Gruntruck – Gruntruck

Gruntruck – Gruntruck

Et voilà je suis retombé dedans. La scène de Seattle s’était pourtant rappelée à mon bon souvenir uniquement avec la nouvelle tragique du décès de Cornell cette année. Pas de nouveau Mudhoney*, pas de tournée de Pearl Jam… Bon il y a eu du Melvins certes mais pas de raison d’outrepasser ma ration annuelle de 6300 écoutes de « grunge », nécessaire à mon bon fonctionnement. Et puis, voilà que débarque un « nouveau » disque d’une des figures méconnues de cette scène, Gruntruck, que j’avais inexplicablement ignoré jusque-là. Gruntruck qui n’est plus en activité, Gruntruck dont le chanteur est mort (jusque-là ça colle plutôt bien avec la plupart de ses voisins bruyants) mais Gruntruck qui vient de publier, grâce à MONSIEUR Seattle sound, Jack Endino, qui l’a ressorti de ses cartons, un album d’inédits qui répond au doux nom de… Gruntruck. Jack Endino qui, on l’espère, aura un jour une statue pour ce qu’il a apporté à la musique, voire à l’humanité. Gruntruck, donc, comblera de bonheur ceux qui sont sensibles à l’équation cheveux longs et sales, riffs gras et envolées vocales. Le riffeur en chef n’est autre que Tommy Niemeyer, ex-The Accüsed et autant dire qu’il connait son métier. Le gueulard en chef n’est autre que feu Ben McMillan (ex-Skin Yard, premier groupe de… Jack Endino) et autant dire qu’il n’est pas avare en mélodies vocales de haut vol. Vous savez tout, ne vous reste plus qu’à succomber aux refrains imparables de « War Flower », « Bar Fly », « Trip », prendre votre pied sur les riffs violents et maladifs de « It’s Alright », « Spy », « Noise Field », à vous demander pourquoi Ben McMillan n’est jamais cité au panthéon des grandes voix de Seattle (il est vrai qu’il y a concurrence féroce), et surtout pourquoi donc vous n’aviez jamais posé une oreille sur ce groupe remarquable ! Ce Gruntruck qui rassemble des titres inédits écrits entre 1997 et 2003 mérite tout sauf l’appellation de recueil de fonds de tiroir, ou alors on meurt d’envie de connaitre ce qu’il y avait d’autre dans leurs tiroirs. Si l’évocation des noms d’Alice In Chains, Soundgarden, Tad, Screaming Trees vous fait tressailler de bonheur et que vous ne connaissiez pas les premiers albums du groupe, il y a fort à parier que vous pouvez vous ruer sur ces derniers. En tout cas, moi, c’est ce que je m’empresse de faire. JL *mais on va bien se rattraper l’an pochain...

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Mudhoney : un live et un nouvel album en 2018

Mudhoney : un live et un nouvel album en 2018

Mudhoney nous avait privé l’an passé d’une date en France alors qu’ils avaient gratifié de nombreuses villes européennes de leurs prestations enflammées. Séchez vos larmes, une session de rattrapage nous est offerte avec LiE, Live in Europe, qui sortira le 19 janvier prochain en vinyle et digital chez Sub Pop et PIAS. Une année qui commencera donc sur les chapeaux de roue et se poursuivra avec la sortie de leur nouvel album dont la date n’est pas encore connue. De quoi fêter dignement leurs 30 ans de carrière ! Voici le tracklisting : Side A 1. Fuzz Gun ‘91 (Primosten, Croatia – from Every Good Boy Deserves Fudge) 2. Get Into Yours (Berlin, Germany – from Mudhoney) 3. Poisoned Water (Primosten, Croatia – from Tomorrow Hit Today) 4. The Final Course (Malmo, Sweden – from Vanishing Point) 5. What to Do With the Neutral (Malmo, Sweden – from Vanishing Point) 6. I’m Now (Malmo, Sweden – from The Lucky Ones) Side B 7. Judgement, Rage,Retribution and Thyme (Vienna, Austria – fromMy Brother the Cow) 8. I Like It Small (Oslo, Norway – from Vanishing Point) 9. Suck You Dry (Malmo, Sweden – from Piece of Cake) 10. Editions of You (Ljubljana, Slovenia – from the “Butterfly Stroke” 7” and the March to Fuzz comp) 11. Broken Hands (Ljubljana, Slovenia – from Every Good Boy Deserves Fudge)   Et un premier extrait « Judgement, Rage, Retribution and Thyme » JL   LIRE L’INTERVIEW DE MUDHONEY LIRE LA CHRONIQUE DE EVERY GOOD BOY DESERVES FUDGE LIRE LA CHRONIQUE TOMORROW HIT...

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METZ – Strange Peace

METZ – Strange Peace

Pour la première fois, METZ a choisi un nom pour son album (non, parce que II on peut pas appeler ça un nom, faut pas déconner non plus). Un nom qui a de quoi surprendre. Strange Peace de la part de cette bande de brutes épaisses c’est pour le moins… strange. D’autant qu’à l’écoute du disque on a beau chercher, on trouve difficilement une once d’accalmie dans les assauts des bûcherons canadiens. Au début du moins. METZ tronçonne, METZ ravage, METZ détruit. Et on subit. Après trois morceaux METZ pur jus, voilà un peu de répit. Un peu de nouveauté aussi, ouf. Car il faut bien le dire, à part quelques riffs bien saignants (« Drained Lake », « Cellophane ») qui viennent épancher notre soif de violence, le schmilblick messin n’avance guère et les mêmes interrogations demeurent. Oui ce groupe sait faire du bruit, du bon boucan même, mais les mélodies se font toujours trop rares, noyées sous les décombres et pas spécialement mémorables. En cela, la comparaison avec Nirvana qui leur colle aux basques depuis leurs débuts n’est guère judicieuse. Pourtant le groupe s’est payé les services de Monsieur Steve Albini ce qui n’a rien d’illogique vu que tous les groupes qui font du rock bruyant ont dû lui envoyer leur CV un jour ou l’autre. Et sans surprise, la rencontre est des plus probantes, le son respire, bien percutant et brut de décoffrage comme il faut. Comme à son habitude, le père Steve a dû laisser le champ libre à ses poulains qui, on l’a dit, se sont un peu lâchés sur quelques morceaux. Saluons à ce titre cet essai post punk même s’il ne restera pas dans les annales (« Caterpillar »), qui n’est pas sans rappeler leurs compatriotes de Preoccupations (ex-Viet Cong), la curieuse « Sink », bien moins énervée mais trop monotone ou la conclusive « Raw Materials », peut-être la plus ambitieuse du groupe à ce jour qui fourmille d’idées, de riffs nerveux et s’achève dans un fatras de tous les diables. Ça a dû plaire à Albini. Dans des registres plus communs, il faut reconnaitre que « Common Trash » qui ne s’embarrasse d’aucune espèce de retenue ou la punky « Dig A Hole » font également le boulot. Bien salement. A l’heure des conclusions, soyons simples et concis. A la METZ. Est-ce qu’on passe un bon moment quand on écoute Strange Peace ? Oui. Est-ce qu’on a souvent envie de le réécouter ? Non, sauf si on a des accès de violence. Est-ce qu’on veut entendre ces nouveaux titres en live ? Oui c’est tentant. Est-ce qu’on réécoutera ce disque dans 10 ans ? Rien n’est moins sûr....

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Sollomon Hollow – Sollomon Hollow EP

Sollomon Hollow – Sollomon Hollow EP

Nostalgique des vacances ou besoin d’évasion ? Nous avons la bande son idéale pour une petite virée en voiture. Artiste solo originaire de Petaluma en Californie, Sollomon Hollow a sorti son premier EP éponyme fin juillet. Il nous propose un format court post-grunge avec une production brute et épurée, tout en livrant des mélodies efficaces. Dès l’entame du disque, il nous emmène en ballade sur les routes californiennes avec « Joy ride ». Le voyage se poursuit avec « Cheese » et sa fin grungy, sa voix éraillée qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Kurt Cobain. Nous roulons ensuite tout en douceur avec « Young Skin » avant d’arriver à la perle de l’album « Reunion (Josh/Bay Street) », parfait condensé du talent de l’artiste écorché et de son sens de la mélodie. Arrivée à destination avec « Small Town Cops » teintée de pop music qui vient conclure ce premier EP très prometteur. Malgré quelques transitions abruptes cet EP a le charme d’un premier essai réussi, il ne reste plus à Sollomon Hollow de le confirmer avec ses prochaines compositions. Keep on rocking Sol’ AD Sollomon Hollow by Sollomon...

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Come – Eleven : Eleven

Come – Eleven : Eleven

Les années 90 ont leur lot de groupes mythiques, de destins tragiques… et de grands groupes restés dans l’ombre. Come est de ceux-là. En 1992, le quatuor de Boston sort son premier disque, petit bijou de noirceur, dans un relatif anonymat. Et pourtant… Pourtant, dès les premières notes de « Submerge », nous voilà happés par ce disque, sombre au possible, qui ne desserre jamais l’étreinte. Maintenant que vous êtes au parfum, Eleven:Eleven est un disque qui va faire de votre vie un enfer, développant très vite une grandissante obsession. Come déploie un blues rêche, animé par des guitares tendues et le chant habité, profondément sincère, de Thalia Zedek. Le jeu toujours très juste d’Arthur Johnson à la batterie souligne parfaitement les instants d’accalmie en eaux marécageuses. « Just relax, just relax » insiste Thalia sur le refrain qui hausse le ton, mais le couperet n’est jamais loin. Le couperet c’est parfois un bon gros riff bien lourd comme celui qui ouvre « Dead Molly » avant de sortir de sa botte un pont anesthésié (on pense aux Pixies quand ils bluffent). Et d’envoyer tout cela valser gaiement (on pense aux Pixies quand ils envoient tout valser). On cite les Pixies mais Come partage finalement peu de points commun avec le groupe légendaire, si ce n’est sa provenance de Boston et un goût pour l’indie rock dissonant. Pour le reste, il faut plutôt creuser du côté de groupes moins pop, plus mélancoliques. Mais s’il est vrai que Come évoque de ci de là quelques groupes qui lui sont contemporains (ajoutons Screaming Trees ou Mad Season dont l’unique – magistral – album est toutefois sorti après), et satisfait ainsi notre besoin de filer des points de repère aux badauds qui passeraient par là innocemment, le groupe réussit finalement la prouesse de se démarquer en imposant un son qui n’appartient qu’à lui. Grâce notamment à la présence de tous les instants de Zedek, entre rage à peine contenue et fragilité désarmante, incarnant à merveille l’univers tourmenté de Come. Mais Zedek sait aussi s’effacer pour laisser les guitares faire la conversation. Comme lorsque la sienne et celle de Chris Brokaw (également batteur au sein de Codeine, groupe slowcore non moins indispensable) dialoguent à propos des ténèbres dans une intro instrumentale de 3 minutes avant de mettre les voiles en territoire grungy (« Off To One Side »). On frise l’excellence une fois de plus mais difficile cependant de sortir un morceau plutôt qu’un autre tant l’album cumule avec indécence les titres essentiels (ajoutons aux précédents la lente déchéance implacable de « Brand New Vein », « Orbit » et son refrain vénéneux ou encore la bombe à fragmentation « William »). L’album fait l’effet d’un bloc très compact, cohérent qui embarque l’auditeur dans un récit diaboliquement...

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