Nick Cave & The Bad Seeds – Ghosteen

Nick Cave & The Bad Seeds – Ghosteen

(Ghosteen Ltd, 3 octobre 2019) Il est parfois difficile d’accepter qu’un artiste qu’on a tant aimé emprunte une voie nouvelle, se métamorphose radicalement, laissant derrière lui un passé semblant désormais si lointain, comme lorsqu’on retombe sur une vieille photo poussiéreuse en noir et blanc ravivant des souvenirs enfouis. Les souvenirs d’un Nick Cave vociférant dans un vacarme infernal au sein du Birthday Party ou lorsque ses Bad Seeds étaient encore incontrôlables, ont été gravés sur disque et ne demandent qu’à rugir de nouveau dans nos enceintes. Mais pour le Nick Cave 2019, il faut s’attendre à autre chose. Ghosteen semble entériner une trilogie (qui n’en est pas vraiment une) initiée par Push The Sky Away. Cet album marquait le début de l’ère Warren Ellis, celui-ci ayant définitivement pris le pouvoir après le départ de Mick Harvey, dernier garant de l’héritage punk des Bad Seeds, lequel avait déjà pris du plomb dans l’aile lorsque Blixa Bargeld avait quitté le navire en 2003. Sous le joug d’Ellis, les mauvaises graines se sont assagies, les guitares domptées au profit d’ambiances plus calfeutrées. Mais Push The Sky Away n’en demeurait pas moins un disque sublime dans lequel Nick déployait son charisme vocal intact au sein de titres mémorables comme « Jubilee Street » ou « Higgs Boson Blues ». Il y avait eu ensuite Skeleton Tree, dont le processus de composition fut tragiquement marqué par le drame insondable qui a frappé Nick Cave. La mue musicale était déjà entamée mais le Nick Cave d’aujourd’hui n’est évidemment plus du tout le même homme et, par ricochet, plus vraiment le même artiste. En résultait un disque très sombre, plus radical que son prédécesseur mais d’où émergeaient là encore de pures merveilles du calibre des plus grands titres Cavien (“Jesus Alone”, “I Need You”). Suite logique, Ghosteen marque toutefois un nouveau virage. Il suffit de s’attarder quelque peu sur cette pochette, aussi repoussante soit-elle, pour le constater. Le noir presque immaculé de Skeleton Tree illustrait le vide, l’absence, le néant. Sur le tableau de Ghosteen, à l’évidente portée religieuse, c’est tout l’inverse. Les couleurs irradient, et avec elles, la lumière, la vie. Et son contenu est dans la même tonalité, fortement imprégné de spiritualité, mais étrangement plus malaisant que son prédécesseur. La douleur était bien présente sur Skeleton Tree mais à l’écoute de Ghosteen, c’est comme si nous assistions depuis les premières loges aux adieux d’un père à son fils. Et d’éprouver une certaine impudicité face à des propos si viscéraux, sublimés par des compositions élégiaques, nous qui leur sommes totalement étrangers. Ce choix d’une œuvre si personnelle, probablement cathartique, de mettre en musique une douleur ineffable, appartient évidemment totalement à son auteur, et il n’est...

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Nick Cave de retour à Paris en juin !

Nick Cave de retour à Paris en juin !

Alors qu’il vient de sortir un nouvel album très particulier, toujours très marqué par la mort de son fils (on y reviendra), Nick Cave a annoncé une grande tournée européenne en 2020 avec ses Bad Seeds. Ils se produiront notamment à Paris le 14 juin prochain à l’AccorHotel Arenas, trois ans après son passage inoubliable au Zénith. Les billets seront mis en vente le 28 octobre à 10h. Jonathan Lopez Tous nos articles sur Nick Cave & The Bad...

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Mark Lanegan Band – Somebody’s Knocking

Mark Lanegan Band – Somebody’s Knocking

(Heavenly, 18 octobre 2019) Tiens, quelqu’un frappe. C’est ce bon vieux Mark Lanegan. Qu’il entre ! Il est toujours le bienvenu. « You wanna ride, you wanna take a ride? » propose-t-il d’emblée (« Disbelief Suspension »). Difficile de refuser. D’autant plus quand il y va bille en tête comme ici, à la manière d’un « Hit The City » qui donnait le ton du fabuleux Bubblegum, toujours inégalé depuis (bien qu’approché par le presque aussi fabuleux Blues Funeral). Cette fois-ci, le bon vieux Mark Lanegan est accoutré différemment, il assume pour de bon ses vieilles lubies 80s. Depuis Blues Funeral, on y avait droit de plus en plus fréquemment sur ses albums, en concert il reprenait régulièrement du Joy Division… Autant dire que ça nous pendait au nez. C’est fou ça, être un des musiciens éminents des années 90 et vouloir s’immerger à fond dans la décennie précédente (qui a connu des heures bien sombres, rappelons-le)… Toute la panoplie est donc de sortie : batteurs imitant des boites à rythme (ou l’inverse), synthés décomplexés, basse aux avant-postes… « Letter Never Sent » ne fait pas les choses à moitié et y ajoute un refrain plein de « ohohohoho ». Ça pourrait suinter la ringardise à 12 bornes mais avec Lanegan, c’est du tout bon, entrainant et efficace à souhait. N’essayez pas chez vous. En 14 titres, Mark Lanegan nous décline les années 80 pour les nuls, mais en version haute qualité. Déjà, en piochant dans ce que cette décennie a connu de meilleur : le post punk rentre dedans (« Night Flight To Kabul », « Gazing From The Shore » et leur basse-batterie totalement early Cure), la cold wave hantée (« Dark Disco Jag »). Ensuite, en y accolant des refrains qui frappent (« Stitch It Up », gonflée à bloc) et des mélodies qui marquent (« War Horse » et ses couplets scandés à la… Everlast). Enfin, en nous faisant fondre de sa voix inimitable et chaleureuse (la magnifique « Playing Nero » et ses nappes brumeuses qu’on croirait tirées de Twin Peaks – la série, pas le groupe). Plus troublés nous sommes, face à cette intro proche de l’acid house façon Underworld avant de se la jouer New Order (« Penthouse High »). Il faut s’imaginer écouter du Mark Lanegan en boite mais une fois l’idée acceptée, on se dit que pourquoi pas. Après tout, il y a tellement de merde en boite, ça ne ferait pas de mal (souvenez-vous « Ode To Sad Disco » sur Blues Funeral, encore lui. On est dans le même esprit). Il n’y a bien que « Paper Hat » qui laisse une guitare acoustique mener les débats comme à la belle époque et, sans surprise, nos cœurs sont brisés en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Malgré une fin...

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The Raconteurs – Help Us Stranger

The Raconteurs – Help Us Stranger

(Third Man/PIAS, 21 Juin 2019) Ça commençait à faire long. 11 ans très exactement depuis le dernier album des Raconteurs, supergroupe formé par Brendan Benson et Jack White aux compositions et guitares, la section rythmique des Greenhornes – Jack Laurence à la basse et l’excellent Patrice Keeler à la batterie -, ainsi que Dean Fertita (Queens Of The Stone Age, Dead Weather). Derrière eux, deux albums de rock 60’s teintés de blues et de folk : Broken Boy Soldier enregistré en 2004 dans leur Detroit natal avant de poser leurs valises à Nahsville, terres du blues par excellence, pour Consolers Of The Lonely en 2008. Depuis une tournée live en 2011, chacun était bien occupé. Brendan Benson a sorti deux albums (What Kind of World en 2012 et You Were Right en 2013), les Greenhornes ont publié un 4 titres avec leur idole Eric Burdon ; Jack Laurence, Dean Fertita et Jack White ont sorti un album peu convaincant des Dead Weathers. Fertita apparait aussi sur les 2 derniers albums des QOTSA (pas sûr que ce soit la meilleure des références en ce qui concerne le dernier…), quant à Jack White, en plus de gérer son label Third Man Records, il a sorti 3 albums solos. On ne se mouille donc pas trop en disant que nos petits gars sont loin de se la couler douce depuis quelques années, mais ils ont fini par trouver le temps de regagner le studio pour se consacrer à ce Help Us Stranger qui nous intéresse ici. Après la sortie des 3 premiers singles (“Sunday Driver”, “Bored And Razed” et la magique “Help Me Stranger”), les Raconteurs ont lancé leur tournée mondiale et eu la bonne idée de s’arrêter à l’Olympia le 26 mai dernier . Tous ceux présents ce soir-là peuvent le confirmer, les Raconteurs ont gardé leur redoutable efficacité et les nouveaux titres se marient à merveille avec les anciens sur scène (live à retrouver sur le podcast du 05 juin dernier de l’excellente émission “Very Good Trip” de Michka Assayas sur France inter). Une fois l’adrénaline de ce concert redescendue, soit quelques semaines après tout de même, il ne reste plus qu’à attendre impatiemment de pouvoir poser le diamant sur le successeur de Consoler Of The Lonely. Le retour de la formation de Nashville était certes attendu de pied ferme par ses aficionados, mais les dernières productions de Jack White, les médiocres Boarding House Reach et Dodge and Burn des Dead Weathers, n’étaient pas de nature à rassurer. Heureusement, les Raconteurs peuvent se targuer d’être un véritable groupe où chacun a sa place ; White sait rester dans l’ombre quand il le faut et Benson prendre le lead sur ses...

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Exclu : découvrez le nouveau clip de C’mon Tigre

Exclu : découvrez le nouveau clip de C’mon Tigre

© Maurizio Anzeri Nous avions beaucoup aimé leur premier album aventureux et inspiré qui mixait avec bonheur world music, funk, jazz, blues, et plus si affinités. Les italiens de C’mon Tigre reviendront le 15 février avec leur nouvel album, Racines, à paraitre chez BDC. En attendant, nous vous proposons de découvrir en exclusivité leur nouveau clip aussi étrange que fascinant “Behold The...

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