Pearl Jam – European Tour 2014 (suite et fin)

Publié par le 21 juillet 2014 dans Live reports | 1 commentaire

Milton Keynes Bowl (Milton Keynes, Angleterre), 11 juillet 2014

On a tenu 13 jours sans voir Pearl Jam, salivant devant les setlists incroyables d’Oslo et Leeds et maudissant ceux qui ont pu y assister (éternels enfants gâtés que nous sommes).

Nous voilà en terres londoniennes, prêts pour la der. Milton Keynes n’est qu’à 30 minutes de train, on a bien le temps de se préparer autour de quelques pintes…

Le problème avec l’alcool c’est qu’on perd très vite la notion du temps. Et ça peut causer quelques retards. Surtout quand la gare est un merdier pas possible, qu’on y perd un temps fou pour trouver le bon train (hors de prix évidemment), et qu’au final les derniers trains dispos mettent une heure et non pas 30 minutes.

Nous ne verrons donc pas Off ! (et l’arrivée impromptue d’Eddie venu jouer « Porch » en acoustique) ni Black Rebel Motorcycle Club (avec la participation de Mike McCready). Nous ne verrons même pas « Pendulum » qu’on entendra juste en se rapprochant du site. Arrivée précipitée en plein milieu de « Wash » (ah première rareté !).

Très vite on réalise que contrairement au suédois, l’anglais est fort dissipé. Alors quand il assiste à un concert de Rock&Roll l’anglais fait le con, se marre non stop et fait des selfies à gogo. Quitte à ne pas vraiment suivre le concert… et à bien emmerder ses voisins.

eddie speechTentant de faire fi de nos voisins très incommodants, on rentre tant bien que mal dans le concert. Le début de set va nous y aider avec très vite un enchainement de morceaux speeds (« Go », « Brain Of J. » YES, « Comatose », « Save You », « Hail Hail », « Mind Your Manners », « Do The Evolution »). Ouch ! Le groupe a visiblement décidé de lâcher les chevaux pour conclure la tournée. Ils nous paraissent toutefois un poil moins fringants que lors des shows de Berlin et Stockholm, les organismes ont dû souffrir de l’accumulation des dates.

L’occasion pour moi de pousser un coup de gueule. On nous bassine toujours avec le dopage dans le sport, quid du monde de la musique ? Parce que, sans vouloir dénoncer, le Matt Cameron qui fracasse ses fûts comme un sourd pendant 3h presque chaque soir et qui se permet entre deux dates d’en faire une avec Soundgarden (son premier groupe devenu second, enfin on sait plus trop), il est quand même sacrément louche. Et méchamment balèze.

Le seul bon côté de cette fin de tournée, c’est que les prochaines fois on aura peut-être une chance de ne pas entendre certains morceaux du dernier album notamment « Lightning Bolt » (qui nous sort un peu par les oreilles) et « Sirens » (qui nous sort par tous les pores). Le mauvais côté c’est que des moments aussi divins que ceux vécus pendant « Nothing As It Seems », on n’est pas près d’en revivre. On l’a dit, le groupe est peut-être un peu moins en forme que lors des dates précédentes, pourtant jamais un morceau comme « Corduroy » n’a sonné aussi fort et « Even Flow » (un des rares titres joués à chaque date) semble sans cesse surclasser la version précédente avec un groupe en symbiose totale et un Mike McCready qui touche les cieux avec sa six-cordes.mike

Comme souvent, c’est au moment du rappel que les membres du groupe enfilent leur costume de père Noël et viennent distribuer les plus beaux cadeaux. Ceux auxquels on ne s’attend pas. Il y aura « Yellow Moon », « Footsteps » la merveilleuse et, ô bonheur suprême, « Chloe Dancer/Crown of Thorns », reprise de Mother Love Bone, l’ancien groupe de Stone Gossard et Jeff Ament, qui permet

1) de rendre hommage à Andy Wood, chanteur disparu

2) de comprendre un peu plus à quoi sert Boom Gaspard

mais qui ne permet pas de calmer les abrutis à nos côtés qui continuent leur festival de conneries comme s’ils ne souhaitaient qu’une chose : qu’on les regarde.

Entre temps, Eddie avait fait monter sur scène « son frère », en réalité Simon Townshend, le frère de Pete (des Who) le temps d’un morceau (« I’m The Answer », fort sympathique). La folle minute punk de « Lukin » allumera ensuite la mèche d’une bombe nommée « Porch » qui nous explose une fois de plus à la tronche.

En parlant de bombes, celles-ci ne cessent d’exploser à Gaza (comme toujours). Durant le pont de « Daughter » assuré par le groove de Jeff Ament et Matt Cameron, Vedder se lance dans un speech anti-guerre enflammé qui fera grand bruit, provoquant notamment l’ire des médias israéliens. Vedder se fendra plus tard d’une lettre, précisant sa pensée, sans prendre parti d’un côté ou de l’autre. Certains y verront un discours démago, d’autres de vaines et naïves implorations. Nous préférons constater qu’il est beaucoup plus facile de la fermer (ce que font de plus en plus d’artistes) et qu’un discours de paix dénonçant des exactions humaines aussi incompréhensibles qu’interminables est toujours bon à prendre.

Mais il reste un concert à finir. Le chant du cygne est proche, Vedder et ses potes libèrent toute leur rage dans une « Blood » de circonstance avant de terminer par l’union sacrée avec le public sur l’inévitable et symbolique « Alive » puis de convier le fiston de Matt Cameron et les membres de Off sur une « Rockin’ In The Free World » qui fleure bon la grande célébration du ROCK. Rideau. Le groupe peut rejoindre Seattle l’esprit tranquille, il nous en a encore mis plein la vue le temps d’une tournée mémorable. Vivement 2016.

band

Si vous aussi, vous aimez revenir avec des souvenirs plein la tête, visiter ce magnifique continent qu’est l’Europe, revenir avec plein de préjugés infondés sur ses habitants, ce genre d’expérience vaut le coup d’être vécue.

D’autant que musicalement, vous en aurez pour votre argent. En 12 concerts européens, Pearl Jam a joué… 130 morceaux différents ! Vous en connaissez beaucoup des groupes qui font ça ? Nous on a eu droit à 83 morceaux en 5 concerts. La prochaine fois, on loupe pas une date !

 

JL

Merci à Ben pour les photos.

 

Line–up : Eddie Vedder (chant, guitare), Mike McCready (lead guitar), Stone Gossard (guitare rythmique), Jeff Ament (basse), Matt Cameron (batterie), Boom Gaspard (claviers).

Comme personne ne souhaite lire 5 setlists qui prendraient trois pages (et que vous pouvez retrouver sur setlist.fm ou pearljam.com), voici la liste des morceaux joués lors de ces 5 dates :

Alive – All Night – All Those Yesterdays – All Or None – Animal – Baba O’Riley (The Who) – Bee Girl – Better Man – Black – Blood – Brain Of J. – Breakerfall – Comatose – Come Back – Corduroy – Crazy Mary (Victoria Williams) – Daughter – Dissident – Do The Evolution – Elderly Woman… – Eruption (Van Halen) – Evacuation – Even Flow –  Footsteps – Getaway – Given To Fly – Go – God’s Dice – Green Disease – I Believe In Miracles (Ramones) – Got Some – Hail, Hail – Hard To Imagine – I’m The Answer (Simon Townshend) – Immortality – Indifference – In My Tree – Jeremy – Just Breathe – Last Exit – Let The Records Play – Life Wasted – Lightning Bolt – Light Years – Lukin – Low Light – Marker In The Sand – Mind Your Manners – Mother (Pink Floyd) – My Father’s Son – Nothing As It Seems – Nothingman – Oceans – Once – Pendulum – Porch – Rain (The Beatles) – Rearviewmirror – Red Mosquito – Release – Rockin’ In The Free World (Neil Young) – Save You – Severed Hand – Sirens – Sleight Of Hand – Sleeping By Myself – Sometimes – Sonic Reducer (Dead Boys) – Spin The Black Circle – State Of Love And Trust – Supersonic – Swallowed Whole – Thin Air – U – Unthought Known – Wash – Who You Are – Why Go – Wishlist – Yellow Ledbetter – Yellow Moon – You Are

1 commentaire

  1. I fully agree with you guy !! Vivement les prochains concerts -:) !

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