Red Snapper – Prince Blimey (Warp)

Publié par le 29 novembre 2014 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

red sRed Snapper est un groupe d’origine londonienne dont la création remonte à l’année 1993, un trio d’instrumentistes constitué à cette époque d’Ali Friend à la contrebasse, Richard Thair à la batterie et David Ayers à la guitare. Après la sortie de quelques EPs, 1996 est l’année qui voit apparaître Prince Blimey. Avec ce 1er album signé chez Warp, Red Snapper entre dans l’industrie musicale par la porte rêvée, en l’occurrence celle d’un label indépendant à l’esprit ouvert, officiant hors des sentiers battus, proposant de la musique électronique essentiellement, et qui compte déjà dans ses rangs Boards of Canada, Autechre et Aphex Twin entre autres. Excusez du peu.

Une largeur d’esprit presque rendue en retour à Warp tant Prince Blimey est un album sans frontières ni contours. 12 morceaux dont l’éclectisme n’est relié que par le fil acoustique ténu tissé par chaque instrument : contrebasse, batterie, guitare, saxophone, flûte, mélodica…

« Crusoe Takes A Trip » entame un voyage d’entrée déstabilisant. Pépite sonore difficilement descriptible entre saxophone perché, mélodies acides, contrebasse/batterie et effets sonores habilement utilisés pour nous faire naviguer en terre inconnue.

Sur « 3 Strikes And You’Re Out » c’est au tour d’une guitare légèrement delay-ifiée de nous faire planer, toujours soutenue par le saxophone et une structure rythmique trip-hop jazzy efficace.

L’interlude jungle de 2mn « Moonbuggy » permet tout juste de reprendre son souffle avant de repartir sur « The Paranoid », titre qui se plaît à nous égarer rythmiquement, entre jungle et breaks plus lents, au son de la magnifique voix de la chanteuse Anna Heigh.

« Digging Doctor What What » nous entraîne de son coté sur d’autres sentiers rythmiques résolument british, un big beat enrichi par les instruments et un son qui n’est pas sans faire penser aux premiers albums des Chemical Brothers.

Chaque morceau donne l’impression d’avoir été composé dans l’espoir de nous semer un peu plus en chemin. « Gridlock », petite merveille ambiant, entame avec sérénité la descente tandis que « Lo Beam » clôture un voyage musical intense, en bousculant une dernière fois l’auditeur, perdu dans un labyrinthe de sonorités et de structures rythmiques aussi singulières que variées.

Entre musique instrumentale, expérimentations et ambiances électroniques légères apportées par des effets savamment distillées, Prince Blimey est un album somptueux, sauvage, à l’identité musicale floue et mystérieuse. À découvrir !

 

E.J

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