Swervedriver – Future Ruins

Publié par le 3 février 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(Dangerbird, 25 janvier 2019)

Il y a quatre ans, Swervedriver fêtait son grand retour avec un bon disque, I Wasn’t Born To Lose You, qu’on a un peu oublié d’écouter depuis…
Deux explications :
1 – Vingt ans après leur heure de “gloire” (tout est relatif), on ne consomme plus la musique de la même manière, on en bouffe H24, tout est accessible en un clic, et le disque qu’on écoute un jour peut très vite être effacé par celui du lendemain. Cruelle loi de la jungle musicale.
2 – Swervedriver a ravivé notre nostalgie, n’a nullement déshonoré son passé mais ne l’a certainement pas surpassé non plus. Donc une fois digéré le nouvel album, on s’est plus volontiers tourné vers nos bons vieux Raise et Mezcal Driver qui ont passé aisément l’épreuve du temps.

Cela étant, on n’est ni trop vieux ni trop con pour bouder un nouvel album de Swervedriver et on a bien raison car, une fois encore, le savoir-faire du groupe saute aux oreilles dès les premières secondes. Avancer à tâtons dans ce brouillard diffus, façonné par des guitares noyées sous les effets, en suivant aveuglément les (belles) mélodies… On a connu pire expérience.

Et on a connu de bien moins bonnes entames que celle de Future Ruins. Efficace en diable, “Mary Winter” ne marquera pas l’histoire par son originalité mais risque de squatter un coin de votre tête un petit moment. Un tube de plus dans l’escarcelle. Concurrent redoutable dans ce domaine, “The Lonely Crowd Fades In The Air” l’emporte même d’une courte tête tant son riff suffit d’emblée à dessiner un large sourire sur notre visage. Swervedriver a peut-être réduit la dose d’agressivité mais il connait son job, incontestablement, et Future Ruins recèle de chansons noisy pop de niveau supérieur à la moyenne, comme son morceau-titre.

Les pensées affleurent, les souvenirs émus des 90s ressurgissent. La nostalgie est là mais il faut regarder devant. Et malheureusement constater que l’enthousiasme s’effrite peu à peu à mesure qu’on avance dans le disque. Il y a bien un “Drone Lover” aguicheur qui séduira sans difficulté bien au-delà des amateurs de drones mais aussi un mode pilotage automatique enclenché régulièrement quand Swervedriver fait dans l’évasion cotonneuse (“Golden Remedy”, “Radio Silent” qui s’étire plus que de raison).

Pas de quoi plomber un disque de très bonne tenue mais de quoi s’interroger légitimement : va-t-on écouter régulièrement Future Ruins dans les années à venir ou préfèrera-t-on se replonger dans nos bons vieux Raise et Mezcal Driver ? On a une petite idée de la réponse.

Jonathan Lopez

LIRE LA CHRONIQUE DE I WASN’T BORN TO LOSE YOU

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