Zenzile Meets Jay Ree – 5+1

Zenzile Meets Jay Ree – 5+1

Ressortons le dico page 137 si vous le voulez bien. Dub : version reggae instrumentale se distinguant généralement par une session rythmique proéminente et l’utilisation fréquente de nombreux effets (delay, reverb notamment). Si Zenzile a participé à l’apprentissage de cette définition pour nous, pauvres Français, ignorants des pionniers King Tubby, Lee Perry et compagnie, il nous a également vite rappelé que dub pouvait (devait ?) rimer avec expérimentation, recherche sonore et mélange des genres. Ils ont donc pioché allègrement dans (liste non exhaustive) le punk, la new wave, le post rock, le kraut, la soul, le trip hop sans jamais craindre de se frotter au hip hop ou à l’électro. Ne jamais cloisonner son dub et il vous le rendra bien. Depuis plus de 20 ans donc, Zenzile nous en fout plein les oreilles sans jamais qu’on sache comment il va nous cuisiner. Cette fois, pas de mystère : retour aux bases. Aux bases du son qu’il a développé initialement et même de sa discographie en donnant une suite à ses fameux 5+1. Pour 5 musiciens et 1 chanteur. L’heureux élu se nomme ici Jay Ree, qui avait déjà donné le change sur Electric Soul, il y a six ans de cela. Quand à la tracklist, on perpétue l’histoire du dub avec les fameux 45 tours reggae, suivis de leur version instrumentale. En voici 5 de chaque. Et devinez quoi ? Ils sont tous bons. Ok, on devient prévisible mais en même temps on a du mal à être déçus par ces gens-là. Comment être déçu par une telle entame déjà ? Une mélodie vocale implacable, une basse qui fait trembler les enceintes, le skank se met en route, le cerveau se connecte. Il ne s’en échappera plus. Difficile de ne pas faire le lien entre ce “4000 Years” et le mythique “400 Years” de la doublette Marley/Tosh, près de 50 ans plus tôt. Il ne lui fait certainement pas injure en tout cas. Sur “Stay Close To Me” ce merveilleux saxo qui a le don de nous faire frissonner en live nous embarque d’entrée. Jay Ree signe encore une fois une prestation de haut vol. Et on vole avec lui, très haut pour atterrir en douceur sur une version dub aux petits oignons. Jay Ree sait également se la jouer gouailleur à la façon des grands DJ* à la U-Roy avant de faire parler la clarté de son timbre quand il est question d’enrober l’affaire au moment du refrain (ça s’appelle “So Good So Far” et c’est difficile à contredire). En fin d’album, Zenzile s’échappe quelque peu des traditions le temps d’une “Disconnected” (et son jumeau “Dub Connected”) captivante et planante à souhait, reposant sur un beat électro minimal,...

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Zenzile : nouvel album, nouveau single et retour aux fondamentaux

Zenzile : nouvel album, nouveau single et retour aux fondamentaux

Le retour des patrons. Après bien des aventures, expérimentations, collaborations, virées en contrées rock (les deux dernières en date notamment, le fabuleux Berlin suivi du très bon Elements), voici Zenzile qui revient à ce qui a fait d’eux les rois du dub à la française (sauce jamaïcaine, évidemment). Un retour aux sources déjà amorcé par la tournée Dub Unlimited, comme ils nous l’expliquaient dernièrement en interview, et qui se concrétise avec la sortie le 5 octobre prochain de 5+1 Meets Jayree. Contrairement aux trois 5+1 précédents (avec Jamika en 2000, Sir Jean en 2002 et Vincent « Cello » Segal en 2003), il ne s’agira pas d’un EP mais bel et bien d’un album de 10 titres. Ils y retrouveront la voix très charismatique de Jayree avec qui ils ont déjà collaboré sur l’album Electric Soul en 2012. Voici “4000 Years”, premier extrait de très bonne augure : Zenzile sera en tournée un peu partout en France à la rentrée avant de terminer le 16 mars prochain par une date à l’Elysée Montmartre (Paris) : 27/09 : Portail Coucou – Salon de Provence (13) 28/09 : Le Kfé Quoi! – Forcalquier (04) 29/09 : Salle du Queyron – Guillestre (05) 06/10 : Jardin de Verre – Cholet (49) 11/10 : Le Fil – Saint Etienne (42) 12/10 : La Jimi – Ivry-sur-Seine (94) 13/10 : CC René Proby – Saint-Martin-d’Hères (38) 19/10 : Le Sonambule – Gignac (34) 20/10 : Château Rouge – Annemasse (74) 03/11 : Maison de Pays – Nyons (26) 08/11 : Le Bouillon – Orléans (45) 09/11 : CC John Lennon – Limoges (87) 10/11 : 25 de la Vallée – Chaville (92) 15/11 : Tartine Festival – Chambéry (73) 16/11 : Festival Soirée d’automne – Caromb (84) 17/11 : Comparses et Sons – Venelles (13) 22/02 : Metronum – Toulouse (31) 16/03 : Elysée Montmartre – Paris (75) Jonathan Lopez   LIRE LA CHRONIQUE DE TOTEM LIRE LA CHRONIQUE DE BERLIN LIRE LE REPORT DU CONCERT A LA MAROQUINERIE EN...

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Interview – Zenzile

Interview – Zenzile

Plus de 20 ans de carrière pour Zenzile et pas un faux pas à déplorer. Étendard de la scène dub française pendant les années 90, le groupe a très vite creusé son propre sillon, suivi ses envies, quitte à s’éloigner de ses racines et s’aventurer en territoires krautrock ou post punk. Sans jamais perdre la passion ni l’authenticité. En 2018, Zenzile souhaite renouer avec son passé avec une tournée logiquement intitulée “Dub Unlimited”. Ça commençait fin mars à Paris dans une Maroquinerie comble et en fusion. Quelques heures avant la tempête, rencontre avec le plus punk des groupes dub français.   Ce live « Dub Unlimited », c’est une sorte de retour aux sources ? Vous n’allez jouer que des vieux morceaux ? Alex Raux (guitare): Pas que, non. Pas mal de nouveaux morceaux aussi qu’on va sortir dans un 5+1. Trois ou quatre. Et aussi des vieux morceaux qu’on a un peu réadaptés. En revanche, vous avez posté une setlist sur vos réseaux sociaux qui devrait ressembler pas mal à celle de ce soir, il n’y a pas de morceaux de Berlin et Elements ? Matthieu Bablée (basse) : Il y aura un morceau d’Elements qu’on a rajouté. Ça signifie aussi que ces albums-là collent moins avec le Zenzile d’avant que vous cherchez à retrouver ce soir. Matthieu : Ce qui est clair c’est qu’avec Elements, on a poussé le truc à son paroxysme. Pour nous c’est toujours la musique du groupe et, personnellement je trouve que les connexions sont toujours évidentes avec le corpus d’influences du groupe et la musique qu’on veut jouer. Mais c’est clair qu’on a poussé l’expérimentation, on est allé de plus en plus loin du dub. Après il y a des passerelles, ça reste contemplatif. Ça a plus à voir avec ce qu’on faisait sur Berlin même si je pense que le vrai retour aux sources avant ça, c’était de se retrouver à 5. Pour la première fois depuis le début du groupe. Alex : Et il n’y avait pas de chant. Matthieu : Et c’est même au-delà puisqu’au début du groupe on a toujours répété instrumentalement mais lorsqu’on a enregistré des disques on a toujours eu des featurings. Même sur Sachem In Salem et sur le premier maxi, Dub Promozione, on avait des samples de voix. Et paradoxalement c’est sur Berlin que vous avez le plus exploré les territoires rock, avec du krautrock, rock progressif… Matthieu : Complètement. Alex : C’était aussi vachement lié au film, parce qu’il nous inspirait ça. Matthieu : Je pense qu’il n’y aurait pas eu Elements sans Berlin mais on n’a jamais eu de plans pré-établis. Les morceaux déboulent à la suite parce qu’on baigne dans une certaine ambiance,...

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Zenzile – Elements

Zenzile – Elements

Ça fait déjà bien longtemps qu’on ne sait plus si on doit classer Zenzile au rayon dub. Ça emmerde sans doute les disquaires mais nous ça nous va très bien. Après avoir posé les bases du genre (on parle bien sûr du dub “à la française”, le jamaïcain existant lui depuis belle lurette), Zenzile est parti en expédition et n’est jamais vraiment revenu. Ou plutôt si, il revient chaque fois avec de nouvelles idées. Après un tour à Berlin il y a 2 ans au bon goût de rock choucroute, le voici désormais entouré d’une nouvelle exploratrice qui foule pour la première fois la planète Zenzile et s’y accommode très bien, en témoigne la merveilleuse “Bird” en ouverture avec une Zakia Gallard des plus aériennes. La pochette prend alors tout son sens. Nous sommes bien au-dessus des nuages. Autre bijou bien poli, “Dry”, qui peut se targuer d’une somptueuse intro où on pense que tout est déjà dit. Mais non il y a bien d’autres choses à conter dans cette fantastique épopée que de délicats synthés emmèneront vers des contrées new wave. L’album, qui tient autant du dub que du rock progressif, se révèle moins rugueux que son prédécesseur. A l’exception du rock burné d’« Outsight” (qui n’est pas sans rappeler certains titres incandescents de Livin’ In Monochrone), l’ambiance se veut plus apaisée. Il est davantage question de méditation que d’excitation (la formidable “Storm” qui s’autorise toutefois quelques éclairs guitaristiques rageurs, l’inspirante “Sequences” qui nous susurre “love is all around” de la façon la plus convaincante qui soit). Sans surprise, Matthieu Bablée envoie toujours des lignes de basse qu’on pourrait s’écouter tranquille un bon quart d’heure sans se lasser, et quand le tout est accompagné de percus et d’une voix brumeuse (“Presence”), on est bien. Un bon vieux dub des familles (“Poly”) vient boucler une affaire rondement menée, et rappeler que Zenzile n’oublie pas ses racines. Autre rappel : la musique de Zenzile fascine toujours et, si on ne sait jamais où ils vont nous emmener, on peut toujours les suivre les yeux fermés....

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Interview – Le Peuple De L’herbe

Interview – Le Peuple De L’herbe

Le Peuple De L’herbe vient de fêter ses 20 ans de carrière avec un huitième album, Stay Tuned… Aucune lassitude à l’horizon, une inspiration toujours bien présente et même un nouveau visage, une nouvelle voix. Celle de l’américain Oddateee, connu auparavant pour ses collaborations passées avec High Tone, vieille connaissance du Peuple. Juste avant d’entamer une énième tournée, DJ Pee, membre fondateur du groupe, était accompagné de son nouveau comparse, pour faire un peu de promo. Ça tombe bien, on avait pas mal de choses à leur demander…   “Si tu te remets pas en cause et que tu fais pas avancer ta musique, je pense que tu deviens neuneu, ça ne devient plus intéressant.”   Bon j’ai écouté un peu votre nouvel album forcément… DJ Pee : J’espère. Beaucoup même ! (rires)   J’ai l’impression que c’est peut-être le plus carré, léché, le moins bordélique en tout cas si je puis dire. C’est quand même pas votre album de la maturité rassurez-moi ? DJ Pee : (Rires) On en a fait tellement d’albums de la maturité. Ouais, il a été mûri, on a essayé de moins se disperser, d’être plus exigeants avec nous-mêmes. c’est ce qu’on s’est dit en rentrant en studio. On s’est fait cette remarque « peut-être qu’on est trop indulgents avec nous-mêmes ». On a été super sévères (rires). On a fait de la matière pour facilement 2 albums, 2 albums et demi. On a vraiment sélectionné les meilleurs tracks.   Ah oui, donc vous en avez sous le coude… DJ Pee : On en a chié plein (rires).   Je trouve aussi – bon en même temps c’est logique – qu’il y a un côté rock de plus en plus prononcé depuis l’arrivée du nouveau guitariste, il y a carrément des morceaux où on est proches de la fusion, je pense notamment à « Abuse » sur laquelle tu rappes Oddatee…  DJ Pee : Oui un mélange de genres. C’est assez 90s, politisé…   Un petit côté Rage Against The Machine. Oddateee : Oui Rage ou Public Enemy, un mix de tout ça. Et le groupe apporte l’équilibre. Et les textes sont encore plus importants « too much abuse in your mind » et ça rend fou, ça concerne tout le monde, les français, les blacks, les chinois, le monde entier… DJ Pee : c’est influencé par ces groupes, mais c’est surtout Le Peuple et Oddatee. Il s’est cassé le cul à trouver de bons lyrics qui ont un sens. Il sait qu’on est totalement en phase avec ce qu’il dit. C’était déjà le cas avec JC (JC001 ndlr). Oddateee : oui on a clairement trouvé une harmonie entre nous, le son, l’esprit. Sur « Abuse », on a une très bonne interprétation...

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