Pixies – Beneath The Eyrie

Publié par le 8 septembre 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(Infectious/BMG)

La carrière de Frank Black ne serait-elle qu’une gigantesque leçon d’ironie ?
Pensez-y :
– Les Pixies ont été beaucoup snobés par leurs pairs plus friands de noise rock pur et dur et n’ont obtenu qu’un succès d’estime du temps de leur première carrière.
– Le groupe s’est séparé avant de pouvoir bénéficier de l’effet Nevermind, alors que Cobain et Novoselic criaient sur tous les toits que “Smells Like Teen Spirit” était un plagiat éhonté de leur formule loudQUIETloud.
– Ses premiers albums ont bien mieux marché que les 4 du groupe à l’époque, mais on a commencé à lui reprocher de faire moins bien qu’avec les Pixies.
– C’est Kim Deal qui s’est payé la part du lion avec les tubes des Breeders.
– Quand il a réuni les Pixies en 2004 en clamant haut et fort que c’était pour l’argent, personne ne s’est plaint, mais maintenant qu’il a vraiment l’air de se faire plaisir à ressortir de la musique avec Lovering et Santiago, on lui reproche de ne faire ça que pour le fric. Allez comprendre…

Pourtant, il y en a eu du chemin depuis Come On Pilgrim, et même pas mal de parcouru depuis la fameuse reformation de 2004. Et le temps passe vite, mais ça fait déjà six ans qu’on s’est pris dans la face le départ de Kim Deal et les singles qui allaient devenir Indie Cindy. Aujourd’hui, c’est le 3e album de la formation sans Kim, et mine de rien la bande à Frankie continue son petit bonhomme de chemin vaille que vaille en cherchant son propre rythme. Et fichtre, peut-être bien qu’ils l’ont trouvé cette fois-ci !

Indie Cindy tentait pas mal de choses, mais ne réussissait pas toujours, le résultat était donc mitigé. Head Carrier donnait l’impression d’être en pilotage automatique, sans aucune prise de risque, mais n’avait aucun vrai raté (on oublie le sous “Where Is My Mind?”, d’accord ?). Beneath The Eyrie semble lier le meilleur des deux : sortir un peu des sentiers battus pour se créer une identité sonore propre sans se perdre avec des morceaux douteux (pas d'”Andro Queen” ou de “Ring The Bell”, ouf !). Malgré une production tirant un peu trop sur les années 80 à mon goût, le disque a une identité assez cohérente qui me rappelle les premiers albums solo de Frank Black, mais dont certains titres m’évoquent Leonard Cohen (“Bird Of Prey”), Ennio Morricone ou, plus étonnant, du vieil Alice Cooper (This Is My Fate”) ; bref, pas vraiment ce qu’on s’attend à trouver en premier lieu chez les Pixies, même si ce n’est pas la dose de surf sec, les solos concis de Santiago et la patte mélodique de Black sont bien là.

Un petit bémol, cependant, et qui me permet d’en placer une pour les haters de Head Carrier (dont notre redac’ chef fait partie) : il n’y a rien sur ces premières écoutes qui m’accroche autant que les meilleurs morceaux des deux précédents : pas de “What Goes Boom”, de “Magdalena 318”, ni de “Um-Chagga-Lagga” ou “Baal’s Back”. Rien d’aussi tubesque et efficace (NDRC : si, si : “Graveyard Hill”, “Catfish Kate”, “Silver Bullet”, “Bird Of Prey”…), et c’est quand même dommage. D’autant plus que la continuité est claire : “Silver Bullet” aurait eu sa place sur Indie Cindy, et il n’y a pas loin entre “Classic Masher” et “Catfish Kate”. Je me demande comment certains justifieront de conchier l’un et d’aimer l’autre (NDRC : peut-être parce qu’il ne contient aucun morceau vraiment mauvais alors qu’un tiers de Head Carrier était affreux).

Mais dans l’ensemble, ce disque est une réussite, qui montre qu’à défaut de nous sortir des chefs-d’œuvres intemporels, les nouveaux Pixies ont de quoi nous offrir de bons petits albums. On verra si le public va crier au scandale ou au génie. Pour ma part, de bons petits albums, ça me va ! Merci !

Blackcondorguy

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