Interview – La Rumeur

Interview – La Rumeur

La Rumeur, groupe qui milite depuis le début (aux antipodes de ces groupes de merde qui ont déçu… on vous laisse finir*), s’est fait assez discret musicalement ces dernières années, pour mieux se diversifier et se consacrer à de nouvelles activités qui lui tiennent à cœur, en premier lieu desquelles le cinéma. Mais le groupe n’a rien perdu de sa hargne et porte toujours un regard attentif et éclairé sur notre société. Peu de temps avant d’enflammer un New Morning blindé et acquis à sa cause, nous avons discuté avec Philippe – aka Le Bavar – qui a toujours des choses à dire et les déclame posément avec la sagesse d’un ancien. Et avec un sens du teasing certain, il s’est laissé aller à quelques confidences… “Le rap, ça reste des textes à écrire. Même les mecs qui font les gangsters dans leurs textes, t’inquiète pas qu’ils se sont pris la tête derrière une feuille et un stylo, à écrire. Ça, c’est pas une image de gangster ! (Rires)” Tout Brûle Déjà est sorti il y a huit ans. Depuis, les membres de La Rumeur ont sorti trois films (Les derniers parisiens, L’enkas et K contraire), un livre (Il y a toujours un lendemain, coécrit par Ekoué et Hamé), ça signifie que la musique est passée un peu au second plan pour vous ?Non, car depuis on a sorti Les inédits 2 en 2013, Les inédits 3 en 2015, ce qui nous a permis de ne pas mettre la musique totalement de côté. Effectivement, les activités qu’on a à côté sont chronophages et sortir ces disques ça nous permettait aussi de nous tester musicalement hors album. C’est notre façon de faire nos mixtapes. C’est moins conceptualisé et promotionné mais on s’est retrouvé à faire des morceaux assez instinctivement qu’on kiffe et qui se retrouvent même sur scène. Au-delà de ça, même s’il y a eu peu de nouveautés dans notre discographie, nos concerts sont toujours pleins. La musique reste le cœur de notre activité, le noyau dur de La Rumeur, c’est le son. Le rap, le hip hop, c’est comme ça qu’on est rentrés dans le milieu et c’est autour de ça qu’on continuera à évoluer. J’imagine que vous avez continué à écrire en parallèle. Vous n’avez pas brutalement arrêté.Ouais, on écrit quand on peut, quand on a le temps. On a des vies de famille, c’est compliqué aussi. On n’est plus des teenagers comme quand on a commencé le rap et qu’on n’avait que ça à faire (rires). Oui, on écrit, un peu moins intensément et Ekoué et Hamé ont diversifié le champ de l’écriture à travers les scénarios de films ou les livres. Quand vous avez lancé...

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Spike Jonze va sortir un documentaire sur les Beastie Boys

Spike Jonze va sortir un documentaire sur les Beastie Boys

Après la géniale(ment barrée) autobiographie Beastie Boys Book coécrite par Ad-Rock et Mike D, c’est un documentaire qui viendra célébrer la carrière de ce groupe incroyable, près de huit ans après la mort d’Adam Yauch aka MCA qui a conduit le groupe à un irrémédiable split. Réalisé par Spike Jonze (Dans la peau de John Malkovich, Her…), Beastie Boys Story sortira le 24 avril prochain sur Apple TV. C’est ce même Spike Jonze qui avait réalisé le clip de leur plus gros tube “Sabotage”. Un court teaser du documentaire a été dévoilé. Ça suffit pour donner envie… Tous nos articles sur Beastie...

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Un nouveau projet rap/rock pour Casey

Un nouveau projet rap/rock pour Casey

Artiste sans concession et plume unique du rap français, Casey n’avait pas donné de nouvelles d’elle depuis quelques temps, son dernier projet Asocial Club avec Prodige, Vîrus et DJ Kozi remontant à six ans déjà. Son grand retour s’effectuera sous l’étendard Ausgang, qui mêlera rap et rock, en compagnie de Marc Sens (guitare/basse, déja membre de Zone Libre qui avait sorti deux albums remarquables avec Casey et Hamé puis Casey et B James), Manusound (machines/basse), et Sonny Troupé (batterie). L’album Gangrene sortira le 6 mars. Un premier extrait “Chuck Berry” sera dévoilé le 7 février. Voici un teaser pour patienter. Trois concerts sont déjà prévus en France : 17 mars @ La Maroquinerie, Paris (75) 18 mars @ Festival Pink Paradise, Toulouse (31) 19 mars@ Le Jack Jack, Lyon...

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Gang Starr – One Of The Best Yet

Gang Starr – One Of The Best Yet

(Gang Starr Enterprises, 1 novembre 2019) Il est temps d’enfiler de nouveau le bleu de chauffe. Hors de question que le dernier Gang Starr, déjà tristement (injustement ?) absent de mon top, ne figure pas non plus à la case chroniques d’Exit.  D’autant qu’il revient d’assez loin celui-là. Certains éléments laissaient craindre le pire. Un Gang Starr nouveau neuf ans après la mort de SA voix Guru et 16 ans après leur dernier bijou, The Ownerz, ça sentait mauvais le raclage de fonds de tiroir. Le nom de l’album (reprenant le fameux sample de “Full Clip”) ainsi que l’intro medley de leurs meilleurs morceaux n’étaient pas non plus de nature à rassurer.  Mais il faut surtout voir là un hommage de DJ Premier à son pote et comparse de quinze ans de carrière avant que l’eau ne coule sous les ponts et que la faucheuse ne les sépare définitivement. Et il faut croire que les tiroirs de Preemo (en réalité, ceux de Solar pour qui Guru avait initialement réalisé les enregistrements entendus ici) recèlent de merveilles inexploitées. Certaines viennent ainsi rejoindre d’emblée leur glorieuse descendance. C’est le cas de “Lights Out” et son instru totalement obsédante avec un M.O.P remonté comme une pendule, ou “Family And Loyalty” et sa petite boucle de piano mélancolique on ne peut plus appropriée au message délivré (on y reviendra).  De Famille et Loyauté, il est question puisque de nombreux MCs de renom (voire de légende) viennent prêter main forte à l’hologramme vocal de Guru. Q-Tip plante un refrain de grande classe qui donne une tout autre dimension à un “Hit Man” assez classique, “From A Distance”, renforcé par un Jeru The Damaja en forme olympique, s’impose en classique immédiat. Et il est tout à fait jouissif d’arpenter une dernière fois le ghetto new-yorkais aux côtés de Guru accompagné par un Talib Kweli qui s’y connait un peu sur la question “Business Or Art”. Quant à l’instru tendue de “Take Flight (Militia, pt 4)”, elle colle impeccablement à l’équipe de teigneux résolument offensifs recrutés pour l’occasion (Big Shug et Freddie Foxxx).  Regrettons tout de même un “Get Together” qui aurait pu être de très bonne tenue s’il n’était plombé par un refrain RnB bien vilain et inapproprié (on n’applaudit pas Ne-Yo pour sa contribution alors que la rappeuse Nitty Scott fait, en revanche, preuve d’un aplomb et talent certains). Globalement cela demeure donc du haut, du très haut niveau. Et quel bonheur d’entendre à nouveau retentir le flow de master Guru sur les instrus de son compère historique (on n’a rien contre Solar mais clairement la vraie team de tueurs c’est bien celle-ci et il était presque incongru de voir Guru collaborer avec un...

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Pitchfork Music Festival Paris, du 31/10 au 02/11/19

Pitchfork Music Festival Paris, du 31/10 au 02/11/19

Référence incontournable de la presse musicale anglo-saxonne, Pitchfork qui s’autoproclame “the most trusted voice in music” faisait autrefois la pluie et le beau temps dans le petit monde de l’indie rock. Capable de faire et défaire de nombreux groupes du genre, Pitchfork a bien changé depuis les années 90. Et aujourd’hui, le festival qui se tient tous les ans à Paris est à l’image du média : très tourné vers les “musiques actuelles”, à savoir le hip hop/rnb et la musique électronique (il n’y a qu’à voir leur top de la décennie pour s’en convaincre)… mais avec encore un œil sur le rock indépendant. Les trois jours du festival étaient ainsi axés chacun sur l’un de ces trois genres. Avec toujours un souci d’exigence certain et, forcément, de beaux moments à la clé. Jeudi 31 octobre © Neige Bousson S’il y a bien un groupe sur lequel il fallait s’attarder en ce premier jour de festival, c’est bien Yussef Dayes. Batteur et percussionniste de talent, Yussef Dayes a décidé de se lancer “en solo” après de belles collaborations, notamment aux côtés de United Vibrations et Yussef Kamaal. Présenté par beaucoup comme le renouveau du jazz, il fait preuve en effet d’un groove impeccable et enivrant sublimé par le producteur Alfa Mist, le bassiste Rocco Palladino et le guitariste Mansur Brown. Un sens du rythme bluffant (s’inspirant des tonalités et rythmes jazz des années 70, de la bossa nova et même du dubstep) et une prestation envoûtante, un véritable coup de cœur ! On ne peut pas en dire autant de Hamza, visiblement content d’être là mais peut-être pas suffisamment mûr pour la scène. Déception également du côté d’Ateyaba, très peu impliqué, sans doute pas tout à fait sobre (doux euphémisme) et adepte du playback… La tête d’affiche du jour, Skepta, aura en revanche parfaitement tenu son rang en déployant une énergie impressionnante et une technique irréprochable, suscitant quantité de pogos dans une foule qui n’avait d’yeux et d’oreilles que pour lui. Jonathan Lopez, Neige Bousson & Melina Ferrante-Giovannoni Vendredi 1er novembre Deux très gros morceaux nous attendaient lors de la “soirée rock” avec d’abord Primal Scream à 20h pile. Les lumières s’éteignent sur une grande salle curieusement à moitié vide, lorsque Bobby Gillespie débarque dans un costume rose fuchsia à faire pâlir Jarvis Cocker, pour un set de 40 minutes de tubes. Petit concert donc petite formation, mais même à 4, les Primal Scream partent au combat comme s’il allaient jouer deux heures à Hyde Park. Bobby saute, Bobby danse, Bobby fait du tambourin et Bobby fait un parcours sans faute sauf lorsqu’il tend son micro à la foule qui y met autant de bonnes volonté qu’un banc de...

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