Redd Kross – Beyond The Door

Publié par le 24 décembre 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(Merge, 23 août 2019)

Dans la famille power pop californienne qui a brillé dans les années 90, je voudrais les deux frères*. Même si en ce qui me concerne, je les connais surtout de réputation. J’ai un peu trainé avec eux à une époque, quand ils étaient encore des minets de Monsanto et s’amusaient à reprendre des classiques du rock dans leur garage. Personnellement, je suis toujours friand d’une bonne reprise de Kiss…

Après ça, j’ai surtout eu vent de leurs exploits de loin. J’avais bien mesuré que c’étaient des bons vivants pour qui musique a toujours été synonyme de plaisir. Je les imagine volontiers éternels fêtards, à enchainer concerts, beuveries et soirées entre potes. Mais on m’avait surtout dit qu’ils excellaient dans un registre power pop, avec la vocation de faire danser tout le monde, là où je les avait plus sentis lorgner vers le punk, voire le hard rock à l’époque.

Du coup, je n’avais jamais vraiment suivi leur carrière, dont je n’avais que de lointains échos. Des échos qui me donnaient l’envie d’y retourner un jour, mais ce n’était jamais le bon jour. Vous voyez le genre ; et si vous ne le voyez pas, j’ai consacré à une époque une rubrique entière à ce genre de situation !

Quoi qu’il en soit, c’est par le biais de That Dog. qu’on m’a orienté à nouveau vers Redd Kross, en m’assurant que la démarche et la qualité des derniers albums des deux groupes étaient comparables. Sans omettre de me rappeler le lien à la ville d’Anna Waronker (chanteuse/guitariste de That Dog.) et Steven Mc Donald (le bassiste de Redd Kross).

Cette fois, c’était la bonne occasion de me lancer et je ne regrette absolument pas. Du morceau introductif « The Party » qui ressemble à du Beatles pré-Revolver gonflé au glam rock et au punk jusqu’au titre final « When Do I Get To Sing « My Way » ? » qui prouve une énième fois que les tubes new wave hideux peuvent devenir de super morceaux si on remplace les claviers par des guitares, on enchaine (presque) sans temps de repos des petites douceurs rock avec pour seuls mots d’ordre le plaisir et le fun.

Tous les morceaux sont accessibles, et pourtant une écoute plus attentive démontre le talent des musiciens, distillé dans pléthore de trouvailles à la batterie, à la basse ou à la guitare. « Fantástico Roberto » en est le parfait exemple, entre son riff, sa ligne de basse et son rythme de batterie tous super bien foutus et qui fonctionnent parfaitement ensemble, mais on pourrait citer quasiment tous les titres du disque à la barre, ils raconteraient à peu près la même histoire. Allez, évoquons tout de même « Ice Cream (Strange And Pleasing) », avec son côté pop 60s et ses mélodies imparables ou « The Party Underground » où pour une fois les claviers viennent sublimer l’ensemble comme un bon farfisa.

Pour résumer, cet album est un réel moment de plaisir d’un bout à l’autre. Il y a ceux qui vont s’extasier sur des albums hermétiques qui nécessitent 30 écoutes pour pouvoir commencer à appréhender de quoi il retourne, et ceux qui, comme moi, préfèrent les disques qui ne tournent pas autour du pot et savent vous convaincre dès le premier soir. Si vous êtes comme moi, lâchez donc les disques de jazz-metal prétentieux (au hasard) et n’hésitez pas à dire haut et fort « dans la famille power pop, je demande Redd Kross ! ».

Blackcondorguy

*Le reste de cette famille étant notamment constitué de That Dog. et The Muffs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :