Le Peuple De L’herbe – Stay Tuned…

Le Peuple De L’herbe – Stay Tuned…

On a d’abord tous pensé que les membres du Peuple De L’herbe étaient des fumeurs de joints invétérés. Erreur ! Le Peuple De L’herbe ce sont de gros alcooliques. Des alcooliques qui ont su faire évoluer les moyens de se/nous torcher la gueule. Alors qu’à leurs débuts ils ne lésinaient pas sur les doses et les mélanges, les voilà désormais plus mesurés. Tout en sachant apprécier les bons crus forts en bouche (JC001 qu’ils ont toujours affectionné, Marc Nammour de La Canaille et Oddatee), Le Peuple semble assagi, préférant un bon alcool fort à déguster plutôt qu’un mélange qui pourrait se révéler indigeste (même si à l’époque ils étaient ô combien savoureux !). Avec l’âge on encaisse moins facilement. Aujourd’hui Le Peuple apprécie se faire un bon rock’n rhum tranquille, surtout quand les amis sont de la partie, même s’ils sont un peu sur les nerfs et revendicatifs (“Abuse”). Ça fait aussi du bien de vider son sac. Alors évidemment quand on se remémore un soir comme ce maudit vendredi 13, impossible de ne pas avoir l’alcool triste. Mais même l’esprit un peu embrumé, les mots de Marc Nammour sont justes. Triste mais beau et touchant (“V13”). Et c’est aussi beau d’écouter JC001 embrasser la cause de réfugiés trop souvent vilipendés (“Refugees”). L’alcool libère la parole dit-on, là c’est juste le coeur qui parle. Mais la soirée est longue et si Le Peuple a mis un peu d’eau dans son vin, il sait varier les plaisirs, calmant le jeu avec un soft bien senti (“Lucy Fire”) avant de se faire un petit shot pour faire monter la pression et partir en soirée rock’n rhum (“Only A Few”). Dès lors, les bonhommes ont l’enthousiasme si communicatif qu’il devient inconcevable de ne pas se déhancher à leurs côtés (“Who’s Got It”). Finalement, même sans l’exubérance de sa jeunesse, le souvenir ne sera peut-être pas indélébile comme à l’époque mais c’est toujours aussi bon de passer une soirée en compagnie du Peuple De L’herbe à s’enfiler quelques canons....

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Un premier extrait en attendant le nouveau Zenzile

Un premier extrait en attendant le nouveau Zenzile

S’il y a bien un groupe dub qu’on n’a jamais cessé de suivre, c’est Zenzile. Auteurs encore une fois d’une dernière livraison de haut niveau (Berlin, l’an dernier) avec un virage krautrock des plus réussis, le groupe avait confirmé que le chemin parcouru depuis Sachem In Salem il y a plus de vingt ans est énorme et la remise en question permanente. Leur retour dans les bacs est prévu pour le 24 février prochain chez Yotanka avec leur dixième album Elements. Un premier extrait vient d’être dévoilé et ne devrait pas dépayser ceux qui avaient accroché à l’univers de Berlin. Ça s’appelle “Presence” et ça s’écoute par ici : Zenzile entamera ensuite une tournée pour défendre son dixième album et sera notamment de passage dans la capitale le 12 mai au Café de la Danse....

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Le studio de Lee Scratch Perry incendié

Le studio de Lee Scratch Perry incendié

C’est la deuxième fois que ça lui arrive, ça commence à faire beaucoup. Une bougie restée allumée et voilà le studio de Lee Scratch Perry vidé de sa contenance. Le sorcier fou jamaïcain de 79 ans, co-inventeur du dub avec King Tubby et producteur de quasiment tous les grands noms du reggae jamaïcain, a annoncé lui-même la nouvelle sur sa page Facebook : « Bonjour mes fans. Quelque chose de très très triste vient de se produire. J’ai oublié d’éteindre une bougie et la totalité de mon laboratoire secret a brûlé. Toutes mes œuvres d’art, mes chapeaux magiques, mes bottes magiques, toutes mes folles tenues de scène : roi, pape, général, magicien… Tous mes ordinateurs, tout mon matériel de studio et mon micro magique, mes livres, ma musique, mes CD… Tout est parti en fumée !!!! » Lee Perry a lancé via les réseaux sociaux un appel aux fans pour lui permettre de reconstituer une partie de sa gargantuesque collection (notamment moult grigris offerts tout au long de sa carrière par des fans justement). En 1983, c’est son studio mythique Black Ark, en Jamaïque, qui avait été la proie aux flammes (dans des circonstances assez floues). Lee Scratch Perry vivait depuis 1989 en Suisse où il avait bâti sa nouvelle antre…...

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Asian Dub Foundation – More Signal More Noise (ADF Communications)

Asian Dub Foundation – More Signal More Noise (ADF Communications)

Vous l’avez peut-être oublié mais Asian Dub Foundation est toujours présent et actif. Il semble qu’il en faut beaucoup pour réduire cette formation au silence, et ce ne sont pas les multiples changements de line-up qui auront eu raison de son énergie légendaire. L’âge d’or est sans doute passé mais l’envie demeure. More Signal More Noise est donc le 9e larron, et il contient des signes de vie et de vivacité que certains cherchent déjà en vain sur leur deuxième album. Le groupe envoie ici des salves bien de chez lui, tamponnées du sigle ADF, à commencer par les deux premiers titres, en forme de singles immédiats (« Zig Zag Nation », « The Signal And The Noise »). Pas d’une originalité à toute épreuve mais efficaces en diable. Puisqu’on parle d’originalité, c’est un peu là que le bât blesse sur ce disque puisque Asian Dub n’est pas parti pour se réinventer mais surfe plutôt sur ses bonnes vieilles recettes (« Stand Up » et son refrain qui fleure bon le manque d’inspiration, le remix (?) de « Flyover » dont on cherche encore l’intérêt). A l’époque son éclectisme et son mix de cultures et influences faisait sa force, aujourd’hui le fait de s’appuyer constamment sur ce registre qu’il s’est approprié le pénalise quelque peu. On trouvera davantage matière à se réjouir dans les envolées dub orientales instrumentales à sauce rock piquante (« Hovering », « Blade Ragga ») ou l’imparable « Semira », sa rythmique plombée et sa flûte enchanteresse. Une flûte d’ailleurs très présente tout au long de l’album, ce qui est, pour le coup, une nouveauté. Asian Dub Foundation n’a pas oublié non plus son engagement qui, initialement l’avait poussé presque par accident dans la musique (« Get Lost Bashar ») ni les chants traditionnels indiens mêlés à une rythmique drum’n’bass enlevée (« Fall Of The House Of Cards »). Bref malgré le poids des années, Asian Dub n’a guère changé et a encore d’intéressantes réserves sous le capot. Les amateurs du groupe trouveront des choses à grignoter, avec une pointe de nostalgie tout de même en pensant à l’époque bénie de leurs premiers albums.  ...

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Zenzile – Berlin (Yotanka)

Zenzile – Berlin (Yotanka)

On se souvient toujours de sa première fois. Et je me souviendrai toujours de la première fois que j’ai entendu “Der Verkehr”. J’étais aux chiottes. Bon ça brise un peu le mythe. Mais quand j’ai entendu ce morceau (peu importe le lieu après tout), j’ai su immédiatement qu’il me suivrait des mois durant, si ce n’est des années. Il suffit d’une fois pour être pris par cette ligne de basse dantesque chahutant avec un saxo taquin. Et le morceau dure plus de 8 minutes s’évadant ensuite dans des directions insoupçonnées. Un bijou. Constat identique sur “Der Kindergarten” où les sonorités électroniques ont tôt fait de nous faire vriller le cervelet. Zenzile, toujours en quête de nouveaux défis et inspirations, se penche cette fois sur la capitale allemande. Ce ne sont pas les premiers, on se souvient évidemment du trio infernal David Bowie/Lou Reed/Iggy Pop avant eux. Ils avaient marqué l’histoire. Le groupe angevin n’en est pas là mais risque bien de marquer sa propre histoire avec un énième tournant discographique. Et un énième coup d’éclat. Zenzile s’appuie ici sur le docu-fiction muet de Walther Ruttmann “Berlin : la symphonie d’une grande ville” à qui il a décidé de donner une seconde vie. Avec ou sans images, cet album est une réussite absolue. Entièrement instrumental, Berlin ne s’embarrasse d’aucun carcan. Le dub n’est qu’un lointain souvenir. Trop restrictif. A l’exception du dernier titre “Der Tanz”, ne subsistent ici que les reverbs et une basse qui, comme toujours, mène la danse. Les instruments jouissent d’une liberté totale et nous délivrent un récital convoquant à la fois le krautrock teuton, le post-rock, le progressif. A l’image de ce moment où Zenzile choisit d’appuyer sur pause et où tout se met à flotter dans un délire très Floydien (“Die Architektur”). Ô temps suspends ton vol, ô Zenzile prends-nous par la main et emmène nous loin, très loin. Bien au-delà de Berlin. Et on n’oubliera pas de mentionner la phénoménale “Die Brucke”, ce serait criminel. On a le sentiment que ce groupe ne s’est jamais autant lâché faisant voler en éclat les barrières. L’avenir s’annonce radieux et palpitant. Une chose est sûre en tout cas, Zenzile n’est plus “seulement” un grand groupe dub. C’est un grand groupe tout simplement.   JL...

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