Neil Young a trouvé de quoi nous occuper pendant le confinement

Neil Young a trouvé de quoi nous occuper pendant le confinement

Que ferait-on sans Neil Young ? Pour nous aider à passer le temps pendant le confinement, le chanteur vient d’annoncer sur son site internet la diffusion en streaming de “fireside sessions”. Explications du (grand) monsieur “Ce seront des productions réalisées à la maison, quelques chansons pour passer un peu de temps ensemble. Parce que nous sommes tous coincés à la maison et que peu s’aventurent dehors, nous allons essayer de faire un stream au coin du feu, avec ma charmante femme qui filmera”. Alors, on reste bien tranquille chez soi, on bouquine, on écoute de la musique, on regarde les live de Neil Young (et d’autres) et on lit Exitmusik. Jonathan Lopez Tous nos articles sur Neil...

Lire la suite

Interview – Shannon Lay

Interview – Shannon Lay

L’écoute d’August, le troisième album de Shannon Lay, nous a été suggérée par Mikal Cronin. Merci à lui, car ce fut une belle découverte et l’un des plus beaux disques de l’année dernière, assurément. Nous avons donc eu envie de la rencontrer pour lui poser quelques questions. C’est dans la salle de concert de Petit Bain, alors qu’elle revenait d’un de ses magasins de vêtements préféré de la capitale, que nous avons eu le plaisir de discuter avec Shannon, qui s’est révélée aussi simple, accessible et chaleureuse que sa musique. (ENGLISH VERSION BELOW) “Le nom [du disque, August] vient du mois où j’ai arrêté de travailler à côté, donc c’est à la base une lettre de remerciement à l’Univers pour m’avoir donné l’opportunité de me consacrer à la musique. (…) J’aime penser que c’est mon disque le plus joyeux à ce jour.” © Blackcondorguy Qui est Shannon Lay ?J’ai grandi à Redondo Beach, en Californie, qui se situe à 40 minutes au sud de Los Angeles, et j’habite à L.A. depuis une dizaine d’années aujourd’hui. J’y ai déménagé après le lycée et j’ai rejoint un groupe grâce à ce site appelé Craigslist, sur lequel on peut vendre des trucs mais aussi poster des annonces. Sur ce site, j’ai trouvé un groupe qui s’appelait Facts On File. Je les ai rejoints, puis, ça a été une réaction en chaine. J’ai rejoint le groupe Raw Geronimo qui est devenu Feels, puis j’ai commencé à jouer seule et j’ai rejoint le groupe de Ty Segall. J’ai récemment quitté Feels et je vais encore faire une tournée avec Ty, puis je me consacrerai uniquement à mes trucs solo. Vous avez sorti 3 albums en 3 ans, plus les tournées. Comment trouvez-vous le temps ? C’est la troisième année où je ne fais que de la musique. Les deux premières années où je faisais mes trucs en solo, j’avais un travail à côté, et c’était difficile de trouver le temps. C’est cool de ne se consacrer qu’à la musique, car on ne décroche jamais vraiment, on avance sans cesse. C’est une question de consacrer son temps à ce qu’on aime, donc ça a été un choix assez facile à prendre. Et puis, je me calme un peu sur les tournées, car je veux privilégier la qualité à la quantité. Mais j’aime toujours prendre la route et jouer pour des gens. Vous écrivez beaucoup, et vous avez donc beaucoup de morceaux en réserve, ou vous composez plutôt sur le coup ? Le premier disque que j’ai sorti était constitué de beaucoup de morceaux que j’avais en réserve. Le deuxième, c’était un peu de morceaux en réserve mais plutôt des choses composées sur le moment. Et pour le...

Lire la suite

Big Thief @ Cabaret Sauvage (Paris), 25/02/20

Big Thief @ Cabaret Sauvage (Paris), 25/02/20

Je suis en nage dans un Cabaret Sauvage plein à craquer à proximité du bar et des journalistes musicaux. Je ne vois la scène que par intermittence. J’ai passé les deux dernières heures à courir pour attraper le Transilien, le RER E, le métro. Puis j’ai couru de la Porte de la Villette jusqu’au Canal de l’Ourcq pour arriver sur place avant le début du set de Big Thief. Existe-t-il salle plus loin de tout à Paris ? Je ne suis pas le seul à m’être fait surprendre par les derniers mètres, à en juger par la petite queue à l’entrée du chapiteau. Je reconnais un couple d’amis juste devant moi mais je n’arriverai jamais à remettre la main dessus au milieu de la foule. Après quelques tentatives infructueuses de me glisser au milieu de la masse des spectateurs pour m’approcher un peu, je finis par me poser derrière les consoles, un cameraman qui filmera les deux tiers du set me cachant occasionnellement la vue. Ces conditions, ainsi qu’une foutue sciatique qui me fait traîner de la jambe depuis près d’un mois, auraient pu me ruiner le concert de la dernière sensation du rock indépendant. Cerise sur le gâteau (façon de parler), j’ai vu passer la setlist, confiée aux ingénieurs son et lumière ainsi qu’à l’équipe de tournage et je vois donc le plaisir qu’apporte l’attente d’une chanson préférée me passer sous le nez. C’était compter sans la force de persuasion d’Adrianne Lenker et ses comparses. Dès les premiers accords de « Masterpiece », je sais que je vais assister à un concert énorme. Déjà, il faut rendre hommage à la salle. Le champ de vision est certes limité sous ce chapiteau mais le son est parfait. La voix d’Adrianne, tour à tour fragile, autoritaire, éraillée, ressort magnifiquement ainsi que le son de sa guitare électrique demi-caisse, rond, plein, gorgé de saturation juteuse. On lit évidemment quantité de conneries sur les réseaux sociaux mais il faut quand même voir le nombre de fois où il y est écrit qu’elle chante ou joue faux. Alors, oui, c’est parfois faux, mais c’est faux comme du Neil Young. C’est donc faux en bien. On est d’ailleurs en territoire « crazyhorsesque » en début de set, celui-ci faisant la part belle aux deux premiers albums du groupe. La dynamique de la formation, déjà impressionnante sur disque, fonctionne ici à plein régime : basse précise, batterie en apesanteur. Ce n’est pas insulter Buck Meek que d’affirmer que son rôle est relativement limité par rapport à ses deux camarades. Sa guitare est un élément additif mais les textures qu’il tricote sont superbes. Visuellement, le groupe, spécialisé dans les excès en tous genres – le bassiste...

Lire la suite

Mark Lanegan dévoile un premier extrait de Straight Songs Of Sorrow

Mark Lanegan dévoile un premier extrait de Straight Songs Of Sorrow

Comme il l’évoquait dans notre interview, Mark Lanegan sortira ses mémoires (Sing Backwards And Weep) fin avril et elles seront accompagnées d’un album, Straight Songs Of Sorrow, prévu pour le 8 mai prochain chez Heavenly Recordings. Un disque au sujet duquel il nous a déclaré “J’avais déjà commencé à composer ces chansons quand j’ai écrit le livre, basées sur des souvenirs évoqués dedans. (…) J’ai des chansons acoustiques mais aussi certaines qui ressemblent à celles que je compose actuellement. Il était hors de question que je sorte The Winding Sheet 2.” De nombreux invités ont participé à sa confection. Parmi eux, Greg Dulli (The Afghan Whigs, The Gutter Twins), Warren Ellis (Nick Cave & The Bad Seeds), John Paul Jones (Led Zeppelin), Jack Bates (The Smashing Pumpkins), Mark Morton (Lamb of God), Ed Harcourt… Un premier extrait “Skeleton Key”, long de 7 minutes, est en écoute. Et il est très beau. Tous nos articles sur Mark...

Lire la suite

Emily Jane White @ La Laiterie (Strasbourg), 06/02/20

Emily Jane White @ La Laiterie (Strasbourg), 06/02/20

Premier concert de 2020 pour ma part ce jeudi 6 février à La Laiterie avec la venue de la californienne Emily Jane White qui venait présenter son dernier album. L’excellent Immanent Fire, sorti en novembre dernier, m’avait permis de découvrir l’œuvre de cette chanteuse dans la grande tradition folk. Grand album de 2019, grand album tout court d’où une grande attente à l’heure de découvrir ces chansons sur la petite scène du club de La Laiterie. En première partie, et pour ne pas rompre avec l’ambiance plutôt intimiste de la soirée, Hicks and Figuri, projet solo porté par Spide (inconnu pour ma part), qui proposa un folk fragile porté par une belle voix grave. Tellement en sourdine que l’on entendait le barman ranger les pièces dans sa caisse ou les portes des toilettes s’ouvrir (!). Au moins, le public a joué le jeu sans dialoguer pendant les morceaux. Mais voici que s’avance alors Emily Jane White, seulement accompagnée d’un batteur et d’un musicien qui alternera basse et guitare au fil des morceaux. Et c’est peu dire que le charme a opéré. I put a spell on you. La californienne, humble et souriante à chaque fin de morceau pour remercier le public, a « magnétisé » l’assistance. Grâce à son art délicat du songwriting folk soit l’épure au service de chansons subtiles et de sa voix de sirène inquiète mais néanmoins bienveillante. Son dernier album avec en toile de fond l’urgence climatique sera joué en intégralité. Ça tombe bien vu que son caractère anxiogène mais musicalement majestueux apportera un contraste intéressant avec le reste des titres folk plus dans la veine d’une Alela Diane. Entamé par l’impeccable mais sombre « Washed Away », Emily Jane White dégaine ensuite le puissant « Infernal » où une guitare sourde et frondeuse annonce une fin de monde dans les flammes. Titre impressionnant. Où elle peut regarder dans les yeux une PJ Harvey. A l’image de « Metamorphosis », « Drowned » ou « The Gates at the End », on se prendrait même à rêver ces titres accompagnés d’un orchestre symphonique. La californienne parviendra aussi à instaurer une intimité fragile avec le public. Comme lorsqu’elle s’installe au clavier pour le sublime « Dew », où l’on n’est pas loin de verser sa larme devant tant de beauté. Parfois seule sur scène, à la guitare, dans le crépuscule d’un spot mourant, on touche alors à la quintessence de la folk-song. Et on mesure le délicat talent de son interprète. Sublime ! Loin de connaître toute sa discographie (elle a pioché beaucoup dans son déjà ancien premier album), on pouvait noter toutefois l’ampleur des titres du dernier album, aux arrangements élégants et aux instrumentations riches....

Lire la suite