Pixies @ Zénith (Paris), 23/11/16

Publié par le 28 novembre 2016 dans Live reports | 0 commentaire

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(Photo prise sur le Facebook de Pixies)

Maintenant que je commence à prendre de l’âge, de la bouteille, du bide et à perdre des cheveux, je me retrouve dans la situation de ces fans aux cheveux gras et éparses, avec un pull miteux et la mine renfrognée que tu croises toujours avant les concerts de leurs groupes préférés et te racontent qu’ils les ont vu plein de fois et que, grosso merdo, c’était mieux avant. Alors, avec ma petite expérience des Pixies, j’en avais surtout déduit que le groupe de Frank Black vivait sa vie à pile ou face, ou il passe ou il casse, et comme j’avais été globalement déçu de leur première tournée post Kim Deal, statistiquement, cette date s’annonçait sous de bonnes auspices. Ajoutons à cela que j’ai plutôt aimé le dernier disque et la bonne intégration de Paz Lechantin à la place de la légendaire Kim Deal. Comme l’a dit Santiago de Wonderflu, maman Kim ne sera jamais remplacée, mais Paz se révèle être une belle-mère sympa.

Tout ça pour dire que j’étais plutôt dans de bonnes dispositions en me rendant au Zénith en ce soir de novembre.

Et là, vous vous attendez forcément au couac, à l’élément perturbateur, et vous avez presque raison. Celui-ci prit la forme de la première partie, FEWS, un groupe de rock indé britannique (avec du suédois et du californien dedans, mais profondément anglais dans le son) qui nous joua comme des centaines de groupes actuellement une musique rock à fort relents post-punk années 80, bref le genre de musique qui me fait vomir des oreilles. Je reconnais que FEWS est en place, fait bien son travail et dégage une énergie indéniable, mais pour moi c’est comme me servir des tartines de merde : elles peuvent être parfaitement préparées et superbement dressées, ça reste de la merde, et je n’ai aucune envie d’en manger. J’aurais pu faire l’analogie avec des épinards, mais quitte à être subjectif et de mauvaise foi, allons au bout.

Bref, la nouvelle sensation du rock indé m’irrite un peu, mais je garde en tête que je vais voir juste après un concert des Pixies sans Kim Deal, et que ça peut être quand même très cool. Malheureusement, une fois sur scène, après avoir expédié « Where Is My Mind? » histoire de jarter les tubes, et malgré une entrée en matière de haut niveau (« Brick Is Red », « Break My Body », « Nimrod’s Son », « Mr Grieves »…), ils s’entêtent à vouloir jouer les pires morceaux du dernier album. Pourtant, je l’aimais et je le défendais, ce disque, mais c’est très difficile de le faire quand on entend « Bel Esprit » ou « Tenement Song » entouré de bombes comme « Gouge Away » ou « Rock Music ». Le pire vient quand ils entament leur sous « Where Is My Mind? » bien insipide, l’infâme « All I Think About Now ». A ce moment-là, on se dit qu’ils ont intérêt à enchainer les tueries pour rattraper cette faute de goût honteuse et…

Et j’y arrive pas, j’ai essayé d’écrire le live report le plus négatif sur ce concert, mais c’est impossible. Oui, la première partie m’a gonflé, le choix des morceaux du dernier album a été mauvais, j’ai trouvé dommage qu’ils jouent « Winterlong » (de Neil Young) sans Kim Deal, mais à côté de ça ça, on a quand même eu droit à un florilège de titres exceptionnels (si ceux que j’ai cités ne vous suffisent pas, on peut ajouter « Ana », « Subbacultcha » ou « Isla de Encanta ») et surtout, vous savez le pire ? Quand on s’est dit avec JL qu’après « All I Think About Now » ils avaient intérêt à enchainer les tueries, c’est exactement ce qu’ils ont fait ! Les moments inoubliables de la soirée : quand après la fabuleuse outro de « N° 13 Baby », on entend l’intro d' »Um Chagga Lagga » et que, face à un Lovering qui galère un peu, le gros Frankie lui fait « non » de la tête, avant de lancer « Something Against You » ; à partir de là, on est forcément complètement conquis ! Quand le set se finit sur un « U-mass » phénoménal, on en vient presque à se dire qu’ils peuvent jouer ce qu’ils veulent en rappel, notre soirée est faite.
Malgré ça, ils reviennent pour un « Vamos » impeccable, avant de décider d’en faire une petite dernière, « Into The White » avec fumée blanche de rigueur, et une Paz Lechantin qui confirme que pour ce qui est de tenir le rôle de Kim, ils auraient pu tomber plus mal.

Au final, une bonne grosse soirée comme on aimerait en vivre plus souvent, des frissons pour l’ensemble du public, même le journaliste de RTL2 qui ne semble pas trop connaitre leurs chansons, et un Frank Black qui nous a rappelé pourquoi son groupe a marqué l’histoire du rock indé. De bons morceaux font de bons groupes, un répertoire comme celui des Pixies fait des légendes.

BCG

 

Setlist : Where Is My Mind? – Brick Is Red – Break My Body – Nimrod’s Son – Mr. Grieves – Blown Away – Winterlong (Neil Young) – La La Love You – Ana – All The Saints – Here Comes Your Man – Gouge Away – Bel Esprit – Tenement Song – Isla De Encanta – I’ve Been Tired – Oona – Monkey Gone To Heaven – All I Think About Now – Caribou – Subbacultcha – Wave Of Mutilation – Rock Music – Crackity Jones – Baal’s Back – Tame – Hey – Classic Masher – Cactus – No.13 Baby – Something Against You – Broken Face – Debaser – U-Mass.

Rappel : Vamos – Into The White.

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