Chuck Berry tire sa révérence à 90 ans

Chuck Berry tire sa révérence à 90 ans

  Monstre sacré du rock’n roll, Chuck Berry nous a quitté hier à l’âge de 90 ans. Il a été retrouvé inanimé dans sa maison du Missouri. Le jour de ses 90 ans il avait annoncé un nouvel album pour cette année, près de 40 ans après le dernier en date… Chuck Berry avait débuté sa carrière en 1952 à la guitare et au chant. Puisant dans les racines de la country et du blues, il était devenu de part ses riffs, ses solos, son attitude ou ses textes aux thèmes très adolescents l’un des pionniers du rock’n roll au même titre qu’Elvis Presley ou Little Richard. Il laisse derrière lui un nombre de tubes considérable, tous repris un nombre incalculable de fois (citons en vrac « Johnny B. Goode », « Roll Over Beethoven », « Sweet Little Sixteen », « You Never Can Tell », « No Particular Place To Go », « Maybellene »…) et un héritage faramineux. Fort logiquement le concert de louanges de plusieurs générations de rockeurs devrait pleuvoir aujourd’hui. En 1972, John Lennon déclarait à son propos « Si vous cherchez un autre nom à donner au rock’n’roll, vous devez l’appeler Chuck Berry. », nous on a simplement envie de dire : RIP Chuck et merci. JL   Allez on se mate un petit live de 1958 et on prend sa claque...

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Un nouvel album pour Mark Lanegan. Extrait en écoute

Un nouvel album pour Mark Lanegan. Extrait en écoute

Le 28 avril prochain, Mark Lanegan sortira (sous le nom de Mark Lanegan Band) son 10e album, Gargoyle, chez Heavenly Recordings. Exception faite de l’album de démos exhumées Houston Publishing Demos 2002, il s’agira de sa première sortie studio depuis le quelque peu décevant Phantom Radio paru il y a trois ans. L’ancien leader des Screaming Trees a invité à la fête quelques partenaires de longue date, et non des moindres : Josh Homme (Queens Of The Stone Age), Greg Dulli (Afghan Whigs) et le multi instrumentiste Duke Garwood, co-auteur avec lui de l’excellent Black Pudding (2013). « Nocturne », premier extrait de l’album, est en écoute ci-dessous. Voici en outre la pochette du disque ainsi que (chose toujours passionnante) son tracklisting : 1/ Deaths Head Tattoo 2/ Nocturne 3/ Blue Blue Sea 4/ Beehive 5/ Sister 6/ Emperor 7/ Goodbye To Beauty 8/ Drunk On Destruction 9/ First Day Of Winter 10/ Old Swan     JL...

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Fai Baba – Sad and Horny

Fai Baba – Sad and Horny

Ce Fabien Sigmund, petit suisse planqué derrière le nom de Fai Baba, a pas mal d’atouts dans sa besace. Une voix de velours, une faculté à créer des atmosphères à la fois relaxantes et désabusées, une qualité d’écriture certaine. Sur Sad And Horny, 5e album du zurichois, sa démonstration est on ne peut plus efficace. Entre pop psyché (« Find Me A Woman » où l’on retrouve un sosie vocal de Mark Lanegan, « Geographical Tongue » quand on croit être sous l’emprise de champis hallucinogènes), doigts de pied en éventail (« Nobody But You », « I Don’t Belong Here » aux guitares paresseuses et à la rythmique lancinante), la ballade qu’il nous offre est des plus agréables. Et avec un « Why Do I Feel So Alone » qui s’autorise sifflotements à la cool et carillons, on se dit que tout va bien au royaume des 2 de tension. On fout rien, on procrastine sec et au diable les bonnes résolutions (« The Master »). Et puis parfois, sans coup férir, voilà que la machine s’emballe en un garage qui dépote (« Can’t Get Over You »). Quand le branleur patenté se mue en excité du bulbe (valable également pour « Fainted Lover » et sa ritournelle irrésistible). Finalement, si on voulait jouer aux casse bonbons de service (mais c’est pas notre genre), le principal reproche qu’on pourrait adresser à Fai Baba est de ne pas suffisamment se démarquer de l’offre pléthorique existante. La maitrise du sujet est notable, un brin d’audace supplémentaire n’aurait pas été du luxe. Mais en bon glouton que l’on est, on ne se privera pas d’une ration supplémentaire de pop/psyché/bluesy/coolos (classe le comme tu veux, t’as compris où on veut en venir) quand elle est aussi bien servie....

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Nick Cave – Skeleton Tree

Nick Cave – Skeleton Tree

Juillet 2015 : Nick Cave et sa femme sont frappés en plein cœur. Leur fils de 15 ans, sous l’emprise de LSD, a chuté d’une falaise. Il décède quelques heures plus tard. Un monde s’écroule. Comment se relever d’un tel choc ? Le peut-on seulement ? Nick Cave a opté pour la thérapie la plus évidente dans son cas : la musique. Moins évidente était l’idée d’un film, confié à son ami Andrew Dominik, chargé de le suivre dans un processus de création forcément éminemment particulier. On ne va pas s’épancher sur ce film puisqu’on ne l’a pas vu… mais on veut bien croire qu’il confère à ce Skeleton Tree une dimension supplémentaire. Mais même sans l’appui des images, Skeleton Tree est un album bouleversant. D’aucuns jasent sur le moment d’écriture des textes : avant ou après le drame. Difficile de savoir ce qu’il en est vraiment. Une certitude cependant : les chansons qui composent ce Skeleton Tree ont bien été enregistrées après coup. Et ce serait mentir que de dire que ça ne change rien à la donne, tant il est impossible à son écoute de le détacher de son contexte, comme le Blackstar de Bowie en début d’année. « Jesus Alone » plante le décor d’emblée, un décor où l’horizon n’est que désolation. Sur Push The Sky Away, Nick Cave nous avait déjà prouvé qu’il était toujours en mesure de livrer de grands morceaux épurés. Ici il est livré quasiment à nu, comme sur la sublime « Girl In Amber » d’une incroyable sobriété et pureté. Le poids du monde semble alors reposer sur sa seule voix, pourtant accompagnée de quelques notes de piano et cordes. Hormis « Rings Of Saturn », de teneur plus classique (et plus enlevée), ce disque semble être un recueil de lamentations sans doute aussi indispensable dans la reconstruction de son auteur qu’inestimable pour les auditeurs en quête de douceur et de perfection. Car Nick est un géant. Preuve ultime, ce « I Need You » terriblement poignant où le grand gaillard se montre d’une fragilité extrême, sur le fil en permanence, comme au bord de l’effondrement. Beau à en pleurer. Seule réserve, un morceau comme « Distant Sky » avec la ténor Else Torp, se révèle presque gênant. Nonobstant son incontestable beauté, on aurait en toute honnêteté beaucoup de mal à écouter tout un album rempli de titres comme celui-ci, quasi funéraire avec son orgue, son absence totale de rythme, ses caresses dans le sens du poil. Mais « Skeleton Tree » vient nous remettre du baume au coeur, comme si Nick Cave avait préféré que tout ce processus cathartique s’achève sur une petite lueur d’espoir, comme s’il voulait nous indiquer que tout ira bien sur une mélodie moins pesante, appuyée par de délicates notes...

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The Gun Club – Fire Of Love (Fury)

The Gun Club – Fire Of Love (Fury)

Jeffrey Lee Pierce avait déjà sacrément roulé sa bosse avant de monter le Gun Club. Après avoir crapahuté dans bon nombre de groupes d’inspiration punk, déjà (le Delta Blues notamment), fait parler sa plume pour le fanzine Slash Magazine, crié son amour pour Blondie en tant que président de son fan club (!), il finit par se trouver l’escouade idéale pour atteindre les sommets qui n’attendaient que lui. Au sein de cette escouade, celui qui l’épaulera à la guitare et dont le parcours est curieusement assez analogique au sien, Brian Tristan plus connu sous le nom de Kid Congo Powers. Avant le Gun Club, le père Brian était lui aussi président d’un fan club, celui des Ramones, et fondateur du fanzine The Screamers. Ils étaient faits pour s’entendre. Le groupe se nomme initialement The Creeping Ritual avant d’opter pour un nom plus agressif à l’oreille, The Gun Club. Kid Congo se tire peu avant la sortie de Fire of Love, pour rejoindre les Cramps. Pas mal non plus. Jeffrey Lee Pierce ne se laisse pas démonter et, entouré de Ward Dotson (guitare, slide guitare), Rob Ritter (basse), Terry Graham (batterie), balance un impérial premier album en 1981. Fire Of Love donc. Pierce était un bon vieux déglingué, fort instable comme sa musique, préférant snober un soundcheck pour aller se bourrer la gueule. Avec le Gun Club, il s’était mis au point un petit cocktail maison en puisant dans les racines américaines (blues, country), le tout rehaussé d’une dose de punk. Bien chargée la dose. L’entame de Fire Of Love est à haute teneur inflammable. Single intemporel, « Sex Beat » est irrésistible. « So you can move, move » exhorte Jeffrey autant pour alimenter le coït brûlant que pour rameuter ses troupes, sans oublier d’avertir « we can fuck forever but you will never get my soul ». S’ensuit une furieuse reprise du « Preachin’ The Blues » de Robert Johnson. Dépoussiéré, branché sur 1000 volts, le blues des ancêtres. On l’a dit les racines sont importantes pour le Gun Club, qui aime faire trainer un bon vieil air innocemment country avant de tout envoyer valser dans une virée sauvage (« Ghost On The Highway »), ou rendre incandescent un blues qui se serait bien contenté de n’être que lancinant (« Promise Me » et son violon qui squatte le fond sonore). Indomptable, ce disque l’est de bout en bout, rempli de ruptures intempestives. Comme quand JLP décrète que le « fire will stop » (« Fire Spirit », autre tube éternel, à tout jamais affublé du label cool) ou sur l’endiablé « For The Love Of Ivy », le groupe appuyant sur le champignon quand ça lui chante, mais toujours à bon escient. L’assemblage est parfait : riffs tranchants, basse-batterie constamment sur le qui-vive et un Jeffrey...

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