Body Count – Bloodlust

Body Count – Bloodlust

Voilà un disque qui a le mérite de traumatiser les esprits et de régaler les amateurs de sensations fortes. Âmes sensibles s’abstenir. Je scinderai en deux parties la fougue dévastatrice que Body Count nous jette à la gueule. D’une part, la brutalité extrême qui ressort de certains titres, notamment lorsque les pontes du métal viennent leur prêter main forte. Car oui il y a du beau monde sur ce Bloodlust. Commençons par « Walk With Me… » où Randy Blythe de Lamb of God apporte une sacrée dose d’adrénaline. Vous sentez des palpitations cardiaques, rassurez-vous c’est normal ! Rien de tel également qu’une bonne reprise, certes très conventionnelle mais toujours aussi efficace de Slayer (« Raining Blood »), on le verra plus comme un hommage, à un groupe qui compte énormément pour Ice T. D’autres invités de taille sont là, ni pour blaguer ni juste pour faire figuration. Max Cavalera que l’on ne présente plus, scande le refrain de « All Love Is Lost » puisé au fond de ses entrailles. Pas d’amour là-dedans. La violence est de mise, et Body Count nous le fait savoir dès « Civil War », premier titre de cet album qui voit le leader de Megadeth pondre un solo comme il sait les faire. Qu’on aime ou pas, on valide cette entrée en matière. Voilà pour la partie la plus dark et trash. Une autre facette plus commune à Body Count car elle définit beaucoup mieux le style du groupe depuis ses débuts, une fusion rap/métal au groove imparable qui n’apaise pas pour autant nos tympans. Oui Body Count s’en sort très bien sans guest et tant mieux, à commencer par l’excellent et accrocheur single « No Lives Matter ». La police en prend pour son grade sur  » Black Hoodie », petit clin d’œil à un grand nom du rap cette fois-ci, KRS-One, qui s’est vu subtiliser avec brio son légendaire refrain « Woop-woop! That’s the sound of da police!« . Un titre encore une fois méchamment puissant et addictif. Autre bombe « This Is Why We ride », Ill Will y martèle ses fûts au rythme des balles, Ice-T a déclaré la guerre, on assiste à un véritable carnage dans les rues de L.A. Ice-T et sa bande n’ont pas perdu l’énergie des débuts, et prouvent que l’alliance du rock et du rap que l’on pensait totalement enfouie sous terre depuis au moins 15 ans, a finalement encore de beaux jours devant elle. Dans la même veine, Prophets Of Rage, réunissant des membres de Cypress Hill, Rage Against The Machine et Public Enemy, commence à faire bon usage de leurs forces respectives, certes dans une mouvance moins hardcore que Body Count, mais aux discours toujours aussi engagés. En tout cas une chose est sûre Body Count...

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Dans le bac d’occaz #13 : Gang Of Four, Faith No More, Mogwai

Dans le bac d’occaz #13 : Gang Of Four, Faith No More, Mogwai

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).*   Dans le bac d’occaz #13 : les années en 9       1979 : Gang Of Four – Entertainment! J’ai été invité, un peu forcé à squatter pour être tout à fait exact, à la table d’un chef culte, talentueux et inventif. Il nous a servi un plat extrêmement original et même assez copieux, ce qui me fait toujours peur dans ce type de cuisine qui se la pète un peu, à base d’épinards, d’aubergines, de choux de Bruxelles, d’endives cuites et de foie de veau. C’était super bien maitrisé, dressé au poil, et les convives se sont régalés. Le problème, c’est que je n’aime ni les épinards, ni les aubergines, encore moins les choux de Bruxelles et les endives cuites et je conchie carrément le foie de veau. Du coup, tout en reconnaissant le talent de notre hôte, je me suis emmerdé sec et j’ai eu du mal à finir. En écoutant ce disque de Gang Of Four, c’est exactement l’impression que j’ai eu. Je suis bien obligé de reconnaitre que la musique proposée par le groupe, un mélange de post-punk, noise, hip hop, funk, reggae est original et parfaitement maitrisé, avec néanmoins un côté rough propre aux bons groupes indé… mais ça reste un mélange de styles qui, au mieux m’indiffèrent, au pire me donnent des diarrhées. Au final, pour toute ses qualités, et sa longueur tout à fait raisonnable, Entertainment! est pour moi parfaitement indigeste. D’ailleurs, je suis incapable de choisir un titre plutôt qu’un autre, c’est JL qui s’en chargera !     1989 : Faith No More – The Real Thing J’aurais pu copier-coller exactement le même paragraphe que pour Gang Of Four en changeant à peine quelques termes, mais je ne vais pas sombrer dans la facilité. Parlons donc spécifiquement de ce disque. Déjà, je vais faire mon mea culpa : vu la réputation de Patton, j’avais d’emblée rangé Faith No More sans les écouter dans la catégorie des groupes intellectuallo-bizarroïdes chiants trop occupés à faire des performances artistiques pour prendre le temps d’écrire un bon morceau. Force est de reconnaitre que The Real Thing n’est pas chiant (quoi que « Woodpecker From Mars »…) et encore moins intellectuel (quoi que « Edge Of The World »…). Non, s’il y a un adjectif qui collerait parfaitement à ce disque, c’est déroutant....

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Nouvel album pour Suicidal Tendencies. « Clap Like Ozzy » en écoute

Nouvel album pour Suicidal Tendencies. « Clap Like Ozzy » en écoute

Le 11ème album des Suicidal Tendencies, World Gone Mad, est prévu pour le 30 septembre. Trois ans après 13, quelques changements sont à notre au sein du line-up du groupe : Dave Pogan a remplacé Nico Santora à la batterie et derrière les fûts on retrouve Dave Lombardo, ancien membre de Slayer. Un premier morceau, « Clap Like Ozzy » a été dévoilé. Dans le plus pur style Suicidal, il fait évidemment référence à Ozzy Osbourne qui, pour rappel, avait posé sa voix sur le morceau « Therapy » des Infectious Grooves, excellent side project de Mike Muir, en 1991. La tracklist de l’album : 1/ Clap Like Ozzy 2/ The New Degeneration 3/ Living for Life 4/ Get Your Fight On! 5/ World Gone Mad 6/ Happy Never After 7/ One Finger Salute 8/ Damage Control 9/ The Struggle Is Real 10/ Still Dying to Live 11/ This World...

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Rage Against The Machine prêt à reprendre le pouvoir ?

Rage Against The Machine prêt à reprendre le pouvoir ?

Rappelez-vous, ils étaient le groupe le plus cool du monde durant votre jeunesse. Et bien ils pourraient bien le redevenir ! Un énigmatique compte à rebours a été lancé jusqu’au 31 mai à 16h sur le site Prophets Of Rage (actuellement surchargé donc inaccessible). Un site qui semble lié directement à Rage Against The Machine. Un compte à rebours accompagné du hashtag #TakeThePowerBack, titre emblématique du premier album de la légende fusion. « Prophets Of Rage » est lui le titre d’un morceau de Public Enemy. Une éventuelle collaboration (qui s’est déjà produite sur scène il y a fort longtemps) parait donc assez plausible. D’autant plus que Chuck D, le leader du mythique groupe de rap US a posté sur son twitter deux vidéos de Rage Against The Machine, dont ce live de « Bulls On Parade » Rage Against The Machine – Bulls On Parade – Live At Finsbury Park, Lond… https://t.co/JB3o9KaupZ via @YouTube — Chuck D (@MrChuckD) 17 mai 2016 Sur la page Facebook de Prophets Of Rage, une vidéo du morceau de Public Enemy a été postée ainsi que « How I Could Just Kill A Man » de Cypress Hill, avec RATM. De quoi alimenter bien des fantasmes d’ici à ce fameux 31 mai… La menace Trump pourrait en tout cas constituer une justification toute trouvée au retour de Rage, connu pour son militantisme et resté inactif depuis l'(excellentissime) album de reprises Renegades en 2000....

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Rage Against The Machine – Evil Empire (Epic)

Rage Against The Machine – Evil Empire (Epic)

Evil Empire fête ses 20 ans, voilà de quoi prendre un bon coup de vieux. Sur les chemins de l’école vos casques de walkman virent leur durée de vie écourtée, par la violence et la rage insufflée par les 11 titres qui le composent et forcément l’envie constante de monter le son, jusqu’à s’en exploser les tympans. Et comme on n’a pas tous les jours 20 ans, ceci est l’occasion rêvée de revenir sur cette bombe. Si les années ont passé et que les rides commencent à faire leur apparition, certaines choses restent intactes, c’est le cas du deuxième opus de Rage Against the Machine. Evil Empire est malheureusement resté dans l’ombre de son aîné, album éponyme sorti 4 ans plus tôt, qui avait posé les bases et le style du groupe et qui frôlait à tout point de vue l’excellence. Lourde et difficile tâche donc pour un groupe de s’atteler à l’écriture et à la composition d’un successeur en évitant les nombreux pièges qui pourraient mettre en péril le travail accompli jusqu’alors. Après quelques rumeurs liées aux tensions au sein du quatuor, du split éventuel et une attente se faisant de plus en plus longue, Evil Empire a fini par voir le jour début avril 1996. Propulsé en haut des charts par les singles « Bulls on Parade »,  et « People of the Sun », les craintes sur ce retour se sont vite dissipées. L’Empire du Mal, surnom donné par Ronald Reagan à l’URSS pendant la Guerre Froide, semble de toute évidence désigner ici les Etats-Unis d’Amérique.  La pochette de l’album, met en avant un jeune américain vêtu d’une cape, un super héros modèle, venant faire régner l’ordre dicté par ses dirigeants, dans cette empire du mal. RATM a toujours su marquer les esprits dans le choix de ses jaquettes, celle-ci ne déroge pas à la règle. Le frontman Zack de la Rocha n’a rien perdu de son talent de songwriter, d’ailleurs s’il y a bien un point où Evil Empire devance son prédécesseur c’est bien sur celui-là. Ses textes se veulent toujours aussi engagés et dénonciateurs d’une société où règnent inégalités, injustices, racisme pour ne citer que cela, mais Zack y apporte sa propre vision des faits, une évolution dans l’écriture se fait sentir. Elève des révolutionnaires qui l’ont influencé, Zack est devenu un véritable porte parole, et RATM un réel contre courant politique. Le premier single « Bulls on Parade » est une critique contre les fabricants d’armes qui favorisent et encouragent les guerres, au détriment des populations « Weapons, not food, not homes, not shoes, not need, just feed the war cannibal animal« . Autre sujet souvent evoqué par Zack, le colonialisme et le racisme, le massacre des Aztèques par les espagnols dans « People of the Sun », ou encore les camps de concentration dans...

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