Pù – Tunguska : Last Transmission EP

Publié par le 1 février 2017 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

puQui a déjà vu Shining ici ? Levez la main. Tout le monde, c’est bien ce qu’il me semblait.
Eh bien vous voyez ce petit disque là, de Pù, oui c’est son nom, il me fait fortement penser à Shining.

Plus particulièrement à ce moment où on sent l’angoisse grandir et les solutions de secours s’amenuiser. La neige s’amoncelle, le contact radio ne passe plus et on se demande comment on va bien pouvoir se sortir de ce traquenard qui semble de plus en plus inextricable.

Ici, on n’est pas dans le Colorado mais au fin fond de la Russie et les seuls contacts radios qu’on parvient à établir sont (fort logiquement) en russe. Pour le reste, on s’y croirait.

Il se dégage quelque chose d’inexorable dans l’atmosphère qui s’instaure progressivement (« Radio Prologue »), quelqu’un s’acharne sur la porte qui ne tiendra plus très longtemps.
Puis intervient une basse narquoise, implacable, annonciatrice d’un destin funeste (« Tunguska : Last Transmission »). Existe-t-il un échappatoire ? Rien n’est moins sûr. Les violons entérinent votre sort. Vous êtes quasiment mort et enterré mon pauvre vieux.

Forcément l’ambiance n’est pas au beau fixe (« Disturbances »). On est presque dans l’éloge funèbre, les dernières prières.
Et puis, de façon totalement inattendue vous entendez un bruit venu de l’extérieur au fin fond du blizzard. Quelqu’un est venu vous sauver ! La lueur rejaillit, le champ de vision s’élargit, les grands espaces s’offrent de nouveau à vous. Vous pouvez vous laisser aller à cavaler dans la neige écoutant le doux son de guitares rassurantes (« Eastern Western »). Non sans une étrange pointe de mélancolie toutefois, vous êtes passé par toutes les émotions et désormais vous ressentez une sorte de syndrome de Stockholm. Un attachement profond envers ce ravisseur complexe qu’est Pù. Ce n’était pas si terrible au fond, vous vous êtes fait des idées, Pù vous aura fait peur mais ce n’était peut-être que pour mieux jouer avec vos émotions et vous laisser exprimer votre joie une fois libéré de son emprise.

Dans le doute, vous allez lui laisser quelques mois et peut-être que, quand l’eau aura coulé sous les ponts, vous aurez de nouveau envie de lui rendre visite quand il vous invitera… A Tunguska ou ailleurs.

JL

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