The Mystery Lights @ La maroquinerie (Paris), 15/10/19

The Mystery Lights @ La maroquinerie (Paris), 15/10/19

© Ryad Jemaa Pour ceux qui n’ont pas lu la chronique de Too Much Tension! des Mystery Lights, je la fais courte. Nos new-yorkais (d’adoption) ont tout des sympathiques dilettantes à qui on peut à peu près tout passer… Tout cela est vrai mais attention, quand ils s’y mettent, ils sont capables d’écrire les mélodies parmi les plus catchy de la scène garage actuelle. Alors, les voilà donc de retour à la Maroquinerie après quelques années d’attente. Le line-up a très légèrement changé en la présence d’une claviériste blonde platine. Pour le reste, nous avons toujours nos amis, Mike, Zach, Luis et Alex. La salle est pleine ou presque et les mystérieuses lumières attaquent avec “Tired Of Livin In The City”, instant-classic. Moi, tout dévoué à ma cause, je ferai la grosse première moitié du concert juste devant la scène. Ça tabasse bien. Ça slamme (le frontman cédant lui-même à la tentation). Tout va bien. Il fait 40°C. Mike Brandon est toujours monté sur ressorts, Zach Butler depuis sa batterie est toujours le pourvoyeur de tequila pour le groupe entier, Luis Solano concentré sur ses volutes 60’s et Alex Amini assurant une solide ligne de basse. La suite du concert est un maelström de morceaux tirés des deux magnifiques LP. Le groupe enchaîne titres rapides (“Thick Skin”, “Traces”…), passages plus poppy (“Too Many Girls”, “Someone Else Is In Control”…), quelques respirations low tempo (“Watchin The News Gives Me The Blues”, “Too Tough To Bear”) et “retour au garage” (“Intro”/”Follow Me Home”, “Too Much Tension”). On en redemande ! Approchant de la fin du concert, ils nous mettent au défi de trouver le titre dont ils font une méchante cover. Je n’ai pas trouvé. Puis… puis… ils reprennent “Dead Moon Night” de Dead Moon et là, on sent que l’éthanol fait effet, 10 minutes de grand n’importe quoi de génie, d’échanges d’instrus dans tous les sens, le batteur manque d’éborgner le guitariste d’un lancer de drumstick, les ups and downs plus ou moins sous contrôle se succèdent pour faire le lit d’un final apocalyptique. OUCH ! © Ryad Jemaa Un tour au merch me fait sourire. Tellement dans l’esprit TML (The Mystery Lights) : le choix entre un T-shirt rouge marqué TML au lettrage aussi original qu’un Arial de base et un… T-shirt blanc TML/Arial tout pareil. Ils ont dû se réunir au moins 5 minutes pour causer design. Pas leur truc… Par contre, ils viennent faire un tour serrer des pinces, signer les LP et discuter bien volontiers. Mike est le genre de gars qui vous donne l’impression qu’il vous reconnaît et est aux anges de vous revoir. Zach court dans tous les sens pour trouver un stylo et...

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Ty Segall @ La Cigale (Paris), 09/10/19

Ty Segall @ La Cigale (Paris), 09/10/19

Nous ne sommes pas peu fiers de cette photo de grande qualité. Une Cigale presque pleine par cette belle soirée d’été indien pour accueillir Ty Segall en tournée pour son nouvel album First Taste. Deux dates à Paris avec le même principe, jouer entièrement ce petit dernier et jouer ensuite entièrement un album passé, en l’occurrence Manipulator pour ce qui est de ce soir. Une bien belle salle pleine de charme, dans laquelle je démarrerai la soirée “en fond de cours” juste derrière la fosse pour migrer ensuite vers sans doute la meilleure vue plongeante qui soit, tout à l’avant du balcon. L’excellent Freedom Band, attaque donc la première plage de First Taste et au bout d’une minute trente, Ty Segall dépose sa gratte et vient s’installer à la deuxième batterie installée sur scène et attaque le solo de mi-morceau. Ça démarre fort. Il nous fera le coup 15 fois dans la soirée, sans jamais lasser. En fait, c’est un grand batteur (NdRC : et on l’avait déjà constaté sur Fuzz !) capable d’une synchro millimétrique avec son drummer en titre. Un peu plus tard, un type à côté a la même réflexion que moi sur l’attaque de “The Faker” : “Mais c’est du Gary Glitter !” Le dernier album gagne énormément en live. “The Fall”, “I Worship The Dog” et “The Arms” sont littéralement des murs du son ! Côté fosse, ça commence à bouillonner, on atteint rapidement les 10 slams par morceau. Moment de complicité avec le père Ty : un mec monte sur scène et se redresse pile à une fin de morceau, un ange passe, Ty sourit et sauve la mise au type en attaquant la suite. Manipulator donc, fait sur mesure pour être joué en intégralité. Fieffé coquin, Ty Segall joue “Feel”, le morceau phare, tout en retenue – cordes légèrement étouffées, mid tempo – comme pour mieux encore engendrer notre frustration et notre envie d’en découdre. Les trois grattes, dont une excellente acoustique tout le long ou presque, la basse énorme, le clavier qui gagnerait à se lâcher un peu mais a eu ses moments de grande déconstruction sonique, le batteur et demi et puis Ty Segall que je n’avais jamais vu en concert. Tout simplement parfait de maîtrise sans jamais faire train-train de tournée, une sympathie naturelle sans se sentir obligé de parler pour ne rien dire. On en redemande. Le rappel, ce sera la headbangesque “She”, incontournable, sur laquelle, surplombant quasiment la scène depuis mon balcon du premier étage, je contemple la fosse qui est partie en vrille totale, la scène et la salle sont rouge sang, un dernier riff et c’est la fin. Déjà… Mais comment ai-je pu louper (snober...

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Ty Segall – First Taste

Ty Segall – First Taste

(Drag City/Differ-Ant, 2 août 2019) Étant un fan très tardif du père Segall, je décompte les jours qui me séparent d’une première expérience scénique à Paris en octobre 2019. Il parait qu’il joue trop fort, trop vite et de manière approximative, j’ai hâte. Qu’est-ce qui me touche dans sa musique ? Plusieurs choses : – D’abord, un artiste si prolixe applique souvent des recettes (King Gizzard à tout hasard) mais chez lui, elles sont extrêmement discrètes. – La noirceur et parfois la folie de sa musique qui agissent comme des déversoirs.– Le charisme monstrueux du type. Alors, ce First Taste ? L’idée de l’album sans guitare est bonne et dans l’air du temps. Si je prends « Self Esteem », Ty nous embarque assez loin dans cette direction en rajoutant des couches d’instrus à vent pas tous identifiés et on finit en une espèce de bande-son d’un mauvais polar 70s. Pareil pour la plage d’ouverture, « Taste » qui m’a fait penser à ces vieux trucs electronic body music genre Fad Gadget ou Neon Judgement et aussi étonnamment au… Sepultura des années Roots Bloody Roots ! Ou encore « I Worship The Dog » avec des espèces de vuvuzelas mortifères et… un solo de batterie, ça faisait longtemps. Très réussis, ces trois morceaux ! J’évacue rapidement ce que j’ai détesté, ces deux machins de la filiation Queen/Muse que sont « Ice Plant » et « When I Met My Parents Part 3 ». Je suis sûr que ce n’est qu’ un moment d’égarement. Pour le reste, « The Fall » est complètement tribal et j’anticipe avec délice la perte de contrôle généralisée en live. Le reste du LP se dévoilera, ou pas, à l’épreuve du temps. Encore une fois, l’introduction d’une multitude d’instruments serait une suite logique à l’œuvre de Ty Segall, toujours en exploration sonique. Voyons si cela l’inspire à l’avenir ! Manu Retrouvez tous nos articles sur Ty...

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Un 4e album pour Mikal Cronin, extrait en écoute

Un 4e album pour Mikal Cronin, extrait en écoute

© Max Mendelsohn Après Mikal Cronin, MCII et MCIII, Mikal Cronin reviendra le 25 octobre avec… The Seeker, 4e album (à paraitre chez Merge) qui promet d’explorer un univers plus sombre que la power pop galvanisante à laquelle il nous avait habitués. Un album né après des mois d’isolation dans les montagnes au sud de la Californie. « C’était tellement calme et paisible, se souvient-il. On me regardait bizarrement en ville. J’ai eu des piqûres d’insectes qui ont mis des mois à guérir. Je me baladais autour d’un petit lac. J’écrivais. J’ai fait ce que chaque artiste pense faire, et ça a marché. » Suite à une série d’incendies, il n’eut d’autre choix que de rentrer à Los Angeles, pour y terminer l’album, en compagnie de l’ingénieur du son et producteur Jason Quever (Papercuts), de quelques amis proches et des musiciens du Freedom Band de Ty Segall. “Avec Jason, nous avons beaucoup parlé du White Album des Beatles en plaçant les micros. J’avais aussi rapporté au studio une pomme de pin calcinée. Le feu – en particulier son cycle d’anéantissement puis de la replantation du paysage – est le thème central de l’album. La mort et la renaissance.” En voici un premier extrait clippé, “Show Me” Mikal Cronin sera de passage à Paris le 22 février prochain, à Petit Bain. Il vient par ailleurs de lancer son fan club. Les inscrits auront accès aux préventes de ses concerts et à quelques titres inédits, notamment des reprises comme celles de “Heart of Gold” de Neil Young et “All I Can” de Sharon Van Etten récemment postées. Jonathan Lopez NOS ARTICLES SUR MIKAL...

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The Mystery Lights – Too Much Tension!

The Mystery Lights – Too Much Tension!

(Daptone, 10 mai 2019) J’ai toujours aimé les intros de concert un peu recherchées, je suis certain que les Mystery Lights mettront « Synthtro » en concert avant d’attaquer la bête. En tout cas, ce petit semblant de horror soundtrack le fait bien en intro de leur nouvel LP, Too Much Tension!. Puis, j’ai toujours aimé les groupes qui savent enchaîner, que ce soit Sly and the Family Stone, les Fleshtones ou nos amis de Brooklyn ci-chroniqués. J’avoue que je commençais à désespérer. Leur premier LP éponyme n’avait pas quitté ma Technics lors de sa sortie en 2016, j’avais adoré leur show à la Maroquinerie mais plus récemment, la question du petit deuxième commençait à se faire sentir (joke) mais j’ai eu la chance de les revoir au Club 100 de Londres il y a peut-être un an et je me suis dit que c’était mal parti. Le concert était plus qu’à la hauteur mais ils ont un tel côté glandeurs sympathiques, post-post-post-ados se passant pas du tout discrètement la bouteille de Cuervo pour mieux enchaîner que je ne les imaginais pas… travailler patiemment dans un studio d’enregistrement, faire le mix, les overdubs, etc. Et pourtant, les amis, pourtant… Voici donc « Too Much Tension » sorti en mai 2019, après donc 3 ans d’attente. Straight to the point : le LP est une réussite ! Quelques tracks avaient été éditées en pre-release, le névrosé « I’m So Tired (Of Living In The City) », le paranoïaque « Someone Else Is In Control » et le punkoïde « Traces ». Que des perles urbaines ! Et puis, le LP sort et révèle un « Thick skin » headbanging à souhait, un « Going Down » qui calme le jeu et joue sur les platebandes de King Gizzard avec délice, un « Watching The News Gives Me The Blues » qui parle de lui-même de manière drôlement efficace, le pistolet sur la tempe, et un « It’s Alright » dans la droite ligne du premier bébé avec son petit solo à la Fogerty sur ce que serait une version courte de « Effigy ». Citons aussi “Wish That She’d Come Back”, alors là j’adore, c’est carrément le 3 en 1, ça démarre par deux petites minutes toutes sautillantes d’euphorie et en plein milieu, paf la grosse descente éthylique, le down, Mike Brandon doit être encore loin du bout du tunnel pour que ça résonne autant, et puis on se termine dans du très sombre, pour 27 secondes d’angoisse post-indus. Je les aurai attendus, les bougres, et ça valait le coup ! Allez, tous à la Maroquinerie le 15 octobre (2019) pour célébrer les lumières mystérieuses de ce groupe ayant migré...

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