoute toi The Hood et ça ira mieux. Jonathan Lopez The Hood by TH da...

Lire la suite

Courtney Barnett : nouvel album en mai

Courtney Barnett : nouvel album en mai

  Excellente nouvelle : Courtney Barnett reviendra nous conter fleurette le 18 mai prochain avec Tell Me How You Really Feel. Il fera suite à l’excellent Sometimes I Sit And Think, And Sometimes I Just Sit qui nous avait enchanté. Si l’an passé, la collaboration de l’australienne avec Kurt Vile ne nous a pas laissé un souvenir impérissable, le premier extrait du nouvel album laisse augurer un disque à la hauteur de son prédécesseur. Ça s’appelle “Nameless, Faceless” et c’est bigrement efficace. Un teaser a également été dévoilé, et il est chouette comme tout. Et voici la tracklist : 01 Hopefullessness 02 City Looks Pretty 03 Charity 04 Need A Little Time 05 Nameless, Faceless 06 I’m Not Your Mother, I’m Not Your Bitch 07 Crippling Self Doubt And A General Lack Of Self Confidence 08 Help Your Self 09 Walkin On Eggshells 10 Sunday Roast Ne reste plus qu’à patienter quelques mois, d’ici là vous pourrez entendre Courtney Barnett participer à un morceau du nouvel album des Breeders, à paraitre le 2 mars. Jonathan...

Lire la suite

No Age – Snares Like A Haircut

No Age – Snares Like A Haircut

Tic tac. On court toujours après le temps. Le travail nous bouffe les trois quarts de notre temps, on n’a jamais le temps de voir ce très bon ami un peu perdu de vue, pas le temps de passer un coup de fil à mère-grand, pas le temps de dévorer tous ces passionnants bouquins qui nous attendent sur une pile, pas le temps de nous refaire l’intégrale de X-Files. Foutu temps de merde. Pour No Age, le temps n’est pas un souci. Il le prend toujours de court. Après un arrêt au stand prolongé, le bolide californien revient à toute berzingue pour une nouvelle course contre-la-montre. En 39 minutes et 12 secondes, il expédie 12 morceaux concentrés de rage, d’énergie… et de bonnes mélodies. Départ pied au plancher avec “Cruise Control” et No Age n’appuie sur la pédale de frein que pour s’octroyer quelques parenthèses expérimentales bien troussées (le morceau-titre qui verse dans le shoegaze, ou l’étrange “Squashed” aux faux-airs de… Chemical Brothers), perçues comme autant de bouffées d’air frais au milieu de ce grabuge sonore incessant. Pour le reste, c’est simple comme bonjour et bigrement efficace comme rarement. Du punk bien noisy, des mélodies dotées d’un soupçon d’insouciance souillées par 42 couches de guitare plus crades les unes que les autres (l’incandescente “Tidal”, la survoltée “Drippy”). La bonne vieille formule qu’on aime. Et quand le riff de “Soft Collar Fad” évoque celui de “Been A Son” de Nirvana, il fait passer ce dernier pour une gentille comptine inoffensive. La facette grungy est également dignement représentée sur la plus modérée mais tout aussi (sinon plus) réussie “Send Me” où Dean Allen Spunt (batteur/chanteur un chouïa plus hargneux que Phil Collins) adopte un chant mélancolique du plus bel effet. Difficile de retenir un titre plutôt qu’un autre dans ce disque furieusement énergique qui parvient à éviter plutôt bien la redite et où chaque riff concourt au titre du “plus efficace, tu meurs“. Une chose est sûre : une fois adopté Snares Like A Haircut, vous ferez toujours en sorte de trouver le temps de l’écouter. Jonathan Lopez Snares Like A Haircut by No...

Lire la suite

Damon & Naomi + Thalia Zedek à l’Olympic Café le 21 février !

Damon & Naomi + Thalia Zedek à l’Olympic Café le 21 février !

  Réservez votre 21 février ! Vous n’en avez peut-être pas entendu parler, c’est pourtant une sacrée affiche que proposera l’asso GTOK GTKO à l’Olympic Café (Paris). Le talentueux Rach Three ouvrira le bal avec sa folk dark et habitée. Suivra Thalia Zedek. Connue notamment pour être la frontwoman de ce merveilleux groupe qu’était Come, elle a également œuvré au sein des non moins recommandables Live Skull et Uzi et évolue actuellement en solo dans un registre blues empreint de classe. Last but not least, Damon & Naomi clôtureront cette soirée et nous rappelleront au doux souvenir de Galaxie 500, groupe phare de slowcore aux envolées mélancoliques inoubliables. Tout ceci se déroulera donc le même soir à l’Olympic Café, pour la modique somme de 8,50€. On voudrait pas vous forcer la main mais ça ressemble quand même à une soirée immanquable… Jonathan Lopez L’event FB La billetterie Regardez donc tout ce beau monde qui reprend Leonard Cohen   LIRE LA CHRONIQUE DE COME – ELEVEN...

Lire la suite