Swervedriver – I Wasn’t Born To Lose You (Cobraside)

Publié par le 11 mars 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

swerveSwervedriver n’échappe donc pas à la mode du moment. A son tour il succombe à l’envie d’un retour après un très long break. Comme nombre d’éminents représentants du shoegaze avant lui (ne perdons pas notre temps à savoir si Swervedriver est bel et bien un groupe shoegaze voulez-vous). Comme Ride ou Jesus And Mary Chain qui retrouvent le chemin de la scène, comme My Bloody Valentine, comme Slowdive… Et comme pour chaque retour, une seule et unique question est sur toutes les lèvres : auraient-ils mieux fait d’en rester là ?

Quand un groupe cesse toute activité durant une si longue période et qu’on veut continuer à garder la flamme allumée, tout seul chez soi, on a tendance à se retrancher derrière ses albums les plus marquants. Quand Swervedriver revient ce ne sont donc pas ses dernières sorties que nous avons en tête mais bien les deux pierres angulaires de leur discographie : Raise et Mezcal Head.

Et on a un peu oublié qu’avec le temps (déjà) Swervedriver avait pris un virage plus pop, laissant filtrer la lumière derrière la brume épaisse des débuts. Fort logiquement (si tant est qu’il puisse y avoir une logique de continuité à 17 ans d’intervalle) c’est donc dans cette voie que Swervedriver poursuit avec I Wasn’t Born To Lose You.

Les pédales d’effets sont toujours branchées évidemment, la voix d’Adam Franklin est reconnaissable immédiatement mais les guitares se font moins rugueuses, moins tranchantes que durant la (plus) glorieuse époque.

Quand « Autodidact » se révèle une excellente pop song attachante, « Setting Sun » se repose un peu trop facilement sur les mêmes motifs guitaristiques répétés à l’envi. Ceci est trop sage pour nous exalter.

Heureusement Swervedriver n’a pas tout laissé de côté et se rappelle que c’est aussi son aspect inclassable qui faisait sa force (tout en emmerdant bien les « spécialistes », ne sachant trop s’ils devaient les comparer à Soundgarden ou à Slowdive).

Et on aime se perdre dans les méandres d’un « Lone Star » alternant passages éthérés et agressivité contrôlée. Ou subir les riffs lourds et le final torturé de « Red Queen Arms Raced ». Surtout, surtout mention très spéciale au superbe « Everso », empli de mélancolie. LE morceau de l’album suffisant à convaincre à lui seul du bien-fondé de leur retour.

Parfois la fougue et l’exubérance ça a du bon. Surtout dans le rock. Avec le poids des années Swervedriver s’est clairement assagi mais sa force mélodique reste une évidence. Alors réjouissons-nous !

JL

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