Daniel Johnston est mort

Daniel Johnston est mort

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Daniel Johnston mardi soir d’une crise cardiaque. Il avait 58 ans. Popularisé (faut le dire vite) par le documentaire The Devil and Daniel Johnston sorti en 2005 (qui mettait autant en lumière sa musique que son caractère dépressif et schizophrène) et par… Kurt Cobain qui arborait régulièrement un t-shirt Hi How Are You? (son sixième album, sorti en 1983), Daniel Johnston était de ces artistes indie cultes restés dans l’ombre mais adulés par sa horde de fidèles. Songwriter de grand talent à l’extrême sensibilité, Johnston enregistrait la plupart de ses chansons chez lui, sur cassette ; il incarnait l’esprit lo-fi, DIY, la débrouille, l’indépendance et était admiré par bon nombre de ses contemporains (ses chansons ont été reprises par Tom Waits, Pearl Jam, Beck, Eels, Teenage Fanclub et autres… Lana Del Rey). Sa santé s’était fortement détériorée ces derniers temps et ses séjours à l’hôpital étaient fréquents. Daniel Johnston a sorti la bagatelle de 17 albums, dont les plus fameux Fun, 1990 et donc Hi How Are You?. Son dernier en date, Space Dudes, est sorti en 2012. RIP Daniel & thanks for the...

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Un nouvel album pour Big Thief dès octobre !

Un nouvel album pour Big Thief dès octobre !

Celle-là, on ne l’avait pas vu venir ! Alors qu’ils a sorti un formidable troisième album, U.F.O.F., début mai, Big Thief a annoncé que son successeur sortirait dès le mois d’octobre ! Two Hands, qui fut enregistré dans des conditions plus live et brutes, sera ainsi disponible le 11 octobre prochain chez 4AD. Un premier extrait, le superbe “Not”, joué régulièrement en live, est en écoute ci-dessous. Le groupe jouera le 24 février prochain à l’épicerie moderne (Lyon) et le 25 au cabaret sauvage...

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J Mascis @ La Maroquinerie (Paris), 06/07/19

J Mascis @ La Maroquinerie (Paris), 06/07/19

“Tu vas voir quoi, ce soir?” “J Mascis.” “Tu ne l’as pas déjà vu 15 fois ?” Pas loin, c’est vrai, si on compte les fois où je l’ai vu avec Dinosaur Jr. Et j’ai dû chroniquer une part conséquente de sa discographie (dont au moins 2 périodes de la vie du groupe). Du coup, on pourrait se poser la question de l’intérêt pour moi de parler d’un énième concert de cet artiste. Si vous avez lu une ou deux des chroniques en question, vous savez que j’adore la musique de Mascis et que chaque fois qu’il sort quelque chose, je fais à peu près la même chronique. Tiens, dans celle d’Elastic Days, je m’interrogeais déjà sur ma légitimité à chroniquer le disque. Alors bon, comment vous convaincre que ce concert de J Mascis était vraiment un excellent concert et que vous y auriez passé un super moment? Déjà, le public semblait conquis, je ne suis donc pas seul enfermé dans mon obsession. Ensuite, le son était cool, même si la fuzz pouvait parfois faire mal aux oreilles, et le prestations bonnes. De plus, J était en forme, se permettant 3 ou 4 mots de plus que “Thank You” entre les morceaux. Enfin, bien que la setlist soit identique sur toutes les dates de la tournée, elle était équilibrée entre tubes (“Little Fury Things”, “Get Me”, The Wagon”…), titres plus pointus habituels de ses concerts solo (“Not You Again”, “Alone”, “Ammaring”…), morceaux de ses derniers albums qui s’incluent très bien avec le reste (“See You At The Movies”, “Everything She Said”…) et un “Blowing It” qui fait plaisir, avec en final deux reprises bien senties (“Just Like Heaven” et “Fade Into You”). Bref, de quoi sortir heureux. Quoi qu’il en soit, on en revient toujours au même point. Soit vous avez du mal avec le personnage, vous n’aimez pas quand les show acoustiques dévient vers du bordel noisy, vous êtes allergique au solos de guitare ou vous avez perdu toute appréciation mélodique suite à un traumatisme quelconque, soit vous auriez passé un putain de bon concert. La musique de J Mascis est suffisamment honnête et sincère pour que vous sachiez exactement à quoi vous attendre, d’autant plus qu’il sait doser entre les morceaux que tout le monde veut entendre et ceux que personne ne connait, et vous savez donc exactement à quoi vous attendre si vous aller le voir. Moi, j’y serai la prochaine fois, Inch’allah. Blackcondorguy Setlist : Thumb (Dino Jr) – Everything She Said – Blowins It (Dino Jr) – Repulsion (Dino Jr) – Little Fury Things (Dino Jr) – Ammaring (J Mascis+The Fog) – Elastic Days – Every Morning – Get Me (Dino Jr) – Drifter/Heal...

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Laissez Shannon Wright vous prendre dans ses bras

Laissez Shannon Wright vous prendre dans ses bras

© Jason Maris Le 20 septembre prochain, Shannon Wright donnera une suite au somptueux Division avec un nouvel album intitulé Providence, chez Vicious Circle. L’album poursuivra dans une veine chant-piano initiée par son prédécesseur et on espère qu’il sera du niveau de ce premier morceau, “These Present Arms”, dont on est déjà amoureux. Enfin, rappelons que Shannon Wright se produira au Trianon le 14 octobre prochain. Jonathan...

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Big Thief – U.F.O.F.

Big Thief – U.F.O.F.

(4AD, 3 mai 2019) On a pris le temps, on l’a laissé venir. Voilà déjà près de deux mois que cet Unidentified Flying Object Friend revenait à nous à intervalles réguliers, se révélant peu à peu, mais gardant une certaine distance, une part de mystère à percer. Cet ovni était intrigant mais n’était pas encore un ami. Oh, bien sûr, Big Thief ne débarque pas de nulle part et s’était déjà fait remarquer via ses deux premiers albums (Masterpiece et Capacity). Mais étrangement, malgré l’attrait de quelques titres plaisants, on craignait de se heurter aux habituelles limites du genre : un ensemble un peu trop lisse et convenu, un manque cruel d’aspérités. La prise de « Contact » a rapidement balayé ces craintes. Pas immédiatement mais à un moment clé : lorsque retentit ce cri déchirant et viscéral, totalement inattendu. Les guitares se mettent alors au diapason, bifurquant vers des contrées bruitistes. On sait déjà que le voyage ne sera pas monotone. Voilà un premier frisson, une différence. Voilà une dame qui en impose. La dame se nomme Adrienne Lenker, c’est elle qui mène la danse du haut de sa douce voix fragile et de son jeu de guitare affirmé. Adrienne sait chanter, pas de doute là-dessus. Elle sait émouvoir, également, lorsque son chant presque brisé s’égare dans les aigüs, suivant un fingerpicking délicat, avant que quelques bruits non identifiés ne viennent pervertir cette folk immaculée (« UFOF »). Les murmures effleurent nos oreilles avec une grande délicatesse, la voix est à fleur de peau, parfois au bord de la rupture (« Terminal Paradise »). Si les belles mélodies sont omniprésentes, les contrastes sont fréquents : la somptueuse mélancolie d’« Orange », dans son plus simple appareil, nous fait succomber sans peine, quand « Cattails » se démarque grâce à de brillants arrangements. « Century », quant à elle, se révèle plus entrainante alors que la ténébreuse « Jenni » vient concurrencer Low en défiant la pesanteur et en poussant la tension jusqu’à l’inévitable explosion. C’est presque a capella que Lenker conclut « Magic Dealer », discrètement accompagnée de quelques notes de son bassiste Max Oleartchik. La sobriété pour terminer, avec toujours l’élégance comme fil conducteur. Voilà un ami qui aura mis du temps à se dévoiler tout à fait mais sur qui on devrait pouvoir compter à l’avenir. En tout cas, on ne manquera pas de le solliciter. Jonathan...

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