RIP Prodigy (Mobb Deep)

RIP Prodigy (Mobb Deep)

  Le Hip Hop new-yorkais perd l’une de ses légendes, Prodigy de Mobb Deep est décédé aujourd’hui à l’âge de 42 ans. Aux côtés d’Havoc, tous deux originaires de Queensbridge, ils fondent Mobb Deep au début des années 90. Ils marqueront l’histoire du rap avec les indispensables The Infamous et Hell on Earth, qui contiennent une flopée de titres devenus classiques comme « Shook Ones Pt.II » et « Survival of the Fittest ». Il signe également H.N.I.C, son 1er solo, en 2000. Plus intime, il y parle notamment de la drépanocytose, une maladie dont il est atteint et contre laquelle il lutte depuis son plus jeune âge. Il se pourrait bien que cette maladie soit la cause de ce décès tragique mais il est encore trop tôt pour le dire… Il avait été hospitalisé quelques jours plus tôt à Las Vegas à la suite d’un concert. RIP...

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« République », premier extrait de circonstance du nouvel album de La Canaille

« République », premier extrait de circonstance du nouvel album de La Canaille

  Le 11 août 1973 est une date charnière de l’histoire du hip hop. Ce jour-là DJ Kool Herc organisait à New York la première block party et posait les fondements du genre. 11.08.1973, c’est le nom du 4e album de La Canaille à paraitre le 9 juin prochain. Le successeur de La Nausée comportera 11 titres où l’on retrouvera JP Manova, Mike Ladd et Lucio Bukowski aux côtés de Marc Nammour. Mais ce dernier ne pouvait pas attendre davantage pour dévoiler un premier extrait de son nouveau disque. A la veille d’un désespérant second tour des présidentielles, il s’est dit que c’était le moment opportun de nous donner à entendre ce premier single où il exprime sans détour son dégoût pour cette « répugnante République ». Grand bien lui a pris, en ces temps troubles, du bon rap politisé c’est exactement ce qu’il nous faut. JL...

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Sleaford Mods – English Tapas

Sleaford Mods – English Tapas

La délation c’est pas notre genre. Mais chez Sleaford Mods, sans vouloir balancer, il y en a quand même un qui se déchire pendant que l’autre se gratte les bollocks. Jason Williamson cherche des thèmes sur lesquels cracher, puis éructe dans le micro sans ménager ses efforts, y rajoute même une touche mélodique en chantant sur certains passages. Simon Parfrement, lui, a le bon rôle. Il cherche des instrus, et une fois trouvées les mémorise sur son ordi, pour ne plus avoir qu’à « double cliquer » ensuite pour les lancer. Tranquille Emile. Bien sûr on caricature (encore que..) mais le contraste est tel sur scène qu’on ne peut s’empêcher d’y repenser à l’écoute de cet English Tapas qui, à quelques exceptions près, sonne comme chacun de ses prédécesseurs. Et l’ami Simon n’y est pas totalement étranger. Car, si Williamson trouve encore de bonnes formules qui percutent et les répète à l’envi (« trip to Spar is like a trip to Mars », « Pisshead knocking out half-cut ideas/Pretentious little bastard on social medias »), s’il en fout plein la tronche aux réseaux sociaux (« Just Like We Do ») ou aux patrons voyous (« B.H.S. »), Parfrement ne se démène pas outre mesure pour marquer les esprits, au-delà de son bon vieux post punk minimaliste qui tourne en boucle. Signalons quelques efforts tout de même : « Time Sands », moins énervé, qui joue sur les ruptures de beat et sur une basse plus flemmarde que rentre dedans, « I Feel So Wrong » et ses atours funkisants, « Dull » et son piano (?) qui apporte un brin de changement dans ce paysage outrageusement dominé par la basse et le beat. Mais il faut quand même bien gratter pour trouver un peu de variété à ces tapas anglaises qui ont toutes plus ou moins le même goût. Comme sur Key Markets. La recette est maîtrisée, elle nous plaisait bien et on l’aime toujours mais à l’avenir il va falloir trouver de nouveaux ingrédients sinon, à force, on va préférer se tourner vers d’autres cuistots....

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IAM – L’École Du Micro D’Argent

IAM – L’École Du Micro D’Argent

Dans quelques années quand on parlera de rap français à nos gosses, ils auront peut-être du mal à croire qu’auparavant les rappeurs déblatéraient dans le micro avec leur vraie voix sans avoir recours à des artifices dégueulasses, que ce qui les animait était de dépeindre la vie telle qu’ils la percevaient et telle qu’elle était vécue par des milliers de banlieusards n’ayant pas accès à la même exposition qu’eux. D’être la voix des sans voix comme le veut l’expression consacrée. Ils nous regarderont peut-être les yeux écarquillés quand on leur dira que ces mêmes rappeurs étaient médiatisés uniquement pour la qualité de leurs textes et non pas pour leurs frasques ou marques de sapes. On ne sera alors pas peu fier de leur dire que nous étions là il y a 20 ans pour vivre l’arrivée d’un monument du rap francophone. On leur foutra « Demain, C’est Loin » dans les oreilles et ils comprendront que tout est vrai. En 1997, IAM, étendard du rap marseillais sort donc ce qui reste à ce jour son chef-d’œuvre inégalé. Jusque-là il était respecté pour son statut de pionnier, justifié par deux premiers albums de qualité et un tube pour faire les cons en soirée (« Le Mia »). Les promesses sont là mais on ne s’attend quand même pas à un tel coup de maître. Avec L’école Du Micro D’argent, IAM déploie l’artillerie lourde. Tout pour plaire. Des instrus travaillées comme jamais, Imhotep et Kheops partent en quête du sample qui tue sillonnant les films, disques soul, funk et nous pondent des instrus comme on n’en avait jamais entendues de ce côté-là de l’Atlantique. C’est d’ailleurs en partant enregistrer une partie du disque à New York, mecque du rap underground, que les marseillais vont chercher l’inspiration. Dès le morceau titre en ouverture et son instru terriblement entrainante, on s’en prend plein la face. Parés pour la bataille. Les amateurs du Wu-Tang Clan ou de Mobb Deep auront droit à leur petite hallucination se disant qu’on n’est pas si mal en France. Au niveau des textes on n’est pas si mal non plus. Les MCs déploient un style tout terrain avec une plume aussi à l’aise dans l’égotrip pur et simple (« Un Bon Son Brut Pour Les Truands ») que dans le fait divers glaçant dépeint avec un réalisme froid (« Un Cri Court Dans La Nuit »). Le grand public découvre que le rap n’est pas qu’un truc de banlieusards pour les banlieusards. Une science de la rime, des textes d’une intelligence rare à même de parler à chacun de nous. Pas aussi intello qu’un MC Solaar, pas aussi radical que NTM ou Assassin, les marseillais ont leur créneau et livrent là « une musique pas faite pour 5...

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5 chansons, 5 disques par James Delleck

5 chansons, 5 disques par James Delleck

Dans le paysage du hip hop français, il y a peu d’artistes aussi atypiques que James Delleck. Ayant fait ses classes au milieu de la scène rap des années 90, le MC est principalement assimilé au mouvement dit alternatif qui a remué dans les années 2000 un genre musical qui commençait à s’enfermer dans un conformisme désolant. C’est à la table d’un bistrot parisien que nous avons pu le rencontrer pour parler de 5 de ses chansons et de 5 de ses albums préférés. Tellement atypique, d’ailleurs, qu’il nous en a proposé 6 !   5 Chansons   1-Ne Sois Pas Triste (L’Atelier – Buffet Des Anciens Élèves – 2003) J’ai un peu hésité pour choisir un morceau du disque plutôt qu’un autre. Sur L’Atelier, y a des histoires. Tu tombes pile sur le truc que pas grand monde connait puisqu’on nous a pas forcément demandé, on n’a pas spécialement communiqué là-dessus. En tout cas, en faisant l’album on s’est donné une espèce de dogme avant de commencer. On essayait de ne pas savoir ce qu’on allait faire en se voyant, et le lendemain matin il fallait qu’il y ait un morceau. C’est pour ça que ça s’appelle « L’Atelier ». On a vraiment pensé ça comme un atelier d’écriture, on a même des fois pris des bouquins, fait de l’écriture automatique… Il y a aussi des morceaux qui ont des sons pourris, une game boy, il y en qui sont plus ou moins produits. En tout cas, la règle était qu’on se voyait le soir chez Para One, on savait pas sur quoi on allait écrire, que ce soit en terme de musique ou en terme de thème et le lendemain matin, il y avait un morceau. C’est ce qui donne une fraicheur à cet album-là. Sur certains titres, il y en a un qui s’en sort mieux que les autres parce qu’il était moins fatigué, plus engagé, plus inspiré, et du coup je trouve que ça donne quelque chose d’assez brut, d’assez rough. Et de plus touchant, justement grâce aux imperfections qu’il pouvait y avoir. La blague, c’est qu’une fois qu’on les a enregistrés, on ne les a pas réécoutés jusqu’à la sortie du disque. On n’a fait aucune reprise, aucune retouche.   Même pour la production ? Il y avait du taf de production à partir du moment où il y avait un travail sur les instrus. Celui qui s’en chargeait faisait une première trame puis réécoutait, évidemment. Mais pour les voix, c’était one-shot. Et on n’a pas réécouté avant que le disque ne parte. Les trois à être aux manettes, c’était Para, Tacteel et moi, mais surtout Para et moi pour les sessions, puisqu’on enregistrait des trucs chez lui et...

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