Mark Lanegan & Duke Garwood – With Animals

Mark Lanegan & Duke Garwood – With Animals

Ces deux-là sont unis. Unis par une amitié profonde et sincère, que l’on devine indéfectible. Unis par un amour commun pour la musique intimiste. Il y a 5 ans, cette union avait donné naissance au très beau Black Pudding, pour lequel on n’osait plus espérer une suite. La voici. Et elle est telle qu’on pouvait l’imaginer. Mark Lanegan et Duke Garwood ne s’étaient pas perdus de vue et sur With Animals on a le sentiment qu’ils ne se sont jamais quittés. L’entente est évidente. Dans le plus grand des calmes, on déguste un disque aussi fin que minimaliste. Un disque qui ne s’embarrasse d’aucune fioriture mais qui ne délaisse pas les arrangements (nombreux et raffinés) pour autant. Un disque qui s’écoute au crépuscule ou à la nuit tombée. Comme ce « Save Me » hanté qui semble filtrer à travers une brume épaisse. Un album d’ores et déjà hors du temps sorti en plein cœur d’un été à dominance caniculaire alors qu’on s’imagine plutôt l’écouter au coin du feu, simplement accompagné du bruit des braises qui crépitent. Quelques cordes caressées et distordues par Duke, quelques vers murmurés par Mark, il en faut peu pour nous toucher en plein cœur (« Feast To Famine »). Après plusieurs escapades électroniques sur ses derniers albums, il est bon de retrouver la voix de Lanegan dans un univers blues/folk classique qui lui sied parfaitement et qui commençait à nous manquer (les superbes « My Shadow Life » et « One Way Glass »). Dans le plus grand dépouillement, la magie opère (« Desert Song » et sa guitare à nu, les notes prolongées indéfiniment sur « Lonesome Infidel » qu’on pourrait croire issus d’un Boards Of Canada, et les sifflements du grand Mark). Hormis une légère monotonie qui peut s’installer vu la grande homogénéité du disque qui ne cesse de nous caresser dans le sens du poil (à l’exception de “Spaceman” où Duke taquine sa six-cordes comme un vieux bluesman et Lanegan retrouve un entrain mis de côté jusqu’alors au profit de la méditation), pas grand chose à reprocher à ces deux-là qui nous offrent le privilège de pénétrer au cœur de leur univers si particulier. La mélancolie n’est jamais loin, la beauté est toujours là. Jonathan Lopez   LIRE L’INTERVIEW DE MARK LANEGAN LIRE L’INTERVIEW DE DUKE GARWOOD LIRE LA CHRONIQUE DE HEAVY LOVE DE DUKE GARWOOD LIRE LA CHRONIQUE DE BUBBLEGUM DE MARK LANEGAN LIRE LA CHRONIQUE DE BLUES FUNERAL DE MARK LANEGAN LIRE LA CHRONIQUE DE PHANTOM RADIO DE MARK LANEGAN LIRE LA CHRONIQUE DE GARGOYLE DE MARK LANEGAN LIRE LE REPORT DE MARK LANEGAN AU TRABENDO EN...

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Nouvel album pour Everlast. Extrait en écoute

Nouvel album pour Everlast. Extrait en écoute

Depuis qu’il s’est retiré de House Of Pain, Everlast s’est offert une seconde carrière de choix mélangeant folk et blues, sans pour autant renier ses premières amours hip hop. Ça commençait à faire un bail qu’on attendait son septième effort après un Songs of the Ungrateful Living, comme toujours réussi paru il y a 7 ans. Ce sera chose faite le 7 septembre prochain avec Whitey Ford’s House Of Pain qui sortira sur son propre label Martyr-Inc. L’album comportera 12 titres dont un avec Slug et un autre avec Aloe Blacc. En voici un premier extrait : Jonathan...

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Concours : 2 places à gagner pour E à l’espace B (Paris)

Concours : 2 places à gagner pour E à l’espace B (Paris)

Il y a peu, on vous parlait du concert captivant livré par Thalia Zedek à l’Olympic Café. Et bien, figurez-vous que la dame (ex-chanteuse des merveilleux Come, Uzi et Live Skull) est de retour dès la semaine prochaine dans la capitale. L’heureux évènement, encore organisé par les décidément très inspirés GTOK GTKO, se déroulera à l’Espace B cette fois, le 18 juin prochain. Aux côtés de la prêtresse blues/noisy, deux autres pontes de la musique bruyante, Jason Sanford (Neptune) et Gavin McCarthy (Karate) qui forment avec elle le trio E dont le rock puissant et mélodique devrait hérisser sans peine les poils des spectateurs. Pour vous en convaincre, jetez donc une oreille à “Pennies” (tout en bas), l’un des titres issu de leur remarquable Negative Space qui vient de débouler dans les bacs (on vous en reparle vite). Et pour vérifier l’efficacité du trio sur scène, vous pouvez prendre vos places ici ou tenter de la gagner en nous envoyant votre nom et prénom par mail à l’adresse contact.exitmusik@gmail.com avec pour objet “concours E”. Bonne chance ! L’évènement Facebook...

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Damon & Naomi + Thalia Zedek + Rach Three @ Olympic Café (Paris), 21/02/18

Damon & Naomi + Thalia Zedek + Rach Three @ Olympic Café (Paris), 21/02/18

Le charme discret de la mélancolie Il est des jours comme ça où les astres s’alignent et où Orphée semble bien disposé. Celui au cours duquel Thalia Zedek et Damon & Naomi ont décidé de tourner ensemble est de ceux-là, tant chacun incarne à sa manière un bout de l’histoire du rock indépendant américain. Les adeptes de saturations mélancoliques et de belles mélodies se sont agglutinés le 21 février dernier, rue Léon à Paris, à l’Olympic Café, pour assister fébrilement à cette communion rock inespérée ! En guise de mise en bouche, GTOK? GTKO!, dealeurs de concerts pour le plus grand bien de nos oreilles, ont programmé Rach Three qui, seul en scène accompagné de sa guitare, nous offre un set intimiste, dépouillé et à fleur de peau. L’ambiant folk du français joue sur la corde sensible. Il convoque une certaine idée de la chanson française, poétique et minimaliste et fait preuve d’une appétence pour la noirceur et le mysticisme du néo folk anglo-saxon. L’exercice est racé, élégant, troublé malgré tout par quelques hésitations, mais qui ne demande qu’à se déployer avec plus d’ampleur. Bottines noires qui foulent la scène, style vestimentaire décontracté, guitare Hagstrom avec autocollant FCK NZS apparent, la reine de la saturation Thalia Zedek fait son entrée, et avec elle tout un pan du rock nineties se retrouve convié à la fête. Uzi, Live Skull, Come, Thalia traîne ses guêtres dans le rock depuis presque 40 ans et n’a jamais cessé d’apporter sa pierre à l’édifice, en témoignent ses récentes sorties discographiques, ainsi que le projet de supergroupe A Band Called E, monté avec des membres de Neptune et Karate. Avec l’habileté d’une équilibriste, Thalia alterne ce soir entre douce mélancolie et distorsion maîtrisée. Elle joue en solo plusieurs morceaux issus de son dernier album en date, Eve, dont les beaux “You Will Wake” et “By The Hand”, et le plus épique “Afloat” qui clôt le set. Une constante demeure, sa voix est unique, à la fois puissante, profonde et éraillée. Son chant traîne un spleen et une rage contenue, il sollicite à lui tout seul un vaste champ émotionnel. La guitare est tour à tour rêche et délicate, baignée par un son bluesy aux accents noise acérés. Rengaines dépressives, complaintes rock brutales, Thalia Zedek démontre une fois de plus – s’il fallait en douter – toute l’étendue de son talent. En prime, plusieurs nouveaux morceaux sont au programme, dont deux petites merveilles : “War Not Won” et “Fighting Season”.   Damon Krukowski et Naomi Yang, un duo discret qui n’a pas usurpé le culte qui l’entoure depuis la parution de More Sad Hits, en 1992. Anciens de Galaxie 500, icône de la dream pop au...

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Birth Of Joy – Hyper Focus

Birth Of Joy – Hyper Focus

Avec ses prestations scéniques fiévreuses (on sait de quoi on parle) et quelques solides albums au compteur, Birth Of Joy jouit depuis quelques années maintenant d’un statut particulier en France (comme ils nous l’expliquaient l’an dernier). Et le 5e album des néerlandais, Hyper Focus, ressemble fort à une nouvelle occasion de franchir un palier. Enregistré live (comme toujours) Hyper Focus a le mérite d’être hyper costaud. Intro batterie/clavier qui groove à mort, refrain scandé façon “Grow” (un de leurs tubes imparables), break hystérique, solos endiablés. Il y a tout, et même plus dès l’entame “Join The Game”. On ne va pas se mentir, à l’image de ce morceau, Hyper Focus a les défauts de ses qualités. C’est efficace en diable, ça pétarade tous azimuts. Une machine de guerre bien huilée. Trop huilée parfois. On aimerait que le groupe s’autorise quelques sorties de route (maîtrisées, cela va de soi) et surprenne davantage. Ils le font par moments, et avec réussite (“Forenoon” qui calme le jeu avant de partir dans des envolées Floydiennes quand Kevin Stunnenberg se la joue Gilmour, l’excellente “Witches Hammer” à la Mike Patton où heavy rime avec zarbi et grain de folie). Mais ces escapades ne suffisent pas à nous sortir d’une certaine monotonie (l’album dure 51 minutes, ça joue aussi). Les quelques interludes instrumentales (“i”, “ii”, “iii”) se révèlent assez anecdotiques, et certains morceaux prennent aisément le pas sur d’autres (“Riff Raff” qui riffe sec, “Let It Slide” qui avec son groove contagieux envoie valser nos considérations de journaliste aigri). Le synthé manzarekien est par ailleurs omniprésent. Et sur la très bluesy “Poor Duffy”, le fantôme de Morrison plane à ses côtés. Ce n’est ni la première ni la dernière fois que Birth Of Joy nous fait le coup. Mais il le fait toujours très bien. Bref, rien de bien nouveau pour Birth Of Joy qui maitrise toujours son affaire. Les fans du groupe vont se régaler. Les amateurs, s’ils passent outre le manque d’effet de surprise, y trouveront leur compte. Ceux qui n’étaient guère convaincus ne le seront pas davantage. Jonathan Lopez   LIRE LE REPORT PHOTOS 5 ANS EXITMUSIK : BIRTH OF JOY + WONDERFLU + THE BLIND...

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