Public Enemy – Nothing Is Quick In The Desert

Publié par le 27 juillet 2017 dans Chroniques, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(916% Entertainment, 2017)

Pour fêter l’anniversaire d’un groupe ou d’un disque, certains se contentent de nous balancer des rééditions à n’en plus finir, avec son lot de remixes, inédits, souvent plus que dispensables et vendues qui plus est à prix d’or, histoire de marquer l’événement et surtout de renflouer les caisses sans trop se prendre la tête.

Public Enemy ne mange pas de ce pain-là et on ne peut que les saluer pour ça. Pour fêter ses 30 ans de carrière, le groupe nous a pondu un nouvel album intitulé Nothing Is Quick In The Desert et cerise sur le gâteau, ce disque était offert en téléchargement gratuit sur leur Bandcamp avant sa sortie officielle*.

Chuck D et sa bande n’ont pas vu le temps passer, une quinzaine d’albums à leur actif, une tripotée de tournées dans le monde entier, et toujours ce discours hautement politisé et engagé qui ne s’est pas non plus atténué avec le temps. Véritable machine de guerre inusable, constituée de vétérans qui n’ont jamais lâché leurs armes ; platines et microphones en main, P.E. continue sa belle aventure dans le rap.

Le timbre de voix de Chuck D est moins tonique, son flow est rocailleux comme encombré d’un gros rhume, les apparitions de Flav se font rares… Mais ça s’écoute comme on déguste un bon vin qui a patiemment vieilli dans la cave et qu’on sort pour la grande occasion.

Nothing Is Quick In The Desert comporte son lot de fraîcheur, grâce notamment à des instrus taillées sur mesure pour les deux MC’s. Les grattes sont partie prenante de ce disque, à coup de riffs rageurs sur « Yesterday Man » ou de solos démentiels comme à la fin de la très réussie « sPEak! » et sur « Rest In Beats ». L’influence rock a toujours eu sa place dans la discographie de Public Enemy.

À l’aise dans tout les domaines Dj Lord nous propose une bonne touche d’électro sur « Sells Like Teens Hear It » et son côté très Kool Keith, puis sur la sombre et envoûtante « Terrorwrist ». Deux interludes pas vraiment nécessaires viennent toutefois gâcher toutes ses ondes positives (« Exit Your Mind » et l’inaudible « If You Can’t Join Em Beat Em »). Niveau déception ça se passe exclusivement à mi parcours de l’album avec « Beat Them All » et « Smash The Crowd » qui manquent clairement d’inspiration.

Dans un style plus classique  » So Be It »  fait son petit effet tout comme le morceau-titre qui ouvre l’album. On notera le bel hommage rendu en guise de conclusion aux représentants du Hip Hop partis trop tôt (« Rest In Beats (Part 1&2) »).

Public Enemy n’en a pas fini de gouverner la planète Rap, trois décennies à prêcher la bonne parole, celle qui ferait froncer les sourcils d’un certain Donald s’il venait à l’entendre. Le look est moins excentrique qu’au début, les membres de P.E. se sont biens assagis, mais ils ont su garder cette ligne de conduite, cette rage et cette volonté de militer sans relâche contre le pouvoir, les inégalités, le racisme et j’en passe. Cette maturité et cette longévité leur donnent encore plus de crédit aujourd’hui. Alors oui on peut encore sortir des bons disques de Rap après 30 ans de carrière, ce sont probablement  les premiers à le faire, espérons que d’autres suivront l’exemple.  Merci pour tout Public Enemy et keep Fighting The Power!

JR


*mais c’était jusqu’au 4 juillet, too late…

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