J.C. Satàn – Centaur Desire

J.C. Satàn – Centaur Desire

J.C. Satàn, l’un des groupes fers de lance du garage français, revient le 2 mars sur vos platines. Après le succès de leur excellentissime quatrième album éponyme (le premier chez Born Bad), on est en droit de se demander quel visage va nous offrir le groupe aujourd’hui. Ont-ils sombré vers la tentation de livrer un album plus grand public ou sont-ils restés intègres ? Même si on avait déjà notre petite idée sur la question, le teaser lâché sur internet début janvier se voulait rassurant. Et les derniers doutes sont vite dissipés. Avec une production abrupte, les voix légèrement en retrait, ils n’ont pas fait le choix de la facilité pour remplir des stades tels les derniers Queens Of The Stone Age (nausée) et Arcade Fire (vomi) mais de revenir à un son plus noisy comme sur les précédents Faraway Land et Hell Death Samba. La première écoute de Centaur Desire peut ainsi être déroutante, il faut prendre le temps de dompter le bestiau afin qu’il nous dévoile toutes ses richesses et subtilités planquées sous ses sabots. Dès l’ouverture (“I Won’t Come Back”) les bordelais démontrent qu’ils ne se sont pas assagis et ont conservé leur hargne, saupoudrée comme souvent d’une pointe de stoner (“Centaur Desire”, “Communion”). Les voix de Paula et d’Arthur se répondent toujours à merveille, la batterie de Romain et la basse (du nouveau-venu Gaspard, bassiste de Cockpit, Sam Fleisch, Prêcheur Loup) groovent comme jamais en album, la guitare d’Arthur, digne d’un Josh Homme période Rated R, nous assène des riffs assassins (“No Brain No Shame”, “Lies”). On retrouve enfin gravée sur album cette énergie dévastatrice qui vous donne une grande mandale à chacune de leur prestation live et fait de J.C. Satàn l’un des groupes rock français incontournables sur scène. Sur les albums précédents, Arthur avait déjà laissé exprimer son talent pour écrire de belles mélodies pop façon Kinks ou Beatles (point culminant avec “Waiting For You” sur le dernier album), il récidive en nous offrant ici de nouveaux bijoux noise-pop (“Erika”, “Drink Dope and Debauchery”, “The End”). Le synthé est lui plus présent (“The Road”), le groupe se fait d’ailleurs plaisir en nous livrant un morceau cold wave (“Complex situation”) rappelant Frustration, leurs comparses de Born Bad. Avec Centaur Desire, J.C. Satàn monte encore sur ses grands chevaux et prouve qu’il reste entier sans glisser vers le côté obscur du rock mainstream à la recherche du tube à jouer sur les plateaux TV. Force est de constater une nouvelle fois qu’ils sont les dignes porte-drapeaux du garage français. Et bien plus encore. Gloire à J.C. Satàn. Alain Dutertre CENTAUR DESIRE by JC SATAN LIRE L’INTERVIEW DE J.C....

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Kaviar Special – Vortex

Kaviar Special – Vortex

Avertissement de la rédaction : “Aucune plainte pour dépendance ne sera acceptée après la lecture de cet article, nous vous avons prévenus avant que vous ne vous lanciez dans l’écoute de cet album.” Après un second opus sobrement intitulé #2 sorti en 2016, les rennais ont sorti fin janvier dernier leur troisième LP, toujours sous l’excellent label français Howlin’ Babana Records affublé d’une magnifique pochette signée Valentin Pinel. Ici pas de chichi, un seul et unique maître mot : E.F.F.I.C.A.C.I.T.É. Les tubes Garage-Psyché-Surf s’enchainent sans vous laisser de répit pendant 40 minutes de pur plaisir auditif non dissimulé. De l’énergique “Run Away” qui ouvre l’album à “Scattered (All Around)” en passant par la bluesy “Back To School”, les rageuses “The Draugr” et “Busted” ou la planante “Roadhouse”, pas même le temps de lever votre gras du canapé pour prendre une binouze bien méritée dans le frigo. Vous serez emportés dans cette tempête sonique avec quelques sonorités qui vous rappelleront leurs inspirations (Thee Oh Sees, Ty Segall, Black Lips…) mais disséminées plus subtilement que sur leur précédent opus. Les influences ont été digérées et le groupe affirme plus fermement son identité sur ce disque. Tout est bon dans le Kaviar, les riffs sont accrocheurs et la rythmique prendra possession de votre corps quitte à vous retrouver seul au milieu de votre salon à faire du headbanging et du air guitar tel un ado boutonneux sous le regard ahuri de la voisine d’en face. On a hâte de vivre ces morceaux en live et de se déchainer joyeusement dans la fosse pour la release party au Point Ephémère (Paris) le 16 février prochain. Avec Vortex, Kaviar Special prend son envol et confirme qu’il est en train de devenir le groupe garage-psyché français de référence. Ce troisième album est la première grosse claque de l’année et c’est avec un certain plaisir masochiste que l’on tend l’autre joue. Alain...

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Ty Segall – Freedom’s Goblin

Ty Segall – Freedom’s Goblin

Copie suivante. Ty Segall. Ah je l’aime bien ce petit. Il a des facilités, il est créatif. Et bosseur avec ça. Je note quand même que ces derniers temps, il s’est un peu reposé sur ses lauriers. Avant il avait tendance à rendre trois fois plus de devoirs que ses camarades, il arrêtait pas et y avait quasiment rien à redire. Il a un peu ralenti la cadence dernièrement, mais sa dernière copie était réussie. Voyons voir celle-ci. Visiblement il s’est lâché et a retranscrit tout ce qui lui passait par la tête. Bon il aurait pu faire un petit tri, c’est pas très cohérent cette affaire. Il parvient toujours à faire mouche quand il joue franc jeu et attaque bille en tête, quitte à faire plein de ratures (“Fanny Dog”, “Alta”, “She”). Et quand il se contente de faire simple, délié et joli ça fonctionne également (“You Say All The Nice Things”, “My Lady’s On Fire”). J’aime quand il canalise sa fougue de la sorte. Il serait même capable de me briser le cœur ce pti con (“Rain”). Partageur, il a permis à ses collègues préférés comme le petit Mikal d’apporter leur contribution. Ce dernier, a l’air de s’être bien amusé à manier un langage cuivré. Mais s’il est distrayant en faisant son petit numéro (“The Last Waltz”), Ty verse parfois trop dans l’excès au goût douteux quand il évoque le disco (“Despoiler Of Cadaver”) et aurait pu nous épargner quelques anecdotiques saillies (“Meaning”, “Prison”, “The Main Pretender”) et autres recyclages de ses vieilles marottes (“Talkin 3”). Le petit salopiaud me fait tout de même mentir en me pondant un gros pavé en guise de conclusion (“And Goodnight”), revisitant là aussi un de ses anciens travaux (“Sleeper”) dans un style très enlevé et électrique. Il et bon, il le sait et il m’a encore eu. C’est imparfait, c’est fourre-tout mais c’est à son image : entier, débridé et parfois même réjouissant. Il ne faut toutefois pas être trop clément sur l’appréciation car je suis persuadé qu’il est capable de beaucoup mieux : Trop brouillon. De bonnes idées mais attention à ne pas trop se disperser. On attend plus de rigueur sur le prochain devoir. 13/20 JL Freedom’s Goblin by Ty Segall LIRE LA CHRONIQUE DE SLEEPER LIRE LA CHRONIQUE DE MANIPULATOR LIRE LA CHRONIQUE DE EMOTIONAL MUGGER LIRE LE REPORT DE SON CONCERT AT THE CHAPEL (SAN FRANCISCO) EN...

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Deviens le directeur de label de King Gizzard & The Lizard Wizard !

Deviens le directeur de label de King Gizzard & The Lizard Wizard !

  Ces australiens ne font décidément rien que comme personne. Déjà s’appeler King Gizzard & The Lizard Wizard ce n’est pas donné à tout le monde. Sortir des albums à la pelle, tous variés et (presque) tous bons, non plus. En sortir 5 dans l’année ça tient quasiment du miracle. Et pourtant, ils ne sont pas loin d’y parvenir vu que Polygonwanaland, le 4e depuis janvier est désormais disponible. Et plutôt que de sortir un bête disque, le groupe nous propose carrément de le copier nous-mêmes, voire de le presser nous-mêmes si on en a l’envie et les moyens. « L’album est libre et gratuit. Libre d’être téléchargé et si vous le souhaitez, libre d’être copié. On ne vous demandera aucune adresse e-mail, aucune inscription, aucun engagement : GRATUIT. GRATUIT. GRATUIT. Faites-en des disques, faites-en des cassettes. On ne possède pas ce travail, mais vous si. Foncez, partagez et profitez ! » Pour aller plus loin, King Gizzard met également à disposition le mastering DDP dans un dossier .ZIP, sur son site, pour qu’on s’occupe du reste. « Vous avez toujours rêvé de créer votre label ? Foncez ! Employez vos potes, pressez vos vinyles et emballez-les. Nous ne possédons pas cet album, il est à vous. Alors allez-y, partagez-le, et profitez-en. Si vous voulez l’album en cassette, je ne saurais pas trop vous conseiller. Soyez créatifs. On a essayé une fois, mais ça sonnait vraiment comme de la merde. Peut-être avec les fichiers en .WAV. Bye bye »… Evidemment de nombreuses offres existent déjà pour ce disque, à des prix plus ou moins raisonnables… JL Les prochaines dates en France : 27.02 – BATACLAN (PARIS) 01.03 – LE 106 CLUB (ROUEN) 02.03 – LE TRANSBORDEUR (LYON) 03.03 – L’AERONEF (LILLE)   LIRE LA CHRONIQUE DE PAPER MACHE DREAM BALLOON LIRE LA CHRONIQUE DE FLYING MICROTONAL BANANA LIRE LA CHRONIQUE MURDER OF THE UNIVERSE LIRE LA CHRONIQUE DE SKETCHES OF BRUNSWICK EAST LIRE L’INTERVIEW DE KING GIZZARD & THE LIZARD...

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Interview – The Richmond Sluts

Interview – The Richmond Sluts

Manu démarre: “Ok guys, my friend Marlon is gonna…” “…fuck us !!”, m’interrompt un Sluts. Gros rire gras backstage. S’ensuit une discussion inédite sur les penis de scorpions qui se trouveraient à la base de leur dard, etc. Bonne intro ! Comment va la tournée jusqu’à présent ? (John Tyree, batteur, passe une tête et les autres lui disent de rappliquer pour l’interview. John semble dans un état second, ca promet… Back to the questions.) Excellent ! Ça se passe très bien. On revient d’Italie où on était pour la première fois. On a fait beaucoup de petits clubs avec toujours une très bonne interaction . Et après on débarque en France et là, c’est l’explosion !” Pourquoi en France ? Je ne sais pas ! A toi de me le dire ! Peut-être avec notre premier LP dans les meilleurs albums selon Rock and Folk. Mais vous vous attendiez à cette popularité en Europe? Non pas du tout. On ne fait rien de nouveau en fait mais la seule différence est qu’en 2001, personne ne faisait ce qu’on faisait. Mais tout le monde s’en foutait. Nous, on répétait 3 fois par semaine. Et… on n’a fait qu’un album (rires). (Shea précise qu’il est batteur à la base mais qu’il s’est mis au chant et à la gratte après qu’on lui ait montré 2 accords de Chuck Berry, accords qu’ il joue tout le long du mythique premier album. Chris le vanne en expliquant que Shea est maintenant un incroyable guitariste. Ambiance bon enfant…) Que pouvez-vous dire du nouvel album ? Quand on est rentrés d’Europe il y a 3 ans, on a réalisé qu’on avait des fans et qu’on pourrait faire un nouveau LP (NDLR : 12 ans après le premier). On avait quelques chansons mais ça a mis du temps, avec des membres du groupe à L.A. et d’autres à San Francisco… En plus, ce n’est pas comme si on avait un label qui nous poussait. (Shea explique qu’il a monté son label pour l’occasion, que Mauvaise Foi Records allait aider et donc que les choses se sont mises en place.) Ce n’est pas trop difficile en concert de placer les nouveaux morceaux alors que tout le monde attend ceux de 2001 ? Les Sluts confirment que c’est un vrai sujet mais qu’avec 2 albums (et même 3 en comptant Big Midnight, version des Sluts avec juste Shea et Chris, ils peuvent maintenant jongler avec la setlist et jouer plus longtemps. Une conversation sur Big Midnight plus loin, ils expliquent que leur premier batteur résume la discographie des Sluts ainsi : “Le premier album était du sexe, le second de l’héroïne et le troisième, un bon gros joint”. (rires) On...

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