The Richmond Sluts – The Richmond Sluts (Disaster)

Publié par le 14 septembre 2014 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

richmondQuand en 2014 on apprend que les Richmond Sluts se lancent dans une tournée européenne, on a dans un premier temps l’impression d’un hoax destiné à remuer le couteau dans la plaie. Puis après quelques vérifications on s’aperçoit que plusieurs sites ont déjà mis en vente des places et que le groupe lui-même a communiqué sur sa page Facebook.

La nouvelle a en effet de quoi surprendre. Nos amis les Sluts ont sorti un album en 2001, puis plus rien, excepté un maigre mais excellent 45 tours (Sweet Something, jetez vous dessus). Séparation, reformation par certains d’entre eux d’un autre groupe sympathique mais anecdotique (Big Midnight) et plus de 10 ans à se repasser 4 fois par semaine leur album éponyme en se disant que le monde est mal fait. Vraiment très mal fait.

Car ces 5 Californiens (Richmond est un quartier de San Francisco) avaient strictement tout compris. Au point de parvenir à faire l’un des meilleurs albums de rock and roll de la décennie, voire des 30 dernières années. Il vient s’insérer parfaitement dans votre collection de disques, entre L.AM.F (Johnny Thunders & The Heartbreakers) et Raw Power (Iggy & The Stooges). Rien de moins.

11 morceaux parfaits, qui suintent le rock and roll, le sexe, l’ennui, la défonce et l’outrance. 11 petites bombes prêtes à exploser qui donnent envie de dire « non mais plus sérieusement, je crois que c’est celle-ci ma préférée » après l’écoute de chacune d’entre elles. Et c’est assez rare pour être souligné.

Tout est bon chez ces filles aux mœurs légères : le chant de sauvageon de Shea Roberts, le Farfisa apportant sa petite touche sucrée, les deux grattes très « thundersiennes », et la solide section rythmique avec une mention toute spéciale pour l’excellent bassiste Chris Beltran qui soutient l’ensemble de bout en bout.

Dès les premières secondes de l’album, « Take Me Home » fait comprendre que l’on a sur la platine quelque chose de – malheureusement – pas commun. Et l’énergique « Service For The Sick » (« I feel alright / I wanna die !« ) prouve que l’on ne s’est pas trompé. Ces messieurs  nous viennent de Californie mais le curseur tend plutôt vers NYC et ses légendes, Johnny Thunders en tête.

Plus loin, les brûlots aux accents glam « Junky Queen » ou « City Girls » suffiraient à rendre n’importe quel album digne d’intérêt. « Paddy Wagon » avec ses chœurs féminins tout en tension sexuelle ravive ce qu’il y avait de meilleur chez les New York Dolls (ne parlons pas de leur reformation, d’accord ?), là où le boogie halluciné de « Thought I Was Dead » démontre que les Sluts maîtrisent également les plus classiques des classiques.

Citons enfin le killer track, le hit international jamais reconnu : « Drive Me Wild ». De son riff parfait à son break psyché tout en basse et orgue en passant par son refrain implacable, ce morceau avait tout pour devenir un classique. Et pourtant…

Les Richmond Sluts ne résoudront malheureusement pas le confit entre Israël et la Palestine, ne trouveront pas de cure au cancer ni n’inverseront la courbe du chômage. Mais le monde se porterait tout de même bien mieux si leur album était considéré à sa juste valeur, c’est à dire comme absolument indispensable.

Revenons pour conclure sur cette tournée 12 ans après. Le groupe lui-même n’a pas bien compris ce qu’il s’était passé (les mauvaises langues diront que c’est dû aux différentes substances dont ils auront abusé un mois durant) : salles souvent pleines, public en feu, fans déchaînés connaissant l’album sur le bout des doigts… les Sluts n’en sont pas revenus. Et quelques infos prises directement à la source nous ont fait comprendre qu’un nouvel album est en préparation. Nos larrons sont d’ailleurs à l’heure actuelle en train de réenregistrer quelques titres avec le subtil changement de line-up de la tournée histoire de s’y remettre. Bon. Ça n’empêchera pas le réchauffement climatique, bien au contraire, mais ça permettra de ne plus vraiment s’en soucier.

M.A.

 

Laissez les Sluts vous conduire sauvage !

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