Pole – 1/2/3 (PIAS Germany)

Publié par le 19 février 2015 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

pole1J’aimerais vous parler d’un ovni sonore en dehors de tout format qui mérite largement d’être découvert pour certains, et rappelé à la mémoire des autres.

Honneur au producteur/DJ Stefan Betke et ses productions électroniques minimales, expérimentales, dérivant parfois jusqu’au chamanisme sonore difficile d’accès : curiosité et soif de découverte indispensable pour effectuer ce joli voyage sans possibilité de retour.

Si Stefan Betke revêt une multitude de casquettes autour de la musique : musicien, ingé-mastering, fondateur de Scape Records, c’est celle de producteur qui nous intéresse ici puisqu’elle nous amène au projet entamé en 1998 sous le pseudonyme de POLE avec the blue album « 1 ». Les deux années suivantes verront naître le rouge « 2» et le jaune « 3». Une simplicité jusque dans le titre des albums qui souligne bien l’approche musicale à la fois minimaliste et humaine du bonhomme : les artifices de coté et la musique en elle-même avant tout ! Anecdote légendaire et faisant partie intégrante du personnage Betke : son pseudo Pole vient en fait de son filtre « Waldorf 4-pole » qu’il aurait fait tomber en 1996 d’où le grésillement continu, caractéristique sonore de ces trois pépites qui dote ainsi chacun d’un son esthétiquement sale rompant avec la tristesse de productions carrées dénuées d’âme, ne laissant aucune place à l’erreur ou l’imprévu.

pole23_(Pole_album)A l’image de mecs comme Aphex Twin, Squarepusher ou encore Future Sound Of London, Stefan Betke est un chercheur qui triture sons et fréquences avec délicatesse jusqu’à obtenir des pistes épurées aux sonorités synthétiques froides mais planantes, accompagnées de sons organiques discrets, aux textures soigneusement ambiancées. Une musique minimaliste qui s’appuie également la plupart du temps sur de bonnes infra basses  et quelques kicks étouffés rappelant aux plus perchés la pulsation du cœur.

En jouant avec la profondeur des sons qui vont et viennent Betke rend sa musique vivante et pleine de beauté. Grésillements, craquements et impuretés sonores en tout genre ne font que soutenir l’étrangeté de ses compositions. Une musique martienne et cinématique propice à l’évasion dont la traduction visuelle pourrait être un de ces vieux films noir et blanc incompréhensibles, aux images fortement tachetées. Un album esthétique et déroutant qui se sert des machines comme d’instruments permettant d’aller plus loin, d’explorer sans contraintes ni limites.

Un peu de motivation vous permettra peut-être de trouver ces trois cd en un seul, ressorti sur Sape en 2008 et qui contient en plus quelques tracks bonus datant de 2000. Pour les aficionados de versions originales ayant vécues, bon courage…

 

EJ

 

 

 

 

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