The Madcaps – Slow Down

The Madcaps – Slow Down

Comme son nom l’indique, Slow Down, troisième album des Madcaps, a décidé de calmer le jeu. Leur pop teintée de garage, ou l’inverse, était presque toujours jouée à fond les ballons et destinée à s’écouter comme tel. Et bien, les temps ont changé. Non pas que les Madcaps soient désormais totalement méconnaissables, loin s’en faut, mais ils ont mûri (oh le vilain mot). Et il faut dire ce qui est, en intellectualisant un peu la chose, en lui ajoutant une coloration soul inattendue, ils nous ont pris par surprise et on s’est retrouvé un peu paumé. Là où le groupe brillait par ses mélodies qui restent immédiatement ancrées, ce Slow Down a le don de s’offrir à qui veut bien l’attendre. Bien sûr la fibre pop du groupe ne s’est pas volatilisée, mais les quelques morceaux qui rappellent irrémédiablement ses prédécesseurs (« No Friend Of Mine », « She’s So Hot ») et qui s’apprivoisent en une ou deux écoutes se révèlent finalement moins marquants. Et si quelques riffs très Stonesien (« Come », « Fair Enough ») viennent pimenter la partie, c’est bien quand les Madcaps s’éloignent de leur terrain de prédilection qu’ils nous attirent plus aisément dans leurs filets. Quand ils nous embarquent en Nouvelle-Orléans avant de s’offrir un final très blues 50s (« Slow Down ») par exemple, ou quand Thomas Dahyot s’essaie au spoken word (« Le Passe Muraille » tiré du roman du même nom de Marcel Aymé). Les cuivres sont plus présents que jamais, reléguant presque les guitares au second plan, et les synthés bien vintage font également une entrée remarquée (« Devil Monkey », la groovy « Chill Pants »). Il faut reconnaître un certain culot aux rennais de s’affranchir de leur recette fétiche qu’ils maitrisent jusqu’au bout des ongles, au risque peut-être de perdre en chemin ceux qui attendaient un album dans la même veine que l’imparable Hot Sauce. En résulte un disque qui a un peu le cul entre deux chaises, probablement entre le Madcaps d’hier et celui de demain. Reste à trouver le parfait équilibre. Sur le prochain ?...

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Concours – 2 places à gagner pour The Madcaps à l’Espace B

Concours – 2 places à gagner pour The Madcaps à l’Espace B

  D’ici deux semaines les excellents Madcaps seront de passage à l’Espace B (Paris). Les Madcaps, tu le sais, on en pense le plus grand bien, notamment parce qu’en un an d’intervalle, ils nous ont offert deux remarquables albums remplis de pépites garage pop (The Madcaps et Hot Sauce). Et aussi, parce qu’on a fait une interview fort sympathique et instructive avec Thomas Dahyot, leur chanteur-guitariste, cette année. Pour bien garder le rythme, ils ont déjà enregistré leur prochain disque, Slow Down, qui sortira en mars chez Beast Records, Howlin Banana et Bickerton Records. Un premier extrait « Chill Pants », délicieusement rétro, est sorti et clippé (cf ci-dessous). Pour patienter, tu peux venir guincher avec eux à l’espace B vendredi 16 décembre. Partenaire de l’évènement avec Voulez-Vous Danser ?, ExitMusik te fait gagner deux places pour y assister. Pour cela, rien de plus simple, envoie nous un mail avec tes nom et prénom à contact.exitmusik@gmail.com avec pour objet The Madcaps. Bonne chance ! JL   L’event FB. La soirée en détail avec Brace ! Brace ! et Bootchy...

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Kaviar Special – #2 (Howlin Banana)

Kaviar Special – #2 (Howlin Banana)

La recette dite « garage » est bien connue de tous. Les druides l’ont façonné avec grand talent à une époque qui nous parait aujourd’hui ancestrale. A tel point qu’en 2016 il faut faire preuve de justesse et de maitrise pour éviter de lui donner un arrière-goût rance et périmé dans le palais. Le savoir-faire de druides nouvelle génération pour retrouver la saveur d’antan a été salué à maintes reprises du côté de San Francisco, mais il semblerait qu’on marque un peu le pas actuellement sur la côte ouest américaine (le célèbre cuistot Segall, de peur de livrer une recette fade, en a trop mis dans son ragoût au point de le rendre indigeste). Qu’importe, sur la côte nord-ouest française (du côté de Rennes en particulier), on maitrise le sujet et on se refile les petits secrets de fabrication avec gourmandise. On s’échange même les cuistots (l’un deux vient de quitter les Madcaps pour Kaviar Special). Résultat on se retrouve avec des saveurs fort appréciables en bouche (« Starving », « Sleep Thoughts » à avaler en quatrième vitesse, « I Wouldn’t Touch You With A Stick », « Mad », « Yolove » pour siffloter en mangeant), toujours disséminées en petites portions (les 3’30 rudimentaires de cuisson ne sont presque jamais dépassées) afin de ne pas laisser poindre de lassitude. Certains ne resteront pas dans les annales (« Morning Light ») mais ils perpétuent la tradition, non sans respect et avec la petite touche personnelle du chef. Dans le marmiton des Kaviar Special donc, de la fuzz en grande quantité pour épicer suffisamment mais surtout une bonne dose de spontanéité, de dynamisme et de plaisir de cuisiner. Et y a pas de secret, avec ou sans Kaviar, quand un petit plat est confectionné avec amour comme celui-ci, on prend toujours plaisir à le déguster....

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Interview – The Madcaps

Interview – The Madcaps

On vous parle régulièrement des groupes de Howlin Banana, et désormais on n’est plus parmi les seuls à le faire. La renommée grandissante de ce label français garage pop est tout sauf imméritée et bientôt il faudra peut-être se battre pour décrocher une interview des Madcaps. Cette fois on a réussi, et ça valait le coup tant l’échange avec Thomas Dahyot, leur chanteur-guitariste, fut instructif et passionné.   « Je suis pas très bon à la guitare, j’ai aucune théorie musicale. Je vois ça comme une faiblesse qui est une force. Avec les contraintes tu écris des choses que tu aurais pas faites si tu as 50 000 possibilités… »   Vous venez de Rennes. Il y a une scène rock assez vivante en Bretagne, non ? Toute la Bretagne je sais pas mais Rennes c’est certain. Surtout depuis 4-5 ans il y a une chouette émulation, des groupes qui ont démarré, d’autres qui ont suivi. Y a eu une première vague, une deuxième, là une troisième avec des petits groupes qui démarrent, des mecs qui ont 17, 18 piges. Dans le milieu un peu garage rock c’est une grosse bande de copains, ça peut être aussi pas mal incestueux, pas mal de gens ont des groupes avec d’autres gens… C’est une ville très agréable à vivre pour son côté esthétique et culturel (beaucoup de concerts s’y passent) et pas mal de groupes avec une idée de scène quelque part. Pas que du garage, même si nous forcément ça nous touche un peu plus parce que c’est notre came mais tu vas y trouver de la pop music, des choses un peu plus électroniques… C’est assez bien pourvu.   Tu peux nous faire un peu de name-dropping ? Alors pour les gens de ce label, qui devient un peu un label rennais d’ailleurs, il y a les Kaviar Special qui sortent un album en avril et sont des bons copains, les Sapin qui vont sortir un album aussi, eux sont plutôt dans un espèce de country garage, les Kaviar Special plutôt dans un garage un peu plus punk. Toujours chez Howlin Banana, nous avons les Baston qui font un truc un peu plus psyché/shoegaze. Dans un registre un peu plus psychédélique les Sudden Death of Stars qui sont pas sur le même label. Y a les darrons aussi, les Bikini Machine qui ont plutôt genre 45 piges et qui eux sont ces derniers temps dans une espèce de soul music de blancs becs. Et puis les vétérans du garage, encore chez Howlin Banana : les Combomatix.   C’est cool ça nous fait pas mal de groupes à écouter… Pour parler un peu du petit dernier, Hot Sauce, il est super bien produit...

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The Madcaps – Hot Sauce (Howlin Banana)

The Madcaps – Hot Sauce (Howlin Banana)

Le monde a beau ne pas tourner bien rond en ce moment, les Madcaps ne dévient pas de leur trajectoire et continuent de délivrer à qui mieux mieux du bonheur en pack de 12. 12 vraies bonnes chansons, à la fibre pop affirmée, à la maîtrise éclatante, solidement mises en valeur par une production impeccable. Voici ce dont recèle ce Hot Sauce, deuxième album des rennais. Les 60s sont une fois encore dans tous les esprits, les chœurs sont joyeux et omniprésents. L’énergie est belle et non feinte. Ça m’embête de devoir le dire, de sans cesse ressasser le passé mais on a invariablement des références qui sautent à l’esprit. Vous savez les K..ks ou encore les B….es (indice : ce ne sont ni les Kooks ni les Bee Gees. Ouf). Voilà on ne les a pas cités mais on y a songé très fort. Les mélodies bien troussées se succèdent sans baisse de régime à déplorer. Fourbe et décontract’ (« Taco Truck »), se prélassant sur fond de guitares paresseuses (« Too Afraid To Give Up »), ou au contraire branché sur le mode pile électrique (« Crack Me Up »), les plaisirs sont variés et le groupe a dû être bien emmerdé pour déterminer le single à mettre en avant tant l’ensemble est homogène. « Rainy Days » y va, elle, de sa petite ritournelle implacable avant de s’offrir un final décapant, toutes guitares dehors. Nouveauté au programme, par rapport au déjà remarquable premier album, des cuivres remarquées qui se font une place intelligemment au royaume du refrain qui tue (le solo de « Taco Truck »). L’affaire se boucle sur une note tout aussi heureuse avec « Walking Back Home » et sa ligne de basse caressante, son refrain à chanter sous la douche ou sous un marronnier, dans sa bagnole ou dans un métro bondé. Y a pas de mystère, si ce Hot Sauce est parvenu régulièrement à se frayer un chemin jusqu’à nos oreilles, alors que depuis 10 jours on était fortement tenté de se retaper (avec délice mais de façon un brin monomaniaque) la discographie d’un seul et même artiste, c’est bien qu’il est sacrément cool. Alors on applaudit des deux mains les cuistots et on réclame son supplément de sauce piquante....

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