Interview – The Richmond Sluts

Interview – The Richmond Sluts

Manu démarre: « Ok guys, my friend Marlon is gonna… » « …fuck us !! », m’interrompt un Sluts. Gros rire gras backstage. S’ensuit une discussion inédite sur les penis de scorpions qui se trouveraient à la base de leur dard, etc. Bonne intro ! Comment va la tournée jusqu’à présent ? (John Tyree, batteur, passe une tête et les autres lui disent de rappliquer pour l’interview. John semble dans un état second, ca promet… Back to the questions.) Excellent ! Ça se passe très bien. On revient d’Italie où on était pour la première fois. On a fait beaucoup de petits clubs avec toujours une très bonne interaction . Et après on débarque en France et là, c’est l’explosion ! » Pourquoi en France ? Je ne sais pas ! A toi de me le dire ! Peut-être avec notre premier LP dans les meilleurs albums selon Rock and Folk. Mais vous vous attendiez à cette popularité en Europe? Non pas du tout. On ne fait rien de nouveau en fait mais la seule différence est qu’en 2001, personne ne faisait ce qu’on faisait. Mais tout le monde s’en foutait. Nous, on répétait 3 fois par semaine. Et… on n’a fait qu’un album (rires). (Shea précise qu’il est batteur à la base mais qu’il s’est mis au chant et à la gratte après qu’on lui ait montré 2 accords de Chuck Berry, accords qu’ il joue tout le long du mythique premier album. Chris le vanne en expliquant que Shea est maintenant un incroyable guitariste. Ambiance bon enfant…) Que pouvez-vous dire du nouvel album ? Quand on est rentrés d’Europe il y a 3 ans, on a réalisé qu’on avait des fans et qu’on pourrait faire un nouveau LP (NDLR : 12 ans après le premier). On avait quelques chansons mais ça a mis du temps, avec des membres du groupe à L.A. et d’autres à San Francisco… En plus, ce n’est pas comme si on avait un label qui nous poussait. (Shea explique qu’il a monté son label pour l’occasion, que Mauvaise Foi Records allait aider et donc que les choses se sont mises en place.) Ce n’est pas trop difficile en concert de placer les nouveaux morceaux alors que tout le monde attend ceux de 2001 ? Les Sluts confirment que c’est un vrai sujet mais qu’avec 2 albums (et même 3 en comptant Big Midnight, version des Sluts avec juste Shea et Chris, ils peuvent maintenant jongler avec la setlist et jouer plus longtemps. Une conversation sur Big Midnight plus loin, ils expliquent que leur premier batteur résume la discographie des Sluts ainsi : « Le premier album était du sexe, le second de l’héroïne et le troisième, un bon gros joint ». (rires) On...

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Oh Sees – Orc

Oh Sees – Orc

Voici donc le 42e album de Thee Oh Sees en 3 ans. A peu de choses près hein on va pas chipoter. A force, il vaut mieux en rire, ça épate toujours les fans autant que ça énerve les détracteurs. Pour brouiller les pistes, le groupe a « changé de nom » mais à l’écoute de « The Static God » en ouverture, rien de nouveau sous le soleil californien. Le morceau est dans la parfaite continuité du remarquable A Weird Exits (j’omets volontairement le moins notable An Odd Entrance qui ressemblait fort aux faces b de ce dernier). Au programme donc, un rock frénétique qui sent bon la pinte de bière renversée sur vos godasses toutes collantes et des freinages in extremis provoquant des couinements de guitares typiquement Oh Seesiens. Nous quand on nous sert ça, on est contents. Après un « Nite Expo » un brin convenu, « Animated Violence » hausse le ton façon stoner au riff d’acier. Et un long final expérimental inattendu ponctué d’aboiements (oui, d’aboiements) de Dwyer nous aide à digérer l’assaut. Nous quand on nous sert ça, on se lèche les babines. Une fois lancés sur les rails du délire psyché, les Oh Sees nous estiment prêts à endurer les 8 minutes totalement illuminées de « Keys To The Castle ». Nous le sommes en effet. Et nous apprécions l’attention. Malheureusement, certains titres plus anecdotiques viennent ternir le bilan (« Nite Expo », « Paranoise » bien moins palpitante que son nom le suggérait), et ce même s’ils s’appuient sur des arguments solides (« Cadaver Dog » bénéficiant pourtant des options basse dodue, orgue imposant et d’un Dwyer jouant au prêcheur, « Raw Optics » qui malgré une belle démonstration de double batterie est envahi de gimmicks forts communs pour qui suit le groupe depuis au moins deux ans – soit 26 albums environ). Dans le registre étrange, fun et attachant, « Cooling Tower » remplit bien son rôle et définit finalement assez bien un album qui possède un certain grain de folie et pioche allègrement dans tous les styles chers à Dwyer (garage évidemment mais aussi pop, krautrock, voire stoner ou electro). Mais cet aspect foutraque et décousu, moins maîtrisé que sur A Weird Exits, finit par lui desservir en diluant notre attention. Alors évidemment, nous quand on nous sert ça, on l’avale tout cru mais on n’est pas tout à fait rassasié....

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5 chansons, 5 disques par The Madcaps

5 chansons, 5 disques par The Madcaps

Auteurs cette année d’un nouvel album aventureux, où son garage pop 60s se voit mâtiné de cuivres et d’ambiances soul so New Orleans, les Madcaps demeurent une des valeurs sûres de Howlin Banana. Thomas Dahyot, guitariste-chanteur du groupe, est également une valeur sûre en interview, pas du genre à te laisser dans la panade après une question pourrie mais plutôt à se montrer des plus affables et précis quand il s’agit d’évoquer sa musique et celle des autres, qui le fait vibrer. On l’avait constaté l’an dernier, on l’a de nouveau vérifié avec cette interview 5 chansons, 5 disques où il était accompagné de Léo Leroux, batteur fraichement débarqué  dans l’aventure.     1 – Cool Threads (The Madcaps EP – 2014) The Madcaps by The Madcaps C’est un des tous premiers morceaux que vous ayez composés ?  Thomas Dahyot (guitariste-chanteur) : oui, carrément. C’est un des trois premiers que j’ai composés pour les mecs qui n’étaient pas encore les Madcaps, j’avais fait des démos et je leur avais balancé ce morceau-là. Avec « Impossible Love » et « Emily Vandelay ». C’est ce que j’avais montré au départ et qui les avait botté a priori. Aujourd’hui c’est un morceau qu’on ne joue plus du tout. Il est même probable que des gens qui font partie de ce groupe ne le connaissent même pas (rires). Léo Leroux (batteur) : pour te dire, moi il me l’a même pas fait écouter. Thomas : ben t’as le disque, t’es un grand garçon ! Léo : oui bien sûr je l’ai écouté a posteriori mais quand je suis rentré dans les Madcaps c’est pas ça qu’il m’a fait écouter.   Tu parlais d’ « Emily Vandelay », celui-là s’est retrouvé en revanche sur le premier album. Thomas : Exactement. C’était une chanson pas trop Madcaps dans ce qu’était l’idée de départ, c’est à dire de faire du rock’n roll de type garage, un peu nerveux, un peu véloce. Donc j’avais proposé trois morceaux qui étaient trois versions un peu différentes de la pop music et…   Genre « choisissez votre direction ! » (rires) Thomas : Non mais c’était pour montrer le genre de trucs que je faisais. C’était pas trop réfléchi, ça sortait comme ça, un morceau rapide, un lent, un triste. Celui-ci était donc un morceau avec presque un bout de Pink Floyd dedans, une progression comme on peut trouver sur le premier album de Pink Floyd « Astronomy Domine » (il chante le passage en question).   Tu étais dans une tentative de reproduction de Pink Floyd c’était déjà ambitieux ! (Léo se marre) Thomas : Non, absolument pas ! Je me suis juste dit « ah c’est cool, ça me fait penser à ça. » C’est pas la même chose ! Mais...

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Interview – The Coathangers

Interview – The Coathangers

The Coathangers, trio féminin garage-punk, vient de sortir Parasite, nouvel EP des plus chaotiques chez Suicide Squeeze Records – un pur label de Seattle, sans compromis, sur lequel on trouve aussi Audacity. Pour défendre cette nouvelle sortie, elles étaient de retour en France pour quelques dates dont une à TINALS où nous étions. L’occasion de constater qu’elles sont toujours aussi douées pour la scène et de vérifier si elles ont toujours des choses à dire après plus de 10 ans de carrière. L’interview se déroule pendant le ravitaillement nourriture et alcool du groupe, qui a donc souhaité rester en backstage… ce qui ne fut pas du goût de tout le monde. Interview express. // ENGLISH VERSION BELOW “On n’a pas à craindre la réaction des gens, ça ne plaira pas à tout le monde de toute façon donc on n’en a rien à foutre, on fait ce qu’on a à faire »   Première question, parce que je suis curieuse à ce propos, j’ai lu que votre groupe s’est formé comme une blague. Comment ça a fini par se produire ?  Julia Kugel (guitare/chant) : Bon ce n’était pas vraiment une blague non plus, mais ce n’était pas très sérieux… On avait l’habitude de prendre des cuites ensemble. Meredith Franco (basse/chant) : et simplement de trainer ensemble. Julia : on allait aux Margarita mondays (tradition consistant à s’enfiler des litres de margaritas pour oublier qu’on est le lundi, pire jour de la semaine, ndr), et on rentrait chez moi, Stephanie avait une batterie, et on a commencé à jouer de la musique. On s’amusait, on se soulait la gueule, et on s’est retrouvé à jouer des concerts. La première fois qu’on a joué les gens nous disaient « vous devriez faire d’autres concerts » et on leur disait « non, non, non merci !« . Meredith : oui, on répétait chez Julia. Julia : et puis Mark (de Suicide Squeeze Records) nous a fait « vous voulez sortir un disque ?« , puis quelqu’un d’autre « vous voulez sortir un autre disque ? » et je me suis dit… Et merde déjà le deuxième album !   Ça s’est fait tout à fait naturellement, tout s’est passé comme sur des roulettes. Meredith : oui et on n’aurait jamais pensé que ça puisse durer. Stephanie Luke (batterie/chant) : « on n’y arrivera jamais ! » (rires)   C’est peut-être ça la clé. Stephanie : oui parfois, peut-être. Ne pas se prendre trop au sérieux.   Et qui écrit les paroles ? Vous faites ça ensemble ? Julia : ça dépend des chansons, de l’humeur et du moment… Quelqu’un a une idée et on se met à travailler dessus ensemble.   Un travail d’équipe, donc. A propos de vos paroles justement elles sont...

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Les Oh Sees virent le Thee et annoncent un disque

Les Oh Sees virent le Thee et annoncent un disque

  John Dwyer est un hyperactif on le sait, et un brin instable de surcroit. Il a ainsi décidé que son prochain album ne serait plus estampillé Thee Oh Sees mais simplement Oh Sees. Révolution ! Le nouvel album en question, le 19e déjà, sera intitulé Orc, et est prévu pour le 25 août, moins d’un an après l’excellent A Weird Exits, et quelques mois seulement après le plus dispensable An Odd Entrances. Pour patienter, un premier extrait typiquement Thee Oh Sees…...

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