Eels – The Deconstruction

Eels – The Deconstruction

On avait quitté Eels, tout penauds, frustrés comme il faut par le très (trop) sinistre The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett. Bonne nouvelle : The Deconstruction, s’il ne chamboule aucunement nos repères Eelsiens, est bien plus souriant et démarre sous de meilleures auspices. Un Eels, requinqué et fringant, se permet même d’improbables “chalala” et “choubidoubidou” dès la deuxième piste (“Bone Dry”). Bien dans ses bottes le bonhomme ? N’exagérons rien. Eels a morflé, ce n’est un secret pour personne (surtout pas pour ceux qui ont lu son autobiographie) et il n’est pas prêt de se départir de ses ballades introspectives. Après tout, un de ses meilleurs albums (Electro-Schock Blues) en était presque rempli. Mais aujourd’hui, il ne parvient plus vraiment à nous toucher droit au cœur. On ne voudrait pas passer pour de gros bâtards insensibles mais il n’y a rien qui ressemble plus à une ballade de Eels qu’une autre ballade de Eels et il apparait clairement que ses plus belles sont derrière lui. J’en veux pour preuve les poussives “Sweet Scorched Earth” et “In Our Cathedral”, l’épouvantable “The Epiphany” ou la quelconque “There I Said It”. Puisqu’il faut bien une exception qui confirme la règle : le morceau-titre qui ouvre l’album est lui une vraie belle réussite avec ses superbes arrangements de violon. On en redemande, et on en aura.. très peu. Heureusement toutefois que l’ami E n’oublie pas que la vie a aussi ses bons côtés et nous offre quelques friandises pop, reçues comme autant de bouffées d’air frais (“Bone Dry” donc, mais aussi la groovy en diable “Today Is The Day” qui contrebalance efficacement la désespérante “The Epiphany”). L’énergique et roublarde “You Are The Shining Light” nous rappelle aussi pourquoi notre attachement à cet artiste est grand. Citons enfin l’un des meilleurs morceaux, “Rusty Pipes”, et ses chœurs à la Morricone qui rajoutent une dimension épique, sans en faire trop. On signe, mais on va devoir se contenter de ça. Pas de quoi faire des triples saltos arrière d’enthousiasme mais il y a au moins matière à sauver les meubles et équilibrer quelque peu un bilan qui demeure bien terne. Jonathan...

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Damon & Naomi + Thalia Zedek à l’Olympic Café le 21 février !

Damon & Naomi + Thalia Zedek à l’Olympic Café le 21 février !

  Réservez votre 21 février ! Vous n’en avez peut-être pas entendu parler, c’est pourtant une sacrée affiche que proposera l’asso GTOK GTKO à l’Olympic Café (Paris). Le talentueux Rach Three ouvrira le bal avec sa folk dark et habitée. Suivra Thalia Zedek. Connue notamment pour être la frontwoman de ce merveilleux groupe qu’était Come, elle a également œuvré au sein des non moins recommandables Live Skull et Uzi et évolue actuellement en solo dans un registre blues empreint de classe. Last but not least, Damon & Naomi clôtureront cette soirée et nous rappelleront au doux souvenir de Galaxie 500, groupe phare de slowcore aux envolées mélancoliques inoubliables. Tout ceci se déroulera donc le même soir à l’Olympic Café, pour la modique somme de 8,50€. On voudrait pas vous forcer la main mais ça ressemble quand même à une soirée immanquable… Jonathan Lopez L’event FB La billetterie Regardez donc tout ce beau monde qui reprend Leonard Cohen   LIRE LA CHRONIQUE DE COME – ELEVEN...

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Neutral Milk Hotel – In The Aeroplane Over The Sea

Neutral Milk Hotel – In The Aeroplane Over The Sea

Un morceau qui commence par “I love you Jesus Chriiiist, Jesus Christ i love you” soit ça craint pas mal, soit ça cache quelque chose de pas net. Avec Neutral Milk Hotel, on penche pour la deuxième option. Les textes de Jeff Mangum (dont l’une des principales inspirations admises est le journal d’Anne Frank) parlent autant de garçon à deux têtes, que de roi carotte, de soeurs siamoises dévorées par un monstre, de parents cannibales, d’enfants enterrés vivants… que de Jesus Christ. Alors vous l’interprétez comme vous voulez mais le coup de l’admiration béate pour le divin enfant on a bien du mal à y croire. De l’admiration béate c’est toutefois ce que vous éprouverez sans doute si vous avez le bonheur – comme moi il n’y a pas si longtemps – de découvrir l’œuvre immense que constitue ce survol de la mer en aéroplane. Jeff Mangum et ses comparses se livrent à un gigantesque bordel foutraque où la folk débraillée le dispute au punk lo-fi débridé. Il n’y a pas deux groupes comme Neutral Milk Hotel mais il existe de multiples raisons de les aimer. Les réfractaires au folk un peu trop sérieux trouveront là des jerricans d’essence pour enflammer leurs préjugés, les allergiques au punk “trop répétitif” jubileront face à la richesse de ces compos, qui conservent l’esprit punk originel de part sa spontanéité et embellit l’affaire avec une prose inégalée et des détours en territoire champêtre, à grands renforts de cuivres tantôt hystériques tantôt désabusés. Jeff Mangum n’en fait pas des caisses, ne cherche pas la justesse à tout prix, il balance aux orties tout carcan, tue dans l’œuf toute idée furtive d’autocensure, n’hésitant pas à s’envoler dans des aigus qu’il est bien incapable d’atteindre sans partir en vrille complet. Il vit sa musique à 1000%, y laisse son âme, ses tripes, son sang, sa bile, et ses cordes vocales, mises volontairement à rude épreuve. C’est beau à en pleurer (“Communist Daughter”, la déchirante “Oh Comely”, la faussement simple mais véritablement grandiose “In The Aeroplane Over The Sea”), c’est renversant d’intensité (l’irrésistible “Holland, 1945” et sa fuzz qui vient pimenter les débats) et c’est parfois même tout ça à la fois (“The King Of Carrot Flowers, pt 2”, l’invraisemblable “Untitled” où se mêlent cornemuse, grosse disto et tour de manège désenchanté). Cette omniprésente (mais bien accompagnée) guitare acoustique semble être jouée devant nous, dans notre chambre, comme si chaque chanson nous était adressée directement, que l’on partageait quelque chose d’intime avec son auteur, qui nous a accordé le privilège de nous ouvrir la porte de son univers. C’est trop d’honneur qui nous est fait et trop de bonheur qui nous est offert....

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Eels : nouvel album, single en écoute

Eels : nouvel album, single en écoute

  4 ans après le décevant The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett, Eels sera de retour le 6 avril prochain avec The Deconstruction (chez E Work et PIAS). Le morceau d’ouverture, éponyme, a été dévoilé (cf ci-dessous). Ce nouveau disque c’est E qui en parle le mieux : « Voici 15 nouveaux morceaux de EELS qui vont peut-être vous inspirer et vous faire bouger. Ou Pas. Le monde est devenu fou. Mais si on la cherche bien, il y a toujours de la beauté à y trouver. Parfois, on n’a même pas besoin de la chercher. Sinon, il faut essayer de la créer soi-même. Et puis il y a des fois où il faut détruire quelque chose pour trouver de la beauté à l’intérieur. ». Une tournée mondiale a été annoncée avec notamment un passage à l’Olympia (Paris) le 9 juillet. JL...

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OCS – Memory Of A Cut Off Head

OCS – Memory Of A Cut Off Head

On ne présente plus John Dwyer, mentor de la scène garage de San Francisco, créateur en 2003 du label indépendant Castle Face Records et leader des incontournables Thee Oh Sees. Après un nouvel album (Orc) des Thee Oh Sees (devenu Oh sees) cet été, notre cher John vient de ressusciter son projet folk OCS, muet depuis 2005. Il retrouve à cette occasion son ex-comparse des Thee Oh Sees, Brigid Dawson avec qui il n’avait plus travaillé depuis le génial Floating Coffin. C’est avec plaisir que l’on renoue avec leur chant à 2 voix qui se marient à merveille pour cet album intimiste aux accents baroques et 60’s. Loin du garage psyché des Oh Sees et de l’électro de Damaged Bug, John Dwyer évolue ici en mode intimiste avec guitare acoustique, clavier, violons, harpe et saxophone. Dès les premières notes et paroles de « Memory Of A Cut Off Head » (« Oh, what a day, I lost my body / A feast for beast and all mankind »), la thématique de cet album est plantée. John Dwyer nous dévoile magnifiquement sa facette folk en nous racontant la nostalgie d’une reine déchue qui, face à la foule venue assistée à ses derniers instants, se remémore ceux de son monde avant qu’il ne s’écroule. Au menu, de belles ballades comme « On And On Corridor » qui évoque l’amour perdu entre les deux têtes couronnées errant dans les couloirs de leur palais, ou « Neighbor To None », où la révolution gronde et arrive jusqu’à leur porte. Sur « The Fool », le souvenir d’un amour impossible, difficile de ne pas voir naitre une larme à la première écoute de la voix de Brigid. (« Everytime we say goodbye / I feel like a fool / Baby, baby what can we do? Everytime I close my eyes / I see you / Baby, baby, what do I have to do? ») On ne peut s’empêcher de penser aux Beatles en écoutant la magnifique « The Remote Viewer » avec son clavecin baroque et ses harmonies de voix ainsi que « Lift A Finger By The Garden Path » qui n’aurait pas déplu à McCartney. « Chopping Block » rend, quant à elle, hommage au « Space Oddity » de Bowie alors que cette reine imaginaire fait face à son bourreau et à la foule. Cet album dégage une atmosphère nostalgique avec des titres pop imparables (« The Remote Viewer » et « Chopping Block ») et d’autres moins essentiels comme l’instrumentale « Baron Sleeps And Dreams » ou « Time Tuner » mais vous l’aurez compris le bilan demeure largement positif. Memory Of A Cut Off Head est le 20ème album de John Dwyer en 20 ans, toutes formations confondues. On ne peut que rester admiratif devant un artiste aussi prolifique qui réussit à se renouveler loin...

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