“Shopping Mall”, second single du nouvel album de Délage, en écoute

“Shopping Mall”, second single du nouvel album de Délage, en écoute

© Carlijn Fransen Il y a deux ans, le premier album de Délage, Loverboy Beatface, nous avait séduits avec sa pop synthétique empruntant des détours cold wave. Bonne nouvelle : la voix grave de l’allemand Till Hormann, qui chante dans sa langue maternelle ainsi qu’en anglais et français, sera de retour avec son second album, Twist And Doubt, le 18 septembre chez Field Mate Records. Et il n’a rien perdu de son sens mélodique, comme le prouve ce nouveau single “Shopping Mall”, que nous vous dévoilons aujourd’hui, quelques semaines après “There Is No God”. Délage – Twist And Doubt by Field Mates Records L’album est en pré-commande ici et ça tombe plutôt bien puisqu’il s’agit aujourd’hui encore d’un bandcamp friday, où la totalité des recettes sont reversées aux...

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Moaning – Uneasy Laughter

Moaning – Uneasy Laughter

(Sub Pop, 20 mars 2020) On ne voudrait pas vous faire fuir tout de suite mais autant être honnête : certains vont tomber de haut. Souvenez-vous du premier album éponyme de Moaning, très frontal, aux guitares incisives et incartades noisy. Ça vous revient ? Oubliez maintenant. Malgré ses velléités post-punk (et il y a toujours synthés sous roche dans ces cas-là), la présence du groupe chez Sub Pop, anciens apôtres du grunge, n’avait rien d’incongru. Leur évolution a, elle, de quoi surprendre. Pour faire simple, les synthés sont partout, les guitares (presque) nulle part. Ce n’est pas le revirement le plus improbable ni le plus original de l’histoire de la musique, loin s’en faut. Mais on a également du mal à concevoir que ce soit le plus judicieux. On est même persuadés du contraire lorsqu’on entend “Fall In Love” ou “Say Something” qui s’inviteraient sans vergogne sur les pistes de danse les moins regardantes. Cela étant, après avoir châtié le trio comme il se doit pour haute trahison envers la sacro-sainte six-cordes, reconnaissons lui tout de même un talent intact à composer des morceaux addictifs (“Ego” même s’il pique le riff de “Where Is My Mind” avant de le passer à la moulinette 80s, “Make It Stop”, la plus teigneuse du lot, ou “Running” et son motif mélodique en boucle qui crie “TUBE TUBE TUBE”). Et si leur force de frappe se retrouve quelque peu diluée, le chanteur-guitariste Sean Solomon, probablement mieux dans sa peau (puisque sobre depuis plus d’un an), semble s’épanouir pleinement dans cette nouvelle direction qu’il a impulsée. Sa voix en impose et sait parfaitement flatter les cœurs brisés mélancoliques (“Stranger”, “Connect The Dots”, “What Separates Us”). Moaning a donc changé et s’en sort malgré tout avec les honneurs mais si vous frisez facilement l’overdose synthétique (et des morceaux comme “Keep Out” ou “Saving Faces” peuvent mettre rapidement les nerfs à rude épreuve), mieux vaut faire une croix sur ce disque et espérer de jours meilleurs. Jonathan Lopez Tous nos articles sur...

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Protomartyr revient avec Ultimate Sucess Today. Extrait en écoute

Protomartyr revient avec Ultimate Sucess Today. Extrait en écoute

© Trevor-Naud Trois ans après Relatives In Descent, Protomartyr vient d’annoncer la sortie de son 5e album, Ultimate Sucess Today, prévue pour le 29 mai prochain chez Domino. L’annonce est accompagnée d’un premier extrait clippé “Processed By The Boys”. Paradoxalement, c’est l’écoute de leur premier album (réédité l’an passé) qui a inspiré Joe Casey, chanteur du groupe « En réécoutant No Passion All Technique, je m’entendais espérer un début et un futur prometteur, mais tout en étant conscient qu’il aurait pu être notre seul et unique album. Alors, quand le moment est venu d’écrire Ultimate Success Today, je me suis souvenu de cette première urgence et à quel point elle est à l’opposé de mon combat actuel et à quel point je me suis senti malade ces derniers temps. Etait-ce cette maladie qui transformait mon rapport à l’état du monde, ou était-ce l’inverse ?Cette panique était en quelque sorte libératrice. Cela m’a permis de voir notre cinquième album comme une sorte de discours d’adieux d’une bruyante pièce de théâtre en cinq actes. Je le vois également comme un jalon intéressant de la première décennie de notre groupe – telle la crête d’une colline le long d’une longue autoroute. Bien que ce ne soit que pour couvrir mes arrières, je me suis assuré de prononcer mes derniers mots tant que j’avais encore le souffle pour les dire ». Des collaborateurs plutôt inattendus ont participé à l’enregistrement du disque : Nandi Rose aka Half Waif (voix), Jemeel Moondoc (alto sax), Izaak Mills (clarinette basse, sax, flûte) et Fred Lonberg-Holm (violoncelle). Rappelons que les post-punkeux de Detroit seront de passage à Paris le 29 avril à La boule noire (si le coronavirus arrête de nous les briser). La tracklist du disque : 1/ Day Without End2/ Processed By The Boys3/ I Am You Now4/ The Aphorist5/ June 216/ Michigan Hammers7/ Tranquilizer8/ Modern Business Hymns9/ Bridge & Crown10/ Worm In Heaven Et la pochette pendant qu’on y est : Tous nos articles sur...

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Lonely Walk – Lonely Walk

Lonely Walk – Lonely Walk

(Permafrost/Kerviniou/I Love Limoges, 20 janvier 2020) Derrière Lonely Walk, un certain Monsieur Crâne, qui ne marche pas seul mais guide sa troupe (légèrement renouvelée ici) avec talent depuis 2010, et qui a visiblement eu sa dose de misère sociale et d’actu morose pour garder tout cela pour lui (difficile de contenir bien longtemps une tempête sous un crâne…). Lonely Walk porte ainsi en son sein un je-ne-sais-quoi de dérangeant, si ce n’est malsain. Une sensation tenace d’être bousculé, pour ne pas dire molesté. Quelque chose d’audacieux et de singulier également, ce qui est une excellente idée à l’heure où les groupes post punk/cold wave pullulent et sont parfois aussi vite écoutés qu’oubliés tant ils ressemblent au précédent (qui lui-même…). Audacieux comme cette alternance anglais/français sur “Red Light”, morceau qui nous malmène avant un refrain plus léger et mélodique. Singulier par son parti pris, avec basse et synthés au diapason et omniprésents, et une guitare qui ne la ramène pas, ou si peu. Et ce troisième album des bordelais affiche une vraie belle cohérence d’ensemble, se montre entrainant sans être superficiellement dansant, palpitant sans chercher à faire dans le clinquant. On aime ainsi jouer sur la répétition comme de coutume dans ce genre de musique (“Fake Town” et sa rythmique obsédante. Tu ne peux pas lutter, le veux-tu seulement ?) mais on n’en fait pas non plus une nécessité. Les morceaux demeurent malgré tout très évolutifs avec des synthés loin de la caricature 80s parfois soulante ou du gimmick fainéant (“Shadow of the Time” où, intenables, ils n’ont de cesse de nous trimballer tandis que la basse nous fait de l’œil en ronronnant, “Look At Yourself” aussi percutant que son titre est accusateur et qui s’échappe sur la fin, en roue libre). En guise de plaidoyer imparable pour la cause Lonely Walk, “TG” qu’on a bien envie d’interpréter comme un bon gros “TA GUEULE”, fait dans la rage contenue avec cette tension qui règne en maître et le chant de Monsieur Crâne à l’anxiété grandissante jusqu’au final où il beugle à la façon d’un Jason Williamson (Sleaford Mods) à qui on aurait bien pris la tête. Il fallait que ça sorte, et on l’a bien senti passer. Merci bien, ça ne fait jamais de mal de se faire remettre en place. Jonathan...

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The Murder Capital @ La Poudrière (Belfort), 09/11/19

The Murder Capital @ La Poudrière (Belfort), 09/11/19

Rassurez-vous le concert était de meilleure qualité que cette photo Rendez-vous était pris ce samedi 9 novembre à la Poudrière de Belfort pour assister à la présentation par The Murder Capital de son excellent premier album, When I Have Fears. Grosse attente et grosse interrogation aussi sur le potentiel live d’un groupe qui aura déjà marqué l’année 2019 outre-Manche. En guise d’entrée, place aux (quasi) locaux de Kamarad, venus en voisins de Colmar avec quelques fans. Rock noisy efficace flirtant avec le post-punk. Le groupe mouille la chemise avec une bonne humeur communicative. À suivre. Curieux de nature, je photographie la setlist de The Murder Capital, visible sur scène après le concert de Kamarad. Erreur stratégique ! Je constate non sans surprise qu’il n’y a que 9 titres, soit 2 de moins que les colmariens ! Je pressens déjà la déception d’autant que les 9 titres constituent ni plus ni moins l’album (moins « How The Streets Adore Me Now ») dans un ordre qui, heureusement, va considérablement relever la note artistique de ce live. Concert en crescendo divisé en trois triptyques. Entrée crépusculaire avec la doublette quasi instrumentale « Slow Dance I » – « Slow Dance II ». Idéal pour installer l’ambiance. Entre tension sourde et mélancolie poignante. Premier grand moment avec « On Twisted Ground », annoncé par James McGovern, le chanteur du quintet dublinois, à la mémoire des amis disparus. Malgré un début de morceau saboté par quelques spectateurs pas au courant de ce qui se jouait sur scène, le groupe réussit à installer un silence de cathédrale au cours des 6 minutes qui résonnent comme une oraison funèbre. Assez sublime. The Murder Capital va alors monter le curseur d’un cran niveau intensité physique. D’abord avec l’excellent « Love, Love, Love » puis l’imparable duo « Green And Blue » et « For Everything » où James McGovern enfile le costume du chanteur habité. A l’émotion du premier trio de titres, succède une tension remarquablement contenue. Mais l’orage gronde et la dernière triplette de titres va achever de nous convaincre sur les qualités du groupe. Le quintet lâche les chevaux et après l’émotion, c’est cette fois-ci la puissance sonique pure qui s’exprime. « Don’t Cling To Life », le tubesque et furieux « More Is Less » et une version légèrement rallongée de « Feeling Fades » lors de laquelle James McGovern va mettre le public à genoux au sens propre comme au figuré, lui demandant de s’accroupir avant un ultime assaut et un pogo final. En confiance, le chanteur claque un slam, avec un saut dans le public assez impressionnant ! Il a dû faire du saut en hauteur le bougre. Ultime moment sympa,...

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