Pearl Jam @ O2 Arena (Prague, République Tchèque), 01/07/18

Pearl Jam @ O2 Arena (Prague, République Tchèque), 01/07/18

Comme un camé en manque, j’ai besoin à intervalles réguliers de ma dose de concerts de Pearl Jam. Et comme tout bon dealer qui se respecte, ces derniers, bien conscients du nombre conséquent de junkies qui les suit aveuglément, augmentent les tarifs jusqu’à atteindre des niveaux indécents. Comme un camé en manque, j’ai donc (c)raqué pour avoir ma dose et j’en ai pris trois plutôt qu’une (on y reviendra, peut-être). A commencer par Prague. Avec un raisonnement simple, ils n’y vont pas souvent donc ils vont nous mettre cher. Et accessoirement, Prague est une très belle ville. Et pas chère avec ça. A l’exception des concerts de Pearl Jam, cela va de soi. Après avoir bien rigolé devant l’élimination des espingouins à la coupe du monde en enquillant quelques pintes, on jette un coup d’œil furtif au merch et constate qu’il ne reste que : des t-shirts moches, des portes-clés affreux, des paires de chaussettes hideuses. On a beau être des camés en manque, on ne nous y prendra pas. On s’enfile une ou deux grosses saucisses (aaah la gastronomie tchèque), on discute avec des Français camés comme nous et on prend place dans le gigantesque O2 Arena. Situés à environ 14 kms de la scène, la vue est imprenable. Et lorsque les meilleurs dealers de Seattle déboulent, on a d’emblée le souffle coupé par le son. Net, puissant, les frissons ne sont déjà pas loin. Mike McCready a fait péter son archet et le groupe de dégainer le meilleur morceau du dernier album, « Pendulum ». Ed Ved est en voix, nous sommes en joie. Le démarrage en douceur (et en beauté) se poursuit avec « Nothingman » avant que le groupe ne passe la surmultipliée. « Corduroy ». RAS. Personne ne bouge, ni à côté ni derrière nous. On échange un regard, la décision est prise : on laisse ces gros nazes profiter de leur pièce de théâtre et on va s’exciter comme des demeurés sur le côté, entre deux escaliers et derrière une vitre. Qu’importe, nous voilà libres de nos mouvements et de l’autre côté de la vitre, Pearl Jam balance du lourd et du speed sans discontinuer. Summum des réjouissances : « Brain Of J. » et son riff infernal, la sombre et poisseuse « Tremor Christ », invités surprises et de marque. On ne boudera pas non plus notre plaisir sur l’intense « Dissident » (dédié à Václav Havel) et on n’osera même pas cracher sur « Lightning Bolt » (issu du dernier album du même nom), loin d’être un chef-d’œuvre mais qui, si bien entouré, passe comme une lettre à la poste. Suivent de gros classiques – que dis-je, des hymnes – de Ten, l’inévitable « Even Flow » (lourdingue sur disque, toujours tonitruante en live. Merci Mike) et...

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Mudhoney de retour à Paris !

Mudhoney de retour à Paris !

Réjouissons-nous ! Alors que Mudhoney fête cette année ses 30 ans de carrière (tout comme son label historique Sub Pop), il reviendra d’ici la fin de l’année avec son 10e album, successeur de Vanishing Point, et sera de retour sur scène le 27 novembre au Trabendo (Paris). Après avoir snobé la capitale lors de leur dernier passage en France, puis carrément le pays quand ils ont sillonné l’Europe il y a 2 ans (tournée gravée sur l’album LiE sorti en début d’année), le légendaire groupe de Seattle est plus qu’attendu. Ça va fuzzer ! Les places sont d’ores et déjà en vente ici. Jonathan Lopez     LIRE LA CHRONIQUE DE TOMORROW HIT TODAY LIRE LA CHRONIQUE DE LIE LIRE L’INTERVIEW DE...

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Gagne tes places pour Jessica93 et J.C. Satàn à La Clef (St-Germain-en-Laye)

Gagne tes places pour Jessica93 et J.C. Satàn à La Clef (St-Germain-en-Laye)

Le 24 mars prochain, La Clef (St-Germain-en-Laye) organise une bien belle sauterie avec deux poids lourds de la scène indé française : Jessica93 et J.C. Satàn qui viennent de sortir respectivement les remarquables Guilty Species et Centaur Desire. Pour ceux qui pensent que Robert Smith aurait mieux fait de collaborer avec Kurt Cobain pour se renouveler et que Queens Of The Stone Age n’aurait jamais dû virer groupe de dancefloor, ce sera une très bonne occasion de vérifier ce que ça aurait pu donner en live dans une petite salle (à la prog toujours pointue, soit dit en passant*). Pour ceux qui n’en ont rien à branler de nos comparaisons usitées et se réjouissent simplement de voir ces deux putains de groupes sur scène (on a déjà vu ça et c’était pas dégueu), sachez qu’on a 2X2 places à vous faire gagner. Pour cela, envoyez-nous simplement un petit mail à l’adresse suivante contact.exitmusik@gmail.com avec en objet “concours Jessica + JC Satan” en nous expliquant pourquoi c’est vous qui méritez de remporter le précieux sésame. L’évènement Facebook La billetterie   *Il y a peu c’est We Insist! qui partageait l’affiche avec Lysistrata....

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5 ans d’Exit Musik – Birth Of Joy, Wonderflu, The Blind Suns le 10 novembre au Petit Bain !

5 ans d’Exit Musik – Birth Of Joy, Wonderflu, The Blind Suns le 10 novembre au Petit Bain !

  Putain 5 ans ! 5 ans qu’on s’est lancé dans cette drôle d’aventure, juste pour le fun et sans la moindre idée de comment ça pourrait évoluer. Aujourd’hui on peut le dire : ça valait le coup. On s’amuse toujours autant à parler musique avec passion, entre mauvaise foi assumée et cris d’amour déraisonnés. Et si ça se trouve, on sera encore là dans 10 ans… En attendant, pour fêter cette première étape importante, on a pensé se faire une petite sauterie dans une de nos salles parisiennes préférées, avec la fine fleur de l’indie rock français et des bataves qui, parait-il, se débrouillent pas trop mal sur scène…   Vendredi 10 novembre au Petit Bain… Exit Musik fête ses 5 ans !   Birth Of Joy (NL)   En 2005, les Birth of Joy ont gobé une pilule datée approximativement de la fin des 60s-début 70s et ne sont jamais vraiment redescendus. Héritiers des Doors pour le côté blues psychédélique (et pour la formation guitare/orgue/batterie), ils cultivent également le goût pour les éruptions sauvages plutôt familières du garage et du punk. Un an après l’acclamé Get Well, les Birth Of Joy nous font l’honneur d’une date unique à Paris en 2017, et on n’est pas peu fier de les avoir. Gare au mal de mer, la péniche du Petit Bain va sérieusement tanguer !   Wonderflu (FR) Leur venue s’imposait comme une évidence. Voilà un groupe qu’on a découvert peu de temps après les débuts d’Exit Musik, qui nous a accordé l’une de nos premières interviews, et qu’on n’a jamais perdu de vue depuis. On a bien fait puisqu’après avoir empilé les EP, ils viennent de sortir cette année un copieux premier album de 30 titres, se payant même le luxe d’y inviter Troy Von Balthazar. TvB qui se sent comme un poisson dans l’eau aux côtés d’un groupe perpétuant avec talent la tradition des grandes formations indie rock. Comme au temps béni des années 90.   The Blind Suns (FR) Adoubés par Clive Martin (The Cure, Nick Cave, Queen…) qui a produit leur dernier EP, programmés au SXSW d’Austin, qualifiés par Jim Rose (du Jim Rose Circus) de « Jesus & Mary Chain avec un vagin », la dream pop éthérée aux accents shoegaze des angevins ne laisse personne insensible. Un sens de la mélodie raffinée, un amour pour la saturation et, plus surprenant, une légèreté très surf music (qui, pour le coup, évoque plutôt Allah-Las), voilà de quoi nous apporter à coup sûr le soleil en plein mois de novembre.     Billetterie : Weezevent / Digitick Evènement Facebook Teaser vidéo (by Alain Dutertre) : Venez, ça va être le pied bordel !...

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PJ Harvey @ Zénith (Paris), 21/10/16

PJ Harvey @ Zénith (Paris), 21/10/16

Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’évolution récente de la carrière de PJ Harvey, un rappel des faits s’impose : depuis White Chalk (2007), la dame a amorcé un virage assez prononcé dans sa musique. La rage des débuts s’était déjà peu à peu atténuée, ces trois derniers albums sont clairement dans un registre nouveau. Depuis 2007 donc, pas loin de 10 ans tout de même (donc on n’a plus vraiment d’excuse pour tomber des nues aujourd’hui…), Polly Jean fait dans le maniéré, le chiadé, elle est en représentation. De quoi en rebuter plus d’un mais finalement ça lui va plutôt bien. Et si on se penche deux secondes sur sa carrière, on se rend compte que cette facette de sa personnalité artistique était déjà là, simplement distillée à (toutes) petites doses, là où elle a aujourd’hui pris le pas sur le reste. Alors plutôt que chouiner dans son coin, à réclamer de la sueur et du sang, il faut accepter de la voir dans un cadre strict, entourée de pléthore de musiciens (ô combien talentueux, on y reviendra), face à un public attentif à la moindre note. Il faut accepter car cette dame est tout de même impressionnante. Quand elle débarque de façon très cérémoniale entourée de ses tambours qui battent en rythme (« Chain Of Keys »), on se tait, on observe attentivement et on se laisse happer par sa grâce. La reine est là. La magie opère très vite, que l’on apprécie modérément (comme moi) ou de façon démesurée son Hope Six Demolition Project, il faut se rendre à l’évidence : ses morceaux prennent une ampleur considérable sur scène. Autour de Polly, le plateau est de choix : James Johnston (Gallon Drunk), John Parrish (ex-comparse de Nick Cave, producteur et acolyte de toujours de madame), Terry Edwards (Madness), Mick Harvey (autre ex-Bad Seed)… mais c’est elle que tout le monde dévore du regard, c’est d’elle que chacun boit les paroles. Dans sa longue robe noire échancrée, elle est d’une élégance rare. PJ hypnotise l’auditoire. Et sa voix nous transporte. “The Ministry Of Defence” et son riff d’ouverture redoutable rappelle qu’il s’agit bien d’un concert de rock même si le tout prend assez vite des allures de fanfare. Les mots de PJ résonnent comme des slogans, elle est en campagne et son armée de communicants confère à son discours un impact certain. “The Community Of Hope”, si entraînant et communicatif, nous conforte dans ce sentiment qu’on vit un grand moment. Le tryptique Let England Shake (« Let England Shake »/ « The Words That Maketh Murder »/ « The Glorious Land ») vient enfoncer le clou et confirmer que cet album-là était un sommet dans son genre. Un sommet qu’il sera bien difficile d’égaler. « Oh America,...

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