Pixies – Head Carrier

Publié par le 26 septembre 2016 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 1 commentaire

Pixies-Head-Carrier

(PIAS, 2016)

Que celui qui attend encore quelque chose d’un album des Pixies sans Kim Deal en 2016 lève la main.

Personne ? Tu n’oses pas parce que tu sais que tes amis mélomanes vont encore se foutre de ta gueule, que tu vas essuyer des vannes à base d’Indie Cindy par-ci, d’embonpoint de Frank Black par-là ? Et bien tu as tort, car réjouis-toi, la cuvée 2016 des lutins de Boston est plutôt bonne !

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. On ne va pas tomber dans les démonstrations de fougue éculées en affirmant que ce disque est du niveau des quatre premiers, ou que l’absence de Kim Deal ne se fait pas sentir. Ce serait de la mauvaise foi, et totalement faux. Ceci dit, ce ne serait pas plus honnête et vrai que de soutenir que ce disque est une bouse juste parce qu’il n’arrive pas au niveau de ses ainés. Car depuis 2014, le groupe a tourné, s’est trouvé une bassiste officielle, Frank Black a pris ses marques, et tout ça se ressent.

Du coup, on se retrouve avec un disque de qualité assez constante, pas d’une originalité folle quand on connait un peu la patte du gros chauve, mais qui s’écoute d’un bout à l’autre avec un vrai plaisir. Le « Head Carrier » d’introduction nous signale qu’on est en terrain connu, et hospitalier, puis on a le morceau pop limite FM « Classic Masher » dont le refrain pourrait en exaspérer quelques-uns, vite contrebalancé par le morceau bourrin obligatoire, « Baal’s Back » plutôt réussi, le morceau porté par la basse et les deux voix « Might As Well Be Gone » qui prouve que Paz Lechantin a pris sa place, « Oona » à la mélodie imparable, « Talent » où Santiago nous rappelle tout ce qu’il apporte au groupe… Je ne vais pas toutes vous les faire, mais Head Carrier pourrait bien être un guide explicatif des Pixies pour ceux qui n’auraient pas compris de quoi il en retourne, en 12 morceaux.

Surtout, même si Indie Cindy n’était pas non plus la catastrophe qu’y voyaient certains, son successeur évite les ratés qui parsemaient le disque, ne contient pas de chanson tout à fait insipide, et n’a pour seule faute de goût que cet hommage à Kim Deal chanté par Paz Lechantin, sorte de remake de « Where Is My Mind? » (avec « oooh » de circonstances), dont on ne sait pas s’il est parfaitement assumé ou totalement maladroit. Heureusement, il est suivi de l’excellent « Um-Chagga-Lagga » et de « Plaster Of Paris » qui nous ramènent directement à Trompe Le Monde (en face b, pour la seconde, mais c’est déjà pas mal !).

Bref, on n’allait pas attendre des Pixies sans Kim Deal un album du niveau de leur première carrière, mais on sent un groupe plus assuré, plus motivé, et on ressent un réel plaisir. C’est tout ce qu’on pouvait objectivement leur demander !

BCG

1 commentaire

  1. Un excellent disque d’un groupe très au dessus de la mélée du rock actuel !!!

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