Wonderflu – Wonderflu

Wonderflu – Wonderflu

Depuis ses débuts, il y a 10 ans, Wonderflu fait ses trucs dans son coin, comme ça lui chante. Généralement un groupe met toutes ses forces pour sortir le plus tôt possible un premier album et capitaliser dessus, les parisiens, eux, ont préféré sortir… 6 EP avant (dont un double qui aurait très bien pu faire office d’album mais non, il ne fallait surtout pas le considérer comme tel). Et quand le grand jour arrive, plutôt que de sortir un bête album, ils nous sortent un gros double de bourrin. Un menu double best of gavé à ras bord de 30 titres. 1h15 dans nos petites quenottes. Avouons-le, au départ on s’est dit « bon ils sont gentils ils ont foutu dedans 12 démos rafistolées qui trainaient au fond d’un tiroir (les fameux Bastard Tracks), rajouté 4, 5 nouvelles compos (destinées initialement à l’EP annuel), une belle pochette signée Halfbob et roulez nénesse : opération marketing bien ficelée ». Sauf que non, ça ne tient pas. Déjà Wonderflu et le marketing ça fait 12. Tu veux leur acheter un cd, tu repars avec 5 et des autocollants à distribuer à toute ta famille. Pour le même prix. Et puis, si vous savez un peu compter vous noterez que 12+4 ou 5, on est encore loin des 30 morceaux. Non ces 30 morceaux, ils se sont enfermés pendant de longues semaines pour les pondre. Ça devait sentir le phoque, il devait y avoir de la Kro renversée aux quatre coins du studio, ils ont dû partager quelques fous rires et engueulades mais au final ils les ont chié leurs 30 morceaux. Certains d’entre eux retiennent immédiatement l’attention, d’autres s’imposent au fil des écoutes, en tout cas nulle trace de remplissage. Le seul défaut qu’on pourrait trouver à ce disque est d’être un foutoir sans nom. Ça, c’est indéniable. Mais c’est aussi ce qui fait son charme. Au rayon des réjouissances, un « Yodel » so Nirvano-Pixien, les ultra efficaces « Turbulence », « Goods » ou « Accelerate » qu’on te met au défi de ne pas chanter à tue tête au bout d’une demi écoute, des mignardises folk lo-fi (« Is It Real? », « Matter Of Choice », « Driving No More »), des rasades punky/grungy (« Recently Seen », « Tease You »), des sifflotements et du banjo à rendre jaloux les Minutemen (« Barbecue »), une chanson pour saloon (« Are You Right? »)… La tourmentée « Second Floor », bardée d’effets et flanquée d’un motif de gratte qui vous colle aux basques. Sans oublier une « Radio Edit » qui démarre comme un bon vieux tube habituellement torché en 2’30 chrono et qui finalement fait un peu ce qu’elle veut, et après bien des soubresauts s’offre un break basse-batterie qui nous renvoie à l’âge béni où Kim Deal avait encore les faveurs de Frank Black. Et cette petite...

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Thurston Moore – Rock’n Roll Consciousness

Thurston Moore – Rock’n Roll Consciousness

La dernière fois que j’ai vu tonton Thurston, j’ai été clairement déçu. Faire le déplacement pour écouter du sous-Sonic Youth sans grande saveur à la guitare acoustique 12 cordes, ça ne m’avait pas franchement ravi. Surtout qu’avec le temps, je m’étais quand même rendu compte que son Best Day de 2014, qui m’avait pourtant plu à sa sortie, ne se contentait en fait que de faire vibrer une corde nostalgique profonde à base d’artifices quasiment dénués de substance. Pour faire court, tonton Thurston s’était contenté de nous filer quelques memberberries à manger, en suivant la très pertinente métaphore de South Park. Du coup, on ne peut pas dire que j’attendais ce Rock’n Roll Consciousness, ou alors vraiment au tournant pour lui mettre un petit croche-patte mesquin au passage histoire de passer ma frustration de critique amateur aigri. Donc je l’ai écouté d’une oreille, à moitié désintéressé, à moitié mal-intentionné et putain, je ne m’attendais pas à ça. Alors certes, vous vous doutez bien qu’on n’a pas droit à un virage complètement inattendu et improbable du genre « tonton Thurston se met au synthpunk pour faire comme tout le monde« , et je me sens d’autant plus con de ne pas l’avoir vu venir en suivant plusieurs dates de la tournée tonton Thurston et sa 12 cordes, mais déjà, on sent la guitare acoustique. Ça donne une saveur à certaines compos, « Exalted » ou « Smoke Of Dreams », qui bien que déjà vu dans sa carrière solo, nous détache d’emblée du précédent disque.  Surtout, tonton Thurston ne fait pas du sous-Sonic Youth ! Et ça, mine de rien, ça faisait un moment qu’on n’y croyait plus, car depuis la séparation de son groupe, qu’il le fasse mal (avec Chelsea Light Moving) ou plutôt bien (avec The Best Day), il semblait avoir beaucoup de mal à s’en détacher. Alors certes, les morceaux sont encore beaucoup trop longs à mon goût, et ne m’accrochent pas forcément, mais on a vraiment l’impression que tonton s’aventure hors de sa zone de confort, voire tente des choses presque inédites avec le très shoegaze « Cusp », et le fait malgré tout avec sa marque de fabrique. Bref, on pourrait dire que tonton Thurston trace son bonhomme de chemin en emmerdant au passage tous ceux qui pourraient y trouver quelque chose à redire, moi le premier. Beau joueur, je ne peux que reconnaitre qu’il le fait plutôt très bien cette fois-ci, et je lui tire mon chapeau. Bien joué, tonton Thurston, tu sais nous rappeler pourquoi on t’aime !...

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Polarbird – Burst

Polarbird – Burst

Mesdames et messieurs, Polarbird ! Polarbird c’est une bande de potes bercés au son des 90s qui se sont dit un jour « pourquoi pas nous ?« . C’est vrai ça, pourquoi pas eux ? Donc ils l’ont fait, ils ont chopé une mascotte (le beau pingouin de la pochette bien coolos signée Halfbob), enregistré des premiers morceaux à l’arrache, donné quelques concerts chaotiques et, peu de temps après, rejoint d’autres potes au sein d’Influenza Records avec qui ils partagent cet amour de l’Indie avec un grand I. Aujourd’hui sort leur premier album et ça tombe plutôt bien, le groupe semble arrivé totalement à maturité. Toujours très inventif dans son jeu de guitare, Olivier nous susurre de délicieux motifs mélodiques, qu’il saupoudre régulièrement d’une saturation bienvenue, sûr de sa force et de ses comparses qui assurent une section rythmique béton à l’humeur changeante (on y reviendra). Au chant, toujours cette très agréable impression qu’il passait dans le coin, qu’on lui a tendu un micro et qu’il a tenté le coup. Entre branleur assumé et chanteur appliqué. Et comble de bonheur, pour nous auditeurs gâtés, le trio prend toujours un malin plaisir à faire partir en vrille ses morceaux. C’est aussi pour ça qu’on aime Polarbird. Jamais avares en mélodies accrocheuses, leur goût pour le crade et les fins apocalyptiques a, en outre, le don de porter leurs morceaux vers des sommets insoupçonnés (le pompon pour les formidables « Gone » et « Brothers » au final mémorable, qui font déjà figures d’indie tubes de l’été par chez moi). Du bruit, des dissonances, des mélodies… Que demande le peuple ? Et bien pourquoi pas un un bon petit solo tout ce qu’il y a de plus cool sur « One Of Yr Numbers » (qui s’autorise aussi un pont quasi post rock, on ne se prive de rien). Clairement Polarbird a mis un paquet d’ingrédients de choix dans la marmite et a remué bien comme il faut. Les précédents EP étaient séduisants, ce premier essai long format, bluffant de maitrise, ne fait que confirmer tout le bien qu’on pensait d’eux. Reste à espérer que le premier double album de Wonderflu (prévu pour juin) leur donne l’idée de faire encore plus long la prochaine fois que ces 9 morceaux gobés d’une traite, qui évidemment nous rassasient, mais nous ouvrent aussi grandement l’appétit. JL   Burst by polarbird Burst est disponible en digital ici et en précommande en CD et vinyle sur la boutique d’Influenza Records. Last but not least, Polarbird défendra son nouveau bébé à l’occasion de la release party le 6 mai prochain sur la scène du Supersonic...

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Pile – A Hairshirt Of Purpose

Pile – A Hairshirt Of Purpose

J’aurais dû savoir, entre leurs disques et la découverte de Tennis Bafra l’année dernière, que les mecs d’Influenza Records connaissaient leur affaire en matière de rock indé inspiration 90s. N’empêche, j’avais écouté plusieurs morceaux de Pile et c’était un poil bourrin à mon goût, ce n’est pas ma faute, je suis un sensible. Du coup, je ne me suis pas empressé d’écouter ce nouveau disque, le premier américain à sortir sur le label, et encore moins d’en faire la promotion. Mea maxima culpa. Je n’avais certainement pas écouté les bons titres pour me planter sur Pile à ce point-là ! Puissants, ils le sont certainement, il y a bien des titres comme « Hissing For Peace », « Texas » ou « Hairshirt »  pour le prouver. Mais bourrins, allons donc ! Déjà, A Hairshirt Of Purpose s’ouvre sur une ballade, et les morceaux downtempo sont quasiment omniprésents. Surtout, ils sont particulièrement réussis qu’ils soient de vrais titres calmes (« I Don’t Want To Do This Anymore », « Making Eyes »), dans le crescendo contenu (la très jolie « Milkshake »,  « Rope’s Lengths », « Dogs ») ou même dans l’explosion finale (« Slippery »). Au bout du compte, on a un disque très réussi, dans lequel on sent un gros travail de composition sans jamais être dans la surenchère, de la complexité sans jamais être dans le grandiloquent, de l’émotion sans jamais tomber dans le sentimentalisme… une vraie réussite, pour peu qu’on aime ce style de musique. Sans tergiverser, ce qui ne semble pas être le genre de Pile, Influenza Records a su nous dénicher un excellent album, et un groupe à découvrir assurément. Et puis, comment pourrais-je résister à des musiciens du Massachusetts qui appellent un de leurs morceaux « No Bone » ?...

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Polarbird prêt à dégainer son premier album

Polarbird prêt à dégainer son premier album

Nos news vont de pair en ce moment. Après la doublette shoegaze Ride et Slowdive qui (peu de temps après Jesus And Mary Chain) va faire son grand retour, voilà que les indie rockeurs de Polarbird prennent exemple sur leurs potes de label Wonderflu en annonçant eux aussi un premier disque. La sortie de Burst est prévue le 6 mai en vinyle et CD chez Influenza Records. Ce jour-là, la sortie sera fêtée comme il se doit avec un concert au Supersonic (Paris). La (super) pochette est, comme d’habitude, signée Halfbob et voici « Brothers » premier extrait qui donne fichtrement envie :...

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