Hommage à Corbier

Hommage à Corbier

C’est ce week-end que j’ai appris la sale nouvelle : François Corbier nous a quittés. Lui qui nous demandait de lui souhaiter de vivre 150 ans en bonne santé, il semblerait que ce soit râpé. Il nous avait fait état en off de problèmes médicaux lorsque nous l’avons interviewé pour notre rubrique 5 chansons/5 disques, ce n’est donc pas une surprise totale, mais quand même, ça nous fait quelque chose. Comme beaucoup, j’ai connu Corbier par sa carrière télévisuelle et ses chansons pour enfants. Je ne sais pas quelle mouche m’a piqué, peut-être celle de la nostalgie pour être honnête, pour me pousser à m’intéresser à sa carrière musicale au début des années 2000. Peut-être aussi ses accointances avec Léandri de Fluide Glacial, qui laissaient présager de qualités humoristiques et d’écriture. Quoi qu’il en soit, j’ai découvert quelques chansons de son disque Carnet Mondain, de mémoire “Les  Épinards” et la version rap de “R.I.K.”, et décidé dans la foulée d’aller le voir en concert. La première chanson ce soir-là parlait de son envie de niquer une éléphante, autant dire que la rupture avec la télévision et les années AB Productions était définitivement consommée. Bluffé par ce que j’avais vu, séduit par des qualités humoristiques et d’écriture confirmées, ainsi que par un sens mélodique insoupçonné, je m’empressais d’acheter l’album. Carnet Mondain est sans doute plus un exercice de style qu’un véritable album, l’idée étant à mon avis de montrer ce que François Corbier pouvait faire dans un registre différent de la chanson pour enfants. Il est foutraque, avec des chansons classiques par-ci, des chansons flash par-là, des conneries, une chanson bonus rappée, et part un peu dans tous les sens musicalement (on y trouve du tango avec la chanson d’amour SM “Reviens Reviens” ou de la folk inspirée de Bob Dylan, par exemple) et au niveau de l’orchestration, mais il y a indéniablement de bonnes choses dessus. Ma seule déception, c’est que le concert m’avait laissé voir que le point fort de l’artiste, c’est le guitare-voix, et il y en a peu ici. Ce défaut a été corrigé en 2003 sur le disque Toi, Ma Guitare et Moi, grâce à un faux live. François Corbier s’est donc enregistré avec sa guitare et quelques personnes en studio pour recréer exactement l’ambiance de la scène, pour quelques chansons déjà connues (dont celles de l’époque télé qu’il rejouera pour la dernière fois et une compilation de chansons flash) et une majorité d’inédites. C’est une réussite en tout point, d’autant que les nouvelles chansons ne sont pas en reste (“La Tempête”, “La Galère Capitaine” qui revient sur les années Club Do, “J’arrive Chez Elle”…). Le seul défaut de cet album est d’avoir été épuisé quasiment...

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Dans le bac d’occaz #27 : Suicidal Tendencies, Wu-Tang Clan, The Fiery Furnaces

Dans le bac d’occaz #27 : Suicidal Tendencies, Wu-Tang Clan, The Fiery Furnaces

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon des amis mélomanes et/ou des lecteurs d’Exitmusik. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).* Dans le bac d’occaz’ #27 :suggestions pour les années en 3 Suicidal Tendencies – Suicidal Tendencies (1983) : suggéré par Okérampa Cher Oké, Cela fait un moment que je connais Suicidal Tendencies, depuis ma période Metallica, en fait, et il est même fort probable que ce soit toi qui me les avais recommandés. En revanche, de ce premier album, je ne connaissais que “Institutionalized”, donc c’était une bonne occasion d’aller voir ce qu’il y a derrière. Ce qu’il y a derrière : beaucoup de punk hardcore assez bourrin, mais, comme sur le morceau en question, pas mal de tentatives. Spoken word, donc, mais aussi, cassures de rythme, ralentissements, solos de guitare limite thrash (le solo de “I Shot The Devil” qui rappelle celui de “One” de Metallica, mais 6 ans avant, donc peut-être que Metallica s’en est inspiré), inclusion vers le metal et, plus surprenant, vers ce qu’on pourrait presque qualifier de rock alternatif/grunge (“I Want More”)… Un disque intéressant, c’est certain. Mon seul reproche, c’est que le hardcore bourrin en est non seulement le cœur, mais englobe aussi tout le reste. Je préfère personnellement quand il est là dans le fond, mais limité au strict minimum dans la forme. À part ça, rien à redire, ce disque est à découvrir ne serait-ce que pour l’histoire du punk.   Wu-Tang Clan – Enter the Wu-Tang (36 Chambers) (1993) : suggéré par JL Cher JL, Je dois t’avouer que, n’écoutant pas de rap dans les années 90, toute mon éducation est à refaire. En même temps, c’était peut-être du conditionnement social, mais en tant que petit babtou de classe moyenne, je ne me sentais pas du tout légitime à écouter du hip hop, et ceux qui le faisaient autour de moi, arborant tout l’arsenal ghetto street life, me paraissaient absolument ridicules. Ado on écoute surtout de la musique pour l’image, soyons honnêtes. Alors des niggaz de quartier qui revendiquaient une imagerie asiatique, en assimilant de surcroit les deux écoles d’arts martiaux les plus célèbres pour leur rivalité, ça me faisait pisser de rire. Impossible pour moi de prendre ce groupe au sérieux ! Les années ont passé et je me suis ouvert à d’autres horizons musicaux, j’ai pris conscience des carcans sociaux, et j’ai arrêté d’écouter de la musique pour l’image ou pour l’imagerie. Du...

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Premier extrait du nouvel album de Mark Lanegan et Duke Garwood

Premier extrait du nouvel album de Mark Lanegan et Duke Garwood

Mark Lanegan himself nous l’avait annoncé en fin d’année dernière : il y aura bien une suite à Black Pudding, premier album issu d’une collaboration avec Duke Garwood. Le disque se nommera With Animals et la sortie est prévue le 24 août chez Heavenly Recordings et PIAS. En voici un premier extrait, l’envoûtant “Save Me” :     Et voici la pochette                           LIRE L’INTERVIEW DE MARK LANEGAN LIRE L’INTERVIEW DE DUKE...

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Eels – The Deconstruction

Eels – The Deconstruction

On avait quitté Eels, tout penauds, frustrés comme il faut par le très (trop) sinistre The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett. Bonne nouvelle : The Deconstruction, s’il ne chamboule aucunement nos repères Eelsiens, est bien plus souriant et démarre sous de meilleures auspices. Un Eels, requinqué et fringant, se permet même d’improbables “chalala” et “choubidoubidou” dès la deuxième piste (“Bone Dry”). Bien dans ses bottes le bonhomme ? N’exagérons rien. Eels a morflé, ce n’est un secret pour personne (surtout pas pour ceux qui ont lu son autobiographie) et il n’est pas prêt de se départir de ses ballades introspectives. Après tout, un de ses meilleurs albums (Electro-Schock Blues) en était presque rempli. Mais aujourd’hui, il ne parvient plus vraiment à nous toucher droit au cœur. On ne voudrait pas passer pour de gros bâtards insensibles mais il n’y a rien qui ressemble plus à une ballade de Eels qu’une autre ballade de Eels et il apparait clairement que ses plus belles sont derrière lui. J’en veux pour preuve les poussives “Sweet Scorched Earth” et “In Our Cathedral”, l’épouvantable “The Epiphany” ou la quelconque “There I Said It”. Puisqu’il faut bien une exception qui confirme la règle : le morceau-titre qui ouvre l’album est lui une vraie belle réussite avec ses superbes arrangements de violon. On en redemande, et on en aura.. très peu. Heureusement toutefois que l’ami E n’oublie pas que la vie a aussi ses bons côtés et nous offre quelques friandises pop, reçues comme autant de bouffées d’air frais (“Bone Dry” donc, mais aussi la groovy en diable “Today Is The Day” qui contrebalance efficacement la désespérante “The Epiphany”). L’énergique et roublarde “You Are The Shining Light” nous rappelle aussi pourquoi notre attachement à cet artiste est grand. Citons enfin l’un des meilleurs morceaux, “Rusty Pipes”, et ses chœurs à la Morricone qui rajoutent une dimension épique, sans en faire trop. On signe, mais on va devoir se contenter de ça. Pas de quoi faire des triples saltos arrière d’enthousiasme mais il y a au moins matière à sauver les meubles et équilibrer quelque peu un bilan qui demeure bien terne. Jonathan...

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Damon & Naomi + Thalia Zedek à l’Olympic Café le 21 février !

Damon & Naomi + Thalia Zedek à l’Olympic Café le 21 février !

  Réservez votre 21 février ! Vous n’en avez peut-être pas entendu parler, c’est pourtant une sacrée affiche que proposera l’asso GTOK GTKO à l’Olympic Café (Paris). Le talentueux Rach Three ouvrira le bal avec sa folk dark et habitée. Suivra Thalia Zedek. Connue notamment pour être la frontwoman de ce merveilleux groupe qu’était Come, elle a également œuvré au sein des non moins recommandables Live Skull et Uzi et évolue actuellement en solo dans un registre blues empreint de classe. Last but not least, Damon & Naomi clôtureront cette soirée et nous rappelleront au doux souvenir de Galaxie 500, groupe phare de slowcore aux envolées mélancoliques inoubliables. Tout ceci se déroulera donc le même soir à l’Olympic Café, pour la modique somme de 8,50€. On voudrait pas vous forcer la main mais ça ressemble quand même à une soirée immanquable… Jonathan Lopez L’event FB La billetterie Regardez donc tout ce beau monde qui reprend Leonard Cohen   LIRE LA CHRONIQUE DE COME – ELEVEN...

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