Slaves – Acts Of Fear And Love

Publié par le 9 septembre 2018 dans Chroniques, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(Virgin EMI, 17 août 2018)

C’est un constat très plaisant à écrire : 40 ans après, le punk anglais est encore bien vivace. Il y avait de quoi en douter, mais avec les succès récents de Slaves (adoubés par Mike D, ex-punkeux devenu dieu du rap), Sleaford Mods ou Idles, on peut l’affirmer haut et fort : ça gueule encore bien LOUD outre manche.

A peine la touche play enclenchée qu’on se fait percuter violemment par “The Lives They Wish They Had”. Si ça c’est pas du tube, je suis fan d’Hélène Segara. Riff dément, chant scandé (limite rappé) par Isaac Holmes en même temps qu’il martèle ses futs, refrain en forme de slogan imparable. Le tout s’achève dans l’hystérie comme une fin de concert où les instruments sont fracassés au sol. Nous voilà prévenus, ces deux-là (oui, deux !) sont toujours aussi bruyants.

Mais si bien des salves dévastatrices appuient ce constat (“Cut And Run” et son taquin “you’re looking unwell“, “Artificial Intelligence” ravivant nos années teenage, “Bugs” au refrain un peu trop skaters boutonneux), l’agréable surprise vient également de ces morceaux plus mid tempos, tout aussi fédérateurs, franchement pop et incontestablement cool (on pense parfois plus à Blur qu’aux Sex Pistols). A l’image de “Magnolia” avec la cowbell qui va bien, le break qui tue, donnant envie de claquer des doigts en mâchant son chewing-gum. Et de faire quelques fuck aux passants. L’accent so british de sir Holmes renforce évidemment nos élans rebelles (le refrain imparablissime de “Chokehold”. Non, vraiment, c’est pas Damon Albarn qui a participé à la compo ?!). La sympathique “Daddy” joue carrément la carte de la fausse ballade innocente, comme “Photo Opportunity”… avant qu’elle ne fasse hurler la disto sur le refrain.

L’agressivité est constamment là mais le dosage est assez bien pensé pour qu’on n’ait pas le sentiment de ramasser des gnons non stop et éviter à la lassitude de pointer le bout de son nez (le disque ne dépasse pas la demi heure, c’est très bien comme ça). Pas sûr que cet Acts Of Fear And Love vous poursuivra des années durant mais quand vous chercherez un bon défouloir, il sera toujours là pour rendre service.

 
Jonathan Lopez
 

LIRE L’INTERVIEW DE SLAVES

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