Chastity Belt – I Used To Spend So Much Time Alone

Chastity Belt – I Used To Spend So Much Time Alone

Salaud que je suis, ce n’est qu’aujourd’hui que je vous parle de ce charmant petit disque qui aurait pu être votre disque de l’été. Un disque qui ne paie pas de mine et qui, finalement se révèle au gré des écoutes bien plus riche qu’il n’y parait. Un disque qui s’ouvre par le tube imparable « Different Now » et ses délicieux arpèges qui ne peuvent vous mettre qu’en bonnes conditions. Votre vie ne sera peut-être pas différente après ça mais vous aurez sans doute l’envie fréquente de vous enfiler de nouveau cette mélodie entêtante. Malgré un nom qui n’inspire que rigueur et fermeture d’esprit, Chastity Belt délivre un rock harmonieux, d’une légèreté rafraichissante, garni en ritournelles attachantes (« Caught In A Lie », « Stuck »). Et ce disque sans réel temps faible fleure bon la maturité pour ce quatuor féminin de Seattle qui en est à son troisième essai. La voix de Julia Chapiro possède ce qu’il faut de je m’en foutisme pour sonner cool en toutes circonstances, parfois limite désabusé (« Used To Spend »), si ce n’est franchement Kim Gordon (« Sam »). Les guitares ensoleillées réjouissent, non sans une once de mélancolie latente (« What The Hell »). Sans oublier ce qu’il faut de bruit disgracieux pour salir un peu un ensemble qui, trop propret, aurait vite perdu en intérêt (« 5am » qui s’achève en un délicieux crachin sonore ou « Sam » qui se barre gentiment en sucette). Bref, des mélodies qui collent aux basques, une nonchalance qui va bien, des sorties de route délibérées pour brouiller un peu les pistes. On tient là un groupe indie rock de très bonne facture, qui ne bousculera pas l’ordre établi mais installe Chastity Belt parmi les demoiselles qui comptent dans le paysage indie d’aujourd’hui....

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Sons Of Frida ressort quelques vieilles conneries de son chapeau

Sons Of Frida ressort quelques vieilles conneries de son chapeau

S’il y a une bonne nouvelle à retenir en cette fin de semaine ce n’est pas la signature de Neymar au PSG, mais bien la sortie de Some Old Bullshit des Beast… euh des Sons of Frida ! (Pour ceux qui ne comprennent pas bien le lien, jetez donc un oeil par ici). Comme Emmanuel Boeuf (le guitariste du groupe) nous l’avait dit lors de notre interview récemment, cette sortie regroupe 10 ans d’inédits, de lives et d’impros enregistrés (parfois avec les pieds, c’est ça qu’est bon) entre 2004 et 2014. A défaut d’une reformation pour l’argent, voici du contenu inédit pour combler le manque laissé par le split du groupe après le remarquable Tortuga. Et ça s’écoute (et se télécharge) sur leur bandcamp : some old bullshit by Sons of Frida...

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Come – Eleven : Eleven

Come – Eleven : Eleven

Les années 90 ont leur lot de groupes mythiques, de destins tragiques… et de grands groupes restés dans l’ombre. Come est de ceux-là. En 1992, le quatuor de Boston sort son premier disque, petit bijou de noirceur, dans un relatif anonymat. Et pourtant… Pourtant, dès les premières notes de « Submerge », nous voilà happés par ce disque, sombre au possible, qui ne desserre jamais l’étreinte. Maintenant que vous êtes au parfum, Eleven:Eleven est un disque qui va faire de votre vie un enfer, développant très vite une grandissante obsession. Come déploie un blues rêche, animé par des guitares tendues et le chant habité, profondément sincère, de Thalia Zedek. Le jeu toujours très juste d’Arthur Johnson à la batterie souligne parfaitement les instants d’accalmie en eaux marécageuses. « Just relax, just relax » insiste Thalia sur le refrain qui hausse le ton, mais le couperet n’est jamais loin. Le couperet c’est parfois un bon gros riff bien lourd comme celui qui ouvre « Dead Molly » avant de sortir de sa botte un pont anesthésié (on pense aux Pixies quand ils bluffent). Et d’envoyer tout cela valser gaiement (on pense aux Pixies quand ils envoient tout valser). On cite les Pixies mais Come partage finalement peu de points commun avec le groupe légendaire, si ce n’est sa provenance de Boston et un goût pour l’indie rock dissonant. Pour le reste, il faut plutôt creuser du côté de groupes moins pop, plus mélancoliques. Mais s’il est vrai que Come évoque de ci de là quelques groupes qui lui sont contemporains (ajoutons Screaming Trees ou Mad Season dont l’unique – magistral – album est toutefois sorti après), et satisfait ainsi notre besoin de filer des points de repère aux badauds qui passeraient par là innocemment, le groupe réussit finalement la prouesse de se démarquer en imposant un son qui n’appartient qu’à lui. Grâce notamment à la présence de tous les instants de Zedek, entre rage à peine contenue et fragilité désarmante, incarnant à merveille l’univers tourmenté de Come. Mais Zedek sait aussi s’effacer pour laisser les guitares faire la conversation. Comme lorsque la sienne et celle de Chris Brokaw (également batteur au sein de Codeine, groupe slowcore non moins indispensable) dialoguent à propos des ténèbres dans une intro instrumentale de 3 minutes avant de mettre les voiles en territoire grungy (« Off To One Side »). On frise l’excellence une fois de plus mais difficile cependant de sortir un morceau plutôt qu’un autre tant l’album cumule avec indécence les titres essentiels (ajoutons aux précédents la lente déchéance implacable de « Brand New Vein », « Orbit » et son refrain vénéneux ou encore la bombe à fragmentation « William »). L’album fait l’effet d’un bloc très compact, cohérent qui embarque l’auditeur dans un récit diaboliquement...

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Jason Loewenstein – Spooky Action

Jason Loewenstein – Spooky Action

Dans la famille Sebadoh, je demande le petit frère, celui qui est arrivé après, qui a appris avec les deux grands et qui mine de rien a fini par apporter sa touche et composer certains des meilleurs morceaux du groupe (on citera au moins « Careful »). Visiblement enthousiasmé par les retours sur sa contribution au dernier album du groupe, Jason Loewenstein s’est remotivé à composer pour lui-même et nous offre donc un nouveau disque solo. Quatre ans plus tard, certes, mais on peut quasiment être certain que celui qui a les mêmes initiales que notre rédac chef a tout peaufiné ou presque de ses petites mains, délicatement, comme un humble artisan, pour nous offrir ces 12 titres + 1 intro. À l’instar de son partenaire, la musique de J-Loe est très personnelle, et on reconnait sa patte dès les premières notes de « The One ». Et de fait, les chansons de Spooky Action sont dans la parfaite lignée de ce qu’il fait avec Sebadoh : le pendant plus punk et écorché du groupe, des petits brûlots pliés en 3 minutes, jamais dénués de mélodies subtiles ni de maitrise de la guitare. Le problème qui en découle, c’est qu’on pourra facilement en déduire que Loewenstein ne prend aucun risque, reste dans sa zone de confort et se contente de reproduire 12 fois la même formule. Pour ma part, mais c’est peut-être le fan qui parle, proposer un disque entier de titres aussi cool que ceux qui agrémentaient Defend Yourself, c’est déjà énorme. Et il faudrait vraiment jouer les fines bouches pour snober un plaisir pareil. Pire, une grande force que partagent les deux compères de Sebadoh, c’est que leurs chansons marchent encore mieux à rebours. Vous écoutez le dernier Sebadoh, vous laissez reposer et, un peu plus tard, vous vous rendez compte que vous avez encore pas mal de morceaux dans la tête. Quelque mois après, vous vous rendez compte que c’est un des meilleurs albums de l’année. Quelques années après, vous êtes forcé d’admettre que le groupe a encore lâché un classique qui vous suit au fil du temps. Aujourd’hui, Spooky Action n’est qu’un album très sympa que je prends un grand plaisir à écouter. Depuis quelques temps, je me rends compte que « Machinery », « Superstitious » ou « Hey Hey » me trottent inlassablement dans le crâne. D’ici décembre, il est fort possible qu’il se retrouve dans mon top 3 !...

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Les Breeders bientôt de retour à Paris

Les Breeders bientôt de retour à Paris

  Les Breeders viennent d’annoncer sur Facebook une série de dates européennes en octobre. Ils seront de passage à Paris le 27 à la Gaîté Lyrique. Le légendaire groupe 90s de Kim Deal travaille actuellement sur un nouvel album. Leur dernier passage en France s’est produit en 2013 lors de la tournée de reformation pour les 20 ans de Last Splash. JL...

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