Le nouveau King Gizzard & The Lizard Wizard annoncé pour juin. Premier extrait en écoute

Le nouveau King Gizzard & The Lizard Wizard annoncé pour juin. Premier extrait en écoute

  Les King Gizzard & The Lizard Wizard avaient promis 5 albums pour 2017 et ce n’était certainement pas des paroles en l’air. Après l’excellent orientalisant Flying Microtonal Banana du début d’année, le numéro deux vient d’être annoncé : Murder Of The New Universe est en effet prévu pour le 23 juin. L’album sera composé de 21 titres divisés en trois parties. Voici la dernière « Han-Tyumi & The Murder Of The New Universe » (ci-dessous). Attention ces australiens sont toujours dingos, et maintenant ils font peur…...

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The Madcaps – Slow Down

The Madcaps – Slow Down

Comme son nom l’indique, Slow Down, troisième album des Madcaps, a décidé de calmer le jeu. Leur pop teintée de garage, ou l’inverse, était presque toujours jouée à fond les ballons et destinée à s’écouter comme tel. Et bien, les temps ont changé. Non pas que les Madcaps soient désormais totalement méconnaissables, loin s’en faut, mais ils ont mûri (oh le vilain mot). Et il faut dire ce qui est, en intellectualisant un peu la chose, en lui ajoutant une coloration soul inattendue, ils nous ont pris par surprise et on s’est retrouvé un peu paumé. Là où le groupe brillait par ses mélodies qui restent immédiatement ancrées, ce Slow Down a le don de s’offrir à qui veut bien l’attendre. Bien sûr la fibre pop du groupe ne s’est pas volatilisée, mais les quelques morceaux qui rappellent irrémédiablement ses prédécesseurs (« No Friend Of Mine », « She’s So Hot ») et qui s’apprivoisent en une ou deux écoutes se révèlent finalement moins marquants. Et si quelques riffs très Stonesien (« Come », « Fair Enough ») viennent pimenter la partie, c’est bien quand les Madcaps s’éloignent de leur terrain de prédilection qu’ils nous attirent plus aisément dans leurs filets. Quand ils nous embarquent en Nouvelle-Orléans avant de s’offrir un final très blues 50s (« Slow Down ») par exemple, ou quand Thomas Dahyot s’essaie au spoken word (« Le Passe Muraille » tiré du roman du même nom de Marcel Aymé). Les cuivres sont plus présents que jamais, reléguant presque les guitares au second plan, et les synthés bien vintage font également une entrée remarquée (« Devil Monkey », la groovy « Chill Pants »). Il faut reconnaître un certain culot aux rennais de s’affranchir de leur recette fétiche qu’ils maitrisent jusqu’au bout des ongles, au risque peut-être de perdre en chemin ceux qui attendaient un album dans la même veine que l’imparable Hot Sauce. En résulte un disque qui a un peu le cul entre deux chaises, probablement entre le Madcaps d’hier et celui de demain. Reste à trouver le parfait équilibre. Sur le prochain ?...

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King Gizzard & The Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana

King Gizzard & The Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana

Ils sont joueurs les King Gizzard & The Lizard Wizard (dernière fois que je l’écris en entier). A chaque nouvel album, ils se fixent un nouveau défi. Avec une constante cependant, les bonhommes planant à 15000, ils ont choisi de retourner le psyché dans tous les sens possibles et imaginables. Après avoir fait du rock psyché vénère bien imbibé de fuzz (12 Bar Bruise), puis du psyché façon western spaghetti (Eyes Like The Sky), du pop psyché guilleret (Oddments), du psyché planant (Quarters!, chaque morceau durant 10 minutes 10), du psyché chansonnier pour hippies jamais redescendus (Paper Maché Dream Balloon), du psyché qui tourne en boucle pour bien te rentrer dans le crâne façon kaléidoscope (I’m In Your Mind Fuzz, Nonagon Infinity), ils reviennent ici à du « King Gizzard classique » (pour peu que ça ait un sens). A savoir une sorte de synthèse de tout cela. Mais bien psyché hein, sinon ce serait moins fun. Pour corser le challenge, l’ami Stu MacKenzie s’est doté d’une gratte microtonale (qui permet de jouer des quarts de ton). Ça peut sembler anecdotique voire de la branlette arty mais ça illustre bien l’amour de la musique de ces australiens sans cesse en quête d’exploration et de mise en danger. On ne va pas vous faire croire qu’on a détecté un apport considérable grâce à l’ajout de cet instrument peu commun, on peut en revanche vous assurer que le programme de ce Flying Microtonal Banana est des plus variés. Et des plus trippants. Le bon gros single « Rattlesnake » ouvre le bal de façon sacrément jouissive avec ses boucles infinies façon kraut sous taurine. On est tenté de laisser le doigt sur la touche repeat. Mais ce serait dommage de se priver du reste. Les titres s’étirent, des tiroirs s’ouvrent un peu partout, remplis d’idées aussi brillantes que saugrenues. A retenir parmi les démonstrations les plus éclatantes de ce psychédélisme foutraque savamment maîtrisé  : « Melting » et ses synthés 60s hallucinés qui tourbillonent avec les voix, « Sleep Drifter » qui invite un harmonica à la fête. Ou l’excellent « Billabong Valley » et sa touche ethnique apportée par un zorna (une trompette turque) railleur. Une touche ethnique bienvenue et très présente tout du long, comme si les australiens étaient allés à la rencontre des touaregs. Façon Page et Plant, il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine… Tout n’est pas issu du même moule, certains morceaux se révélant plus anecdotiques, mais l’impression d’ensemble est d’avoir affaire à un groupe sans frein, qui s’éclate et régulièrement nous éclate aussi. A défaut de nous pondre l’album ultime de leur discographie, les australiens continuent de sortir à leur rythme effréné des disques bien au-dessus de la moyenne. Ne reste plus qu’à confirmer ça avec...

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The Mystery Lights @ La Maroquinerie (Paris), 07/02/17

The Mystery Lights @ La Maroquinerie (Paris), 07/02/17

Non seulement les mecs de Mystery Lights ont sorti à mon sens l’album le plus excitant de 2016 et fait le lien entre une scène non strictement garage et un peu branchée Brooklyn et une scène plus « pure » mais ils ont livré ce soir un set d’exception. On a sur scène le frontman Mike Brandon (vocals et je crois Gretsch, je ne suis qu’un humble batteur qui ne connaît rien aux grattes), vous savez, le mec qui saute partout, mais j’ai découvert un énorme bassiste qui construit le mur du son, l’autre guitare qui maîtrise sa Vox (encore, je crois) et un batteur qui fait plus que le job. Alors, le dilemme qui s’offrait à eux était « juste » de sublimer sur scène leur excellent LP de l’an dernier ou alors de se mouiller un peu plus. Ils ont opté pour la deuxième solution. Ce qui tombe bien car les mecs jouent carré. Genre pub rock, je joue au millimètre. Ils savent maintenir la tension. Doser les vides entre les morceaux. Booster les montées. Gérer les descentes. Comme ils n’ont fait qu’un LP à ma connaissance (peut-etre un EP en plus), il n’y a guère que 2-3 tracks que je ne connaissais pas. Et vient le final. Le track « Devil » est tellement parfait qu’ils auraient pu le tirer en longueur sans perdre l’attention/la tension mais non, ils en font un medley avec d’autres trucs parfaitement raccords. En rappel, on a (1) un rythm’n blues endiablé, bon de voir un public parisien, qu’on a trop traité de snob, pogoter sur un pur track R&B et (2)… (2)… « LOOKING AT YOU », meilleur morceau des MC5 sur lequel je réalise que Mike Brandon a la voix de Rob Tyner, sans forcer. Grandissime moment rock and roll qui fait oublier l’élection de Trump et la possible prise de pouvoir par la dynastie de Montretout. Énorme bouffée d’air dans l’ambiance malsaine pré-elective. Putain, ça fait du bien ! Évidemment, les mecs sont sympas et assurent le merch eux-mêmes, ils sont à la croisée des chemins entre petit groupe de Williamsburg et une exposition potentiellement énorme, en tout cas ils le mériteraient ! Manu...

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Ty Segall – Ty Segall

Ty Segall – Ty Segall

Vous vous souvenez de Manipulator ? Oui, forcément. C’est ce moment où Ty Segall avait décidé de s’accaparer une bonne partie des derniers qui, jusque-là, étaient parvenus à résister son charme. L’album proposait alors une synthèse parfaite du talent du bonhomme. Une énergie vorace, un sens affûté de la mélodie qui tue et une pointe de sensibilité déjà démontrée dans l’étonnamment apaisé Sleeper. Et puis, après être parvenu à concilier les fans de la première heure tout en séduisant de nouveaux adeptes, Ty avait décidé de tout balancer aux orties. Sur Emotional Mugger, il faisait plus de bruit que jamais pour la plus grande joie de certains vieux fidèles mais au grand dam d’autres (dont je suis) déplorant que l’excès d’énergie, la volonté d’en foutre partout avait nui à l’efficacité de ses compos. Un an après, Ty Segall revient, flanqué de son équipe habituelle (Mootheart, Cronin…), et délesté de King Tuff présent sur Emotional Mugger. Et après cette parenthèse désenchantée, le voilà qui nous pond la véritable suite de Manipulator. C’est à dire du garage tantôt versant punk tantôt versant folk, mais toujours délicieusement pop. Donc le Ty récite ses gammes. Et distribue des petites baffes. Petites, car il n’y a là rien d’aussi immédiatement fédérateur que sur Manipulator. Mais après l’ouverture classique et efficace (« Break A Guitar », bien fuzzy comme il faut), le menu se révèle bien copieux. « The Only One » et ses grattes indomptées qui n’en font qu’à leurs cordes, l’épique « Warm Hands (Freedom Returned) », véritable morceau de bravoure. 10 minutes sous le capot. La punkette « Thank You Mr. K », la folk « Orange Color Queen » qui sonnerait presque comme du Elliott Smith sur son refrain. La très pop « Papers », avec même du piano dedans ! Et quand ça lui chante, le père Segall se transforme en vieux briscard du blues (« Talkin »)… Il y aura toujours matière à pinailler, à dire que le Ty est ici parfaitement calé dans ses souliers faisant exactement ce en quoi il excelle (c’est à dire à peu près tout, vous l’aurez compris). A un moment donné, si on veut faire preuve d’un minimum d’objectivité, on signalera que son domaine de prédilection, ça reste de faire de sacrés bons albums. Et en voici un de plus. JL...

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