High Tone – Time Has Come

High Tone – Time Has Come

(Jarring Effects, 1er mars 2019) Il y a comme un air de déjà-vu qui flotte sur cette année 2019, et ce n’est pas pour nous déplaire. Zenzile entame une grosse tournée Dub Unlimited parfois accompagné de Brain Damage, High Tone dégaine un nouvel album et va enquiller derrière avec une tournée massive également. Alors rien n’a changé 20 ans après ? Si, et pas qu’un peu. Si les fers de lance du mouvement français sont toujours là et bien fringants, autour d’eux l’émulation est bien moindre qu’à l’âge d’or du début des années 2000. Et si Zenzile, après avoir tenté moult expérimentations, a opéré à un retour aux bases réussi, High Tone continue de lancer des missiles à tête chercheuses dans toutes les directions. On peut se demander si Time Has Come n’annonce pas le début d’une nouvelle ère pour High Tone, si le temps ne serait pas venu pour les lyonnais de s’affranchir une fois pour toutes de l’étiquette dub qui leur colle aux basques depuis le début de leur carrière. S’ils n’en sont pas à leur premier écart loin s’en faut, les gars de High Tone ont ici coupé le cordon pour de bon sur des morceaux comme “Earth Breath” qu’on classera plus volontiers dans l’électro atmosphérique, bien plus proche d’un Jon Hopkins que d’un King Tubby. Véritable réussite, ce “Earth Breath” constitue une nécessaire bouffée d’air frais, au milieu de titres plus étouffants comme “Babylon Empire” qui verse dans la techno pure et dure un peu balourde. En ces temps de deuil pour les amateurs de Prodigy (RIP Keith), on se réjouit en revanche d’un “Conspiracy” qui convoque l’extravagance et la radicalité de ces derniers… sans négliger pour autant les infrabasses, les samples dubwise et les skanks qui vont bien. Du dub, en veux-tu ? En vlà du digital, classique et efficace (“Walk For The Future”). Le reggae n’est pas balayé non plus d’un revers de beat, les vibes de “Real Good Society” sont là pour le rappeler, même encerclées de bizarreries technoïdes. Toujours tourné vers le futur, constamment tiraillé entre les genres, High Tone jette toutefois quelques coups d’œil furtifs dans le rétro en renouant avec les ambiances orientales qui lui sont chères (“Ritual Of Death”), en invitant la chinoise Yehaiyahan au chant (après avoir collaboré par le passé avec Wang Lei) le temps d’un excellent single où retentissent ses bonnes vieilles sirènes de sound system (“Oh Why”). Vous serez donc surpris, mais pas totalement perdus non plus. S’il n’a pas la stature des classiques du groupe, Time Has Come permet de revérifier quelques points essentiels : l’envie de surprendre est toujours là et l’inspiration ne fait pas défaut. Rendez-vous dans 20 ans ? Jonathan...

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Les Chemical Brothers dévoilent un clip qui tabasse

Les Chemical Brothers dévoilent un clip qui tabasse

Le moins qu’on puisse dire c’est que le dernier album des Chemical Brothers nous avaient laissé sur notre faim. Mais il se pourrait bien que son successeur nous réconcilie avec le duo anglais. En tout cas, il risque de nous donner envie de remuer. Après un “Free Yourself” déjà très orienté dancefloor, voici le clip tonitruant de “MAH” agrémenté d’images des deux DJ sur scène et de nouvelles animations spectaculaires (et ci-dessous la version complète du morceau). Le nouvel album, intitulé No Geography, est prévu pour le printemps prochain. Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE EXIT PLANET...

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The KVB – Only Now Forever

The KVB – Only Now Forever

The KVB n’en est pas à son coup d’essai, loin s’en faut (8e album, déjà !) mais il se refuse à ressasser les mêmes marottes. Ceux qui ont bien accroché à Of Desire (et il y avait de quoi) ne seront pas tout à fait déboussolés, le duo ne s’est pas mué en une formation punk hardcore, les larsens n’ont pas supplanté les synthés, mais Only Now Forever laisse filtrer un peu de lumière là où ses prédécesseurs se complaisaient dans la pénombre. Ils ont beau adopter régulièrement un ton glacial ces KVB, ils savent se montrer accueillants et captivants pour peu qu’on les laisse se confier (l’imparable “Above Us” en ouverture). Il est en outre fréquent que le thermomètre grimpe pour indiquer une chaleur inhabituelle, on se laissera même surprendre plus souvent qu’à son tour à remuer le popotin, emportés aveuglément par un beat contagieux (“On My Skin” qui lorgne vers la dance ou l’électro cosmique de “Afterglow” et “Into Life”). Les robots semblent avoir pris le pouvoir et ils adoptent un look plutôt rétro 80s qu’ultra moderne, cela va de soi. En conséquence, le kitsch n’est parfois pas très loin mais l’ensemble est si solidement agencé qu’on finit toujours par se laisser prendre. Les mystères de la pop mon bon monsieur ; enrobez là comme vous voulez, si les mélodies sont au rendez-vous, c’est dans la poche. Pop n’a jamais été un gros mot pour The KVB mais il est ici plus assumé que jamais, à l’image de la belle mélancolie de “Violet Noon” aux chœurs éthérés qui s’envole aux confins d’une dream pop/shoegaze aussi touchante qu’inattendue, de la vaporeuse “No Shelter” ou de “Tides” qui a tout du single très (trop ?) calibré. Si l’intérêt faiblit quelque peu sur la face B (“Live In Fiction” et “Cerulean” sentent un peu la redite), force est de reconnaître que, sans dégainer l’artillerie lourde mais en faisant parler sa finesse, The KVB déploie tout un panel d’arguments auxquels il est difficile de rester insensible. Jonathan...

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Villette Sonique (Paris), 25 & 26/05/18

Villette Sonique (Paris), 25 & 26/05/18

25 mai 2018 Faites des gosses qu’ils disaient ! Et ouais, mais des gosses c’est toute une organisation. Ça vous fait cavaler partout à la sortie du taf et ça vous fait louper le début d’une soirée Villette Sonique. Résultat des courses : pas de James Holden et moins de Mogwai que prévu. Me voilà trempé quand j’arrive à la Grande Halle de la Villette (oui parce que quand il fait un peu trop chaud à Paris, on se prend un orage pour compenser c’est la règle). Le temps de prendre une bière, de me faufiler dans les premiers rangs et de voir la fin de “Rano Pano”. Dommage, j’aime bien “Rano Pano”. Le son est propre, c’est joli mais la setlist fait la part belle aux morceaux atmosphériques (“I’m Jim Morrison, I’m Dead”, “New Path To Helicon, Pt 1”, “Ithica 27o9”). Donc on regarde, on apprécie et on applaudit poliment. Mais on n’est pas transcendé non plus. On l’a dit, le son est propre mais il manque un peu d’amplitude et on retrouve ce sentiment frustrant déjà vécu dans cette (trop grande) salle : une certaine froideur, une distance entre le public et le groupe. Un public qui ne semble pas complètement concerné, qui plus est : certains papotent et ne prêtent que peu d’attention au concert, sans doute venus pour voir Jon Hopkins (on avait quelques doutes sur la cohérence de l’affiche, ils sont confirmés). Malgré ces désagréments, le groupe réalise une bonne prestation et la fin de concert va prendre une toute autre tournure. Après quelques frissons sur les arpèges délicieux de “Every Country’s Sun” qui clôturait de façon épique l’album du même nom, l’excellent “Remurdered” – bien plus remuant que sur disque (et bénéficiant contrairement aux autres titres d’un lightshow très poussé) – chauffera le dancefloor comme il faut avant Jon Hopkins. De quoi réconcilier les amateurs des ambiances cinématographiques propres aux écossais et les fans d’électro venus remuer leur popotin. Ces derniers vont toutefois vite déchanter avec un coup de grâce inattendu dont les trois mots font toujours vibrer les amateurs de post rock : “MOGWAI FEAR SATAN”. Lors de la longue plage contemplative à mi morceau, beaucoup tapent la discute tranquille, sans se douter de la déflagration à venir. Je ricane en silence. L’explosion est soudaine et sonne comme un énorme “VOS GUEUUULES” que je mourrai d’envie de leur envoyer dans les gencives. Mogwai le fait mieux que moi. Les réserves évoquées précédemment sont balayées, “Mogwai Fear Satan” est plus fort que tout. Dans la continuité, “Old Poisons” maintient les décibels à haut niveau avec une puissance et une explosivité qui auront parfois manqué dans la première partie du show. De quoi alimenter...

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Jon Hopkins – Singularity

Jon Hopkins – Singularity

Depuis quelques années, Jon Hopkins s’est imposé comme l’un des nouveaux bonhommex à suivre à la trace en musique électronique. Après quelques amuse-gueules (une BO, un EP, une mixtape) pour faire patienter les plus accros, le voici enfin disposé, 5 ans après, à offrir un successeur à Immunity, l’album qui l’a définitivement consacré. Soyons honnêtes, malgré son statut et de sérieux coups de cœur, on ne savait pas vraiment si on devait totalement se laisser aller à l’enthousiasme béat qui entoure Jon Hopkins. Oui, il a signé quelques-uns des meilleurs morceaux électro de ces derniers temps. Incontestablement. Pour autant, ce serait mentir que de dire qu’Immunity a squatté notre platine sans relâche depuis 5 ans. Car l’album demeurait assez inégal et après un début fracassant, notre intérêt s’effritait peu à peu. Singularity envoie-t-il valser les derniers doutes à son sujet ? Pas vraiment. Il confirme d’abord que certains de ses morceaux marquent les esprits. Après une longue intro où on ne sait pas trop ce qui nous attend, on se fait dévorer tout cru par la formule redoutable beats triturés-nappes envoûtantes (“Emerald Rush”). La suite est du même acabit. Les variations semblent minimes mais elles sont quasi permanentes et nous transportent. Le sommet se nomme “Everything Connected” et pendant 10 minutes il nous met cher. Les yeux se ferment, les jambes se mettent à remuer toutes seules, les battements du cœur se confondent avec les basses, tandis que la tête s’évade… Après cela, on pressent qu’on ne pourra que tomber de haut et on n’est pas très loin du compte. “Feel First Life” dont le titre ne doit sans doute rien au hasard, scinde l’album en deux et démarre alors une succession de morceaux contemplatifs où le piano occupe une place prépondérante… et l’ennui aussi. L’enthousiasme en prend un coup. On ne peut pas en vouloir au DJ de varier les plaisirs, de faire ce qu’il a envie et d’éviter ainsi la redite mais force est de constater qu’il excelle davantage dans un registre qu’on pourrait qualifier de techno cérébrale que dans de longues plages ambiantes agréables en fond sonore mais certainement pas aussi captivantes. Le père Hopkins aime décidément nous laisser dans l’indécision. Ce disque de plus d’une heure aurait pu être faramineux, il n’est finalement qu’un bon disque un peu trop long. Comme le précédent, donc. Jonathan...

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