Jessica93 – Guilty Species

Jessica93 – Guilty Species

Jessica93 n’est plus le même homme. Souvenez-vous il y a 4 ans quand il nous avait fait vriller le cerveau avec « Away » sur son imparable Who Cares. Ça ressemblait encore à un secret bien gardé, au mec qui maitrise son affaire mais fait son truc seul dans son coin. Au mec qui kiffe et nous fait kiffer mais à échelle modeste. Comme bien d’autres de ses comparses d’alors de Et Mon Cul C’est Du Tofu?. Et puis de l’eau a coulé sous les ponts, aujourd’hui son nom ne fait plus rire personne depuis que même la grande presse « de gôche » (lol) lui a tiré le portrait. Aujourd’hui Jessica93 remplit la maroquinerie un bon mois avant sa release party. Et annonce une deuxième date. C’est à la fois fou et chouette. C’est follement chouette. Parce que rien ne l’y prédestinait. Et aucun compromis ne lui a permis d’y parvenir. Sur ce troisième album, Guilty Species, la musique de Jessica93 est fidèle à elle-même : rêche, brute, sale et brumeuse.Mais Jess/Geoff ne ressent plus le besoin impérieux de faire tourner des boucles indéfiniment, jusqu’à ce qu’addiction s’ensuive. La voix est désormais moins en retrait, il a pris de l’assurance et s’affirme au milieu de l’amas de tôle rouillée qui l’entoure. Des mélodies plus franches du collier aussi, en clair Jessica93 ne fait plus que dans le poisseux, il y verse une dose de sirop. Pas très acidulé le sirop mais juste ce qu’il faut pour nous capturer encore plus aisément dans ses filets. On n’osera pas employer le mot pop pour des morceaux comme « RIP In Peace », « Mental Institution » ou « Flytrap » mais incontestablement leur force ne réside plus seulement dans l’étau vénéneux formé par les riffs rampants et la rythmique martiale mais aussi dans leurs refrains qui trottent dans la tête. Ne ruez pas dans les brancards, Geoff/Jess n’est pas encore tout à fait prêt pour RTL2 et il ne parle même pas de belles bagnoles ou de jolies nanas, mais plutôt de bestiaux peu ragoûtants (« Anti Cafard 2000 » ou la lourde, décharnée… et merveilleuse « Bed Bugs »). Voilà qui lui sied davantage. Pour notre part on a au moins deux bonnes raisons de se réjouir : Jessica93 est parvenu à se renouveler sans abimer son socle qui faisait de lui un artiste singulier et avec une telle qualité systématiquement au rendez-vous, son cercle de fidèles suiveurs n’est pas prêt de se tarir. JL LIRE LA CHRONIQUE DE WHO CARES LIRE L’INTERVIEW BLIND TEST DE...

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Un nouveau clip pour Jessica93

Un nouveau clip pour Jessica93

Après l’inénarrable premier extrait clippé de son prochain album (« RIP In Peace »), Jessica93 vient de dévoiler un nouveau titre : « Mental Institution ». Le troisième album du bonhomme, Guilty Species, est prévu pour le 3 novembre chez Teenage Menopause et Music Fear Satan. Rappelons que la release party de cet album aura lieu le 15 décembre à la maroquinerie (Paris). JL LIRE LA CHRONIQUE DE WHO CARES LIRE LA CHRONIQUE DE RISE LIRE L’INTERVIEW BLIND TEST DE...

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Jessica93 : un single, un album, un concert… et une révélation fracassante !

Jessica93 : un single, un album, un concert… et une révélation fracassante !

  Jessica93 sera back dans les bacs le 3 novembre prochain avec son troisième album Guilty Species chez Teenage Menopause et Music Fear Satan. Une release party se tiendra un peu plus d’un mois plus tard, le 15 décembre à la maroquinerie (Paris). En attendant, il nous dévoile un premier extrait « R.I.P. In Peace » dont le clip co-réalisé par l’excellent David Snug est une preuve accablante d’un complot effroyable. On vous laisse découvrir…...

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The Cure – Pornography

The Cure – Pornography

La batterie étouffée de Tolhurst, le riff lancinant de Smith qui tournoie comme un piège qui se referme. Vous voilà pris. « It doesn’t matter if we all die » (« ce n’est pas grave si on meurt tous »), nous annonce Robert Smith. Au moins c’est clair. « One Hundred Years » ne dure malheureusement « que » 6’30 mais il plante idéalement le décor. On va bien se marrer. Après le post punk brumeux mais fougueux des débuts, The Cure s’est aventuré dans les ténèbres depuis Seventeen Seconds et Faith. Et il n’a jamais eu les pieds engoncés si profondément dans ce lugubre marécage. Sur Pornography, l’aller est sans retour. Une fois la galette posée sur la platine, le mal est fait. « A Short Term Effect » semble ralentir au fur et à mesure que le morceau avance. Pour s’éteindre doucement. Comme une petite mort. Smith y occupe d’ailleurs une place quasi fantomatique, renforcée par des échos omniprésents. « The Hanging Garden », sans se dépêtrer de cette menace qui plane au-dessus de sa tête, mène une toute autre cadence. Direction le purgatoire, au petit trot. Puis vient la splendide mélancolie de « Siamese Twins ». C’est beau comme une journée sous des trombes d’eau. Les suites de notes délicates que Smith égrène sont autant de caresses réconfortantes. « Is it always like this? » semble-t-il se lamenter. Always as beautiful and sad, you mean Robert ? Sur ce disque, il semblerait bien que oui. On est en plein dans l’imagerie romantique chère à Smith… A des années lumières d’une quelconque pornographie, excepté cette absence totale de pudeur, de filtre quand il s’agit de livrer les émotions les plus glauques. La basse de Gallup auparavant si prompte à dicter la cadence, suit une batterie sentencieuse qui se fait passer pour une boite à rythmes. De temps à autre quand l’atmosphère se fait trop étouffante, une guitare aérienne fait office de lueur, vient nous rappeler qu’il ne faut pas s’en faire, que ce n’est que de la musique. Que cette musique est belle ! C’est derrière les sentiments enfouis les plus sombres, que la lueur est la plus éclatante (la colossale « A Strange Day », « The Figurehead »). Ce type de sons, vous le connaissez bien, il a été copié 4372 fois depuis. Mais qui peut égaler le son des Cure à leur sommet ? « Cold » et ses synthés mortuaires recouvre l’auditeur sous un linceul, et le laisse ruminer indéfiniment ses peurs, ses doutes et espoirs déchus. Mais ce merveilleux supplice ne prendra fin qu’avec le morceau éponyme, glaçant, où se mêlent dissonances bruitistes quasi indus, et autres cris habités. Plongée encore plus extrême dans le malsain pour mieux ponctuer un disque fondamental. Un des plus noirs qui soient. Après avoir touché les abimes (et la...

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Ex Fulgur – Noires Sont Les Galaxies

Ex Fulgur – Noires Sont Les Galaxies

De drôles de loustics ces Ex Fulgur. Ils sont 3, ils sont de Rennes, ils produisent ensemble une musique qui d’abord remue autant qu’elle fait réfléchir, et qui finalement fait réfléchir à la raison pour laquelle on se remue sans discontinuer. Odilon Violet écrit des textes un rien barrés, Saïtam triture ses machines et Mistress Bomb H maltraite ses guitares. Les trois secouent le tout et nous dégueulent le résultat à la tronche. Un résultat brut, à la fois crado et distingué. A la fois poétique et hystérique. De la frontwave qu’ils appellent ça, merci parce qu’on était un peu emmerdé pour définir le bestiau. Pour perpétuer la tradition récente de l’indé français à pondre des noms de morceaux (quand ce n’est pas de groupes) à la con, Ex Fulgur n’a pas fait les choses à moitié. Jugez plutôt : « Un Truc Dans Le Genre », « Tu N’es Pas Un Chapeau Mon Amour » ou encore « Tentative De Restitution De Tous Ceux Qui Sont Morts Avant 2133 » (qui énumère sans relâche des dates et des morts glauques et/ou improbables sur fond de guitare rouillée et d’un beat martial obsédant). Le titre de l’album, Noires Sont Les Galaxies, fait lui référence à une série française flippante des années 80 dans laquelle deux races extraterrestres se tiraient la bourre pour envahir la Terre en prenant possession de corps humains. Quand ça tournait mal, des plantes sortaient du corps des personnes infectées faisant éclater le tout. Ravissant n’est-il pas ? Ça vous donne une idée de la bonne humeur dont transpire la frontwave d’Ex Fulgur. Malgré tout, entre deux parties de roulettes russes (l’azymutée « Embrase-moi »), rien n’interdit de se trémousser. Comme sur ce (fameux) « Tu N’es Pas Un Chapeau Mon Amour » non dénué d’un certain groove et riche en révélations fracassantes (« un chapeau n’est pas un jésuite, un crachat n’est pas une huitre, une huitre n’est pas une falaise » et ainsi de suite pendant les 3 bonnes minutes qui concluent le titre). On pourrait penser qu’on nous prend bien pour des cons mais c’est tout le contraire. Ou alors c’est tellement bien fait qu’on n’y voit que du feu et on en redemande avec un sourire niais. Entre temps on s’était fait gentiment rentrer dans le chou (« Notre Chimie Du Pétrole »), on avait suivi aveuglément les synthés classieux de « No Way To Get Out » et quand on nous a dit « Nous Sommes Des Dieux », on n’était pas loin de le croire. Un dernier avertissement pour les frileux : amateurs de cold wave, prenez garde aux phases bruitistes, amateurs de noise, ne craignez pas les ambiances habitées et les synthés glaçants. Amateurs des deux styles, frottez-vous les mains et partez danser dans les ténèbres. JL...

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